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« Royale nature »

ou « Comment je n’eus pas à devenir écologiste… » L’Ami Bernard Lhôte, de déclic en déclic, nous entretient de la terre, notre terre, nos paysages…  Né « écologiste » grâce au bon lait d’Alice, sans nostalgie, Bernard borne notre entrée dans le « temps des Ténèbres »…

Mais il ne tient qu’à nous de travailler pour un temps de véritable renaissance…

Portemont, le 7 février 2010

En ce mois de Décembre 2009 se pressaient à Copenhague (capitale d'une monarchie) des milliers de délégués d'Etats du monde entier, des experts, des gouvernants, des militants, tous inquiets au chevet de la « Planète » atteinte de fièvre maligne. Il faut sauver la Terre, s'enflammaient les médias inconscients, en proférant une erreur, de participer à la montée de la température et à l'aggravation du mal.



Erreur en effet, car boule glacée ou calcinée la Terre s'en fout, elle tourne. Ce qui ne tourne pas rond, qui se met en danger, c’est l’Humanité !
Quoiqu'il en soit, nous assistons enfin à un début de prise de conscience collective. Pour que des politiciens à la portée de vue électorale, très courte, s’intéressent à autre chose qu'aux facteurs de leur réélection, bigre, c'est que le feu a pris au village !

Il y a à peine dix ans, que dis-je, cinq ans, ceux celles qui prévoyaient, qui dénonçaient les conséquences des inconséquences d'une civilisation gravement névrosée, étaient traités au mieux de demeurés, de zigotos et, au pire, de dangereux empêcheurs de consommer, voire de fascistes verts- de-gris.
La quasi unanime alarme actuelle ne laisse pas de rendre perplexe. 0n y sent plus de peur que de réflexion. Il s'agit d'éteindre I'incendie, plus que de remédier aux causes originelles et d'empêcher les incendiaires. Mais ne faisons pas grise mine aux pompiers. A tenter de circonscrire le sinistre ils en percevront peut-être les origines, qui sont d’ordre spirituel et mental.

Même s'il y a lieu de s'inquiéter de I'inquiétude de gens jusqu'à récemment sûrs de leur fait, imbus de leur science, de leur politique, j'avoue une satisfaction, non dénuée d'autosatisfaction, à constater la validation de prévisions anciennes, fondées sur I'intuition native et Ie jugement formé auprès de paysans et de Montaigne.

Je ne suis pas devenu, je suis né écologiste. Est-ce parce que ma mère accoucha à la maison? Que le médecin de famille arborait une barbe fleurie ? Que le lait d'Alice, bonne nourrice, fille de la campagne, était bio de chez bio, alimenté aux légumes de fumier, aux camemberts de vache, aux oeufs de basse-cour, aux lapins de clapier ou de garenne ? Autant de délices qui éduquent le goût.

A moins que ce ne soit parce que je vis le jour à l'ultime fin du Moyen-âge, aux dernières années de la traction animale, dans le Perche qui fournissait d'énormes chevaux et de charroi à peu près comme aux vieux temps médiévaux.

A la maison, la famille profitait des commodités du progrès, chauffe-eau au gaz, aspirateur, téléphone à manivelle, automobile également à manivelle, chauffage central, éclairage à l’électricité. Toutes choses absentes des fermes éclairées à la  lampe à pétrole et chauffée à la cheminée et à la cuisinière. Je passais d'une civilisation à l'autre sans problème. Percherons et paysans m'impressionnaient toutefois davantage que les automobiles et que les bourgeois.

L'un de mes spectacles préférés : le cheval couvert d'un drap noir aux larmes d'argent, la tête ornée d'un plumet noir, attelé au corbillard drapé de même.

En somme je voyais le dernier carrosse en activité. La mort a beaucoup perdu en allure, en majesté, depuis qu'elle circule en fourgon funéraire.
Et depuis que les tombes ressemblent à des lavabos…

Ai-je la nostalgie d'une civilisation disparue ? Sûrement, sauf lorsque je me rends chez le dentiste. La nostalgie est la mémoire du coeur. Une muse de la poésie, de la musique, de la chanson. Les progressistes la réprouvent. A tort! Les malheureux, ils vont bientôt éprouver celle du temps où ils croyaient encore au progrès.

La nostalgie, cependant, n’a pas motivé seule ma réserve envers celui-ci. Auquel au demeurant, je me suis adapté facilement, ne serait-ce qu'en pratiquant des activités professionnelles toutes nouvelles.

Enfant, trois déclics éveillèrent mon scepticisme.

Le premier déclic, clair, net, se situe vers cinq ans. A la vue, pour la première fois, d'un toit de grange couvert de tôles ondulées à la place de tuiles.

J'en fus choqué. A raison, car c'était I'avant-garde de I'enlaidissement des paysages. Bientôt, par dizaines de milliers les couvertures en tôle « bidonvilainisé » des corps de ferme, des maisons rurales, des hameaux de toute beauté.

Le deuxième déclic environnementaliste se situe à la même époque. Partout poussaient des espèces de champignons en béton gris aux formes les plus affreuses possibles.

Ils ont le mérite de témoigner d'une façon exemplaire de la vulgarité du temps. Ainsi du monstrueux  « château » d'eau dressé à coté de l'église de Trôo, cette merveille flottant entre terre et ciel au-dessus de la vallée du Loir.

L'église de Trôo appelée « Collégiale Saint-Martin », édifiée vers 1050 est dédiée à Saint Martin. Elle fut reconstruite un siècle plus tard par Geoffroy Plantagenêt, fils de Foulques le Jeune, sur un plan en forme de croix latine.

Je ne me souviens pas que ma répulsion provenait de mes parents. Ils n'en exprimaient pas à l'égard de la défiguration du pays. J'y fut tôt très sensible. Elle me blesse comme une verrue sur le visage de Sophie Marceau.

Le troisième déclic advint plus tard vers les douze ans. A la pêche sur la chaussée du barrage du moulin de Ruillé-sur-Loir, des bancs de poissons morts par centaines filèrent entre mes jambes et autour entraînés par le courant.



Une papeterie en amont avait jeté des saloperies chimiques à la rivière! Ce fut un choc, une indignation terrible, une révélation.

Non seulement les hommes étaient capables de s'entretuer, mais capables aussi d'assassiner la vie. Dégoûté plus que surpris par l’imbécillité épaisse des grandes personnes je crus cependant que la Société de pêche allait protester. Plusieurs de ses membres étant des employés de la papeterie, il n'y eut pas de protestation.
Cette histoire s'est répétée des milliers de fois à grande échelle partout dans le monde, se répète et se répétera jusqu'à...ce qu'il n'y ait plus de poisson et presque plus de vie vivable pour les mammifères que nous sommes. Assassiner la vie, faut être taré, non? Empoisonner l'eau, c'est s'empoisonner soi. Névrosée, suicidaire, aveugle, infantile, obscurantiste, au choix ou tout cela à la fois, cette société. Alzheimer par dessus le libre marché, pissant et chiant dans son lit. Car c'est pisser et chier dans ses draps, dans son salon, dans sa maison que de polluer terres et mers.

La presse révélait récemment un trafic de déchets hyper- toxiques organisé par la mafia napolitaine. Les déchets, en provenance d’industries de toutes l’Europe, embarqués sur de vieux cargos sont coulés aux environs des côtes du sud de l'Italie. A un mafiosi qui renâclait à exécuter cette besogne, son patron a répondu: « La mer on s'en fout, penses à l’argent ! »
Devise à inscrire partout, aux frontons des mairies, aux portails des usines, à l'entrée des zones commerciales et des écoles: « La mer on s’en fout, pense à l'argent! ». S'il n'était que les mafias à penser ça, à agir comme ça, il n'y aurait que demi mal. Mais toute la civilisation mondiale moderne ne marche qu’en fonction de ce principe.
Y eut-il un âge d'or? Il y eut un âge de la pierre taillée, un âge de bronze, un âge de fer, un Moyen-âge obscur, parait-il. Nous sommes à l'Age des Ténèbres.

Bernard Lhôte

L'Eco mafia fait du trafic illégal de déchets industriels
Le trafic de déchets industriels gangrène une partie de l'Italie. Plusieurs régions du sud de la Péninsule subissent des pollutions toxiques en raison des activités illégales, mais aussi légales, menées par la mafia autour des résidus de la métallurgie et de l'incinération en provenance du nord du pays. Des acteurs de la société civile, de la magistrature et des forces de l'ordre se sont réunis pour demander au gouvernement d'accentuer sa lutte contre « l'écomafia ».

http://www.novethic.fr/novethic

Eco mafia ou le juteux marché des déchets industriels et ménagers


30 navires chargés de déchets toxiques coulés au large des côtes italiennes-Une longue chaîne de complicités à travers toute l'Europe

Italie: épaves radioactives

http://www.tlaxcala.es/pp.asp?lg=fr&reference=8733

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