Lundi 01 Mai 2017
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Notre petite « dernière »...

Bien plus qu'un « objet de plaisir », un témoignage vivant de notre histoire et de nos racines...
Une « langue » aussi, avec son code, ses « couleurs »... De l’Héraldique! Notre petite « dernière » voit le jour grâce à l'initiative de Jean-Yves Pons, président de l'Institut Henri IV.
Qu'il en soit chaleureusement remercié... Une rubrique qui se limitera  volontairement à l’héraldique institutionnelle et territoriale...

Les métiers seront-ils oubliés?

Que nenni! Ils sont aussi avec leurs bannières ou blasons, de notre patrimoine

Portemont, le 20 février 2011

Encore un grand merci à Jean-Yves Pons.

Armoiries des serruriers...

HERALDIQUE

« L’héraldique objet de plaisir ? assurément Oui !
     Plaisir de l’œil par la beauté du dessin, plaisir de l’esprit
par l’efficacité du blasonnement, plaisir de la découverte des châteaux,
des églises, des tapisseries, des tableaux, des pièces d’orfèvrerie et d’argenterie dans lesquels des armoiries peuvent encore se voir.
     L’héraldique est moins que jamais une langue morte… »

     (Alain Texier, in Fidelis n° 1, septembre 2000.)

Cette tapisserie illustre le faste des armoiries du royaume de France (dont les Lys au centre de l'œuvre en sont le symbole). Le dessin est inspiré d'un carton de Pierre Josse Perrot, pour la manufacture des Gobelins au XVIIIe siècle.

Toute l’histoire de l’Europe, depuis l’aube du XIIème siècle, s’exprime dans les armoiries de ses Etats, de ses régions, de ses villes comme de ses familles, de ses grands (et moins grands) hommes. On ne peut visiter ses monuments, admirer ses œuvres d’art, consulter ses documents officiels ou privés, ses cartes anciennes, sans rencontrer des blasons dessinés, peints ou gravés dans la pierre qui nous renvoient à nos racines et à notre identité. Gérard de Nerval a d’ailleurs pu écrire à ce propos : « Le blason est la clef de l’histoire » (Angélique 1854).

Connaître ou reconnaître les armoiries, savoir les décrypter, les comprendre et les expliquer, reste aujourd’hui utile non seulement à l’historien mais aussi à toute personne de qualité qui s’intéresse à l’histoire de l’Occident.

C’est dans cet esprit et avec la volonté de le faire partager par les Manants du Roi et leurs amis que nous rédigerons cette chronique consacrée à l’héraldique. Mais nous limiterons volontairement notre propos à l’héraldique institutionnelle et territoriale à l’exclusion de l’héraldique des personnes et des familles (sauf pour ce qui pourrait concerner leurs liens avec les deux premiers aspects). En effet, notre objectif n’est pas ici de rechercher, d’authentifier ou  moins encore de composer des armoiries individuelles. Il existe pour cela, sur la toile, de nombreux sites voués à cette activité qui n’est pas la nôtre.

Pour exemple...

Armoiries « modernes » de la ville de Saumur

Jadis...

Cartouche portant la date de 1549- Chapelle de l'église Saint-Pierre-Saumur

Il n'y a donc aucun doute sur les premiers meubles et pièces composant le blason de Saumur. Les trois fleurs de lis des rois capétiens symbolisent la fidélité de la ville à la dynastie, manifestée sous Philippe-Auguste et saint Louis et surtout au temps de Charles VII et de Louis XI. Le mur crénelé se réfère a sa fonction de ville close et à l'étymologie traditionnelle de son nom à partir de « salvus murus ».

Charles d'Hozier, garde de l'Armorial général de France, enregistre ces armes à Paris le 24 juillet 1699. Il délivre le brevet ci-dessous, conservé à la B.M.S. (ms 62)
« Coupé d'azur sur gueules, à une fasce d'argent brochant sur le tout, crénelé de deux créneaux du même, maçonnée de sable, et accompagnée en chef de trois fleurs de lys d'or rangées, et en pointe de la lettre S, aussi d'or».
La fasce d'argent est simplement crénelée par deux merlons encadrés par des créneaux symétriques ; elle n'est donc pas «bretessée», c'est-à-dire, pourvue d'une évocation de mâchicoulis, comme dans plusieurs figurations antérieures. La devise n'est nulle part évoquée.

[…]

En 1831...
En août 1831, A. Degouy place le blason ci-contre en tête d'une affiche officielle. On remarque la disparition totale des trois fleurs de lis. Nous sommes au début de la Monarchie de Juillet ; les fleurs de lis sont considérées comme un symbole du légitimisme. A plusieurs reprises, on notera une pareille hésitation à leur sujet.

Belle devise d'une ville...

« Nos remparts bravent l'ennemi,
Nos bras triomphent des assauts »

Le 11 novembre 1948, le ministre de la Défense nationale, Paul Ramadier, décerne à Saumur la croix de Guerre avec palme. Fière de cette distinction, qu'elle partage avec 4 453 villes françaises et belges, dont Saint-Lambert-des-Levées, la cité fait graver la citation sur une plaque de marbre scellée sous le porche de l'hôtel de Ville. Désormais, cette marque de dignité figure sous l'écu et des palmes remplacent les anciens ornements de feuillages divers.

En 1985-1986, les édiles se préoccupent d'actualiser les armoiries. Ils s'adressent à des marchands d'héraldique et aboutissent à une nouvelle définition, dont trois versions différentes au moins sont rendues publiques

- La couronne murale est à quatre tours ouvertes.
- La devise, placée désormais en listel, est rectifiée.
- La fasce est bretessée et contre-bretessée à trois merlons (avec un anormal effet de relief à droite).
- Deux ornements ajoutés : des chevaux bridés servant de supports à l'écu ; des pampres de sinople, fruités d'or.
- Un autre changement important est à signaler : l'écu traditionnel était « d'azur » (l’émail du fond). Il devient « de gueules » (rouge), le chef d'azur étant posé dessus et n'atteignant pas les créneaux, comme dans toutes les déclinaisons antérieures.

Source: Lire l'intégralité :

http://saumur-jadis.pagesperso-orange.fr/methode/armoirie.htm

Il nous faudra nécessairement, en guise de préambule, exposer quelques définitions d’ordre général mais également quelques notions de vocabulaire et de syntaxe qui constituent la langue du blason dont Michel Pastoureau a pu dire : « Non seulement elle dit beaucoup avec peu, non seulement elle apparaît comme un code extrêmement élaboré, mais elle est celle qui se prête le mieux à la description des images, donnant toujours la priorité à la structure sur la forme. Elle est en outre dotée d’un grand pouvoir poétique et onirique… »  (1). Nous ne doutons pas que nos lecteurs en seront rapidement convaincus et qu’ils nous aideront, par leurs interventions, à favoriser le renouveau de l’héraldique.

Enfin, nous voudrions avant de nous lancer dans cette passionnante aventure, rendre hommage à nos Anciens, à nos maîtres, à ces hommes et femmes rares et cultivés qui furent des pionniers dans la renaissance de l’héraldique au cours du XX ème siècle face à la déculturation post-révolutionnaire et auxquels nous sommes immensément redevables. Nous citerons tout particulièrement notre ami le baron Hervé Pinoteau mais aussi Robert Louis et sa fille Mireille ainsi, bien sûr, que Michel Pastoureau et Michel Popoff. D’autres noms méritent d’être rappelés dans bien des domaines de l’héraldique et nous le ferons au fur et à mesure de notre cheminement.

La première définition qu’il est important de rappeler est celle du mot HERALDIQUE. Nous l’emprunterons à Michel Pastoureau (1) : « L’héraldique est la science qui a pour objet l’étude des armoiries ». Qu’entend-on alors par ARMOIRIES et BLASON ?

La meilleure définition des premières nous paraît être celle de Rémy Mathieu (2) :  ce sont « des emblèmes en couleur, propres à une famille, à une communauté ou, plus rarement, à un individu, et soumis, dans leur disposition et dans leur forme, à des règles spéciales qui son celles du blason. Servant le plus souvent de signe distinctif à des familles, à des groupes de personnes unies par les liens du sang, elles sont en général héréditaires. Les couleurs dont elles peuvent être peintes n’existent qu’en nombre limité. Enfin, elles sont presque toujours représentées sur un écu ».

Pour le second il nous faut dire d’emblée qu’il recouvre un important quiproquo. En effet, le BLASON est, à l’origine, la langue particulière (vocabulaire, syntaxe, coutumes  et règles) permettant de décrire les armoiries (Emmanuel de Boos –3-). Mais, au fil du temps et par extension, ce terme est devenu, en langage courant et pour le commun des mortels, synonyme d’armoiries. Pour la simplicité du discours nous conserverons dans certains cas cette acception moderne.

Alors, à tout seigneur tout honneur, il nous faut avant tout dire un mot de la France et de ses armoiries ! Mais pour cela, et avant de revenir sur le sujet chaque fois que nécessaire, il nous apparaît utile d’inviter nos lecteurs à se reporter à l’article que nous avons récemment publié sur le site des Manants du Roi et intitulé « La face volontairement cachée de l’identité de la France ». Ils y trouveront non seulement matière à réflexion mais aussi les arguments d’une Grande Cause nationale. Nous serions heureux qu’ils y souscrivent.

Jean-Yves Pons

1- Michel Pastoureau, Figures de l’héraldique, Ed. Découvertes Gallimard, Paris.

2- Rémy Mathieu, Le système héraldique français, Ed. J.B. Janin, Paris, 1946.

Feuilleter...

http://www.persee.fr/web/revues/home/prescript/article/bec_0373-6237_1946_num_106_2_460315_t1_0360_0000_2

3- Emmanuel de Boos, Dictionnaire du blason, Ed. Le Léopard d’or, Paris, 2001.

Lire ou relire :

 

Enfin un « cri » qui nous  réchauffe le cœur !

Le 1er janvier 2011

Il est lancé par  Jean-Yves Pons, Président de l’Institut Henri IV, et peut vous surprendre avant lecture : «… à vos armes citoyens ! » Si nous le reprenons volontiers, vous vous douterez bien qu’il cache une réalité d’importance… De « La face volontairement cachée de l’identité de la France »…

Et si nous levions le voile de cette identité cachée ? En accrochant à nos fenêtres, aux faîtes de nos toits, notre identité commune, notre appartenance au royaume ?
Simple comme bonjour !

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