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Nous ne lui lâchons pas la main !

L’ Ami Bernard est en bonne voie… Il ne revient pas sur son « Basta la république ! ». Ses temps sont difficiles. La France est occupée… Mais Du Guesclin, Bayard, sous le regard de Jeanne et Louis XI, lui tiennent la main… Avec Bernard Lhôte : « Comment je suis devenu royalisant » !

Portemont, le 11 janvier 2010

Comment je suis devenu « royalisant » !
(suite)

Avant de poursuivre le récit d'une évolution politique que d'aucuns sont en droit d'estimer suspect du fait de mon âge, j'affirme qu'au contraire avoir dix-douze ans est idéal pour le rôle de témoin d'évènements cruciaux et scabreux.

Plus jeune, on risque d’être submergé par l'épouvante et de ne voir rien que le jouet cassé, la tartine volée, 1es parents accablés. Plus vieux, on se trouve confronté à des choix difficiles, d'engagements, de fuites, de compromis, de compromissions. L’objectivité en pâtit.
Un ami me disait que, dans un lieu public, café, restaurant, train, lorsqu'il entendait une conversation portant sur 1a période 1939-1945, il reconnaissait, sans les voir, à la façon d'en parler, ceux, celles qui étaient de notre génération. Une façon moins simpliste, moins fanatique, plus détachée, plus concrète, un peu amusée aussi car seuls les gamins jouent dans les décombres.

Des enfants jouant dans les décombres à Gaza City

Dans les ruines de la mémoire, écrasée par les rouleaux compresseurs du révisionnisme et du réductionnisme, cet ami et moi avons bien ri des contorsions du récit (des récits) des « années sombres », selon la formule stéréotypée.

Les omissions changent au cours du temps. Il n'est par exemple, plus question, des « un million huit cents mille prisonniers »… Alors que, durant toute l'occupation et jusqu’à leur retour en 1945, le sort de tous ces hommes, jeunes ou dans la force de l'âge, constituait un sujet d'angoisses obsédantes pour la plupart des familles.

Ces prisonniers servaient d'otages aux allemands. 1.800.000 otages, ça pèse très lourd. Il suffit de penser au poids, pour les gouvernants, les familles, l'opinion, de un ou deux otages, captifs au Moyen-Orient ou en Amérique du Sud ! Quel drame, quelle émotion, que de souffrances, que de pressions, de chantages, de secrètes transactions, d'espoirs de libération, déçus, réanimés, laminés.

C'eut été bel et bon que toutes les femmes de France tissent et filent afin de payer la rançon des otages, ainsi qu'elles l'avaient fait pour libérer Du Guesclin.

Hélas, l'ennemi rançonnait le pays sans libérer grand monde.

Pour la délivrance du beau François Ier, si toutes ses amantes se fussent cotisées, quel pactole!

Au fait qu’étaient à mes yeux d’écolier les rois de France ? Qu’était la royauté ? des bribes d’Histoire, un pouvoir disparu depuis longtemps, des objets, la couronne,le trône, le sceptre, quelques images d'un superbe album doré sur tranche, à la couverture verte, le titre en lettres d’or.

Les deux Philippe, l'Auguste qui n’avait rien d'un clown,

le Bel qui n'avait rien d'un damoiseau,

des forts, des redoutables, qui n’eussent fait qu'une bouchée de l'Hitler. Saint-Louis, rayonnant de gracieuse majesté sous un chêne, la main de justice tenue d'une main ferme.

Le preux, Bayard, adoubant chevalier le fier François Ier, genoux plié devant le soldat caparaçonné.

Henri IV sur son cheval blanc. De quelle couleur le cheval ?

Henri IV, poignardé dans son carrosse par un sale type.

Louis XIV campé tout emplumé devant un palais ensoleillé.

Louis XV, distingué, élégant, mal aimé des prêtres et des philosophes, de quoi lui valoir ma sympathie.

Louis XVI grimpé sur un échafaud les yeux au ciel, l'air embêté.

De toutes les images, la meilleure représentait un sire miteux, coiffé d'un galurin piteux, qui, au fond d'une cave, tourmentait un évêque enfermé dans une cage bardée de fer. Cette scène me subjuguait. Je devinais 1à la démonstration d'un vrai pouvoir, capable de dompter les puissants. Pouvoir que j'appris ultérieurement s'appeler La Souveraineté.

J'imaginais le Père Préfet -ascète jaunâtre d'une terrifiante sévérité- encagé de même. J'allais le tourmenter avec le fouet dont il usait aux dépens de nos mollets.
Louis XI est toujours mon roi préféré.

Quand j'appris qu'il fut piégé à Péronne par le duc de Bourgogne, j'en fus choqué, et me réjouis de la fin glacée du Téméraire.

Mais les rois étaient très loin, d'aucun secours. J'ignorais jusqu'à l'existence en exil d'un descendant de leur lignée.

Beaucoup plus présente, et pourtant aussi éloignée dans le temps, chevauchait Jeanne d'Arc. Sa charmante, sa vaillante survivance, nous la devions à nos prières pour qu'elle dé1ivrât la France.

La propagande allemande tentait de la rallier à la cause de la Grande Europe en l'opposant à la perfide Albion. Ca ne marcha pas. Charlemagne, ça marcha par contre, au pas de la « Waffen SS ». Il y eu une division Charlemagne… comportant un contingent de français qui, nostalgiques de son empire, allèrent combattre sur le front de 1'Est au service de cette Grande Europe.


Simple facétie de l’Histoire… Aucun lien de parenté entre cet André Lamy et Pascal Lamy,
membre du Parti socialiste français depuis 1969 et membre de son comité directeur de 1985 à 1994, qui fut conseiller du ministre de l'économie et des finances, Jacques Delors (avril 1981-juillet 1984) et directeur adjoint du cabinet du Premier ministre, Pierre Mauroy (1983-1984).
Egalement membre du bureau de la section française du Mouvement européen international d'avril 1995 à septembre 1999, membre d'honneur de cette même organisation du 2 février 2002 au 29 janvier 2005, qui a exercé les fonctions de directeur de cabinet du président de la Commission européenne, Jacques Delors, de 1984 à 1994, dont il fut d'ailleurs le collaborateur au G7., et qui revint ensuite à Bruxelles pour occuper le poste de commissaire européen au commerce sous la présidence de Romano Prodi…

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Lamy

(5.000 français au maximum portèrent 1'uniforme allemand)

Notre Jeanne d'Arc, cette fois au coté des anglais, servait, elle, la France, donc son indépendance! France et Indépendance non seulement riment, mais sont synonymes, écrivit au tableau, un 11 Novembre, notre professeur de Lettres.
Si j'avais eu l’idée de souhaiter à l'armée d'Hitler une fin aussi glacée que celle du bourguignon, j'eus été exaucé.

En 1941 l’espoir vint d'abord de l'Est. Hitler, qui estimait sans doute trop les anglais pour les battre, entra en guerre contre les russes qu'il méprisait, sûrement trop pour en venir à bout.

Le précédent napoléonien revint évidemment à l'esprit de tout le monde.

Hitler commettait la même imbécillité. Le « général Hiver » aurait raison de lui. Plus loin son armée fonçait, plus elle s'enfonçait.

Certains cyniques, dont mon père, escomptaient une immense saignée réciproque des deux belligérants, pourvu que l'armée communiste l'emportât, exsangue.
La référence à l'erreur désastreuse de Napoléon assombrit sa gloire.

Elle attira mon attention sur sa défaite finale, sans pour autant que je 1ui retirasse mon admiration romanesque.

Dans mon souvenir, i1 faisait toujours plus froid, toujours plus faim, les messes quotidiennes à l'aube couleur de mâchefer dans une chapelle réfrigéré ne soulageait pas. Les heures d'études du soir, lugubres, à peine dégourdies par un poêle à la sciure, me rendaient César très antipathique. Je ne comprenais pas bien que 1a conquête des Gaules fut approuvée par les profs de latin au nom de la civilisation. Les Gaulois me paraissaient de joyeux drilles, chahuteurs, insolents, d'une folle bravoure, tandis que les romains m'accablaient d'ennui avec leur pompeuse rhétorique, la rigidité de leurs légions, la stupidité de leurs spectacles, la monstruosité de leur esclavagisme.

La prise d'Alésia me consternait. Ce n’était vraiment pas 1e moment de nous en faire traduire le récit!

Bernard Lhôte

(à suivre)

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