dimanche 17 décembre 2017

Nous contacter


Les archives

Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

 

 

 

 

 

 

Nous avons feint de croire à la paix  depuis bien trop longtemps…

Et donc, Michel de Poncins  de nous rappeler :
« C’est la guerre »…

Combattants afghans et soldat américain en Afghanistan

Une guerre  dont on avait oublié les conséquences…

Et qui porte un nom que tous les militaires, les géopoliticiens et  bien des spécialistes nomment « guerre asymétrique »… Nous définirons sous peu tous ces concepts de « guerre asymétrique » et  de guerre  « dissymétrique »…

Il nous faudra vous rappeler  Sun Zu et d’autres auteurs…

Portemont, le 14 septembre 2008

C’EST LA GUERRE

L’événement majeur le plus récent est que les Français s’aperçoivent, tout soudain,  qu'ils sont en guerre : 10 morts et 21 blessés d'un seul coup succédant à d'autres victimes dont d'autres « petites » guerres que la France a engagées partout avec une légèreté coupable dans diverses missions  dont personne ne connaît peut-être le total exact ni la signification.

Bien entendu, si l'on n'a pas d'expérience militaire et si l'on n'est pas au courant des détails des dossiers, il est difficile de  tirer les enseignements de ce grave événement en Afghanistan ;  il faut donc beaucoup de prudence dans l’analyse. Toutefois, la pratique assidue de l'histoire permet, sauf erreur ou omission, de recenser les conditions nécessaires pour gagner une guerre.

Il semble que quatre conditions sont prédominantes : une raison valable de faire la guerre, une chaîne de commandement efficace,  une doctrine d'emploi des forces   et, enfin, des moyens adéquats.

Sur tous ces plans, la France est gravement défaillante. Celui qui se proclame avec une légitime fierté  chef des armées s’est signalé récemment en injuriant publiquement les généraux et en les traitant d'amateurs. C'est lui, en fait, qui a montré son amateurisme depuis sa prise du pouvoir, car, dans ce domaine comme dans d’autres, il n’a rien changé à l'écroulement de l'armée qui avait précédé son arrivée et dont il a hérité.

Les objectifs de guerre ?

Bien entendu le meilleur objectif est d'avoir une cause sacrée à défendre et les guerres ont été souvent gagnées avec des moyens insuffisants  mais grâce une cause sacrée. Si l'on interroge l'engagé volontaire ou le gradé Français sur les raisons qui ont conduit les gouvernements successifs à envoyer des troupes dans des missions lointaines, multiples et souvent contradictoires l’on ne pourra jamais obtenir de réponse claire.

À propos de l'Afghanistan, le président a parlé de « défendre la démocratie et la liberté » ; il a fait semblant ainsi de ne pas connaître la vanité de ces motivations, compte tenu  de la corruption bien connue de toutes les grandes démocraties ainsi que du trafic des élections sur lesquelles elles reposent. Le pouvoir Afghan, pour sa part,  est fortement soupçonné d’être mêlé au commerce de drogue qui alimente les talibans ! Au Tchad et partout ailleurs la France envoie des soldats se faire tuer  pour des gredins de haute stature.

La lutte contre le terrorisme est aussi invoquée et pourrait être une justification de l'action et de l’entretien des forces militaires ; mais il faudrait alors d'abord lutter  contre le terrorisme à l’intérieur tel qu'il s'exerce tant 500 villes françaises, qui sont livrées aux trafiquants de toutes sortes. Pour un pouvoir de droite, ce serait une cause sacrée. La guerre de 14-18 fut gagnée en partie sur la base d’une cause sacrée.

Finalement, le seul vrai motif, d’ailleurs indiqué officiellement, est un  raisonnement de politique étrangère extrêmement compliqué qui, certes, ne mérite pas d’engager la vie des combattants.

Si l'on n'a pas de cause sacrée, les troupes sont des mercenaires, ce qui cadre bien avec l'idée d'une armée de métier. Il est possible de gagner des guerres avec des mercenaires, mais il faut des objectifs précis à leur fournir. La multiplication des missions et leurs nombreuses contradictions  manifeste bien le désordre de l'action militaire française, d'autant plus que chacune d'entre elles a son origine dans des gouvernements n'ayant souvent que fort peu de vraie légitimité. A propos de mercenariat, notons que, pour les troupes, la participation aux opérations extérieures se traduit par des avantages financiers majeurs qui rattrapent en quelque sorte la modicité des soldes. L’acceptation par les Etats-Majors malgré leurs avertissements des gesticulations extérieures est-elle due à un calcul peut-être sordide ?

Le pouvoir, par le truchement d'une presse et de médias à sa dévotion, laisse dire que la guerre d'Afghanistan est de toute façon perdue. C'est évidemment le scandale absolu que de s’exprimer ainsi : une guerre ne peut être gagnée  que si on reconnaît au moins qu'il existe une guerre et si l'on sait et affirme qu'elle peut être gagnée, ce qui est le cas de toute guerre si les moyens adéquats sont employés.

La chaîne de commandement ?

Dans le cas particulier de l'Afghanistan il y a au moins deux chaînes de commandement.

La chaîne française comporte un empilement invraisemblable d'organismes. Les hauts gradés sont  souvent promus à l'ancienneté et non pas au choix ce qui est le contraire de la création d'un commandement de très  haut niveau. Sur place, en Afghanistan, il y a au sommet le commandement américain, mais il s’exerce sur des  détachements de diverses nations : Britanniques, Allemands, Turcs, Canadiens, Néerlandais, Italiens voisinent  avec des Français. Comment est-il possible d'être efficace dans un tel  magma avec, en plus, des problèmes de langue ?

On a inventé un  système peut-être unique dans l’histoire des guerres, à savoir le commandement en rotation. A Kaboul, la rotation s’exerce entre l’Italie et la Turquie ; dans la zone sud, Canada, Pays-Bas et Grande-Bretagne se succèdent. Cette rotation est vraiment une chance pour les Talibans s’ils ont le talent de l’exploiter. Nous ne rentrerons pas dans la controverse largement ouverte aujourd'hui et laissant supposer  que probablement  il n'y avait pas eu la réaction rapide, foudroyante et nécessaire du commandement local lors de la bataille.

La doctrine ?

Dans toutes les guerres, depuis des millénaires, les vainqueurs ont mis au point une doctrine leur permettant de vaincre. Souvent, d'ailleurs, la doctrine consistait à innover, c'est-à-dire à faire une nouvelle forme de guerre. Napoléon  a gagné en Italie et le Sultan a fait tomber Byzance en pratiquant des formes de guerre nouvelles.

Le budget des armées est raboté d'une façon terrifiante depuis des années et il vient de l'être une nouvelle fois ; en fait,  il sert de variable d'ajustement indispensable pour permettre les folies dépensières des politiques  momentanément au pouvoir : ces pouvoirs successifs exploitent jusqu’à l’extrême le fait que les armées ne font pas grève. Comment dans une telle ambiance peut-on mettre au point une doctrine conduisant à la victoire sur de multiples fronts ouverts  un peu partout dans le monde avec des objectifs disparates ?

Il est question, pour mettre de l’ordre, d'une sorte « d’états généraux » en vue de réfléchir au rôle des armées et de la défense : une telle parlotte ne peut  conduire à rien de concret d'autant plus qu'elle va être  quasi publique, alors que la victoire implique au moins 50 % de secret. Il en sera de même du débat parlementaire public qui a été promis à l’opposition : il sera limité à l’Afghanistan alors que le pays est engagé dans de multiples autres guerres !

Les moyens ?

L'on vient de se référer à la chute lente des moyens mis à la disposition du commandement. Nous ne saurons jamais si, sur place, il y avait les moyens voulus, bien que la presse fasse de larges échos à l'inadaptation des moyens par rapport aux missions. Le sauvetage récent du navire le Ponant qui, en juin de cette année, avait été pris en otage par des pirates au large du Yémen a montré en grandeur nature la grande misère des moyens mis à la disposition des armées. La libération a été présentée  comme une merveille du genre mais a montré le délabrement de toutes les armes. Navires et hélicoptères appelés à intervenir furent pour beaucoup défaillants. C’est grâce aux talents des intervenants que la libération du navire en otage a pu être réalisée.

Parallèlement en Afghanistan, la coalition tolère la culture de l’héroïne qui donne des finances aux Talibans et mine les populations occidentales clientes : c’est l’incohérence absolue.

Tout en gardant la prudence précitée sur des évènements obscurs, on est forcé de constater que malgré une victoire incontestable de la droite aux élections présidentielles  il y a un an, rien n’est changé et tout est pareil !

Michel de Poncins
micheldeponcins@orange.fr

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

 

 

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.