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« Royale nature»...

De la « nature » de la France... Une France qui est toujours un peu plus ignorée. Une France-pour ceux qui en font leur fonds de commerce, qui ignorent ou travestissent son histoire-dont l'acte de naissance porterait la date de 1789...

Allégorie de la France sous la figure de Minerve (la Sagesse) qui foule aux pieds l'Ignorance et couronne la Vertu guerrière par Sebastiano Ricci, 1718.

Ah! La grande Révolution, la follement prodigue Révolution!
Phare de toutes les révolutions, s'est-on une fois, une fois seulement, interrogé sur ses « effets » et sur ses « causes »? A-t-on une fois, une fois seulement, entrevu que si ce reniement fut « grand », c'est parce que la France était grande, « reine de beauté »? Notre ami et « frère d'armes », Bernard Lhôte, remet  pendules et horloges de France à la bonne heure! Quand 1789 est l'acte de naissance du grand tournis...

Portemont, le 24 février 2010

Des EFFETS et des CAUSES

La Révolution française fut grande parce que la France d'alors l'était.
Fut prestigieuse parce que, entre toutes, la couronne de France l'était.
Fut follement prodigue parce que le pays était riche.
Une révolution idéologiquement identique survenue dans une petite principauté germanique ou balte n'eut pas eu plus de retentissement qu'un pet.
La Révolution n'éclate pas au sein d'une société abrutie, tyrannique, misérable. Elle est l'une des  plus brillantes, des plus civilisées de tous les temps.
S'il est exact que, à en croire Andréa Branzi, architecte d’intérieur, « Ethique et  esthétique coïncident, et la laideur est toujours le fruit d'une erreur politique », c'est dire à quel haut degré de vérité politique notre monarchie accédait. Nous sommes fâcheusement bien placés, gens du
XX ème siècle, pour savoir ce qu'engendrent de monstrueuses laideurs urbanistiques, d'hideuses lourdeurs architecturales: les régimes totalitaires!
Par contre au temps de nos rois la beauté était reine.

Place Royale-Place des Vosges...

Avec eux, aux XVII ème et XVIII ème siècles l'architecture, et 1es arts, atteignent la perfection, la suprême élégance, faite de sobriété et de joliesse. Un véritable Etat de Grâce, où la créativité artistique et littéraire s'épanouit comme jamais.
Du reste les artistes ne s'y trompent pas. Ils sont toujours nombreux à ressentir une sympathie, affichée ou non, envers la royauté.

Mais alors, pourquoi le séisme de 1789 ?
L'inventaire scolaire de ses causes est bien connu: disette, déficit budgétaire, Cour ruineuse et coupée du monde, injustices et inégalités, blocage de 1'ascenseur social, reliquats de féodalité, pouvoir clérical pesant, aspiration à davantage de Liberté, prise de conscience de la source de
1a souveraineté, le Peuple!
Ces causes expliquent à la rigueur un changement, pas un tel chambardement.
Lequel, en fin de compte, n'apporta pas vraiment de remèdes à la plupart des maux, mais en aggrava certains.

Les disettes se perpétuèrent, la faillite des assignats n'arrangea pas les finances publiques, la vente des biens du clergé profita aux nantis, 1e pouvoir spirituel de l'Eglise fut remplacé par d'autres cultes impérieux, de la Raison, de la Nation, de la République, au détriment de la liberté.

Quant à la Souveraineté du Peuple, elle fut illico confisquée à peine proclamée. Les inégalités ne disparaissent pas, elles se transforment.

La fameuse Nuit du 4 Août n'a en réalité jamais vu le jour. Les citoyens propriétaires deviennent propriétaire de la citoyenneté. D'universel le suffrage devient bientôt élitiste. Toutefois, les élites se renouvellent peu ou prou et l'ascenseur social, de freiné plus que bloqué, s'accélère à la satisfaction de la bourgeoisie.
Perplexe, pas très convaincu de la puissance révolutionnaire, de ces causes répertoriées, je me mis à en chercher d'autres en partant du principe que 1es causes sont dans les effets.

Le premier effet, d'une ampleur incontestable, me parût être la Guerre.

Guerre civile féroce, guerre étrangère interminable, épopée militaire fantastique, hémorragique saignée à mettre la population sur le flanc; pas encore assez, puisque, après plus de vingt ans d’aventures guerrières, i1 y avait encore en 1815 des gens qui en redemandaient.

Les derniers Bourbons étaient relativement pacifiques. Le dernier roi à guerroyer directement, à s'exposer aux feux de l'ennemi, à entraîner des troupes à l'assaut fut Louis XIII, l'inventeur de la compagnie des Mousquetaires et que, rien que pour cela, Dumas eut dû célébrer au lieu d'en faire à tort le pâ1e second de Richelieu.

Louis XIV aima trop la guerre, confessa-t-il lui-même. Il participait volontiers aux campagnes, y entraînait la Cour à sa suite avec magnificence, prenait des risques mais ne combattait pas l'arme au poing.

Louis XV fut présent à Fontenoy, bataille remporté par 1e glorieux Maréchal de Saxe.

11 mai 1745 :
Le Maréchal de Saxe présente à Louis XV les trophées : canons, drapeaux, mais aussi, au même titre, une magnifique paire de timbales prise aux Anglais. Par Horace Vernet.

Bien que vainqueur le roi semble n'avoir pas goûté la vue de 1'étripaille. Sous son très long règne (1715 à 1774!) il perdit la guerre de Sept Ans, un grave revers mais qui éprouva peu 1es civils (français), les combats se déroulant hors du territoire national; ce qui vaut mieux et ce que 1a République n'a jamais su bien faire. Le nombre d'invasions qu'on lui doit est effarant.
Louis XVI prit une revanche sur les anglais en soutenant la révolte des indépendantistes Américains. L'affaire se passa au loin, ne concerna que la marine et un petit corps  expéditionnaire, coûta cher en argent peu en vie, et n'émut guère que les élites.

Autrement dit, à part quelques tumultes intérieurs, quelques émeutes par-ci par-là, quatre-vingt ans assez paisibles ne pouvaient satisfaire les besoins d'émotions fortes, collectives, « emballantes » d'une population nombreuse, de beaucoup la plus nombreuse d'Europe, pleine de vitalité,
hardie, prompte à brandir la fourche ou à dégainer l'épée.
De nos jours la paix n'est plus un problème. Nos vieux peuples de vieux n'ont même pas besoin de I'U.E pour ne pas en découdre. On ne fait pas la guerre en fauteuil roulant.

Mais représentons-nous les ressources, la force d'une population prolifique, le potentiel guerrier d'une nation jeune, fringante, longtemps ménagée et que des idées neuves font rêver de lendemains enchanteurs. Le règne sans fin d'un Louis XV usé, et désabusé, le lymphatisme de Louis XVI
n’étaient pas de nature à dissiper d'aussi vives ardeurs, à distraire d'aussi vives attentes. Il eut fallu au moins que le roi montât à cheval, non pour chasser, pour parcourir au pas, au trot, au galop le royaume de long en large. A en être trop absent, 1es sujets apprirent à se passer du roi et partirent en guerre sans lui.

Le deuxième effet spectaculaire de la Révolution est une instabilité politique chronique, et maladive. A partir de 1789, c'est une succession effrénée de régimes, monarchie constitutionnelle, I ère République, Dictature de Salut Public, Directoire, Consulat, Empire, Restauration, re-Empire, re-Restauration, monarchie de Juillet, II ème République en coup de vent, second Empire, III ème République plus durable mais aux gouvernements éphémères, désastre, Etat français à Vichy et régence de De Gaulle à Londres, puis à Alger, IV ème R.F, puis V ème qui existe encore,non sans avoir subi des modifications radicales. Dont 1'abandon du principe fondateur de la République, 1a Souveraineté une et indivisible, mise en indivision européenne. Et on se plaint de troubles identitaires! ! !

Pourtant ça donne le tournis, à en perdre le nord...C'est à se demander si l'extraordinaire, 1'exceptionnelle durée de la monarchie et de la dynastie n'a pas fini par lasser ? A en juger aux essais précités de toutes sortes de régimes, la réponse est affirmative. En tout cas ce cirque d'agités dont 1'acrobatie consiste à se refiler la France comme une patate brûlante témoigne d'une incapacité certaine à assumer sérieusement son destin. Le recours fréquent à des sauveurs en est une preuve supplémentaire.

Edouard Balladur, à propos de Jeanne d'Arc, constatait que la royauté n'avait eu besoin qu'une seule fois, en huit siècles, d'un sauveur, une femme, Jeanne, tandis que depuis la République, en deux siècles, il en avait fallu sept ou huit, et pas tous bénéfiques...Comme si la négation du Droit divin provoquait l'ironique nécessité d'un ersatz, 1'Homme providentiel.

à suivre...

Bernard Lhôte

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