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2010 ? Une grande année… Une Saison russe !

Réaffirmer nos liens anciens et étroits avec la Russie. Des liens renforcés par des épreuves communes. Nous n’avons que de bonnes raisons pour faire de cette année une grande « saison » ! En douteriez-vous ? Notre ami Karim Ouchikh vous convaincra…

Nijinsky et Ravel au piano à l'époque de Daphnis et Chloé

Portemont, le 28 février 2010

Une Saison russe

Alors qu’elle persiste vainement à tourner un regard passionné en direction d’une Amérique parée de toutes les vertus, tout en s’entichant naïvement d’une Union Européenne qu’elle considère désormais comme sa Nouvelle Frontière, la France délaisse malencontreusement la Russie, avec laquelle pourtant elle partage à jamais un destin continental commun.

Unie par des liens étroits, dans le domaine privilégié de l’art et de l’esprit, jamais démentis au fil des siècles, même durant la funeste période soviétique, l’amitié franco-russe est justement célébrée à intervalles réguliers, à Paris comme à Moscou, en écho sans doute à cette très forte proximité qui a tant soudé nos deux pays, de 1892 à 1917, au sein d’une Alliance franco-russe qui a vu s’y intensifier une coopération tout à la fois économique, financière et militaire, avant que celle-ci, dans l’épreuve, ne se renforce, sous un autre visage, durant la Seconde Guerre mondiale.

Des aviateurs de la France libre combattant aux côtés des Soviétiques… Normandie-Niemen.


Pouchkine

En grande partie nourrie au XIXème siècle par la littérature, de Pouchkine à Tourguéniev, ce voisinage, si puissant en matière culturelle, atteignit son apogée en France au début du siècle dernier, avec les Saisons des Ballets russes.

Tourgueniev

En 1909, Serge Diaghilev lance au Théâtre du Châtelet la première saison de ballets, d’une facture en tout point inédite, conçus primitivement en Russie.

Serge Diaghilev

A la tête de la compagnie des Ballets russes qu’il vient de fonder, il produira à Paris pas moins de dix neuf saisons de spectacles jusqu’en 1929, année de sa mort.
 
Plus que jamais sensibles au rayonnement d’une culture slave idéalisée, dans une France toujours bercée par les songes orientalisants d’un empire colonial qui semblait ne jamais devoir disparaître, les esprits ne pouvaient alors qu’être réceptifs au caractère profondément novateur, que d’aucuns qualifieront d’avant-garde, de l’apport de Serge Diaghilev à l’art chorégraphique moderne.

Vera et Michel Fokine, "Shaherezade"


Vaslav Nijinsky

De fait, l’enthousiasme des Parisiens ne se démentira pas pour un cycle artistique qui a su renouveler en profondeur, avec l’audace d’un Michel Fokine, Vaslav Nijinsky ou d’un George Balanchine, la chorégraphie des ballets classiques, en même temps que s’y épanouiront les talents des décorateurs et créateurs de costumes, Léon Bakst, Alexandre Benois ou de peintres, tels Picasso, Braque ou Matisse.

Le sorcier – L’Oiseau de Feu- Léon Bakst


Etude de costume pour Nijinsky – Iskender dans «  La Péri ou la Fleur d’Immortalité »

Ressuscitant auprès d’un public avide de nouveautés, un genre musical jusqu’alors plutôt délaissé, les Saisons des Ballets russes favoriseront également la rencontre, en tout point extraordinaire, d’une nouvelle génération de compositeurs, à l’inventivité à nul autre pareil et qui, en vingt ans, y donneront, souvent sous la baguette captivante du légendaire Pierre Monteux, la création d’œuvres musicales marquantes, fondatrices d’un nouvel âge de la musique classique : Igor Stravinski, avec  « Petrouchka, l’Oiseau de Feu » ou « le Sacre du Printemps », Maurice Ravel avec « Daphnis et Chloé »,  Manuel de Falla avec « Le Tricorne » ou bien Francis Poulenc, avec « Les Biches », s’y côtoieront dans une belle et féconde effervescence intellectuelle !

Pierre Monteux

*

En 2010, la France et la Russie se sont données rendez-vous, à nouveau !

Avec l’Année de la Russie en France et de la France en Russie, nos deux pays ont décidé d’honorer et de perpétuer cet héritage commun, en le cultivant de la plus belle des manières, à la faveur de manifestations culturelles qui s’annoncent passionnantes.
Alors que viennent de s’achever, avec les quatre ballets qui furent données dans leur chorégraphie d’origine par l’Opéra national de Paris, en décembre 2009, en hommage à l’extraordinaire aventure des Ballets russes, la BNF présente à la Bibliothèque-musée de l’Opéra, située dans l’enceinte du Palais Garnier, jusqu’au 23 mai 2010, une centaine d’œuvres qui fait la part belle aux figures de Serge Diaghilev et de Vaslav Nijinsky, dans le cadre d’une remarquable exposition, sobrement intitulée « Les Ballets russes ».

De cet hommage qui est partout consacré au Centenaire des Ballets russes, le monde de l’édition ne pouvait y rester étranger.

Les beaux livres abondent et, parmi ceux-ci, citons dans l’immédiat le catalogue de l’exposition, qui s’est tenue l’été dernier à Nice, « Serge Diaghilev et les Ballets russes », réalisé par John E.Bowlt, Zelfira Tregulova et Nathalie Rosticher Giordano (éditions Skira), ou celui, intitulé « Les Ballets russes », lié à l’exposition, précitée, organisée à l’Opéra national de Paris (éditions Gourcuff Gradenigo), ou enfin, sur un plan plus technique, l’ouvrage collectif réalisé sous la direction notamment d’Alston Purvis, « Les Ballets russes, Arts et design » (éditions Hazan).

Dans le même ordre d’idées, les curieux ne manqueront pas de se rendre acquéreurs, avant qu’il ne soit épuisé, du hors série publié par la revue « Danser » qui consacre un récent numéro spécial, en tout point indispensable, aux Ballets russes.

Entre autres études passionnantes, on y apprend, notamment, que la création en 1913 par Igor Stravinski au Théâtre des Champs-Elysées du sulfureux « Sacre du Printemps », ballet sous titré « Tableaux de la Russie païenne », doit moins à l’expression musicale violente d’une inspiration géniale du compositeur qui serait liée, comme chacun est fondé à le croire depuis toujours, à la représentation d’un rituel slave, archaïque et barbare, en réalité largement inventée, qu’à une reprise, quasi servile, de la trame d’un ballet romantique, à l’époque passé de mode en France mais toujours en vogue en Russie en ce début de XXème siècle, composé sur un livret de Théophile Gautier : Giselle, ballet fantastique créé en 1841 par le compositeur français Adolphe Adam. Une mystification géniale, en somme, qui, cependant, ne retire rien au caractère visionnaire de cette œuvre, à la puissance toute tellurique !

A lire donc absolument, en contrepoint au film de Jan Kounen, « Coco Chanel et Igor Stravinski »,  actuellement à l’affiche dans les salles de cinéma, depuis le 30 décembre 2009, fiction dans laquelle le cinéaste français porte à l’écran, en dehors de toute vraisemblance historique, l’improbable passion amoureuse entre le célèbre compositeur et la styliste anticonformiste…. 

*

Le coup d’envoi de cette Année croisée de la Russie en France et de la France en Russie, qui sera émaillée, à Paris comme en province, de très nombreuses manifestations culturelles, toutes disciplines artistiques confondues, sera donné en mars 2010 par une importante exposition au Louvre qui retracera près de mille ans de l’histoire russe, « Sainte Russie - L’Art en Russie des origines à Pierre le Grand ». A ne manquer sous aucun prétexte !

Parmi les manifestations qui s’annoncent tout autant prometteuses, signalons les expositions qui se tiendront à Nice, au Musée Matisse, du 18 juin au 27 septembre, « Lydia Delectorskaya, muse et modèle de Matisse » ;

Lydia Delectorskaya. Anémones et robe violette-1937

à Paris, au Musée de la Vie Romantique, du 28 septembre au 16 janvier 2011, « Le génie romantique russe à l’époque de Gogol et de Pouchkine - Trésors de la Galerie Trétiakov, Moscou » ; ou enfin à Lyon, au Musée de Fourvière, du 30 septembre au 2 janvier 2011, « Oural, terre de ferveur : collections du Musée des Beaux-Arts de Perm ».
Comme un bonheur n’arrive jamais seul, on gardera à l’esprit l’heureuse coïncidence que la Providence nous offre en cette année 2010 : l’Année croisée franco-russe n’épouse-t-elle pas malicieusement le Centenaire de la mort de Léon Tolstoï qui, là encore, donnera lieu, dans nos deux pays, à compter de novembre 2010, à de nombreuses commémorations et manifestations culturelles données en l’honneur de l’auteur de l’emblématique Guerre et paix ?

Léon Tolstoï

*

Contingent à l’actuelle célébration entre la France et la Russie d’une année 2010, toute entière consacrée à l’approfondissement et à la promotion d’une amitié séculaire, cet agenda indicatif ne donne qu’un aperçu très partiel des nombreuses manifestations et rencontres officielles organisées, essentiellement dans un registre culturel, par deux Etats qui, au demeurant, se devraient, sans plus tarder, de manifester dans les faits leur commune détermination à imprimer à cet élan littéraire et artistique une traduction politique et économique et ainsi se donner résolument à l’avenir les moyens de peser réellement dans le concert des Nations, en Europe plus qu’ailleurs.

Chacun d’entre nous demain pourra être appelé, selon ses dispositions, à prolonger et à consolider cette amitié à l’endroit de la Russie, la culture restant le moyen le plus simple d’y parvenir, avant tout bien sûr en étudiant son admirable littérature, si foisonnante, ou en s’initiant à sa musique classique, d’une rare élévation d’âme, mais aussi et surtout en partant à la découverte de ses nombreux lieux de vie et de mémoire que la France accueille, de longue date,  en tout point de son territoire.

Saint-Alexandre Nevski-Paris

Passées les festivités de l’année 2010, il restera en effet à quiconque le désire maintes circonstances d’accéder en France à la connaissance du fait russe et, parmi ces occasions, pourquoi ne pas s’y livrer, dès à présent, en se rendant en l’église Saint-Alexandre Nevski à Paris ou à la cathédrale Saint-Nicolas de Nice, qui donnent à voir les beautés de la liturgie orthodoxe, en visitant le Centre Culturel Russe en France, situé dans la capitale, ou le Musée Ivan Tourguéniev à Bougival, qui autorisent pareillement tous les émerveillements culturels, ou enfin en allant se recueillir à la nécropole de Saint-Hilaire-le-Grand qui abrite, dans la Marne,

les dépouilles des soldats russes tombés sur le sol français lors de la Première Guerre mondiale ou au cimetière russe de Sainte-Geneviève-des-Bois, lieux qui, l’un comme l’autre, nous rappellent que l’amitié franco-russe s’est accomplie également sur les champs de bataille et qu’elle a survécu en France à la révolution bolchévique grâce au dynamisme d’une communauté de russes blancs déterminés à ne pas disparaître dans les tumultes de l’Histoire ?

*

Par delà les vicissitudes institutionnelles de l’Histoire éprouvées par chacun de nos deux grands pays, de l’Ancien Régime à la République Française, de l’Empire tsariste à la Fédération de Russie, la France et la Russie continuent à écrire ensemble une même histoire, empreinte d’une commune amitié, sincèrement partagée par nos deux peuples.

On prête au général de Gaulle le propos suivant : « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ».

Marquée historiquement du sceau de la lucidité, s’agissant des ressorts qui rendent compte incontestablement des rapports de force qui agissent au sein des relations interétatiques, cette affirmation serait-elle pleinement opposable, au fond, à la si solide et si singulière amitié franco-russe ?

Karim Ouchikh
3 janvier 2010


« Lydia Delectorskaya, muse et modèle de Matisse »
Cette exposition a pour ambition de faire connaître les différents aspects de la vie et de l'œuvre d'une femme d'exception, Lydia Delectorskaya, qui fut le modèle, l'aide d'atelier et la secrétaire de Matisse durant les vingt dernières années de la vie du peintre.

Du 28 février – 30 mai
Musée Matisse, Le Cateau-Cambrésis

« Le génie romantique russe à l’époque de Gogol et Pouchkine – Trésors de la Galerie Trétiakov, Moscou »

Du 28 septembre 2010 – 16 janvier 2011
Musée de la Vie romantique, Paris
Cette exposition rassemble une centaine de peintures, sculptures et objets d’art représentatifs de la richesse du Romantisme en Russie sous le règne d’Alexandre Ier (1777-1825) et évoquant, par des oeuvres majeures des musées de Moscou et de Saint-Pétersbourg, les deux figures tutélaires du génie russe littéraire : Pouchkine et Gogol.
Au Louvre, à Paris
Du 05-03-2010 au 24-05-2010

« Sainte Russie »

Les saints Boris et Gleb- Novgorod, milieu du XIVe siècle.

« L'art russe, des origines à Pierre le Grand »
Dans le cadre de l'année France-Russie, cette exposition exceptionnelle consacrée à l'art russe ancien offre aux regards l’histoire de la Russie chrétienne, du IXe au XVIIIe siècle.


Moscou… le Musée Pouchkine

Depuis le 1er août 2006,  la Galerie d’art moderne occidental du musée Pouchkine, condamnée par Staline en 1948, a rouvert ses portes. Les visiteurs peuvent admirer, dans cette dépendance de l'institution moscovite, les œuvres des grands peintres des 19e et 20e siècles, notamment les impressionnistes français autrefois bannis par le dictateur qui les considérait trop
« bourgeois ». Ce sont plus de 400 tableaux qui sont désormais exposés au grand public, avec des salles entières consacrées à Matisse, Gauguin ou Cézanne. Parmi les tableaux jamais admirés, « La Danseuse » de Degas et « Portrait de Femme » de Matisse.

La collection française du Musée National des Beaux-Arts Pouchkine compte plus de 700 œuvres. Elle est composée de toiles provenant de différentes collections dont certaines avaient commencé à se former au XVIIIe siècle, époque où la langue et la culture françaises occupaient une place très importante dans la vie de la noblesse russe. L’impératrice Catherine la Grande elle-même collectionnait avec passion la peinture française, en suivant les conseils du grand connaisseur des arts qu’était Denis Diderot. Son exemple fut suivi par d’illustres représentants de l’aristocratie russe: les Youssoupov, Golytsine, Chouvalov. L’étape suivante dans l’histoire du collectionnement de l’art français est liée au milieu de marchands cultivés. La célèbre collection de Serguei Trétiakov, qui s’intéressait surtout à l’art des maîtres de l’Ecole de Barbizon, a particulièrement enrichi cette partie des fonds du Musée. La base de la collection de la peinture française de la deuxième moitié du XIXe - du XXe siècle a été constituée grâce à l’enthousiasme de Sergueï Chtchoukine et d’Ivan Morozov, qui achetaient des œuvres d’artistes français d’avant-garde de cette époque. Serguei Chtchoukine s’offrait avec une passion toute particulière des tableaux de Claude Monet, Paul Gauguin, Henri Matisse, Pablo Picasso; Ivan Morozov préférait les toiles d’Auguste Renoir, Camille Pissarro, Alfred Sisley, Paul Cézanne, Maurice Denis. De la collection de Chtchoukine, on verra à l’exposition le "Portrait du docteur Rey" de Van Gogh, "Les fruits", "Eh quoi! Tu es jalouse?" et les "Tahitiens dans la pièce (Jour de repos)" de Paul Gauguin, la "Dame à l’éventail" et "Le violon" de Picasso; de la collection de Morozov - "Au café à Arles" de Paul Gauguin, "La Grenouillère" et le "Portrait de l’actrice Jeanne Samary" d’Auguste Renoir, "Les baigneurs" et "L’homme à la pipe" de Paul Cézanne, la "Gelée à Louveciennes" et le "Jardin d’Hoschedé. Montgeron" d’Alfred Sisley.

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