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Nous ne rivaliserons pas avec le Grand Molière… Beaucoup de bruit se fait autour d’ Europe… Et pourtant ! Pierre Jeanthon, président de France royaliste, tend attentivement l’oreille…

Le G8 2007 à Heiligendamm.

Des coups de menton, des « rouleurs » de mécaniques, des postures… et toujours le sourire béat, de rigueur sur les photos de famille…
Mais, in fine, l’Europe n’est que la voix du silence… Il ne faut pas fâcher !
Merci à Pierre Jeanthon

Portemont, le 18 juillet 2007

Europe, la voix du silence.

            Vendredi 8 juin 2007, fin du sommet des Pays du G8 auquel participaient les représentants de quatre pays européens et qui, à l'initiative d'A. Merkel alors présidente de l'UE se tenait à Heiligedamm, ville européenne…bref une rencontre sous le signe de l'Europe.
            Photo de famille avec le sourire béat d'une "large identité de vue" et communiqué final :

  1. Afrique : dès que possible on débloquera 60 milliards $ pour enrayer le sida, on portera à 50 milliards l'aide publique…à l'horizon 2010, ce qui ne laisse pas de temps pour réfléchir à l'annulation d'une nouvelle tranche de la dette.
  2. OMC ; engagement de principe pour libéraliser le commerce mondial.
  3. Environnement : "les émissions doivent cesser d'augmenter et ensuite être réduites de façon substantielle"…ah mais! "tous les pays émetteurs se sont mis d'accord pour réduire de 50%..." d'ici 2050 ; on a le temps de voir.
  4. Politique monétaire ; "hedge funds" et parité…rien à dire, on botte en touche en attendant les travaux du FMI et de la Banque Mondiale qui se tiendront à Washington en octobre.

      Dans les semaines qui précédaient les autorités européennes avaient pourtant laissé entendre qu'elles avaient fort à dire sur le premier et le dernier chapitre.
      Soyons indulgents en ce qui concerne l'Afrique en considérant la participation de l'UE à l'aide publique qui dépasse 50% du total mondial et des récentes prises de position de Bruxelles vis-à-vis de la façon peu scrupuleuse dont la Chine colonise ce continent.
      Venues d'Asie, restent les questions monétaires.
      Après une inflation négative en 2005, un pic haussier à +0,3% en 2006, le prix du panier de la ménagère japonaise baissait à nouveau de 0,1% en avril dernier. En conséquence la Banque du Japon laisse inchangé son taux directeur à 0,5%...valeur dix fois inférieure à celles pratiquées par ses collègues occidentaux.
      Ce qui permet aux investisseurs de se livrer à une pratique aussi lucrative qu'inutile pour le reste de l'humanité : le "carry trade" qui consiste à emprunter des yens (à des taux très bas) et de les réinvestir sur des monnaies plus rémunératrices, puisque liées à des taux élevés.
      D’où une surévaluation des monnaies concernées (avec les effets bien connus sur le commerce extérieur) et un accroissement des liquidités disponibles sans contre partie réelle.
      Simultanément la BCE justifie sa politique de resserrement monétaire par crainte que trop d'argent en circulation engendre une poussée inflationniste.
      Le "carry trade" allant à l'encontre de la stratégie de Francfort on pouvait s'attendre à ce que l'UE, avec toutes les réserves diplomatiques d'usage, demande au Japon de revoir son taux de base bancaire à la hausse.
      Eh bien pas du tout, silence ! Parce que dans l'intervalle Washington a fait savoir qu'il est hors de propos d'indisposer son allié asiatique.
      Les 12 et 13 juin le Sénat américain déclare insupportable l'ampleur du déficit commercial avec la Chine (232 milliards $ sur 2006) et apostrophe l'exécutif pour qu'il prenne des mesures de rétorsion efficaces à l'encontre de Pékin.
      Selon les sénateurs ce déficit serait du à un yuan artificiellement sous évalué de 20 à 40%, motif suffisant pour accuser la Chine de manipulation monétaire.
      Aux mêmes dates P. Mandelson (chargé des relations commerciales de l'UE) et Bo Xilai (ministre chinois du Commerce extérieur) se rencontraient à Bruxelles pour tenter "d'identifier des solutions concrètes visant à rééquilibrer les échanges commerciaux déficitaires" pour l'Europe de 128,2 milliards $ en 2006.
      Les discussions portèrent principalement sur :

  1. les pratiques chinoises discriminatoires ; par exemple l'obligation pour s'implanter en Chine de créer des co-entreprises avec des sociétés chinoises d’où un transfert de technologie qui alimente la contrefaçon.
  2. Le textile habillement : quelle sera l'attitude de Pékin à partir de janvier 2008 lorsque les quotas d'importations négociées en 2005 auront pris fin ?

      En revanche Monsieur P. Mandelson n'a pas jugé utile d'aborder la parité du yuan.
      Sachant que les têtes pensantes bruxelloises raisonnent à court terme, il m'arrive de songer qu'à leurs yeux myopes les importations chinoises à bas coûts entrent dans leur stratégie de lutte contre l'inflation.
      Toutefois quand elles ont la prétention de présenter l'euro comme un pilier majeur de la construction européenne elles devraient au moins être capables d'afficher une politique monétaire commune et indépendante.
      Pour cela bien sur il faut plus de compétence et de courage que pour s'en prendre aux nitrates bretons, aux statuts des notaires et du PMU…Silence, on va fâcher !

Pierre Jeanthon

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