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« Boucs émissaires ? »

Toujours rechercher un individu ou un groupe pouvant être accusé d’être à l’origine de tous nos maux… Parachutes dorés, prébendes ou sinécures « politiques »…
Michel de Poncins voudrait que l’on n’occulte pas des parachutistes bien camouflés.
In fine, rappeler que le « crime ne justifie pas le crime »… Et relire René Girard…

Politiciens ? Tous « pourris » !

Grands patrons ? Tous « pourris » !

Lire ou relire :

Portemont, le 27 novembre 2008

Les Parachutes dorés

Les périodes de crise ont des avantages collatéraux, car elles offrent l’occasion  de faire  apparaître la vérité dans des domaines parfois inattendus.

L'on entend évoquer partout aujourd’hui les abus des parachutes dorés de certains chefs d’entreprise et il va falloir mettre les choses au point car les plus mirobolants  « parachutistes » ne sont pas ceux que l'on soupçonne.

Le 7 février 2007, déjà, Sarkozy qui était seulement candidat à l'élection présidentielle avait déclaré à Toulon : « il faut s'attaquer aux patrons voyous qui restent impunis » et il avait fustigé « les parachutes en or pour celui qui échoue » dénonçant aussi les stock-options réservés à quelques-uns et il avait martelé : « Ça ne peut plus durer ». Depuis lors, suite à la crise, il a de nouveau attaqué  ceux  qu'il appelle les patrons voyous.

N’est-ce pas en fait une attaque en forme de boomerang ? Il est surprenant que l'on entende si souvent parler des patrons voyous alors que l'on n’entend jamais parler des ministres voyous, des députés voyous, des maires voyous. Or, il n'y aucune raison qu'il y ait moins de voyous parmi le personnel politique que parmi le haut  personnel des entreprises privées. En fait, il est des chances pour que la proportion soit bien plus grande, car le personnel politique se donne le droit de piller l'argent public pratiquement sans contrôle alors que, dans les entreprises privées, il y a des contrôles même si ces contrôles sont   parfois défaillants.

Il est temps maintenant d’évoquer les parachutes dorés ; une des richesses des Hommes de l'État et, notamment, des politiques est précisément de bénéficier, une fois qu'ils ont quitté leurs fonction et quelle que soit la raison pour laquelle ils les ont quitté, de parachutes bien plus dorés et immérités que ceux du privé.

Ils sont tissés dans des indemnités incroyables et des droits imprescriptibles  à des reclassements fastueux. Les exemples sont tellement nombreux qu’il est pratiquement impossible de tous les citer.

Coté indemnités, beaucoup connaissent les retraites absolument scandaleuses des élus de tous niveaux, parfois accrues par le cumul de fonctions dont certaines n’ont jamais été exercées. Elles sont scandaleuses non seulement par leur montant mais aussi dans leur principe : rien ne justifie que le contribuable s'occupe des vieux jours des anciens élus. Si ceux-ci étaient  réellement « responsables », ce serait à eux  d'effectuer les épargnes nécessaires grâce à des salaires plus que confortables.

En outre, à mesure que l'on s'élève dans la hiérarchie, les avantages dont bénéficient les uns et les autres sont de plus en plus fastueux. Il y a une bonne dizaine d'anciens premiers ministres en circulation et leur train de vie payé par la « République Fromagère » est inimaginable  et, de même, pour les anciens présidents de la république. A eux seuls ces quelques personnages génèrent un grand nombre de chômeurs par les impôts qu’ils impliquent. Il existe même des avantages « post mortem » ( !) : plusieurs années après le décès d’un ancien président de la république, les frais de garde de sa bergerie ont  jeté à la rue un certain nombre de chômeurs.

Coté reclassement et en cas de « pépin », il y a toujours dans les bric-à-brac de la « République fromagère » d’immenses possibilités. L’une d’entre elles est représentée par les nominations au tour extérieur ou en service extraordinaire. Le tour « intérieur »,  les examens difficiles et le service ordinaire, c’est pour le « vulgum pecus. ».

Dans les « Quatre Vérités », Alain Dumait après un énième remaniement avait fourni une liste émouvante de ces reclassements les plus récents à l’époque.  Voici partiellement la liste : Jean-Pierre-André Wiltzer : Ambassadeur en mission, Jean-Jacques Aillagon :  Conseil Economique et Social, Francis Mer : diverses missions temporaires. Il est de notoriété publique que ce Conseil Economique et Social a pour principale et quasi seule utilité d’ouvrir des parachutes dorés.

Sous le règne de Sarkozy, cela continue de plus belle. 
Dans un de ses récents voyages aux Amériques la presse a indiqué avec gourmandise que Monsieur Sarkozy avait tenu à saluer spécialement Monsieur  Douste-Blazy nommé à l’ONU. Monsieur Douste-Blazy fut ministre des affaires étrangères de 2005 à 2007 et l'on ne se souvient pas de qualités exceptionnelles dans ces fonctions prestigieuses. Tous les soins ont été apportés à son reclassement. La diplomatie française s'est activée longuement pour que l'ONU crée un poste spécial pour lui. Il se dénomme : « Conseiller spécial pour les financements innovants » avec le rang de secrétaire général adjoint. Les journaux ont bien dit que le poste avait été sur mesure. C’est fort drôle car à la simple idée de « financements innovants » il est permis de trembloter après la déroute impitoyable que les  innovateurs de la finance ont infligé aux marchés mondiaux.

En définitive les parachutes dorés des hommes politiques sont bien plus fastueux que ceux que s'octroient peut-être abusivement certains grands patrons. Le secret est que personne n’en parle et qu’ils revêtent des normes insoupçonnées et difficiles à évaluer dans leur complète dimension.

Le reproche fréquent fait aux grands patrons est que le parachute peut récompenser un échec. Les problèmes après lesquels le « président-joggeur »  s’essoufle sans jamais les rattraper montre  d’une façon éclatante l’échec des politiques depuis des décennies.

Pour sa part, le premier ministre à temps partiel ayant eu la chance de pouvoir saisir un micro ne s’était  pas gêné pour déclarer que le pays était en faillite. Il n’avait pas mentionné pour autant, parmi les causes de la faillite, le rôle à la fois mécanique et psychologique des parachutes dorés  de ses camarades.

Michel de Poncins

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