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Il ne nous avait pas tout dit...

Bernard Lhôte, notre frère d'armes, nous a conté le chemin qui l'a conduit à « Basta la république! » Les « Bons Pères » ont poursuivi leur enseignement et forgé le caractère « résistant » de notre ami. Surnommé par le père préfet « le petit Voltaire », en son temps, ne voilà-t-il pas que la lecture récente des titres des revues accrochées aux kiosques à journaux a fait sursauter notre ami: « Les privilégiés de la République »- « Croissance des Inégalités »- »Les Dynasties aux Affaires »-« La République des Privilèges »- «  La Cour de Nicolas Ier »- « La Dérive monarchique »...

A le faire douter des enseignements de l'Histoire... Mais Bernard ne doute pas. Et dans ces certitudes, nous en partageons une tout particulièrement: Il faut reconstruire la Bastille...

Portemont, le 24 février 2010

Royale nature...
La Révolution  Française

La révolution française? Quoi? Elle a eu lieu.

Qu'on le veuille ou non, mais si, elle a eu lieu! pourtant, à lire  les titres des revues aux étalages des kiosques à journaux, on en douterai: « Les privilégiés de la République »- « Croissance des Inégalités »- « Les Dynasties aux Affaires »- « La République des Privilèges »- « La Cour de Nicolas Ier »- « La Dérive monarchique »...

Malgré tout, elle a existé, j'en jurerais, j'y étais! Soldat de l'An II, baïonnette-au-canon à Valmy, chasseur de perdrix avec Charette, je la célèbre et la maudit au double risque de ne la pas comprendre.

« Il  y a deux moyens sûrs de ne rien comprendre à la Révolution française, c'est de la maudire ou de la célébrer » selon François Furet.

« Mirabeau-Tonneau »

A ses débuts elle me plut. Ça chauffait, ça remuait, ça pétait feux et flammes, la parole s'enflammait, Mirabeau tonnait, les paysans brûlaient les paperasses des terriers, les sans-culottes déculottaient ceux qu'en avaient, le populo pendouillait l'aristo à la lanterne, il faut bien que
de temps en temps le dessous prenne le dessus. Les massacres de Septembre me parurent excessifs. La nationalisation des biens du clergé ne révolta pas mon esprit voltairien que le père préfet honorait en me surnommant « le petit Voltaire ».
C'est justement cet esprit voltairien qui, appliqué à la nouvelle religion du Progrès, au culte irrationnel de la Raison, à la folle ambition de régénérer 1e genre humain, mit le holà à mes sympathies révolutionnaires.
Plus précisément, je m'en souviens comme d'hier, c'est la politique de la Table Rase qui me révolta. Se permettre  de décréter « ci-devant » tout le passé, de le qualifier en bloc d'obscurantiste afin
de s'auréoler des Lumières, prétendre les apporter enfin à l'Humanité, précédemment ignare, abrutie, soumise, esclave, me paraissait, et me parait, d'un mépris extrême envers nos aïeux, d'une arrogance ridicule, et gros de toutes sortes de persécutions.
Je n'acceptais pas -après dix ans de collège- l'idée qu'hors des évangiles point de salut; ce n'était pas pour accepter qu'hors la Déclaration des droits de l'homme i1 n'y en eut pas.

Ce que je n'appréciais pas dans la religion catholique, la monopolisation de la Vérité, la machinerie du Salut, la frénésie  de conversion, l'esprit de croisade, je ne 1'appréciais pas davantage dans la Révolution.
Il ne fallut que trois quatre ans aux révolutionnaires pour reproduire des travers et des exactions qu'avait produits au cours de dix-huit siècles la religion qu'ils jetaient aux orties. Prolifération d'hérésies idéologiques, anathèmes, exclusion des hérétiques, élimination physique au nom de la vraie foi, terreur inquisitoriale, croisade contre les puissances du Mal, aristocrates, femmes, superstitions, prêtres, ces sorciers, chouans et autres cathares, girondins, réfractaires muscadins
"Quand on s'oppose au penchant général de la nature, cette contrainte la détourne à des affections déréglées qui sont d'autant plus violentes qu'elles sont moins fondées; c'est une espèce de folie".

Cette réflexion de Diderot, extraite de La Religieuse, s'applique à la Révolution et à la République. Elles contrevenaient au cours de 1'Histoire de France dont le lit est royal, e1les refusaient ce penchant naturel qu'est la transmission dynastique, et cet autre, discutable mais très vif, qui pousse à
cultiver les différences et les inégalités, conformément au principe de distinction.
La folie furieuse ne pouvait qu'être au rendez-vous.

Le professeur qui nous enseignait cette période était un laïque; jeune licencié en Histoire et Géographie i1 préparait  l'agrégation. Très ouvert, il nous apprenait à considérer un évènement sous tous ses aspects, à partir de points de vue divers.

Ainsi, à propos de la prise de la Bastille, il nous lut des articles et des lettres de contemporains aux opinions variées, voire complètement opposées. Depuis ceux ou celles qui n'y voyaient qu'une orgie populacière noyées dans la vinasse et le sang, jusqu'à ceux ou celles aux yeux de qui la chute de cette prison paraissait annoncer l'aurore de 1'Avenir Lumineux.
Pour moi, qu'était la prise de Bastille? Un élan populaire à 1'assaut d'une prison, c'est beau! Qu'en revanche le roi ne réagisse pas me fâchait. Partisan de la prise, je l'étais aussi de la reprise par les troupes royales. Quitte ensuite à ce que, sur ordre,  elles la démolissent. Actuellement je serais favorable à sa reconstruction.
Ce n'était pas l'existence de la forteresse-geôle le scandale, destinée qu'elle était principalement à enfermer des V.I.P. Le scandale? Qu'elle ne servit presque plus à cet usage, alors qu'une haute canaille pillait le trésor royal, narguait le roi, se moquait du peuple. C'est à se demander si les gaillards des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marcel s'en prirent à la Bastille, non pas afin d'en finir avec un abus d'autorité, mais parce qu'au contraire, par carence d'autorité, elle ne servait plus à soumettre les Grands à l'intérêt commun.
Louis XVI laissa faire la rébellion. Certes reprendre la Bastille par la force eut provoqué un massacre. La résignation du débonnaire monarque ne m'en irritait pas moins. La monarchie me faisait douter d'elle. Elle montrait ses limites. Elle s'empêtrait entre tradition et évolution, elle
si habile jusqu'alors à s'appuyer sur 1'une tout en favorisant l'autre.

Nous sommes en l'année scolaire 1947-48, trois ans après la Libération. Nous étudions une période cruciale de l'Histoire de France tout en en vivant une autre.

1948 - Grève des mineurs
La grève dans les houillères du Bassin du Nord-Pas-de-Calais, au centre de l'action en justice d'anciens mineurs aux prud'hommes, dure près de deux mois et se solde par une violente répression et des licenciements massifs.

Au final la France ne s'est pas trop mal sortie de la pire des situations.
Elle a moins souffert que la plupart des nations occupées, beaucoup moins que la Pologne, moins que la Tchécoslovaquie, que la Yougoslavie, que la Hollande, moins que l'Italie alliée de l'Allemagne, bien moins que l'Allemagne même.
I1 faut le reconnaître, la France a politiquement bénéficié d'une double chance, l'Appel du 18 Juin et qu'il fut, dans un premier temps, peu suivi.

Nous sommes dans le camp des vainqueurs et, n'en déplaisent aux collabos, nous ne l'avons pas volé. Le Grand Charles a obtenu un des cinq sièges dévolus aux grandes puissances à l'O.N.U et une zone d'occupation par notre armée outre-Rhin.

Mais la III ème R.F bis, dite IV ème ne brille guère depuis que les partis ont évincé De Gaulle. La République a renoué aussitôt avec sa propension à se conduire en vassale d'un allié, cette fois les Etats-Unis.

Malgré l'histoire des déboires subis par la monarchie en 1789, que j'étudiais avec un certain dépit, ce n'était pas cette piètre IV ème qui put me convaincre de la supériorité du régime républicain, pour ce que j'en voyais depuis l'enfance, ce régime ne valait pas le coût de la Révolution.

A suivre...

Bernard Lhôte

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