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Une rupture essentielle…

Rappeler la voie toute en exigences que celle de la défense de la vie, c’est aussi un  « être français » ! Défendre « l’éminente et transcendante dignité de l’être humain dès sa conception, c’est-à-dire dès le moment de la rencontre des gamètes, dignité qu’il gardera jusqu’à sa mort et au-delà de sa mort ». Toujours porté par un « pneuma » d’amour, Dominique Daguet ne craint pas la rupture…

Remercierons-nous jamais assez Dominique Daguet de ces grands et beaux textes ?

Merci Dominique, du fond du cœur !

Portemont, le 15 janvier 2010

22 Novembre 2009
Fête du Christ Roi

Je n’écris ces lignes qu’à l’intention de quelques chrétiens, les deux ou trois qui les liront. Que pour eux ? Oui, car je veux ici parler du témoignage qu’ils doivent rendre de la foi qui les lie à leur Roi, le Christ. Ce témoignage n’est pas facultatif, il est consubstantiel à cette foi : si je me veux chrétien, donc fidèle aux promesses de mon baptême, je ne puis me soustraire au devoir d’affirmer ce en quoi je crois, non pour l’imposer à qui que ce soit mais pour être certain que ce « qui que ce soit » ne se trompe pas à mon sujet, qu’il ne puisse pas interpréter à sa façon la teneur de ma foi, qu’il ne pense pas par exemple que le Dieu que je révère et que j’aime et que j’adore est le même que le Dieu que l’on adore à la Mecque ou sur les bords du Gange, ou dans les forêts amazoniennes. Non que je tienne ces adorations pour nulles et non avenues : je les respecte tout en m’affligeant qu’elles ne soient pas adressées à Celui-là venu, en vérité, nous enseigner le Roi que nous célébrons aujourd’hui, la loi qui la moelle épinière de notre foi, loi qui nous enjoint, entre autres conseils, de ne point tuer.

Devoir du témoignage : rendu dans notre pays de plus en plus nécessaire parce que les pouvoirs politiques et culturels s’emploient obstinément à orienter la société française sur des voies que le chrétien ne peut emprunter sans apostasier sa foi. Ici, je ne veux aborder qu’un point particulier, celui de ces lois votées par les « élus de la nation » comme ils aiment à se présenter, lois que ce chrétien ne pourra jamais adopter en conscience, s’il veut rester fidèle à ce roi d’éternité, ce roi d’humilité, ce roi de tendresse et d’amour, ce roi de miséricorde et de salut.

Voici venu le temps où il lui faut choisir entre le respect dû aux lois de son pays et la fidélité due à son Dieu. Impossible de se dérober sans commettre une sorte d’apostasie, fut-elle limitée à ce cas précis. Être ainsi Français dans la logique de l’identité première et séculaire de sa patrie et donc en opposition vitale à ce qu’un système transitoire veut imposer à chaque citoyen.

Voici donc que, sur certains sujets, les chrétiens sont soumis à des situations comparables à celles qui prévalaient au temps des empereurs romains : eux devaient, au prix de leur vie, refuser de s’agenouiller devant ces puissances de l’heure pour les adorer ; nous, il nous faut refuser avec constance, au prix seulement d’un certain confort, d’accepter de reconnaître comme légitime le recours à l’avortement – bientôt à l’euthanasie – pour régler les situations de détresse que peuvent connaître certaines femmes ; encore bien plus quand il ne s’agit de le pratiquer que pour se rendre plus commode la mise au point du calendrier des vacances ou juste pour ne pas s’encombrer d’une vie qui empêchera de jouir des avantages de la civilisation présente. La comparaison se justifie en ce que le chrétien se doit comme il le doit en premier à Dieu de ne pas agir contrairement à ses convictions.

Il ne peut cela qu’avec son aide, nommée la grâce, qui ne s’obtient que demandée avec constance. On sait d’expérience que, même en le voulant de tout son être, le chrétien, affronté aux mille et une tentations que lui présente le monde, connaît des moments de faiblesse et de chute : par bonheur, il sait comment résister, ou bien… revenir vers son Dieu ; quelqu’un l’attend au siège de l’amour pour le soutenir puissamment. Ainsi peut-il finir par être tenté et même aveuglé, à force d’entendre dire que la solution ne peut être que de mort, dans les hôpitaux comme dans les lycées ; de se dire que la société ne peut pas s’égarer à ce point, qu’elle n’est pas si mauvaise et que donc elle doit bien avoir raison, dans telle ou telle circonstance, par exemple en cas de viol ou de maladie reconnue chez l’embryon ou le fœtus… Peut-elle avoir tort quand elle développe des techniques qui permettraient à l’humanité future, au prix certes de la destruction d’un nombre fabuleux d’embryon ou de fœtus, d’éradiquer certaines déficiences comme la trisomie ou maladies comme le cancer, alors que la plupart des gens trouvent cela magnifique parce qu’ils entendent ou lisent partout que c’est magnifique – quel journaliste dit ou écrit le contraire ? La pression étatique est telle, reliée sans l’ombre d’une hésitation et avec une puissance écrasante par les gras médias, apparemment aux ordres, que l’on comprend que beaucoup de nos concitoyens, pour la plupart laissés dans un état de conscience désarmée, finissent pas penser « comme tout le monde » : même des chrétiens, hélas, qui pourtant devraient connaître la position sans équivoque de leur Église, du moins de leur Église catholique : le courage de la foi, voilà ce qu’il faut leur redonner, avec la fierté d’être ce qu’ils sont de par leur baptême, en leur fournissant toutes les aides de la foi, notamment celle du sacrement de l’amour blessé, nommé autrefois celui de la pénitence.

Je ne veux pas ici développer l’ensemble des motifs que le chrétien ne peut ignorer de refuser par principe cette solution de mort, seulement en rappeler les principales conséquences : le chrétien refuse l’avortement parce qu’il est par essence négation de l’éminente et transcendante dignité de l’être humain dès sa conception, c’est-à-dire dès le moment de la rencontre des gamètes, dignité qu’il gardera jusqu’à sa mort et au-delà de sa mort. Nul autre moment possible pour pointer du doigt qui il est puisqu’en la cellule initiale se trouve l’ensemble des informations qui permettront à son corps de se développer, et que donc toutes les conditions sont réunies pour que son âme l’habite intimement, que se révèle son esprit. Jamais simple morceau de viande : toujours créature de Dieu capable de Dieu.

Le chrétien refuse l’avortement parce qu’il est un acte absolument contraire à sa foi, qui est certitude que l’amour divin s’abrite en chacun de nous : le chrétien reconnaît en l’avortement une hostilité faite acte envers tout ce qui est l’essence même de cet amour ; il offense aussi bien la petite victime que ceux qui ont recours à lui, soit pour y inciter autrui soit en vue de l’accepter pour soi ; aussi parce qu’il pervertit, avilit la société tout entière, la détruit de l’intérieur à la façon d’un cancer, ou d’un rongeur, la rendant criminelle par conviction et habitude : parce qu’il est l’expression d’un refus absolu de l’absolu de Dieu, refus de son amour, refus de sa loi d’amour, refus de sa paternité, refus de sa présence. C’est bien pourquoi peut aujourd’hui se développer une campagne insensée en faveur de l’euthanasie, sous le couvert d’excellents sentiments, ce qui est bien le signe d’une perversion de la pensée dans notre pays.

Témoigner dans ces conditions est certes difficile : le chrétien est un homme et sa compassion, se dit-il, se doit d’être acquise à tout être qui souffre parce qu’il sait que le seul remède efficace contre la souffrance est l’amour. Or l’avortement est d’abord – sauf chez quelques personnes à la conscience profondément enfouie – une décision soi-disant « inspirée » par l’amour des êtres à ces « autorités » qui recommandent l’avortement en se servant d’alibis impeccables, la souffrance, l’inquiétude, le désarroi, des femmes en « détresse » : elles usent en somme des arguments même de la compassion pour inciter à ce qui est d’abord un geste de mort et qui par la suite engendrera des pensées du même ordre, de nouvelles souffrances qui s’incarneront en des dépressions morbides, capables d’apparaître des années plus tard mais sur laquelle l’on fait toujours l’impasse. Mais l’État qui a légiféré s’est naturellement gardé de proposer des solutions alternatives et salvatrices pour venir à bout de ces détresses, ce condensé de désarroi et d’inquiétude d’autant plus insupportable qu’il concerne la merveille du don de la vie : la détresse, nous le savons, tourne le plus souvent autour du sentiment d’impuissance !

Comment accueillir cette nouvelle vie, se dit la femme abandonnée, qui se retrouve sans appui, entourée de conseillers qui n’ont à lui offrir que la solution désespérante de l’élimination du vivant « problème » ? Sans moyens matériels, sans logement, sans travail, sans soutiens ? Sans avoir connaissance de toutes les aides possibles ? En somme laissée à elle-même qui, de ce fait, ne peut rien, tout comme le pauvre chrétien oublieux de l’aide divine et qui, de ce fait, ne peut rien contre ce qui le tourmente et l’assiège ?

Le chrétien est aujourd’hui mis devant le fait accompli, jusqu’à même devoir, sans qu’il y puisse quoi que ce soit, participer au paiement de l’acte qu’il réprouve totalement. Aucun moyen de s’extraire d’une situation qui est pour lui le comble de l’inacceptable : ainsi se retrouve-t-il personnellement impliqué dans l’exécution d’une sorte de crime sociétal dont tout son être est refus. Il ne peut donc que témoigner misérablement de ce refus, pointant son index vers cet État qui lui « impose » de cautionner malgré lui ce qui est absolument contraire à la loi divine, une loi ainsi bafouée et rejetée : n’est-il pas affirmé que rien ne saurait contrecarrer une « loi républicaine », surtout pas une loi transcendante à la République car il ne saurait exister de transcendance susceptible de l’emporter sur la loi de la République ? Ce sont là des propos entendus ces dernières années et ils sont idolâtres.

Le chrétien est bien ainsi mis dans une situation comparable à celle des premiers chrétiens, contraints d’adorer l’empereur romain. Avaliser par son silence l’avortement cela revient à donner à la République un encens qui n’est dû qu’à Dieu. Sur ce point – comme sur celui de l’euthanasie qui sera un jour ou l’autre rendue légale, par exemple quand les socialistes reviendront au pouvoir –, je quitte la République, je la renie et la déclare, pour moi-même, nulle et non avenue.

Dominique Daguet

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