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Sans tambour ni trompette...

Elle a tenu tout l'été! Elle n'a pas fait la « cigale » et n'est pas allée chanter sur les « plages ». Service froid diront les grincheux? Oui, froid dans l'assiette mais toujours aussi « chaude » dans les cœurs! La Soupe du Roi a pu tenir son Service à Nos Seigneurs les Pauvres et les Malades tout l'été! Par roulement, nos jeunes amis ont été présents autour de Paul, Marie-Laure et quelques piliers sans lesquels la Soupe du Roi ne vivrait pas...

La rentrée se précise. La Rentrée de temps plus difficiles. Ce sont nos temps, vos temps... Nous avons besoin de vous...

De vous et de vos « dons ». Tout faire pour que nous puissions apaiser les appétits de bonne nourriture, tout faire pour réchauffer les cœurs, réchauffer aussi les corps.
Et ne pas manquer d'offrir une belle Epiphanie!

Nous vous remercions d'avance!

« Nos Seigneurs les Pauvres et les Malades » et « Les Manants du Roi »


" Association Nos Seigneurs les Pauvres et les Malades "
15 avenue de la Gare 78690 LES ESSARTS LE ROI
01.34.84.85.45 / 09 63 57 64 86 / 06.82.44.10.83
annelysdefrance@wanadoo.fr

ou Paul Turbier 01 34 86 36 61 / 06 50 29 27 26
turbierp@wanadoo.fr

2 Allée de la Sablonnière 78610 St Léger en Yvelines

Olivier (Président) : Olivier 06 18 68 47 83
olivier.kimmel@gmail.com


Pour un virement, les coordonnées sont les suivantes :
CRCA LES ESSARTS LE ROI , Banque 18206, guichet 00089, n° de compte 509 445 4 001 , n° IBAN FR76 1820 6000 8950 9445 5400 182, BIC AGRIFRPP882.

Quelques temps « forts » de l'année 2009...

Quand Paul, après les « fourneaux » prend la plume!

Ce qui pinçait fortement les oreilles à la Soupe du Roi, hier au soir, c'était le froid mais ce qui réchauffait le cœur et les os c'était la soupe. Nous avions prévu large et personne n'en a manqué. La
marmite principale contenait un « Chili con carne » gentiment épicé qui aurait sans doute paru bien civilisé pour un palais mexicain mais qui fut jugé succulent par nos invités de ce soir. La preuve : l'énorme marmite ( pas loin de vingt kilos mes enfants, « tant graisse que fermoirs », merci Boileau) fut vidée, au jus près, et tout le monde, serveurs comme servis, a bien apprécié.
S'il ne manquait personne côté convives, nous avons regretté Olivier, empêché par un grippe sournoise qui lui avait cependant laissé assez d'énergie pour nous dépêcher une escouade de jeunes gens, de sorte que l'effectif du « petit personnel de salle » était largement complet. " Il est où Olivier? " fut la FAQ du soir. Merci à lui et à eux qui ont apporté la bonne humeur et le sourire de leur jeunesse. La bonne humeur n'a donc pas manqué ce qui a amené de la part d'une participante d'hier soir en face d'un étrange constat : " ces gens de la rue qui passeront la nuit dehors, comme ils paraissent heureux ". Grave question, très loin des images dramatiques que nous montrent les
télévisions, mais question à laquelle il est bien difficile de répondre. Heureux sur l'instant, pendant les trois ou quatre heures que nous passons ensemble autour de nos marmites, certes ils le sont. Le
bonheur se lit dans les yeux, dans les conversations qui se tiennent, animées et chaleureuses. Mais après, lorsque la brume froide de la nuit enveloppe les silhouettes qui s'éloignent, qui sait ? On peut voir des dos voutés qui sont bien éloquents, des pas lents qui ne se hâtent vers aucune rencontre mais qui en disent long. Je questionne ici ou là. L'un dort sous un porche fermé. Il a chaud (dit-il) et les habitants du lieu ne le chassent pas. Hier soit il a trouvé un sac accroché à son attention par une main inconnue. Le sac contenait une couverture " En plus de mon duvet, j'ai dormi comme un loir". En voilà un qui semblait heureux. Pour les autres, difficile d'y voir clair car une discrétion
proche de la pudeur est de mise et les conditions du sommeil font parties des sujets dont personne ne parle volontiers. On préfère disserter sur les performances du PSG où sur celles du maire de Paris, çà n'engage à rien. Lorsque je me retrouve seul dans ma voiture bien chauffée sur le trajet du retour, j'ai parfois un peu honte de mon confort. Tiens, confort ? Que vient faire ici ce mot dans cette voiture au ronronnement rassurant ? Il cohabite mal avec le bonheur bien que tous deux soient souvent pris l'un pour l'autre. Mais ils ne jouent pas dans la même cour, l'un concerne le cœur et l'autre le corps. Pourquoi donc l'inconfort de leur vie matérielle interdirait-il à nos amis d'avoir leur part de bonheur, dans des endroits et des moments où nous ne saurions pas en trouver ?
A la Soupe du Roi par exemple. A bientôt. Paul

Janvier 2009

La Soupe du Roi aurait-elle pu avoir lieu mercredi dernier sans que votre serviteur soit de la fête ? Ce non-évènement a pourtant failli arriver à cause d'une fausse grippe, certes non invalidante mais coupeuse de jambe, videuse de tête et fauteuse de toux. Mais c'eût été sans compter sans Marie Laure (notre mère à nous tous) qui, sur les enseignements d'un de ses amis croate (leur père à eux tous ?) m'a conseillé d'ingurgiter sans attendre un remède décisif dont on trouvera le détail en post-scriptum (1). Résultat spectaculaire et Soupe du Roi, de nouveau réussie, avec un pot-au feu qui, s'il avait été confectionné avec une poule au lieu d'un boeuf (2) aurait réjouit les mânes du bon Sully (notre père à nous tous).
Bonne affluence et bon vin chaud à la cannelle pour ouvrir le festin. Tout le monde fait honneur au pot-au feu d'autant que les portions prévues par Valérie (notre mère agitée) étaient bien généreuses. Dommage que les oranges vinrent à manquer, car nous n'avions pas de paille sous la main pour savoir qui qui...
Plus sérieusement, les conversations dans les groupes sont plus ou
moins tournées autour de la météo à cause du froid très vif que
connaissent actuellement les rues de Paris. Le Grand-qui-ne-veut-jamais-dire-son-nom nous dit qu'il ne se plaint pas car avec un bon coin et de bons cartons, on s'en tire quoique, nous dit-il, " cette nuit j'ai du marcher un peu dans les rues sur le coup de deux heures du matin." . Dur à entendre mes enfants, dur à entendre. Son orange avalée, le Grand-qui-ne-veut ..... ramasse ses sacs en plastique
(mon Dieu, combien en a-t-il ?) et disparait derrière le manège de chevaux de bois vers son coin et ses cartons. J'avoue que je m'habitue mal. Denis qui avait trouvé du travail à Chartres est de nouveau parmi nous, pas très bien rasé. Sa barbe me met une certaine puce à l'oreille. Est-il toujours cuisinier dans son restaurant de Chartres ?
Je n'ai pas osé le lui demandé, lâchement rassuré par un "ça va, ça va !" qui appelle un  complément d'information.
Toute l'aventure de la Soupe du Roi est là dans le contraste d'un moment chaleureux vécu ensemble dans la joie et du voisinage d'une misère et d'une souffrance qu'il n'est pas possible de vaincre. Parfois,les poings se serrent .

Paul T.

(1) Une gousse d'ail écrasée sur un petit morceau de pain beurré.
Résultat acquis dans la demi-heure. A renouveler trois fois par jour pendant au moins trois jours. Remettre à plus tard la soirée au bal de la Préfecture, la préfète (épouse du préfet) vous en saura gré. Seul antidote connu à ce jour : mâcher du persil (après, pas à la place)
(2) proportions non garanties.

Février 2009


Novembre 2006


Pour la dernière Soupe du Roi, , celle de mercredi 15 dernier passé, me voici face à une situation nouvelle puisqu'il me faut faire un compte rendu d'un évènement auquel je n'ai pas personnellement participé.
J'étais en effet ce jours là indisponible et ce sont les jeunes Manants du Roi qui ont pris les choses en main pour approvisionner le petit salé aux lentilles, le pain, le fromage, les gâteaux et les fruits qui ont régalé les invités du jour.
Heureusement, que j'ai pu trouver en Jean-Baptiste un informateur disert,en qui, de surcroit, la Soupe du Roi a bénéficié d'un chef de manœuvre efficace. Tout a fonctionné à merveille. Grâce à son équipe dans laquelle Bénédicte et Thérèse, l'une blonde, l'autre brune, 1,79 mètre sous la toise sans talons chacune, charmantes et efficaces en plus, furent très remarquées principalement pour leur disponibilité .
Laurence est venue en voisine avec sa vivacité et sa gentillesse, qu'elle soit, elle aussi remerciée Les "anciens" ; Marie-Laure, Denis, André, Antoine, ne se sont donc pas senti seuls. Bref, ce, ce fut une
soirée très réussie.
Il est très réconfortant de voir des jeunes gens consacrer une soirée entière au service des pauvres alors que, comme tant d'autres de leur âge, ils pourraient trainer un ennui enfumé sur les trottoirs parisiens ou s'assourdir les oreilles dans quelque salle plus remplie de décibels que d'oxygène. Il est également réconfortant pour nous autres ( je parle pour moi et mes semblables) qui pourraient aisément être leurs grands-parents, de voir apparaître une relève chaleureuse et enthousiaste. Loin de nous entrainer à la retraite, cet apport de sang neuf nous revigore et nous motive davantage si tant est que nous soyons en peine de motivation. Cette situation vivifiante n'est pas toujours
rencontrée dans beaucoup de groupes qui déplorent, justement, d'être comme sœur Anne et ne jamais rien voir venir. Je crois pouvoir deviner que certains ont apprécié le changement ; ce sont nos convives qui commencent peut-être à se lasser de toujours voir les mêmes nez au milieu des mêmes visages.
Ceux qui croient au ciel remercieront le Seigneur pour ce qu'ils reçoivent comme une grâce et ceux qui n'y croient pas pourront découvrir que décidément, tout n'est pas encore totalement pourri dans le royaume de France, et que des raisons d'espérer apparaissent parfois ici ou là.
A la Soupe de Roi de ce Mercredi soir dernier passé, par exemple.

Deo Gratias,

Paul Turbier.

PS1 savez-vous ce qu'il est advenu du petit salé au lentilles ? Il n'en
est rien resté et nos jeunes gens n'ont même pas pu en apprécier le goût . Pourtant, bon sang que ça sentait bon !
PS2 - Un couple inconnu s'arrête, le monsieur fouille dans ses poches,
en sort un billet qu'il tend à Marie-Laure en disant, "c'est tout ce que
j'ai sur moi, prenez ! ". Ce geste spontané et généreux n'est pas rare à
la Soupe du Roi.

Avril 2009




Objet : Peintre de rues

Avant de rédiger le présent billet consacré à la Soupe du Roi de ce mercredi 17, j'ai beaucoup hésité avant de choisir un titre. Comme je souhaitais vous parler de l'un de nos convives qui est artiste peintre, la formule "peintre des rues " semblait évidente. Cependant il m'a semblé qu'elle pouvait mettre en confusion en suggérant un peintre qui ne peindrait que des scènes de rues. Or si notre peintre, éclectique, peint bien sûr des paysages de rue, il s'intéresse également à d'autres sujets : fleurs, oiseaux, chats, bateaux, bref, tout ce qui veut bien énerver ses pinceaux. Mais comme il vit dans la rue, que la rue est son unique atelier, qu'il y prend ses repas et le reste, j'ai donc finalement choisi " peintre de rue" bien que là encore, il y ait matière à erreur. Lorsque nous nous sommes connu, voici deux ou trois ans déjà, il trimballait son attirail de peintre sur un vélo et l'échafaudage du chevalet et des toiles arrimés sur le porte bagage AR lui donnait un air de vitrier d'autrefois, vous savez, celui qui s'égosillait vers les fenêtres dans de tonitruants "Viiiiii... trier, viiiii...trier".

Aujourd'hui, il est venu à pied, en voisin, sans matériel et je suppose par conséquent que sa situation matérielle a dû s'améliorer et qu'il nous fréquente dorénavant plus par amitié que par famine. Je n'arrive d'ailleurs pas à comprendre pourquoi, il ne fait pas une carrière médiatisée, car être SDF et peintre quoi de mieux pour communiquer sur le thème du peintre maudit, c'est vendeur, ça, de nos jours. Je crois cependant en deviner la raison. C'est qu'il se refuse à peindre "contemporain" en larges éclaboussures de couleurs brutes de tubes ou en introduisant du scabreux ou du sordide dans ses compositions. Non ! Il préfère saisir avec une palette pastel délicate, des cours éclairées par
un soleil d'été, entrevues depuis un porche sombre dans lequel on aperçoit l'ombre fugitive d'une concierge affairée. Du rétro qui n'intéresse personne, ça madame, personne n'en veut.

Revenons aux moutons de notre "Soupe du Roi". Justement, au menu, nous avions prévu un fricot de mouton aux haricot mais le budget étant ce qu'il est c'est-à dire contraignant, le mouton s'est transformé en poulet et les haricots en coquillettes. Résultat cependant superbe qui nous a valu une marmite vidée en cinq secs. Fromage, gâteaux, fruits frais comme d'usage et café pour finir. Il serait malfaisant de ne pas parler du pain car celui qu'une amie nous apporte vient d'une des meilleures boulangeries de Paris. Elle le récupère à la fermeture parmi les invendus de la journée, du pain de luxe, les amis, aux petites graines qui se mange comme du gâteau, du vrai pain de Roi, quoi ! merci
donc à Valérie pour le mouton- poulet aux haricots- coquillettes et pour Jany pour les pains aux raisins

A bientôt.

Paul T.

PS. Message personnel pour la généreuse donatrice d'un sac d'effets féminins, probablement issu de la garde robe personnelle de Claudia S. ou de celle d'Adriana K, donc pas facile à caser parmi des gars qui dorment à la belle étoile et qui ne se rasent pas tout les jours .

Contre toute attente, Marie-Claude, spécialiste es-essayages en plein vent, a trouvé une minceur à sa taille et le sac s'est vidé comme un verre de rouge sur un comptoir de bistrot. Cul sec !

Mai 2009


Ce soir, mercredi 27 mai, il a fallu improviser car notre cuisinière avait pris une permission de détente. Qu'à cela ne tienne, nous ferons un buffet froid à moins que, retrouvant les vieilles méthodes des anciens jours de détresse, nous réinventions la soupe à " l'uranium enrichi" c'est à dire une cuisine simplifiée faisant appel à des légumes en conserve, méli-mélo de haricots verts et blanc (l'uranium) complétés par du porc fumé et des saucisses de Montbéliard dito (l'enrichissement attendu). Sans compter, c'est évident, sur fromage fruits et gâteaux. Autant le dire tout net, ce fut un franc succès. Il est très heureux que les lois qui interdisent de fumer du tabac dans les lieux publics, n'interdisent pas de fumer des saucisses à Montbéliard car nous nous fussions retrouvés dans de beaux draps. Lorsque la marmite est vide aux deux-tiers, il est temps de procéder au recensement . Pas facile! Le préposé au comptage est en face du même problème que berger qui compte ses moutons dans le Causse, ça bouge tout le temps. Il arrive cependant à une évaluation assez correcte et il peut dire que, ce soir, nous avons servi une quarantaine de repas. Comme
nous avions prévu assez large et que nous n'avons rien ramené, c'est dire si les souhaits de bon appétit étaient superflus.

Marmites vides et matériel remisé, l'équipe s'est retrouvée chez la " Mère agitée " (*) pour la tenue de l'assemblée générale de l'association " Nos Seigneurs les Pauvres " qui gère notre Soupe du Roi. L'essentiel des débats, a porté sur l'avenir de notre aventure, avenir rendu assez préoccupant par trois constats : fragilité des concours de terrain inhérente à tout bénévolat, logistique précaire et
financement en baisse. malgré la générosité de nos contributeurs les plus fidèles. Le premier point est particulièrement difficile à régler en ce qui concerne deux animateurs importants de notre affaire, car l'un (Olivier) va disparaître pour de longs mois peu après la rentrée et l'autre (votre serviteur, 78 hivers déjà sonnés ) souhaite se consacrer à des tâches de gestion et d'administration en remplacement des escapades du mercredi soir.

Toutes ces difficultés peuvent se résoudre mais les réflexions et propositions de chacun sont plus que jamais nécessaires pour dégager des solutions et pour que la Soupe du Roi puisse continuer d'être servie.

A bientôt

Paul T.

(*) Mére agitée, 21 rue Campagne-Première, 75014 Paris . 0143355664,
publicité gratuite mais bien méritée.

Mai 2009


La journée des dames

Sans être spécialement misogyne, force est de constater que la Soupe du Roi accueille très majoritairement des convives du sexe fort. Mais cependant quelques dames participent à nos dîners.

Hier soir elles étaient quatre ou cinq . Mémé Danièle, la doyenne a peut-être soixante ans à moins qu'elle n'ait déjà atteint ou franchi le cap des quatre-vingts . Aller savoir, car la rue vieillit son homme surtout si c'est une femme. Elle trimballe sa maison roulante dans un caddie qu'elle tire d'une main car l'autre est occupée à porter un grand sac bourré de frusques et de chiffons. Elle est passablement voûtée, à cause du poids du sac, du caddie et des ans Elle parle peu car elle s'applique à bien manger, soigneusement, consciencieusement puisqu'elle n'est pas sûre de pouvoir le faire demain, du moins aussi bien que ce soir.

Lorsque nous arrivons au fromage ( elle a choisit du Cantal qu'elle a confondu avec du gruyère, par manque de fréquentation) nous parlons un peu de l'hiver qui va vite venir avec les nuits d'abord fraîches avant que de devenir glaciales. L'hiver dernier s'est bien passé car elle a trouvé chaque nuit refuge dans un couloir de l'hôpital Cochin d'où le personnel ne la chassait pas. " C'est bien chauffé. j'étais bien heureuse" me dit-elle sans s'apercevoir du terrible de sa situation. Comment ; lorsqu'on dort dans un lit peut-on s'imaginer trouver du bonheur à coucher à sur le sol carrelé d'un hôpital ?

Maria, sa compagne est plus jeune et est terrorisée par la perspective de la dure saison. On ne peut pas dire que Maria sois mince, ni même maigre, c'est une sorte de porte manteau mobile qui parle. Les os crèvent les vêtements. Mais elle sourit . Ce qui inquiète le plus Maria et Danièle n'est ni le froid, ni la pluie ni même la faim ( elle se débrouillent avec tout cela), c'est la sécurité . " On tue des Sdf tout les jours, monsieur, et personne n'en parle jamais " me dit Danièle . " On en retrouve au petit matin égorgés sur le trottoir, une ambulance les emmène, on nettoie le bitume et les gens qui passeront là n'en sauront rien".
Anne-Charlotte est suédoise et porte la quarantaine blonde des filles du nord.

Une rondeur dans sa silhouette me fait penser qu'elle attend un bébé mais il n'en est rien. "depuis quelques temps j'ai des ballonnements, mais je n'ai pas encore mal ". Patience, Anne-Charlotte, ça viendra peut-être, hélas ! Elle porte des lunettes avec un verre qui penche car la monture, cassée, s'est transformée en une paire de monocles. Du coup elle lève le nez d'un côté d'une façon amèrement comique pour parler. (nous allons voir si la trésorerie de la Soupe du Roi peut l'aider à remettre en état ce double monocle.). Je lui demande si son bilinguisme rare et un niveau de culture plutôt bon (elle parle un français de très bonne qualité, acquis au cours d'un cursus scolaire bien débuté mais interrompu), peuvent l'aider d'autant que sa présentation pourrait aisément être rendue plus qu' acceptable. Elle me dit, déjà résignée, qu'elle ne le croit pas. Il y a à faire de ce côté-là.

Patricia est une ancienne qui participait à nos distributions voici déjà cinq ans. J'avais déjà parlé d'elle dans une de mes petites chroniques, et particulièrement de sa voix flûtée qui rappelle celle d' Arletty, l'actrice qui avait une "gueule d'atmosphère " (les anciens expliqueront aux jeunes). A la différence notable de mémé Danièle, Patricia n'est plus une véritable Sdf mais, sans ressources, elle est devenue au fil des ans une professionnelle de la rue. Elle connaît toutes les bonnes adresses dont un endroit où elle peut manger " moins bien qu'ici mais, je peux m'asseoir" . Elle n'est pas sectaire et fréquente aussi bien le Secours Catholique que les Restos du Cœur. Il faut de tout pour faire un monde y compris dans les rues du quartier Montparnasse.
Viviane, oiseau des Iles, gai et minuscule qui apprécie le menu à belle dents, est de cette confrérie.

Le pire, en ce qui me concerne, est le sentiment que beaucoup de femmes qui sont aujourd'hui à la rue sont « récupérables », au contraire des hommes. Plus courageuses par nature, dotées d'une compétence basique dans les travaux ménagers, elles pourraient travailler. Mais il manque terriblement pour qu'elle le puissent, de ces emplois non qualifiés que la protection sociale moderne à paradoxalement contribué à faire disparaître. Il manque également un peu de réalisme dans l'évaluation de la "dignité" des logements . Il est bien beau d'avoir partout un confort moderne évolué, mais si cette louable ambition conduit à rendre le prix des logements inaccessibles, on envoie du monde là ou la seule eau courante est celle du caniveau. A vouloir sécuriser les postes de travail et monter le standard des logements, on a fini par mettre les Danièle, Maria et leur semblables à la rue.

Le mieux est l'ennemi du bien, c'est bien connu .A bientôt.

Paul
Juillet 2009

 


L'animateur de la soupe du Roi a quelque chose de commun avec le père Jean, berger dans le Causse, c'est qu'il a quelque difficulté à dénombrer son monde qui, par nature, bouge tout le temps. Il lui faut donc se préoccuper du comptage dès l'ouverture du restaurant, comme le berger qui compte ses moutons dès l'ouverture de sa bergerie. Au début, nos convives étaient une quinzaine à attendre l'arrivée des marmites, mais la troupe devint vite plus nombreuse et la trentaine fut vite
atteinte. L'odeur de la daube, sans doute ! Notre cuisinière habituelle étant de congé, c'est votre serviteur qui s'était remis aux fourneaux, au pied levé et il eut quelques problèmes. Ceux qui ont quelque expérience des choses de la cuisine savent qu'il n'est pas aisé de faire de la daube (de la vraie) au pied levé, mais à la soupe du Roi rien n'est impossible . Qu'on se le dise !
Donc beau temps, bon fricot, bon dessert et à la fin, on cause. Paul (mon homonyme) est un fervent sarkosyste, bien que, emporté sans doute par d'anciennes habitudes, il s'obstine à l'appeler "Jacquot". Il s'inquiète surtout d'une éventuelle intégration de la Turquie dans l'Europe et fait confiance au Président pour conjurer cette funeste perspective. La nomination de M. Lelouche n'altère pas cette confiance, naïve comme une Foi de charbonnier, Foi qui  me laisse plein
d'admiration. C'est beau la confiance surtout quand elle est naïve.
Comme j'ai déjà eu l'occasion de l'écrire dans un ancien billet, nos SdF ont des préoccupations politiques et se tiennent informés, même ceux (et il y en a)dont l'aptitude à lire est faible. Ils lisent les journaux bien qu'ils ne les achètent pas Ils penchent pour la plupart très à droite et partagent une sorte d'indignation pour la préférence exogène dont les services sociaux de la ville de Paris, font preuve, à leur avis. Ils se sentent en quelque sorte doublement exclus, d'une part par l'adversité de la vie et ensuite par la froideur des administrations qu'ils fréquentent.
Tiens, des retardataires ! Nous atteindront la quarantaine, peut-être davantage et nos marmites seront bientôt vides. Tant mieux, c'est le but de notre « manœuvre ».

Paul Turbier


La Soupe du Roi d’hier soir n’était pas encore celle de la rentrée (celle-ci prendra place le 16 Septembre) et nous étions encore au régime du buffet froid.. La pluie qui désirait visiblement tomber sur Paris eut la bonté de patienter jusqu’à la fin de nos agapes et tout put s’achever au sec. Innovation remarquable : notre ami André avait déniché dans l’un de ces lieu dont il détient seul l’adresse quatre tables pliantes munies de sièges et l’esplanade pour une fois libre d’animations
socio-culturelles municipales nous a laissé libres d’installer une sorte de terrasse restaurant qui fut très appréciée. Le petit monde de la rue est très varié, comme ces petites chroniques le montrent souvent et hier un convive nouveau a permis d’enrichir notre galerie de portraits d'un modèle tout à fait inattendu .

Sur l’extérieur du bonhomme, rien de bien différent, même vêture, même coiffure garantie sans coiffeur, même encombrement de sac et colis, mais déjà le langage détone, par la précision du vocabulaire et la maîtrise d’une expression très structurée. Je m'informe, intrigué. C’est que notre « client » est ingénieur, spécialisé dans le calcul des structures.

Comment le calcul matriciel peut-il conduire à la rue ? On se le demande et je le lui demande. Par un conflit familial qui dégénère et qui conduit à tout bazarder, tout lâcher pour tenter d’oublier. Notre SDF, on le voit est plutôt de la variété « routard ». Dans les débuts de ce nouveau métier, on voit d’abord la liberté, surtout à la belle saison, mais très rapidement, l’hiver venant, on découvre le prix de cette liberté : un lutte journalière contre la faim et le froid. Notre ami vient donc de mettre fin à l’expérience et, m’a-t-il dit, reprendra sous quelques jours le fil d’une vie qui fut momentanément mise entre parenthèse, enrichi d'une expérience singulière.
Si je m’attarde sur ce cas atypique c’est que le gaillard a sur la vie des rues un avis original. Il a éprouvé que la situation de SDF est incomparablement plus vivable à la campagne (à la « verte » dit-il) qu’en milieu urbain. Dans les campagnes l’abri, rudimentaire certes mais au sec et au chaud, est presque toujours trouvé, une subsistance tirée de la nature (fruits, légumes) est aisément disponible, des échanges corvée contre nourriture sont encore négociables, la relation avec
l’habitant normal peut s’établir. Mais surtout la sécurité n’est pas compromise. Depuis qu’il est dans la capitale (pour recaler son activité professionnelle) notre ingénieur SDF a été agressé deux fois au
couteau dans la quinzaine dernière. Dans ses deux ans « à la verte », ce désagrément majeur n’est jamais intervenu. Plus important, il m’a confirmé dans une intuition déjà ancienne à propos des possibilités de « resocialisation ». Elle est la plupart du temps impensable en ville mais le peu qui puisse être entrevu n’est possible qu’en zones rurales particulièrement là où une désertification est
déplorée. Dans ces endroits, des possibilités de logement existent ce qui lève un obstacle majeur. Je reviendrais sur ce point important car mon interlocuteur sera de nouveau à la Soupe du Roi au prochain service et nous creuserons ensemble les perspectives entrevues hier soir.

Je vous tiendrai au courant. A bientôt .

Paul

Portemont, le 13 octobre 2009

Lire ou relire :

Réchauffer l’hiver, réchauffer les cœurs…

Le 17 janvier 2009

Les hivers se succèdent… Autour de « Nos Seigneurs les Pauvres et les Malades », les énergies ne faiblissent pas! Cinq ans déjà… et un peu plus…
« La Soupe du Roi », une « œuvre » de temps long, d’amitié aussi.
Un reportage par François Lafite et Raphaël Moran, mis en ligne sur « LeCourant.info »

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Nous aurons toujours besoin de vous…

Nous n’avons pas senti le froid, mais le froid était bien là !
Et ne voilà-t-il pas que Paul, notre grand cuisinier de la Soupe du Roi, est aussi un grand spécialiste de l’arboriculture fruitière…

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Noël approche…

La grande « Soupe du Roi », celle du mercredi 20 décembre 2006, qui aura pour tous nos amis « valeur » de « Soupe du Roi » de Noël, approche…

Noël 2004.
La crèche apportée par Anne-Lys

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Dans sa quatrième année !

La Soupe du Roi ne fut pas une toquade de quelques semaines, encore moins un feu de paille.
La Soupe du Roi fut, et est une volonté « farouche » de témoigner de la Charité. Par de là nos horizons divers, nos sensibilités propres et nos engagements politiques, nous sommes tous unis dans une volonté commune tournée vers le Roi du Ciel…

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Plus que jamais, Elle a besoin de nous tous…

La Soupe du Roi ne faiblit pas ! Le nombre de couverts à servir pour nos amis ne cesse d’augmenter. Certes, les grands froids ne pointent pas le bout de leurs nez gelés… Mais la chaleur de la soupe se conjugue avec la chaleur du cœur ! Un mercredi sur deux, sur le Parvis de la gare Montparnasse, face à la porte Océane… Les prochaines retrouvailles ? Mercredi 8 Novembre 2006, vers 19 heures !

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Soixante ? Et pourquoi pas quatre-vingt, comme les chasseurs…

Mercredi 19 octobre 2005, grande table était dressée à Montparnasse.
La Soupe du Roi fêtait sa rentrée. Et quelle rentrée !
Le compte-rendu de l’ami Paul se passe de commentaire.
Gageons que cette année nous offrira la grâce d’apporter un peu plus de nourritures terrestres et de chaleur à tous amis…

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L’ardeur n’a pas faibli à la Soupe du Roi du Mercredi 4 mai 2005

Que la présence des parapluies ne vous induise pas en erreur… Nous n’avons pas déménagé la Soupe du Roi à Cherbourg !
Nous pensions servir le dernier souper de la saison… Souper de Roi vous vous en doutez bien !
Saumon fumé pour la mise en bouche, daube provençale avec ses pommes de terre, fromage et charlotte aux fruits rouges...

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Que vous l’appeliez « sauté » ou « navarin » Qu’importe. Il était délicieux !

Encore une « Soupe du Roi » qui restera gravée dans nos mémoires.
Vite, quitter son travail et rejoindre notre petite équipe. Paul et Hugues s’affairent.
Le vent peut souffler, la pluie, nous jouer des tours : la bonne humeur a raison des vicissitudes. Paul, artiste aux fourneaux, avait cuisiné un sauté d’agneau des grands jours.
Nous étions tous là. Les absentes et les absents sont présents dans le cœur de chacun.
Malgré quelques tracasseries que Paul avait dû subir avant son départ pour rejoindre l’Esplanade de la gare de Montparnasse, tout s’est bien passé… Nous avons retrouvé bon nombre de nos fidèles amis.
Je laisse à l’Ami Paul le soin de vous conter la suite...

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Certes le temps est plus clément…

Mais ne nous y trompons pas. Ce n’est pas pour autant que nos amis « Nos Seigneurs les Pauvres » n’ont plus faim. Faîtes-vous partie de ceux qui cessent de passer à table dès les premiers beaux jours ?
La « Soupe du Roi » tient bon ! Nous ne refusons pas l’aide du ciel, mais nous nous rappelons aussi que « Aides-toi et le ciel t’aidera ! »
Chaque quinzaine un mercredi est jour de fête. C’est le mercredi de nos amis, c’est le nôtre et c’est aussi un peu le vôtre...

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Serons-nous encore là pour Pâques ?

C’est la question que nous pouvons nous poser après « la Soupe du Roi » du mercredi 12 janvier 2005.
En effet ce fut un succès. Les courriers électroniques s’entrecroisaient depuis plus d’une semaine. Les inventaires s’étoffaient.

Le jour tant attendu se profilait…
Et quel résultat !

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Nous avons été heureux de nous retrouver...

Paul était au rendez-vous. Nous n'en doutions pas ! Tous nos amis de "La Soupe du Roi" étaient présents. Etudiants du C.R.A.F, Manants et amis divers.
Nos amis "cabossés" de la vie nous attendaient...

"La Soupe du Roi" a dressé ses tréteaux les mercredis 17 novembre et 1er décembre 2004.

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Revue des matériels…

C’est le temps des préparatifs.
La clémence du thermomètre est trompeuse.
En prévision de la froidure, des soirées sombres et tristes, pensez à vous mobiliser pour nos amis les démunis et les cabossés de la vie:

Soutenez La SOUPE du ROI !

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La Soupe du Roi…

Nos jeunes et moins jeunes amis persévèrent. Histoire de nous réchauffer le cœur nous avons eu la visite d'un mousquetaire…Tout cela est bien, mais vous pouvez mieux faire.
Nous entendons "tenir" jusqu'au retour du printemps. Nous ne voulons pas décevoir nos amis les "cabossés de la vie". Ils "s'habituent" à nous, et il est vrai, nous à eux...

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Cinq sur Cinq !

Ils sont venus de loin. De Mantes, de La Frette et pour certains de plus loin encore.
Richard de Vendée, Philippe de Franche-Comté, qui étaient de passage à Paris, n'ont pas manqué de venir mettre la main à la pâte. Pour ce mercredi, la "pâte", c'était des lentilles, petit-salé et saucisses.
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Les beaux mercredis…

Nous vous avons relaté la belle action de jeunes royalistes le 21 janvier, en soirée, qui consistait en un service de repas chauds pour les "cabossés de la vie", dans le quartier de Montparnasse.
Il faut poursuivre...

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