Mardi 25 Avril 2017
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Les actions des Manants | La Famille des Manants

«Hommages»...

Il a choisit, à quelques minutes près, un midi, pour prendre une dernière fois les commandes de son avion et piquer haut vers le ciel. Aux commandes, nôtre « Maître d'Ecole » et son complice « Mordicus »...
Mardi 5 octobre à 10h30, une messe sera célébrée en hommage au général  Pierre Marie Gallois en l'église Saint-Louis des Invalides...
Hommage? Quel plus bel hommage que celui de notre ami le colonel René Cagnat? Et quelques autres...

Un midi... Au zénith. Telle est toujours la pensée de notre « Maître d'Ecole ». Au plus haut!
Nous veillerons à vous la faire connaître, partager...

Portemont, le 2 octobre 2010

Chers amis,
 
Par une sorte de malédiction maintes fois répétée tout au long de ma vie, je n'ai fait la connaissance de personnages-clés qui auraient pu m'influencer que beaucoup trop tard.

Il en est allé de Pierre Marie Gallois comme de Tchinghiz Aïtmatov : je n'ai pu connaître du maître, en dehors de ses écrits, que l'exquise politesse, la dignité dans l'épreuve des vieux jours et quelques lueurs dans une conversation, un regard, qui révélaient toute une lumière intérieure.

Pierre-Marie, qui aviez exactement l'âge de mon père que j'ai si peu connu, comme avec vous, à votre exemple, j'aurais pu apprendre à mieux supporter l'adversité, à mieux cerner la vérité, à plus aimer notre cher Pays...Il me reste, avec vos compagnons, à persister de mon mieux dans la voie d'Honneur et de Foi que vous avez tracée.

René Cagnat

René Cagnat

Lire :

http://www.lesmanantsduroi.com/60_manants/63_Famille-Cagnat.php


De retour de l'étranger, j'apprends la mort du général Pierre Marie Gallois, le 23 août dernier.

Je rends hommage au grand géopoliticien, au grand stratège, à l'un des pères de la dissuasion atomique française, au défenseur de la souveraineté nationale, à celui qui refusa l'alignement sur les Américains dans la guerre contre la Serbie en 1999, à celui qui, jusqu'au bout, livra des analyses géopolitiques d'une grande intelligence. Le général Pierre Marie Gallois incarne à mes yeux cette race de grands militaires français, serviteurs du pays comme de l'intelligence française. Cette race que nos petits ministres voudraient tant voir disparaître et qu'ils ne cessent de traquer. Voilà un géopoliticien que l'on ne rangera pas en tout cas dans la catégorie de ces causeurs de circonstances qui pullulent dans les médias et usent du mot « géopolitique » après l'avoir tant vilipendé.

Le silence des médias et des politiques, à quelques patriotes près, en dit long sur l'évolution de notre société vers la vacuité. Mais le parcours de Pierre Marie Gallois nous enseigne avant tout l'espoir et l'optimisme.

Aymeric Chauprade
Directeur du site Realpolitik.tv

http://www.chauprade.com/chauprade/communique-daymeric-chauprade


L'Hommage de Roland Hureaux
Pierre Marie Gallois, un itinéraire exemplaire

Le concert d’éloges qui accompagne légitimement  la mort du presque centenaire  général Pierre Marie Gallois risque d’  occulter  la profonde originalité de son   parcours politique.

Bien que militaire de carrière, le général, en deuxième section depuis longtemps,  n’a pas en effet manqué d’occasions de s’exprimer sur la politique de la France et les grands problèmes internationaux au cours du dernier demi-siècle. Cet ancien membre des FFL, artisan de la bombe atomique française, était devenu    un  spécialiste reconnu de la géopolitique.

Qu’il ait été le  théoricien de la stratégie gaullienne de  dissuasion tout azimut  est bien connu. Mieux que personne, il sut exposer  la théorie de la dissuasion du faible au fort, fondement de la politique d’indépendance nationale du général de Gaulle.

Les esprits convenus seront d’autant plus surpris de  voir ce gaulliste  en première ligne  de la campagne contre le surarmement  soviétique, au cours des années soixante-dix  : il dénonce magistralement en 1975 dans « La grande berne »  la manière dont les accords de désarmement SALT I   sont contournés par l’Union soviétique pour préparer la mise en tutelle de l’Europe occidentale en pointant sur elle des centaines de fusées de moyenne portée, les SS20.   Serait-il passé dans le camp des pro-américains, s’alignant même sur les  faucons ? Dans cette ultime phase de la guerre froide, le général Gallois a en tous les cas clairement choisi son camp : celui de la liberté.

Il ne pouvait qu’accueillir avec faveur la chute du rideau de fer en 1990, aboutissement du combat de tous ceux  qui, des deux côtés de l’Atlantique,  ne se laissèrent jamais,  comme lui,  séduire par les mirages de la détente.

Mais alors, nouvelle surprise, à plus de 80 ans,  le général semble à nouveau changer de camp : hostile à la première guerre du Golfe et bien entendu à la seconde, il s’engage avec résolution contre la guerre faite par  l’OTAN à la  Yougoslavie en 1999, avec  la participation de la France. De plus en plus inquiet des dérives  de l’hyper-puissance américaine et  d’une politique européenne supranationale  inféodée, méfiant aussi des nouvelles ambitions hégémoniques de l’Allemagne sur le continent, évidemment hostile à la réintégration de l’OTAN,  il prône le rapprochement avec la Russie.

Gaulliste,  le général Gallois s’est ainsi retrouvé dans  les années soixante-dix,  avec les  libéraux atlantistes, qui, pour la plupart,   le sont  restés depuis, passant, sous l’effet de la vitesse acquise et en conformité avec la ligne du département d’Etat de l’hostilité au communisme à l’hostilité à  la Russie . Vingt ans après, il côtoie au contraire des antiaméricains de toujours qui avaient, à la gauche du gaullisme ou   du parti socialiste,  fait preuve de complaisances équivoques pour le totalitarisme.

Là où les esprits superficiels ne verront que palinodies et inconséquence, le général Gallois n’a en vérité suivi qu’une seule ligne, la plus droite qui soit : l’intérêt de la France. Un intérêt qui varie, comme nous l’apprend l’histoire,  qu’il connaissait si bien,  selon les temps et les circonstances et qui commande de savoir repérer à chaque moment où se trouve le danger principal.

Nulle étroitesse « maurassienne » dans ce parti, mais au contraire, chez quelqu’un qui avait travaillé plusieurs années au SHAPE, une conscience aigue que, dans un environnement international impitoyable, personne ne défendra nos intérêts à notre place.

Ce qui, à vrai dire, est étonnant, ce n’est pas l’évolution du général Gallois, c’est que si peu en France, aient fait leur cette  ligne, qui aurait du être normalement  celle de la plus grande partie des élites françaises. Seule à notre  connaissance, Marie-France Garaud,  sa compagne en lucidité,   a suivi  le même  itinéraire.  

Pourquoi  un tel isolement ? D’abord parce les grands esprits comme lui sont rares : la plupart,    qui semblent à un moment donné fonder leur engagement  en raison  sont en réalité  victimes de la routine intellectuelle, du parti pris,  de l’idéologie (qui est avec la corruption le pire  ennemi de l’intérêt national). Ensuite parce  qu’il était un homme libre : l’intégrité intellectuelle  est inséparable de  l’intégrité morale.  Dans notre pays, il y avait    le parti espagnol  et le parti anglais ; il y a eu, plus récemment, celui de Londres  et celui de Berlin, celui de Washington et celui   de Moscou.    Entre les deux, il y a, il devrait y avoir en tous cas  le parti de la France. Rendant  l’âme à Dieu à un moment où on peut se demander si ce parti  existe encore, le général Gallois nous en rappelle l’éminente  dignité.

Roland HUREAUX
Essayiste


Le 23 août, est décédé le père de la doctrine nucléaire française, Pierre Gallois (CR), de son nom de plume Pierre Marie Gallois, l'un des plus brillants stratèges et géopolitologue contemporains. Qu’il me soit permis de rendre un ultime hommage à cet ami et à ce maître.

Hélas, dans la grande presse, seul le Figaro lui a consacré une demi-page. Rappelons qu'il est mort à l'âge de 99 ans, mais avec toute sa tête, (le corps ne suivait plus depuis peu comme il disait, mais sa mémoire était miraculeusement intacte, tout comme sa lucidité et sa capacité de production géopolitique). Jusqu'à 2009, en effet, malgré une fatigue croissante, il n'a cessé de publier des articles et des ouvrages d'une exceptionnelle qualité. La vie du Général Gallois, que certaines chapelles politiques ont toujours essayé de récupérer mais qui resta toujours libre et indépendant, est une succession d’épisodes, courageux, passionnants et méritoires. Mentionnons seulement ses prises de positions courageuses sur le démembrement occidental de l'ex-Yougoslavie, le communautarisme, le déclin de l'Occident et de l'Europe, les défis de l'immigration et de l'islamisme, sa critique de l'Union européenne ("ventre mou"), sans oublier ses déclarations et analyses relatives à l'indépendance de la France, selon lui bradée par nos dirigeants. Gallois n'a donc jamais cessé de mener ces combats et de commenter l’actualité mondiale jusqu'à ses derniers jours, à la manière d'une ultime mission, et avec une pertinence, un détachement et un humour incroyables. Je fus personnellement souvent frappé et subjugué par sa sagesse, son extrême gentillesse, sa générosité, sa noblesse d'âme et son indifférence totale aux critiques qui fusaient de toutes parts.
En 1936, Pierre Gallois s'engagea par devoir et pour faire plaisir à ses parents dans l'arme aérienne, renonçant ainsi à sa passion d'artiste, puis servit un temps au Sahara avant de rallier parmi les premiers la France libre, à Londres, en 1942. Il s'engagea alors dès 1943 au sein de la Royal Air Force, comme pilote au sein d'une unité de bombardement. Après-guerre, devenu chef de cabinet du chef d'état-major de l'armée de l'air, de 1952 à 1953, il milita pour que la France se dote de l'arme nucléaire. Sous la IVe République, il fut membre des cabinets des ministres de la Défense Paul Ramadier, Jules Moch et René Pleven. En 1954, il est l'adjoint chargé des études stratégiques du général américain Lauris Norstad, au sein de l'Otan. C'est à ce moment qu'il parvient à convaincre le gouvernement de Guy Mollet, de fabriquer la bombe atomique. Théoricien de la dissuasion avec les généraux André Beaufre, Charles Ailleret et Lucien Poirier (ce dernier est le dernier survivant), il quitte le service actif en 1957, comme général de brigade, mais théorise la dissuasion " du faible au fort ", qu'il définit comme suit: " si la France, menacée de mort, est capable de créer un risque exorbitant aux yeux de l'adversaire, risque qui excède l'enjeu qu'il convoite chez moi (...), alors cet adversaire se tient tranquille. " Dans les années 1970, le général Pierre Marie Gallois est directeur commercial des avions Marcel Dassault. Toujours politiquement incorrect et iconoclaste, jamais fonctionnaire soumis ou homme de cour, mais toujours dévoué à la France, il s'en prend au début des années 1980, à la nouvelle conception stratégique des Socialistes, coupables selon lui d'avoir développé le concept du tir " pré-stratégique ", dit de " l'ultime avertissement " .
Mais Gallois ne fut pas seulement un militaire, un Résistant, un géopolitologue, un professeur et un maître en stratégie. Il fut aussi un homme de haute culture, quasi encyclopédique. et un homme d'arts et de lettres.
Ancien étudiant aux Beaux-Arts, Pierre Marie Gallois est resté toute sa vie passionné par la technique du trompe-l’œil, qu'il exercera avec un talent extraordinaire. Il était d'ailleurs fier de faire visiter son magnifique appartement du 8 rue Rembrandt et les 5 étages intérieurs de son immeuble entièrement peints en trompes l'œil par ses soins à l'âge de 82 ans!!
Il est mort dignement. Depuis des années, il me disait: "mais qu'est-ce que je fais encore ici! je devrais partir, je suis bien trop vieux, je ne sers plus à rien". Permettez-moi de vous contredire mon général! Non! Vous vous trompez! Vous avez servi la France, la géopolitique, vous avez éclairé des milliers de personnes jusqu'à la fin! Au nom de toutes et tous, un grand merci! Que l'âme du général repose en paix.

Alexandre del Valle

Alexandre del Valle est géopolitologue, auteur de nombreux articles et ouvrages dont "Le Totalitarisme Islamiste" et "Le Dilemme Turc" parus aux éditions des Syrtes.

http://blog.alexandredelvalle.com/archives/350-Hommage-au-general-Pierre-Marie-Gallois-CR.html

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