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Etre les « ouvriers » qui permettront à la France de retrouver son visage…

Un visage qui incarnera l’Etat… De salutaires rappels, à l’occasion de la 45 ème édition de la fête de la saint-Michel à Jambles,  dimanche 28 septembre, par Olivier Perceval, président du Centre Royaliste d’Action Française…

Une fidélité toute entière au service de la cause qui nous est chère.
Un souci permanent de la cohérence et de la discipline nécessaires à la  réussite du projet que nous sommes nombreux à partager.

Un dimanche riche en symboles, au côté de Madame Peyrerol, doyenne de l'Action Française du haut de  ses 94 ans et entourée des Etudiants d’Action Française
Un grand merci au « Bureau régional de l'Action Française Etudiante Rhône-Alpes », à Yann. D et Sébastien Petit, de Saint-Etienne, à Pierre Richard et Carole Nozière, de  Lyon et à  Antoine Louët ,de Grenoble, et à tous les amis qui ont fait le déplacement.

Portemont, le 9 novembre 2008

Peut-on, loin du sacré et de ses valeurs absolues, trouver la règle d'une conduite ? Telle est la question posée par la révolte. (Albert Camus, l’homme révolté)

Mesdames et messieurs, chers amis,

J’ai l’honneur de vous informer que j’ai accepté de répondre favorablement à la sollicitation qui m’a été faite par le conseil d’administration du Centre Royaliste d’Action Française, d’en assumer la présidence.

J’ai choisi d’être parmi vous pour me présenter à l’ensemble du mouvement et  vous faire part de mes intentions dans l’exercice du mandat qui vient de  m’être confié.

J’avais à peine six ans quand mon père nous emmenait en vacances en Bretagne, mes frères et moi et nous plongeait au cœur de la guerre chouanne. Nous étions les hommes de Jean Cottereau et Cadoudal. Ces jeux étaient vécus comme une réelle aventure et un engagement sacré. Je crois que depuis, et vous m’en excuserez, j’ai toujours gardé au cœur cette approche sacrée du combat pour la royauté.

Bref, mon engagement plus politique remonte aux années 70 où je vendais Aspects de la France à 15 ans en compagnie de mon frère aîné,
Comme beaucoup ici, je me suis lancé dans l’activisme, nous étions les camelots du roi qui se foutaient des lois.

Puis après un passage mémorable à la NAF, j’ai participé à la création du MRF,  et j’ai rejoint l’AF à nouveau dans les années 90, comme sympathisant de base à Grenoble.

Enfin, j’ai plus récemment participé dans la mouvance des Manants du Roi à l’animation du Groupe de liaison Royaliste (GLR) qui organise notamment chaque été une session de réflexion ayant la particularité d’accueillir des représentants de tous les mouvements royalistes.

C’est ainsi que trois années de suite  nous avons accueilli Pierre Pujo.
Et aujourd’hui me voilà parmi vous, un peu sous la pression amicale de nos jeunes amis du Centre royaliste d’Action Française, habitués des sessions du GLR.

Je voudrais revenir dans un premier temps sur la notion du  nationalisme si brillamment défendu par les écrits de Charles Maurras qui  nous amenait à la conclusion  évidente de la nécessité d’une restauration monarchique.
Je voudrais  rappeler qu’un certain nombre de groupes aux appellations diverses se définissent comme nationalistes  et sont fort éloignés de la définition Maurassienne.
Ce qui n’est pas sans poser de difficultés quant à notre lisibilité.

Pour Maurras, le nationalisme n’est pas une option idéologique. C’est plutôt l’achèvement et la conséquence d’un raisonnement  qui a pour principe la défense des libertés locales, celles dont les peuples, ont le plus consciemment besoin. Maurras en effet trouve la première matière de son combat dans le mouvement Félibrige, et au-delà dans la prise de conscience régionaliste opposée à la doctrine uniformisatrice de la république jacobine.

Le « Vive la Nation » idéologique de la révolution, plaçait la nation comme fin et non comme moyen de l’existence des peuples.
Les représentants élus de la convention détenaient des pouvoirs exorbitants, parce qu’ils disaient en être l’incarnation. Ils étaient la Nation comme l’empereur romain était jadis le dieu vivant.
Avec la méthode pragmatique de l’Empirisme organisateur, Maurras considérait quant à lui que le cadre le plus adapté pour l’épanouissement de la société française était bien sûr la nation (entendu comme royaume). Ce cadre, à une échelle déjà choisie naguère par les Capétiens, permettait de réguler, en maintenant une certaine unité, les très nombreuses libertés dont disposait l’incroyable mosaïque de territoires composant notre pays. Le tout fédéré à la tête par le roi.
Dès lors notre combat n’a rien de commun avec celui des jacobins et autres nationalistes idéologiques qui conçoivent la nation comme un bloc étanche, pur, et dont le sang des peuples constitue le ciment. Le « National Socialisme » n’est rien d’autre que cette représentation idéalisée d’une nation comme fin indépassable qui justifie les pires exactions policières au nom de l’intérêt général.

Quelle différence entre Robespierre et Hitler?
Le second avait à sa disposition des moyens d’extermination plus modernes, ce qui explique le nombre plus élevé de victimes.
L’idéologie « Nazie » est bien fille de la Révolution française.

Pour Maurras, la question sociale était une affaire de proximité et d’harmonie de la société.

Le nationalisme de Maurras voulait défendre les Français contre « la fortune anonyme et vagabonde » qui se caractérisait par son absence d’identité. Ce contre quoi Maurras se dressait était en réalité le capitalisme international qui n’a cessé de vouloir détruire les nations pour bénéficier sans entraves du formidable accroissement des richesses que constitue la loi de l’offre et de la demande.
On risque d’être obligé d’en éprouver cruellement les effets avec l’effondrement du crédit immobilier aux Etats-Unis.

La nation constitue donc avant tout la première protection sociale du peuple.
Des gens qui cohabitent dans un vaste espace, mais cependant limité avec des règles partagées, dans lesquelles ils se reconnaissent solidairement, ont plus de chance d’être respectés que ceux qui sont livrés au pouvoir de capitalistes étrangers sans attaches communes et poursuivant une démarche purement financière sans égard pour autre chose que leur propre fortune.
Le principe de subsidiarité qui définit le rôle de chacun, chaque groupe, chaque communauté naturelle ou de destin, en fonction de son degré de compétence déclinant les niveaux de responsabilité dans la société, repère le cadre national comme cadre ultime au-delà duquel il n’y a plus de lisibilité d’appartenance suffisamment forte pour justifier une réelle et résistante solidarité.
Pour nous en France, notre histoire écrite tout au long de plus de quinze siècles, a forgé des liens solides et diversifiés, qui permettent d’assumer la diversité de nos peuples tout en garantissant, la cohésion de l’ensemble.
Encore faut-il, à la tête de cet ensemble, un souverain protecteur, indépendant des factions et des oligarchies, qui puisse garantir à chacun sa place et ses droits.

Après tout la France reste un royaume, sans roi, c’est bien là le problème, mais un royaume quand même, couvert d’ oripeaux  appelé République.

Aujourd’hui qu’en est-il ?

 Depuis la Révolution économique, qui a succédé à la révolution dite Française, avec les fameuses théories d’ Adam  Smith, il a fallu  libérer les énergies économiques, ce qui n’est possible que dans une révolution individualiste. Faire de chacun des producteurs.

Tandis que comme nous le rappelait cet été Gérard Leclerc, la Révolution politique, consistait,  elle, à  sortir de la société d’ordre.

La société  royale est  une société sacrale. Qu’il faut tuer. Pour fonder la société économique.

Le contrat social stipule qu’il faut éradiquer les corps intermédiaires.
Les libertés ne peuvent être organisées et redistribuées que par un pouvoir issu de la « volonté générale »

Fantastique « hold-up » de la révolution qui consiste à dire ; confiez tous les pouvoirs à la minorité politique constituée par les soi-disant représentants du peuple, et nous vous donnerons en retour les libertés…

Ce à quoi répond Maurras de façon cinglante :
« Les libertés se prennent et ne s’octroient pas. »

Aujourd’hui
La France va très mal, au point d’abandonner sa souveraineté, autant dire son existence politique, économique culturelle, et même spirituelle… C'est-à-dire tout ce qui la fonde.

Parallèlement le royalisme semble lui aussi moribond.

Quelques questions se posent en effet :

A quoi servent les royalistes, sont ils même visibles pour leurs compatriotes ?
Et  ceux que l’on voit un peu, quelle image laissent –ils ?

Nostalgiques, décalés, amusants ?

Comment se situent-ils par rapport à l’actuelle famille royale.

Ont-ils un projet ?

Il est fascinant d’observer à quel point nos officines, souvent composées de gens brillants et talentueux, dépensent une énergie considérable à cultiver leur propre existence en se proclamant les seuls détenteurs de la vérité politique, de façon très semblable et souvent avec moins de bonheur que les partis du régime qui eux sont des professionnels dans ce genre d’activité.

La disparition de Pierre Pujo n’est pas sans incidence sur l’avenir d’une maison très ancrée sur les modèles d’un passé prestigieux et révolu.

Mais cet évènement ne peut-il pas être aussi le point de départ d’une nouvelle approche du combat  que nous menons, en repartant de l’émiettement actuel  de nos mouvements ou chacun se retranche derrière des certitudes un peu surannées, pour reconstruire autre chose ?

Le moment n’est-il pas venu de faire une analyse critique lucide de nos faiblesses ?
On ne peut, en effet, sans cesse invoquer la conspiration universelle (certes réelle) contre nos valeurs.
Nous avons d’abord à balayer devant notre porte et nous débarrasser du fardeau trop lourd que représentent certaines fidélités historiques auxquelles intellectuellement et moralement nous ne sommes pas tenus.

Certaines pseudo-fidélités aussi irrationnelles que sentimentales et passionnelles, en dehors d’un aspect désuet et folklorique, engendrent une sorte de paranoïa qui peut transformer en profondeur notre identité politique.

N’oublions pas que le parti des gentils, des cathos, des royalistes de droite : la ligue catholique des guerres de religion est à l’origine de deux régicides.

Nos « ligues » à nous, si elles ne font pas ce travail de décapage, par paresse intellectuelle, pourraient bien mettre à mort l’idée même de royalisme. Qu’avons-nous besoin d’adversaires dans ces conditions ?

Du reste plus personne ne nous combat, nous ne faisons courir aucun risque à nos ennemis depuis quelque temps…

Où est l’empirisme organisateur de nos maîtres ? Où est la culture du compromis politique pour le bien commun ?

Le verdict  est sans appel, les royalistes ne font plus de politique.

Cependant, de même que la France n’est pas morte, telle est ma conviction, le royalisme, malgré les nombreux avatars est toujours vivant. (À l’instar du « canard » de Robert Lamoureux)

Il l’est d’abord parce qu’il existe toujours des jeunes, qui ne sont pas tous issus de familles « pré formatées », qui, mystérieusement dans ce siècle désabusé, viennent aux cercles, prennent des cartes et donnent de leur temps. Il faut peut-être y voir là la force Maurrassienne d’attraction intellectuelle.

Et tout le monde a vu à la procession du 21 janvier plusieurs centaines de personnes se presser derrière les drapeaux fleurdelisés, malgré une communication dérisoire.

Partout en province des groupes se forment avec toutes les générations, des cercles se mettent à fonctionner et des productions nouvelles, pertinentes et impertinentes apparaissent et nous étonnent.

Je crois fermement à ce possible renouveau.

Peut-être ne faudrait-il pas grand-chose pour relancer une dynamique  autour des princes et de l’idée royale.

Nous devons refaire de la politique.

Pour beaucoup, ce mot de politique a perdu de sa crédibilité, tant il a été sali et dévoyé par les politiciens…
C’est pourquoi nous ferons notre cette citation de Georges Bernanos  dans Nous autres, Français:
« Nous croyons qu’il y a un honneur de la politique, nous croyons non moins fermement qu’il y a une politique de l’honneur et que cette politique vaut politiquement mieux que l’autre ».

Pour ma part et  avec  nos amis je m’emploierai à faciliter la montée des nouvelles générations. Il faut qu’elles s’approprient le combat qui promet d’être rude.

Mais quand on parle de combat, cela suppose une organisation. Il nous faut rapidement une armée en ordre de bataille.

J’ai pu constater que les bonnes volontés ne manquent pas et que le désir de faire existe bel et bien.
En revanche, le faire ensemble et la capacité de jouer avec la force du collectif, semblent avoir été quelque peu oubliés.

C’est bien français me direz-vous ; C’est français et plus particulièrement royaliste.

Les royalistes sont en effet des esprits libres, jaloux de leurs libertés, ce qui rend plus difficile le partage d’un idéal commun, d’une méthode commune d’action et partant d’une réussite collective.

Mais pour paraphraser Bernanos, les royalistes ont la capacité de s’émouvoir. Et comment ne pas s’émouvoir devant une telle désertion politique de nos élites. Comment accepter sans broncher l’abandon, par la trahison de Lisbonne contre l’opinion de la majorité des français, de la souveraineté de notre pays à un empire que personne ne contrôle.

Sans compter la France d’en bas qui est laissée sur le bord de la route.
Sept millions de français au-dessous du seuil de pauvreté. Et ce n’est pas le mauvais vent d’Amérique avec la crise des « subprimes » qui va améliorer la situation.

Sommes nous sûr que ceux qui ont pris la décision de tuer, il y a deux cents ans, notre roi et répandu la terreur dans le pays, avaient de meilleures raisons qu’on en aurait aujourd’hui de faire la révolution ?

Il y aura donc à se retrousser les manches pour exister à nouveau dans le paysage politique.

D’abord refaire l’unité : On y travaille et si tous les pourparlers menés actuellement par Gérard Leclerc aboutissent, je vous annonce la tenue des assises du royalisme, regroupant l’essentiel des mouvements à Paris au mois de mai 2009. Nous y serons.

Ensuite travailler à la cohérence de nos communications, forger des outils adaptés aux exigences du 21 ème siècle. Utiliser intelligemment et à notre profit, la « toile », les médias modernes, ce qui suppose un discours cohérent et réfléchis en amont et une véritable agence de communication royaliste. Il s’agit de travailler avec les acteurs existants  et d’améliorer la qualité et l’impact.

Enfin, reconquérir nos universités et nos lycées. La contestation radicale du système a quitté les milieux gauchistes. L’embourgeoisement de l’extrême gauche est une aubaine.

Mais ils tiennent l’éducation comme par habitude, avec les syndicats de profs, d’étudiants et de lycéens.
La droite libérale connaissant le processus leur laisse cet os à ronger, sachant que tôt ou tard une bonne partie d’entre eux rejoindront leurs rangs.

Nous avons notre carte à jouer face à cet accord tacite, ce Yalta politique entre la droite molle et la gauche embourgeoisée.

Nous demeurons la seule organisation a proposer une remise en cause radicale du système.

En reconquérant la jeunesse de France nous répandrons nos idées.

Et ne croyez pas que nous sommes marginaux. Le peuple, les peuples, dirait Maurras, sont de plus en plus à la recherche d’autre chose, tant dans notre système politique tout semble joué d’avance.

Les agriculteurs savent compter et voient qu’on les abandonne, les pêcheurs français ont compris qu’ils sont les sacrifiés du marché Européen. Les petits commerçants disparaissent de nos villes et de nos villages, tandis que les « hyper » grandes surfaces continuent à s’implanter.
La machine est devenue folle parce que le pouvoir oligarchique n’a pas le sens de l’humain, de la famille ni des solidarités de proximité, à travers les métiers et les lieux de vie.

Nous voulons donner un visage à l’Etat. Un visage qui l’incarne ! Avec une famille qui partage les heurs et malheurs des français depuis mille ans.

Notre projet est beau, il est généreux et comme disait Bernanos dans : « Nous autres, Français » : « que la Monarchie Française soit utile et même nécessaire, cela se prouve et ne convainc personne, il faut d’abord qu’elle soit aimée »

Nous ferons aimer la France, nous ferons aimer la monarchie et nos princes : Monseigneur le Comte de Paris et Monseigneur le Duc de Vendôme.

Les Français, dans la morosité ambiante, ont besoin d’espérer.

Mais l’espérance est dangereuse pour le pouvoir  et c’est à la fréquence des tracasseries policières que nous mesurerons si nous sommes en train de gagner.
Rendez-vous l’année prochaine ici même pour faire le bilan de cette première année.

Vive la France, Vive le roi.

Olivier Perceval

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