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Ne soyons pas trop sévère...

Vite dit! Tout de même, un peu de « sévérité » ne fera pas de mal... Mais il est vrai que les grandes réconciliations « sincères » imposent de passer quelques éponges. Après la « paille de fer »... Tant ont été et sont grandes les illusions, non plus savamment entretenues mais grossièrement! Robert Escarpit s'en inquiétait déjà en septembre 1969. Et applaudissons notre frère d'armes Bernard Lhôte d'enrichir notre réflexion à partir d'un texte qu'il est bon de remettre au jour! Les républiques et le peuple, le « démos », une relation sans amour...

Ah! le « peuple »... Tout le monde l'aime ou feint de l'aimer. Mais qu'est-ce qu'un peuple qui a perdu ses racines? Et quel est le « champ » de sa souveraineté quand il n'est plus qu'une succession de « Je » éclatée et ne sait plus entendre la richesse, la réalité du « Nous »?...

Portemont, le 21 avril 2010

Royale nature toujours!!!

De la table rase à la table d'hôtes

Ne soyons pas trop sévères envers les révolutionnaires français. Ils ne pouvaient pas savoir qu'i1s suivaient un parcours politique prédéterminé, étant les premiers à 1'emprunter.

Dans un de ses billets d'une pertinence épatante, Robert Escarpit décrivit dans le Monde du 3 Septembre 1969, ce tracé fatal des révolutions anti-monarchiques.

ILLUSIONS

Le roi Idrîs As-Sunûsî

Avec la Libye, voilà une monarchie de plus qui disparaît. Un républicain s'en réjouirait si tant de rois détrônés, depuis cent quatre vingt ans que la France a donné le branle, avaient été remplacés par autant de républiques. Or, notre histoire même en est un exemple éclatant, le peuple souverain a 1e plus grand mal à exercer la souveraineté qui devrait être son héritage. On se demande même s'i1 y tient tellement.
Sans parler des dictateurs, Césars et tyrans authentiques, il est peu de pays au monde où le pouvoir ne soit exercé au pire par un militaire ou un civil qui s'en dit 1ibérateur, pacificateur, justicier-1es alibis ne manquent pas- ou, au mieux, par un homme fort, un homme providentiel un homme de circonstance- les épithètes manquent encore moins.
Quand 1'homme n'est pas là, les institutions marquent sa place, et la collégialité est une façon de se mettre à plusieurs pour chausser des bottes provisoirement trop grandes.
En fin de compte, on se demande si nos ancêtres de 1789 ne se faisaient pas des illusions. Les rois sont morts, vivent les roitelets.

Robert Escarpit

Cher Escarpit, on ne se le demande plus! La République est une volière de roitelets. Les illusions de nos ancêtres, qui en doutent?
Les écarts entre les intentions, sincères, enthousiastes, de 1789 et leurs réalisations me sidérèrent dès que j'en appris l'histoire. Que d'illusions!

Illusion la Liberté, à peine proclamée, déjà confisquée. Illusion l'Egalité, les biens nationaux découpés comme un fromage, en épaisses portions pour les riches, la croûte pour le menu peuple, l'odeur pour les pauvres. Illusion la Fraternité, à moins que le fratricide en soit une condition.

Mais la pire des illusions, la Paix! Le 22 Mai 1790, dans un de ses élans de générosité rousseauiste, l'Assemblée Constituante déclara "la Paix au Monde". Rien de moins... Un an après, 1'Assemblée législative se prononça quasi unanimement en faveur d'une déclaration de guerre à l'empire des
Habsbourgs.
Pourtant, dans un premier temps, les souverains d'Europe n'étaient nullement fâchés des troubles qui, pensaient-i1s, affaiblissaient le trop puissant royaume de France. Il fallut 1'annexion, sans  négociation, des possessions de la Papauté dans la vallée du Rhône et de fiefs allemands en Alsace,
ainsi que des déclarations enflammées d'hostilité €envers les "tyrans" pour que 1es rois manifestent une inquiétude qui inquiéta les chefs de la Révolution en plein état de surexcitation.
Ils avaient des excuses. Politiciens improvisés, à 1a légitimité incertaine (d'où leurs incessantes références incantatoires au peuple), ivres de pouvoirs inattendus, embal1és par leur mission auto-proclamée de Libérateur de 1'Humanité, i1s ne pouvaient qu'être attirés par 1'aventure d'une croisade.
S'en suivit vingt.-trois ans de conflits armés presque continus, sanctionnés par Waterloo. A part la gloire militaire (contraire à l'intention initiale de paix), le bilan fut très lourd, et pèse encore.
En tout premier lieu, fut détruit le traité de Westphalie, ce génial ouvrage de grands professionnels (Richelieu, Louis XIII, Mazarin) qui nous assurait le confort d'une Allemagne morcelée.

Les pourparlers de Münster

La paix de Westphalie signé à Munster le 24 octobre 1648.
Lire: http://mjp.univ-perp.fr/traites/1648westphalie.htm

Simultanément, la rupture de l'alliance avec les Habsbourgs, concoctée par Louis XV en vue de
s'opposer au dessein du roi de Prusse de réunifier les Allemagnes sous son égide, favorisa cette ambition qui devait nous coûter -excusez du peu- les guerres de 1870-71, 1914-1918, 1939-I945.
D'autre part la suprématie de la langue anglaise n'est pas due à sa commodité. Elle est due à l'expansion planétaire de l'Angleterre; que Louis XVI avait su contrer 1à où il le fallait, sur mer; et non sur terre sur le continent, où les armées de 1a République et de 1'Empire combattirent aussi vaillamment qu'inutilement.

De plus est attribué à 1a Révolution française un nationalisme qui, accouplé à 1'universalisme, produisit un mélange explosif à qui l'on devrait les nationalismes des XIX et XX émes siècles. Çà se discute... Par contre la militarisation du peuple français généra1isée, puis des autres, de fait de la conscription généralisée, aboutit aux guerres de masse.

Les Cahiers de Doléances ne réclamaient pas ça... En somme, des salons philosophiques on passa au club des Jacobins et des clubs aux casernes. La musique militaire témoigne de cette évolution. Avant 89, elle était assez guillerette, à la façon de « Trois jeunes tambours s'en revenaient de guerre... »

A partir de la Croisade de « libération des peuples », elle devint tonitruante, conquérante, belliqueuse.
Quant aux peuples "1ibérés", ils ne gardèrent pas tous bon souvenir de troupes libératrices qui bousculaient cavalièrement leurs us et coutumes et vivaient sur le pays.
En résumé, 1a politique étrangère de cette période fut entièrement étrangère aux intérêts de la France.

Mais attention, gardons-nous d'être contaminés par l'esprit de table rase!
Ne traitons pas la République comme elle traita 1a Royauté. La rupture radicale n'est pas capétienne. La monarchie évoluait par accumulations successives. La juxtaposition de styles du palais du Louvre est un exemple spectaculaire de cette tradition royale. Tradition qui voudra que les
retrouvailles des français et de leur roi se fassent autour d'une table d'hôtes où seront conviés tous les régimes.
Le royaume de France était beau et grand. Mais la Révolution n'a pas démoli un système parfait. Qui voudrait revenir au fermage des impôts? A la propriété privée des fonctions judiciaires? Qui voudrait renoncer à son droit de vote? Au principe, si maltraité qu'il soit, de la souveraineté du peuple?
Escarpit a raison de souligner la difficulté éprouvée par le peuple souverain à exercer sa souveraineté; mais il a tort de se demander s'il y tient.
Le peuple y tient, j'y tiens, nous y tenons, mais elle est tellement manipu1ée, accaparée, déniée par la caste politicienne et par les oligarchies dont elle dépend, qu'un sentiment de dégoût et de lassitude nous gagne, comme on vient de le voir aux élections régionales.
« Le peuple est souverain dans un gouvernement représentatif, mais ses représentants sont ses tuteurs ».

Ce propos cynique de Barnave à la Constituante est toujours d'actualité. Pour Alain Juppé « l'enjeu, c'est précisément, sauf démagogie que les élites éclairent le peuple ».

Il ne se prend pas pour une queue de cerise celui-la!
Le gros problème des « démocrates », c'est « démos ». Comment s'en passer tout en s'en réclamant? Tel est 1e souci des "é1ites" depuis l'institution du suffrage (dit) universel.
L'amélioration des moyens d'expression de notre souveraineté du peuple sera 1'une des principales tâches d'un roi au-dessus des partis.

à suivre

Bernard Lhôte


Naissance de la Libye moderne

En réponse aux demandes des Libyens qui réclamaient le maintien de l’unité des trois régions que sont la Cyrénaïque, la Tripolitaine et le Fezzan sous l’autorité de l’Émir Idrîs As-Sunûsî, les Nations Unies envoyèrent un émissaire en Libye pour juger de la situation et consulter l’avis des chefs de tribus sur celui qu’ils voulaient voir les gouverner. L’avis majoritaire pencha en faveur de l’Émir Idrîs As-Sunûsî, qui fut choisi comme dirigeant de la Libye unifiée.
Après cette étape d’unification, l’Émir travailla à renforcer son pays sur tous les plans. Ainsi instaura-t-il le 25 novembre 1950 la première Assemblée Nationale qui représenterait les différentes provinces libyennes. Cette Assemblée prit un certain nombre de décisions allant dans le sens de la création d’un État libyen constitutionnel. Elle décida que « la Libye serait un État démocratique, fédéral, indépendant et souverain dont le régime serait une monarchie constitutionnelle. Son Altesse l’Émir As-Sayyid Muhammad As-Sunûsî, Émir de Cyrénaïque, deviendrait le Roi du Royaume Uni de Libye ». Cette Assemblée rédigea également la Constitution du pays, composée de 204 articles, et la publia le 7 octobre 1951.

Idrîs As-Sunûsî, au centre, désigné Roi de Libye par l’Assemblée Nationale
Après que le Roi Idrîs As-Sunûsî eut déclaré que la Libye était devenue un État souverain, suite à la publication de la Constitution, son pays rejoignit la Ligue des États Arabes en 1953, puis l’Organisation des Nations Unies en 1955.

La fin de la monarchie et la mort du Roi Idrîs

As-Sunûsî demeura Roi de Libye jusqu’à la Révolution du 1er Septembre 1969, menée par le Colonel Mu`ammar Al-Qadhdhâfî qui destitua le Roi Idrîs As-Sunûsî. Ce dernier s’installa alors en Égypte en tant que réfugié politique et y resta jusqu’à son décès qui survint le 25 mai 1983.

Lire: http://www.islamophile.org/spip/Idris-As-Sunusi.html

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