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Peau neuve !

Mais le souci de notre langue française, lui, ne change pas...
L' « Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française » poursuit le développement de son site. Toujours au service du plus beau fleuron de notre patrimoine!

D'autres ordres sont venus et distillent chaque jour leur venin...
Hommage à Monsieur Hamel...

« M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide : qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clé de sa prison... »

Portons haut notre belle langue en partage...

Portemont, le 3 août 2009

« Mes enfants, c’est la dernière fois que je vous fais la classe. L’ordre est venu de Berlin de ne plus enseigner que l’allemand dans les écoles de l’Alsace et de la Lorraine. Le nouveau maître arrive demain. Aujourd’hui c’est votre dernière leçon de français. Je vous prie d’être bien attentif..."

C’est en l’honneur de cette dernière classe qu’il avait mis ses beaux habits du dimanche, et maintenant je comprenais pourquoi ces vieux du village étaient venus s’asseoir au bout de la salle. Cela semblait dire qu’ils regrettaient de ne pas y être venus plus souvent, à cette école. C’était aussi comme une façon de remercier notre maître de ses quarante ans de bons services, et de rendre leurs devoirs à la patrie qui s’en allait...

Alors, d’une chose à l’autre, M. Hamel se mit à nous parler de la langue française, disant que c’était la plus belle langue du monde, la plus claire, la plus solide : qu’il fallait la garder entre nous et ne jamais l’oublier, parce que, quand un peuple tombe esclave, tant qu’il tient bien sa langue, c’est comme s’il tenait la clé de sa prison... Puis, il prit une grammaire et nous lut notre leçon. J’étais étonné de voir comme je comprenais. Tout ce qu’il disait me semblait facile, facile. Je crois aussi que je n’avais jamais si bien écouté, et que lui non plus n’avait jamais autant mis de patience à ses explications. On aurait dit qu’avant de s’en aller le pauvre homme voulait nous donner tout son savoir, nous le faire entrer dans la tête d’un seul coup.

Tout à coup l’horloge de l’église sonna midi, puis l’angélus. Au même moment, les trompettes des Prussiens qui revenaient de l’exercice éclatèrent sous nos fenêtres... M. Hamel se leva tout pâle, dans sa chaire. Jamais il ne m’avait paru si grand.

"Mes amis, dit-il, mes amis, je ... je ..."

Mais quelque chose l’étouffait. Il ne pouvait pas achever sa phrase.

Alors, il se tourna vers le tableau, prit un morceau de craie, et, en appuyant de toutes ses forces, il écrivit aussi gros qu’il put : "VIVE LA FRANCE ! "

Alphonse Daudet, La dernière classe. Récit d’un petit Alsacien,
Contes du Lundi, 1873, A. Lemerre.

Visitez, faites connaître :

http://www.asselaf.fr/

Lire ou relire:

Près de vingt ans de combat...

Le 30 juin 2009

Contre le chaos sourd qui lézarde notre langue, guettant sa dernière soumission, contre la « machine d’unification linguistique anglo-américaine », nous rappelant que les langues ne sont pas des signes neutres de communication ; qu'elles véhiculent toujours une conception du monde et l’idéologie qui la soutient... L'Association pour la sauvegarde et l’expansion de la langue française, depuis près de vingt ans, conduit un combat exemplaire. Exemplaire et vital!

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