Son bilan sera lourd…

Sous la présidence de Jacques Chirac, la France ratifiait en 1998, le traité d’interdiction complète des expérimentations  atomiques… Nous entrions dans l’ère de la « simulation ».
Ce rappel qui nous est offert par le général Gallois  tombe  à pic, alors même  que dans la langue de bois d’usage, le ministre de la Défense précise  que l’effort actuel de défense : «semble extrêmement difficile à réaliser»

La fission nucléaire.
"Little-Boy", la première bombe atomique.

Dans nombre  de domaines stratégiques, il convient  de ne jamais  baisser la garde. La souveraineté  indispensable  à toute  nation est à ce prix. La raison devrait primer sur la démagogie…

Veilleur infatigable, le général Gallois sous son beau nom de « guerre » de « Mordicus », nous offre une réflexion qui n’a pas de prix !

Merci mon Général.

Portemont, le 24 juin 2007

Au sujet de la simulation

Au début des années 90, les Etats-Unis avaient proposé à la communauté internationale, et plus particulièrement aux gouvernements des Etats capables de maîtriser l’ensemble du cycle nucléaire, de signer le traité d’interdiction complète des expérimentations (atomiques), l’objectif étant de freiner, puis de stopper la prolifération de cet armement.
Aussitôt installé à l’Elysée, Jacques Chirac décida de signer ce traité. La France le ratifiera en 1998. Cette adhésion de la France signifiait, pour elle, l’arrêt de ses expérimentations  atomiques, la fermeture du Centre d’essai du Pacifique, une certaine dispersion de ses équipes scientifiques qui y travaillaient.

Essai nucléaire en Polynésie française, 1973 (CEA)

Essai nucléaire « sous terrain » Polynésie française. Lagon de Fangataufa

Par pure démagogie, la France s’était fourvoyée car le Congrès des Etats-Unis refusa de ratifier ce traité si bien qu’il n’a pas force de loi internationale.
La vie opérationnelle des armes atomiques  est de l’ordre de la vingtaine d’années. Il y a vieillissement des dispositifs nécessaires à leur fonctionnement. Les essais étaient apparus indispensables à la fois pour s’assurer de la fiabilité du stock existant et pour vérifier les armes nouvelles de remplacement.
                  
Or, plus d’un demi-siècle  après l’irruption de la désintégration de la matière dans la vie internationale, le progrès scientifique aidant, de nouvelles considérations s’imposent :
-Pour disposer d’une arme atomique fondée sur la fission d’atomes lourds les essais préalables ne sont plus indispensables. Les interdire peut ne pas contribuer à la non prolifération.
-La précision croissante des vecteurs du feu atomique valorise les faibles énergies alors que les imprécisions d’hier exigeaient de les compenser par le recours à de fortes énergies. Or la détonation expérimentale de faibles énergies n’est pas systématiquement détectable. Si bien que les clauses du traité ne peuvent être totalement contrôlées. D’où le rejet du texte par le Congrès américain.

Cuvettes d’effondrement après des essais nucléaires dans le Nevada

Les scientifiques d’outre-atlantique n’entendent pas seulement être en mesure, par la simulation, de créer de nouvelles armes, ils souhaitent pouvoir aussi s’assurer de la fiabilité de l’imposant stock d’armes atomiques et thermonucléaires que détient leur pays, d’où la campagne des laboratoires de Livermore et de Los Alamos pour le rejet d’un traité tenu pour inutilement contraignant.

Placés devant l’obligation d’assurer la pérennité de la dissuasion nucléaire sans pouvoir procéder à des essais, le Commissariat à l’énergie atomique et sa Direction des affaires militaires ont lancé une étude visant à la disposer des moyens d’entretenir la panoplie nationale sans avoir recours à des essais.

L’entreprise comportait deux étapes :
-D’abord une dernière campagne d’essais (en 1995 et 1996) afin de mettre au point des composants au vieillissement retardé et à la fiabilité de fonctionnement maximum.                             .
-Ensuite, pourvoir au renouvellement des armes existantes une fois celles-ci arrivées au terme de leur vie opérationnelle estimée. Les techniques de la Simulation reproduisant, par le calcul, le fonctionnement du mécanisme explosif dans la phase initiale pyrotechnique et dans les phases terminales : fission et fusion thermonucléaire.

En effet, les trois phases du fonctionnement d’une arme thermonucléaire sont les suivantes :
-Détonation d’une charge explosive chimique destinée à comprimer la matière fissile afin qu’elle atteigne la dimension critique. Cette phase dure quelques millionièmes de seconde et la température atteinte n’est que de quelques centaines de degrés.
-Cette amorce du nucléaire dégage plusieurs dizaines de millions de degrés, d’énormes surpressions et produit la fusion thermonucléaire.
- Celle-ci porte la température à plusieurs centaines de millions de degrés, en quelques milliardièmes de seconde et exerce des pressions, qui se comptent en centaines de millions d’atmosphères.

Afin d’être en mesure d’exploiter les phénomènes physiques de la fission et de la fusion et de tirer parti des extraordinaires quantités évoquées ci-dessus : chaleur, pression, durée des appareils spéciaux ont été conçus et construits à l’initiative des scientifiques du Commissariat. Il a fallu mettre au point des dispositifs de mesure enregistrant et restituant des phénomènes physiques ultra rapides en fonctionnant au milliardième de seconde.

Le site du laser Mégajoule

Le laser Mégajoule de Bordeaux, avec ses 240 faisceaux laser convergeant vers une « cible » millimétrique (un mélange de deutérium et de tritium, isotopes de l’hydrogène) permet de restituer en laboratoire le phénomène de la fusion d’atomes légers et de l’étudier. Le laser de Bordeaux émettra une énergie de près de 2 millions de joules.

Il porte en milliardièmes  de seconde la « cible » à plus de 10 millions de degrés, ionisant le matériau fissile transformé en plasma.

Dès 2002, le Commissariat à l’énergie atomique avait été en mesure de publier un texte sur « les expériences  avec les lasers de puissance » dont suit un extrait :
« Un schéma commun à de nombreuses études consiste à focaliser les faisceaux laser à l’intérieur d’une petite cavité de quelques millimètres. En interagissant avec les parois, les faisceaux créent un rayonnement X intense qui est piégé à l’intérieur de la cavité dont la température radioactive peut ainsi atteindre plusieurs millions de degrés. Si on a placé un échantillon à l’intérieur de l’enceinte, ou au voisinage d’un trou dans la paroi, il est possible d’étudier son comportement à ce niveau de température ».

« Dans le cas d’expériences prévues avec le laser mégajoule, l’intérieur de la cavité est porté, en quelques nanosecondes, à une température de l’ordre de 3 millions de degrés. Au centre de cette cavité a été placée la coquille sphérique de quelques millimètres de diamètre (la « cible ») contenant le mélange de deutérium et de tritium. Sous l’effet du rayonnement X intense la partie externe de la coquille est vaporisée, tandis que la partie interne est projetée vers le centre à des vitesses de 300 à 400 km/sec. : Elle agit sur l’hydrogène à la manière d’un piston en portant sa densité à quelques centaines de grammes par centimètre cube et sa température à plusieurs dizaines de millions de degrés, ce qui permet aux réactions de fusion thermonucléaire de s’amorcer ».

« Mesurer la température à l’intérieur de l’enceinte est un véritable défi. Les difficultés à vaincre ne sont pas seulement dues au niveau de température et de la petite taille de l’objet… les physiciens  ont aussi besoin de connaître l’évolution de la température au cours du temps ».... durant des dixièmes de milliardième de seconde… Les Etats-Unis ont, eux aussi décidé la construction d’un laser mégajoule destiné à l’étude des armes nucléaires nouvelles. Le laser du laboratoire de Livermore aurait une énergie de 1500 à 1800 kilo joules, soit, à sa plus haute fréquence de fonctionnement 500 à 600 kilo joules, voisin du laser mégajoules français.

Dès 1992 le président Bush avait décidé de suspendre les essais  atomiques. Les physiciens des laboratoires de Los Alamos et de Livermore avaient protesté, les essais leur paraissant  indispensables pour « démontrer les imprécisions et les incertitudes de nos connaissances fondamentales. »

« Los Alamos Neutron Science Center »

Mai 1996, Deanna Pennington, physicienne spécialiste des lasers dans la chambre de compression « Petawatt’s » Laboratoire « Lawrence Livermore »

Renonçant à ratifier le traité d’interdiction de toute expérimentation atomique, le gouvernement des Etats-Unis conserve les deux options : simulation et, si indispensables, essais.

Il ne reste, à la France qu’une option. Scientifiquement elle se révèlera sans doute fort enrichissante. Mais militairement, il lui reste à faire ses preuves.

Mordicus

Notes relatives à l’intervention du général Pierre Marie Gallois, le 14 juin 2007. Radio Courtoisie

Quelques précisions quant aux lasers…

En appui aux programmes LIL et LMJ, d'autres installations viennent compléter les moyens d'études menées en physique des lasers ou des plasmas.
Il s'agit du laser Alisé et du laser Pétawatt.

Le Laser Alisé : Pour parfaire la compréhension de beaucoup des phénomènes physiques mis en jeu dans les lasers de puissance et améliorer les technologies actuelles, des installations adaptées sont mises en place au CEA Cesta. Une d'entre elles est le laser Alisé.

Alisé, Activité Laser ImpulSionnel pour les Études, est un laser de puissance. Il délivre une impulsion lumineuse de 100 milliards de watts à 100 mille milliards de Watt dans une durée extrêmement courte, un milliardième de seconde voire, dans certaines configurations, 1000 fois moins.

Cette installation apporte un soutien technique et scientifique au projet LMJ en complément de son prototype, la LIL. Elle servira également aux études de physique plus prospectives (physique du laser ou étude de l'interaction laser/matière) ainsi qu'à la formation des professionnels aux lasers de puissance.

Ce laser, dont les premiers photons sont sortis en février 2002, est proposé dans les programmes de recherche du Programme Cadre de Recherche et Développement de la Commission européenne. Alisé constituera à terme un outil unique ouvert à la communauté scientifique.

Petawatt : le laser de l'extrême !
Un petawatt est un million de milliards de watts : peu d'énergie, mais délivrée en un millième de milliardième de seconde.

L’association entre la LIL, laser énergétique avec un laser puissant, le Pétawatt, constituera à son tour une réalisation unique au monde.

Il s’agira d’un outil de tout premier ordre dans le domaine des plasmas denses et chauds, mais aussi, un instrument décisif dans la compréhension des processus élémentaires qui pourraient aboutir à la maîtrise de la fusion thermonucléaire contrôlée et apporter une réponse définitive à la satisfaction des besoins énergétiques de demain.

Indiquons à ce propos que le développement du réacteur nucléaire expérimental à fusion Iter, qui repose sur d’autres principes de confinement du plasma que le laser (confinement magnétique) ne pourra que bénéficier des apports du LMJ, tant dans la compréhension des phénomènes de plasma et de leurs turbulences, que dans la maîtrise des neutrons rapides et des matériaux résistants.

Cet ensemble de deux lasers, l’un de haute énergie et l’autre de forte puissance, pourrait montrer l’intérêt de l’utilisation des lasers brefs et intenses dans le domaine de la fusion. Il permettra la mise au point de nouveaux moyens d’allumage des réactions de fusion, des diagnostics et d’analyse.

Le couplage, LIL-Petawatt, entre un laser très énergétique et un laser de puissance multiplie les possibilités d’études sur l’interaction laser-matière, mais permet également d’aborder des nouveaux domaines de recherche qui, sans cet instrument unique, ne pourraient être réalisés.

http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/74/routedeslasers.htm


Pour visualiser les remarquables photographies du site d’essais nucléaires sous terrains américains du Nevada  faites défiler le lien
http://www.jp-petit.com/VIDEOS_plongees_Google_Earth/Gros_plans/photos.htm

Avec nos félicitations à JP Petit !

 



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