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« Royale nature » ? Toujours !

Notre frère d’armes Bernard ne baisse pas la garde. Ses élans, parfois bucoliques, ne lui font pas perdre le Nord. Il n’est de prince qui ne soit pas prince de la terre ! C’est vérité depuis que la terre est terre et que les princes sont princes ! Une belle « Humeur » de Bernard Lhôte…

Portemont, le 18 septembre 2010

Princes de la terre

« Le prince Charles parlent aux arbres » se moquait,-on autrefois. Comme non seulement je leur parle aussi, mais les écoute, et qu'ils me répondent avec pertinence, sans langue de bois, j'éprouvais envers lui complicité et sympathie.
Grâce à cette communion arboricole mon attention fut attirée par un phénomène singulier: le prince anglais n'était pas le seul de sa catégorie sociale éminente à se préoccuper de l'état de l'environnement et de son évolution. La plupart des souveraines, des souverains, des altesses royales s'employaient activement, à sa, à nôtre, sauvegarde. Ce fait apparaissait d'autant plus remarquable que les politiciens ne s'en préoccupaient pas du tout, quand ils ne se montraient pas carrément opposés à prendre en compte un problème nouveau, compliqué, qui, n'entrant pas dans les cadres idéologiques habitudinaires (droite-gauche, extrême-droite et extrême-gauche) les obligeait à penser, contrariait la confortable croyance en l'automatisme du Progrès, de surcroît dérangeait les intérêts de leurs maîtres,  gens d'affaire, financiers, puissants industriels.

Il faut le reconnaître, princes et « hippies » furent à l'avant-garde de l'engagement écologiste au service de l'avenir de l'Humanité, salement compromis par la destruction systématique des conditions environnementales indispensables à sa survie.
Au fil du temps les hippies se perdirent dans la nature ou la « bobo-culture », tandis que la réussite du prince de Galles firent taire les moqueries et donnèrent crédit et influence aux idées qu'i1 ne cesse de promouvoir avec énergie et, humour.

Ses propriétés (57.000 hectares) entièrement cultivées selon les normes de l'agriculture, mieux que « raisonnée », intelligente, c'est-à-dire biologique, fournissent une gamme de produits réputés pour leurs qualités, charcuteries, jambons fameux, fromages, volailles, biscuits secs, confitures... jusqu'à du mobilier de jardin en châtaignier.

Le succès commercial considérable conforte sa parole. Il participe à de nombreux débats nationaux et, internationaux, concernant la vie rurale, l'urbanisme, l'architecture. Il soutient les petits exploitants, les incite à convertir leurs terres à l'agriculture intelligente, les aide à trouver des débouchés. Faute de trône, le prince Charles s'est crée un royaume. Le roi de l'agro-alimentaire écologique, c'est lui!

En comparaison l'action d'un Jacques Chirac, président de la République, fut lamentable. Dépendant électoralement, entre autres dépendances, de la F.N.S.E.A. , surpuissant groupe de pression sur 1e monde rural, il contribua à 1a pollution des sols, des eaux, à la désertification des campagnes, à la désolation des agriculteurs.

Mon intérêt envers Charles d'Angleterre attira mon attention sur son père.

Et de là sur l’impressionnante cohorte des royaux écolos.

Le duc d'Edimbourg assura la présidence de la célèbre « W.W.F » à partir de 1981 jusqu'en 1996. Laquelle  «  World Wildlife Fund, la plus importante organisation mondiale de protection de la nature, fut créée sous les auspices de S.A.R le prince Bernhard des Pays-Bas.

Président-fondateur jusqu'en 1977, il resta  président de la section néerlandaise. Fondateur de l'Arche d'Or, « destinée à récompenser des personnes ayant particulièrement mérité de la protection de la faune et de 1a flore », il créa en 1998 « le fonds prince Bernhard pour 1a nature ».

Tel père telle fille, la reine Béatrix, dans son message de Noël 1990 osa sonner les cloches aux responsables d'un développement économique producteur de désastres croissants: « La Terre se meurt et l’inimaginable, la fin de la vie elle-même, devient imaginable ».

La lucidité et la franchise de son propos, qui firent grand bruit, déplurent au gouvernement. Claire démonstration de la différence inévitable d'appréhension du long terme par des monarques héréditaires et par des politiciens élus. En démocratie 1 'opinion de ceux-ci l’emportant, le développement en question, mis en accusation par la reine, poursuit son oeuvre destructrice. Il la poursuivra tant que les Gardiens de l'Avenir que sont reines et rois n'auront pas assez de pouvoirs pour assurer pleinement leur mission salvatrice.

La W.W.F. est un véritable gotha. En Europe, dans toutes les monarchies, des princes en animent les sections nationales et d'autres institutions à vocation écologique, dont ils sont souvent les initiateurs.

C’est vrai en Norvège, en Suède.

C'est encore plus vrai au Danemark.

En Suède, le roi Charles XVI Gustave, très sportif avec une prédilection pour les sports marins, est, à l’instar du peuple suédois, "naturellement" enclin à aimer la "nature", à la connaître, à la respecter.

« Depuis son enfance adepte actif du scoutisme, nous dit sa biographie officielle, il exprima très tôt ses prises de position en faveur de la protection de 1'environnement et il préside 1'organisation suédoise du Fonds mondial de la nature ».

En Norvège, S.M. le roi Harald était en tant que prince héritier président d'honneur de la W.W.F norvégienne, ce depuis 1964 !
La princesse Martha Louise de Norvège, elle, est membre d'une association écologique pour les enfants (Blekkulf).

Au Danemark, la très aimée Margrethe II, artiste peintre, illustratrice (de Tolkien), scénographe estimée, prône aussi la protection de la nature; mais c'est surtout son époux Henrik, Henri comte de Montpezat,  qui s'active pour cette cause en tant que président de la W.W.F danoise établie à son initiative en 1972. Il préside également « Europa nostra », dont la finalité est la conservation de l'héritage architectural européen. Très concrètement il s'occupe de son héritage viticole. Les vignes de sa propriété familiale du Lot sont cultivées de façon traditionnelle.

On ne saurait omettre les souverains de Monaco, les Grimaldi, grands précurseurs en océanographie et écologie des mers.

Afin de célébrer le centenaire des Missions Arctiques d'Albert Ier, Albert II s'est rendu à pied au Pôle Nord.

Cet « ardent défenseur de l'environnement » (selon ses propres paroles lors de son intronisation) adressa du lieu glaciaire mythique menacé de fonte un signal d'alarme à l’humanité : « Comme le Prince Albert Ier qui a montré la voie, j'entends, plaçant mes pas dans les siens, contribuer à la prise de conscience qui s'impose, exprimant ainsi ma disponibilité pour fédérer les initiatives de nature à mettre un terme à certaines dérives ». Dont celles d'immenses icebergs sont les effets. Dans un article du bimensuel « Royaliste » (n° 882) François Villemonteix tirait deux principales leçons de cet acte hautement symbolique.

Primo: la transmission du « patrimoine de connaissances familiales ont donné depuis longtemps au prince une conscience aiguë des dangers du changement climatique ».

Secundo: le prince, ayant en perspective un règne d'une trentaine d'années -si Dieu le veut- « il sait qu’il devra faire face lui-même aux difficultés que les bouleversements climatiques vont amener ». Un président élu pour cinq ans n'est évidemment pas aussi vivement concerné.

Il est intéressant de relever qu'au Maroc, c'est une princesse, S.A.R Lalla Hasnaa, qui est présidente de la « Fondation Mohammed VI » pour la protection de l'environnement.

En Asie, où l'environnement est, le moins qu'on puisse dire, le cadet des soucis des gouvernants, un roi se distingue par sa militance écologiste native. Jigme Singye Wangchuck, roi du Bhoutan, promeut dans son royaume des cimes, à l’encontre de la notion quantitative simpliste de P.N.B, produit national brut, celle de P.B.N, produit de bonheur national.

Le roi  Jigme Singye Wangchuck couronnant son fils…

Un autre souverain, profondément bouddhiste également, celui de Thaïlande, le roi Bhumipol, s'efforce  d’instaurer une politique économique d'autosuffisance, seule capable selon sa philosophie d'assurer ce produit de bonheur national en harmonie avec les ressources réelles du pays.

C'est aussi un « souverain »,  «  international » celui-ci, le souverain pontife, Benoît XVI, qui place l’environnement au coeur des priorités religieuses.

« Habemus papam ecologistum » titrait la revue franco-britannique « L'Ecologiste » lors de l'élection de Joseph Ratzinger au trône de Saint-Pierre.

A l'occasion d'un rassemblement de jeunes italiens à Lorette, au mois de Septembre 2007, le pape leur a recommandé d'agir « d'urgence pour protéger les équilibres fragiles de la nature et de recréer un lien fort entre l'homme et la Terre ».
Déjà, en 1985, Jean-Paul II s'était engagé en ce sens à Viterbe en expliquant que Dieu avait confié la gestion de la Terre aux hommes, mais pas sa possession. Il appelait les chrétiens à « une conversion écologique »!

Avec le patriarche de Constantinople, Bartholomé Ier, Jean-Paul II conçut et signa en 2002 à Venise une déclaration commune pour la sauvegarde de la Création. Cette déclaration n'eut pas droit à un grand écho médiatique…

Des écologistes ont accusé le « judéo-christianisme » d’être responsable du saccage de la Terre, au prétexte que la Bible donne à l'homme la « (per)mission » de dominer le monde vivant. Vaste sujet, à traiter ultérieurement. En tout cas il est illogique, contradictoire, de reprocher à 1'Eglise catholique son opposition historique à une évolution matérialiste, présentée comme le « Progrès », le seul possible et de l’accuser  d'être cause des effets pernicieux du dit Progrès.

(à suivre)

Bernard Lhôte

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