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Quand le phare éclaire le fond des mers et des océans…

Michel de Poncins n’y va pas par quatre chemins. Il appelle à la libération du fond des mers et des océans ! Non point pour y chercher du pétrole, mais pour « Privatiser l’archéologie »…


Des passionnés y passent toute leur vie. Penchés sur de vieilles cartes, épluchant les chroniques des temps anciens, leur cœur battant au rythme des flots… Ils rêvent aux entrailles des vieux galions, des frégates royales ou à celles de modestes bateaux de commerce…

Pilleurs d’épaves ? Que non ! Ils sont pour la plupart de nobles aventuriers.
Et notre cœur bât souvent du côté de Vanikoro… alors qu’une interrogation royale résonne à nos oreilles : « A-t-on des nouvelles de Monsieur de Lapérouse ?… » Ah ! La Boussole, Ah ! L’Astrolabe…

Lapérouse présentant à Louis XVI le trajet de son expédition…

D’autres refont sans cesse une incessante chasse au trésor, poussés par des motifs moins nobles… Ce fut sans doute le cas des plongeurs qui ont « chassé » en 2006 et 2007 les trésors de la « Jeanne-Elisabeth », navire espagnol échoué au large de Palavas-Les-Flots en 1755.

A la suite de plusieurs mois d'investigations judiciaires menées dans le cadre d'une commission rogatoire délivrée par un juge d'instruction du Tribunal de grande instance de Montpellier, les agents du service national de douane judiciaire (SNDJ) ont procédé les 27 et 28 novembre dernier, dans le Sud-Est de la France, à des opérations de police judiciaire relatives à un réseau de pilleurs d'épaves archéologiques.

En 2006 et 2007, le réseau avait procédé notamment au pillage de la Jeanne-Elisabeth, un navire espagnol échoué au large de Palavas-Les-Flots (Hérault) en 1755. Les perquisitions ont permis de saisir un grand nombre d'objets ainsi dérobés : deux canons, des revolvers et des fusils, 300 pièces antiques de grande valeur, ainsi que 540 kg de piastres (pièces de monnaie anciennes) qui avaient été revendues sur le marché parallèle pour un montant de 300 000 euros.

Huit personnes ont été interpellées et placées en garde-à-vue et cinq d'entre elles vont être mises en examen par le juge d'instruction de Montpellier pour dégradation de biens provenant d'une fouille archéologique commise en réunion et plusieurs infractions au code des douanes et au code du patrimoine. Ils encourent une peine de cinq ans d'emprisonnement pour ces faits…

http://www.douane.gouv.fr/page.asp?id=3489

Sur terre, sur mer ou au fond des océans, toujours épris de libertés, Michel de Poncins lance un pavé dans la mare…Non sans provocation ! Si tout était si simple…

Portemont, le 13 janvier 2008

Privatiser l’archéologie

Tout dernièrement plusieurs centaines d'objets ont été saisis en Languedoc-Roussillon chez ceux que l'on appelle abusivement des pilleurs d’épaves ; c’est abusif car les vrais pilleurs ne sont pas ceux que l’on pense.

Les journaux, en annonçant triomphalement cette prise, indiquent qu'il y a 3 millions d'épaves « menacées » dans les mers avec probablement des millions et, qui sait, des milliards d'objets. Ces épaves sont répertoriées ou non, tant les naufrages furent fréquents en d’autres époques.

Si les gens étaient libres de leurs actions dans le domaine économique, ils devraient avoir le droit d'explorer librement tous les fonds sous-marins à leur disposition en investissant les capitaux nécessaires pour enrichir leur propre collection personnelle ou vendre sur le marché les objets dont ils ne voudraient pas, ce qui permettrait de multiplier les recherches ; les bienfaits culturels seraient immenses, car ces recherches se développeraient à grande allure.

Les hommes de l'État, toujours prodigieusement avides d’activités qui puissent servir de supports à leur propre richesse, ne l'entendent pas de cette façon. C'est ainsi que l'Unesco, organisme relevant du pouvoir totalitaire mondial en actif développement, lance un « cri d'alarme » pour renforcer encore la surveillance des fonds sous-marins. Les gouvernements de tous acabits  veulent aussi s'attaquer encore davantage à ceux qu'ils appellent  les pilleurs, alors que les vrais pilleurs sont justement ces gouvernements.

Selon le droit des gens qui s'exprime dans le droit maritime depuis la nuit des temps, une épave appartient à celui qui la découvre le premier. Tous les obstacles dressés par les Etats sont donc des agressions contre le droit des gens et, en définitive, le droit de propriété.

Cela conduit à la nationalisation de l’archéologie et, même, comme on vient de le voir à propos de l’Unesco à son « internationalisation ». Le résultat est que les objets récupérés vont s'entasser dans les musées, voire dans leurs caves, et les foules blasées passent devant des milliers d’objets rangés comme à la parade. S’il y avait privatisation, les recherches innombrables  sauveraient  d'immenses quantités d'objets qui  sans cela faute de moyens sont promis à la lente disparition. Les objets sauvés viendraient enrichir  de grandes ou  de petites collections pour la légitime satisfaction de leurs propriétaires et l’information de tous. Mieux vaut offrir à ses amis la joie d’admirer deux assiettes isolées de la Compagnie des Indes ou une seule amphore, que de passer  devant des milliers d’assiettes ou d’amphores que les visiteurs du musée regardent en baillant et en se bousculant !

Les moyens financiers de recherche se dégageraient par le simple jeu de la liberté et, aussi, par la disparition de l’effet de ruine que cause autour d’elle toute action publique quelle qu’elle soit.

Dans ce domaine comme dans d'autres la politique officielle détruit les objectifs qu'elle se donne. La politique industrielle détruit l'industrie, la politique agricole détruit l’agriculture  et la politique culturelle détruit la culture.

Ce serait aussi la fin des conflits meurtriers entre bandes rivales. Si ce que l’on présente comme des gangs exerçant leurs activités, c’est parce que le monopole génère la rareté et augmente la valeur des objets bien au-delà de la valeur qui se dégagerait dans un marché libéré.

La liberté du commerce est globalement un facteur de paix entre les hommes à l’inverse des actions publiques qui, reposant initialement sur la force, sont un facteur de conflit !

Michel de Poncins , le lundi 31 décembre 2007
micheldeponcins@easyconnect.fr



L ‘événement relaté dans le « Midi Libre »

Edition du vendredi 30 novembre 2007
Vaste opération contre le pillage d'épaves.
Opération contre des pilleurs d'épaves à Palavas. Des centaines de poteries gallo-romaines « valant plusieurs centaines de milliers d'euros », des dizaines de pièces d'argent frappées au Mexique au XVIII e siècle, deux canons, des pistolets et des fusils d'époque, et 237 000 € en liquide : le coup de filet sur des pilleurs d'épaves sous-marines, lancé lundi dans le Gard, l'Hérault et les Pyrénées-Orientales, a porté ses fruits au-delà de toute espérance.
Après huit mois d'enquête, 25 agents des douanes judiciaires de Marseille, assistés d'une quinzaine d'archéologues du Drassm (Département des recherches archéologiques sub-aquatiques et sous-marines) ont perquisitionné chez huit suspects, dont des plongeurs, une responsable régionale de la Fédération des sports sous-marins et un mareyeur, qui ont été placés pendant 48 heures en garde à vue.
Ils sont soupçonnés avoir participé, et pour certains depuis des années, à un trafic et à des vols d'antiquités, sur des sites où des bateaux ont fait naufrage, comme il y en a tant sur notre littoral méditerranéen. « Depuis l'an dernier, le ministère de la Culture souhaitait renforcer la protection du patrimoine sous-marin, car nous avions le sentiment que de plus en plus de gens s'en servaient comme d'un garde-manger », raconte Michel L'Hour, directeur de Drassm, basé à Marseille.
D'où cette enquête lancée sur un groupe de plongeurs qui avaient demandé en 2006 l'autorisation de rechercher une épave au large de Palavas-les-Flots, et qui disaient ne pas l'avoir retrouvée. La Jeanne-Elisabeth, un voilier commandé par un Suédois, s'était échouée le 14 novembre 1755 face à Palavas, avant de couler par quinze mètres de fond. Dans sa cargaison de blé, le navire, qui venait du Mexique et avait fait escale à Cadix, en Espagne, convoyait aussi des piastres destinées à des négociants marseillais. « C'étaient des pièces d'argent de huit réaux, pesant 27 grammes, fondues au Mexique à partir du métal extrait des mines d'Amérique du Sud ».
Craignant les pirates, le capitaine les avait dissimulées parmi les sacs de blé. « On sait qu'ils ont mis des hommes pour protéger l'épave avant qu'elle ne coule. Finalement, les pillages qu'ils ont essayé d'éviter au XVIII e ont eu lieu au XXI e » soupire Michel l'Hour. Car les agents des douanes et les archéologues, mobilisés pendant des semaines sur cette enquête, vont le vérifier, notamment en plongeant de nuit au large de Palavas : l'épave a bien été retrouvée, contrairement à ce qu'en disaient les plongeurs. Et elle a été largement pillée.
Les suspects, dont les trois principaux vivent à Montpellier et Palavas, sont placés sur écoute. Et les perquisitions, dont l'une durera quinze heures, sont accablantes. De la Jeanne-Elisabeth, ils avouent avoir retiré 540 kg de piastres, soient 18 000 pièces, revendues plus de 300 000 € à des antiquaires et des numismates en France.

Certaines seraient même reparties au Mexique. Seules 200 piastres ont pu être récupérées. Mais les enquêteurs saisissent aussi des centaines de poteries gallo-romaines, volées sur d'autres épaves, notamment dans le lit du Rhône près d'Arles, et au large de Fos-sur-Mer.
Et d'autres objets plus récents, comme des instruments de navigation datant du XX e siècle. La ministre de la culture Christine Albanel s'est félicité des résultats de cette enquête hors du commun. Cinq des suspects seront présentés début janvier à un juge montpelliérain, qui les mettra en examen. Et d'autres interpellations ne sont pas à exclure.

François BARRÈRE

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