Jeudi 22 Juin 2017
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De « la géographie intérieure d’un être »…

«…apprendre à ne pas vivre comme un conflit de sentiments les larmes versées pour la perte d’une vie humaine et celles qui coulent pour la perte d’une petite église ou d’un chef-d’œuvre »… Des grandes peines naissent parfois des réflexions que nous ne manquerons pas de défendre et de méditer ! L’Aquila dévastée ? Des vies brisées ? Des monuments et des œuvres d’art ensevelis sous les gravas ? Notre ami Karim Ouchikh, de retour de L’Aquila toujours en deuil, n’a pas manqué de peser tout le poids des propos que tenait Francesca Comencini… A méditer…

Et de l’importance du « Politique », indispensable cœur du Bien commun…

Portemont, le 3 octobre 2010

Les Abruzzes toujours en deuil…

« Songeant à l’effet dévastateur produit par le séisme du 9 avril 2009, qui a jeté à terre près de cinquante monuments historiques majeurs de la ville de L’Aquila, dont notamment son musée, le centre des archives, la cathédrale, le palais archiépiscopal, sans compter ses dix palais, ses vingt-trois églises et ses innombrables œuvres d’art qui ont été ensevelis sous les gravats, il me revient à la mémoire les heureux propos de la jeune réalisatrice de cinéma italienne, Francesca Comencini, recueillis par la quotidien La Croix, dans un reportage consacré le 16 juin 2009 aux travaux de restauration du patrimoine artistique et religieux des Abruzzes, entrepris au lendemain de la catastrophe : « Jamais dans ma vie, il ne me semble avoir aussi bien compris combien le périmètre d’un lieu, les proportions d’une place, la façade d’une église, la perspective d’une montagne vue d’une fenêtre sont nécessaires à l’âme. Combien la beauté simple et humble peut avoir un rôle aussi fondamental que l’alimentation ou le fait d’avoir un toit sur sa tête pour définir la géographie intérieure d’un être ». Relevant le lien manifeste qui existe entre « l’être humain, l’art, la nature et Dieu », la  fille du réalisateur Luigi Comencini soulignait avec justesse qu’il « est important d’apprendre à ne pas vivre comme un conflit de sentiments les larmes versées pour la perte d’une vie humaine et celles qui coulent pour la perte d’une petite église ou d’un chef-d’œuvre ».

Francesca Comencini

Au lendemain du tremblement de terre, ces propos ne prennent-ils pas tout leur sens ? Orphelins d’une ville aujourd’hui anéantie, les habitants de L’Aquila ne sont pas moins affectés en vérité par la perte d’une grande partie de leur patrimoine culturel qui les laisse désemparés, comme privés de l’âme de leur cité qui se serait désormais effacée.

Fort opportunément, Rome accueille ces jours-ci une belle exposition, présentée jusqu’au 5 septembre 2010 au musée du château Saint-Ange sous le titre « SOS ART dall’ ABRUZZO », qui nous donne à juger précisément de la richesse des collections d’œuvres d’art abritées jadis par les musées et églises de l’Aquila et de sa région. Placée sous le Haut patronage de la Présidence de la République italienne, cette manifestation fait découvrir au visiteur de nombreux objets mobiliers couvrant un large panorama historique, de l’Antiquité à la Renaissance, au nombre desquels certaines des œuvres qui ont pu être sauvées et mises à l’abri dans les heures qui ont suivi la catastrophe, grâce à l’intervention salutaire des forces de l’ordre italiennes : brûlés ou lacérés par endroits, quelques tableaux portent encore la trace émouvante de ces évènements tragiques….

Une exposition à visiter pour l’intérêt culturel qu’elle présente indéniablement autant que pour le sentiment de nostalgie qu’elle inspire assurément.

Karim Ouchikh

 

 

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