Vendredi 18 Août 2017

Jusqu'à plus soif?

Ou jusqu'à ce que mort s'en suive? Le Traité de Lisbonne (à nouveau) en ligne de mire... Ne pas baisser les bras.
Un nouveau combat s’annonce, qui sera non moins décisif pour l’indépendance et la souveraineté de notre pays... Par Karim Ouchikh...

Portemont, le 5 novembre 2010

Le Traité de Lisbonne (à nouveau) en ligne de mire

Que doit-on penser du pacte scellé le 18 octobre 2010 à Deauville entre Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ?

Ne pas s’en alarmer serait assurément irresponsable. En prévoyant explicitement la suspension des droits de vote des Etats membres de la zone euro en cas de « violation grave » du pacte de stabilité (déficit budgétaire et dette inférieurs à 3% et 60 % du PIB), l’accord franco-allemand amorce un cran supplémentaire dans la discipline budgétaire de fer que Berlin entend imposer uniformément à l’ensemble des membres de l’Union européenne d’ici 2013, avec la complicité active des institutions européennes.

Certes, pour l’heure, Berlin a dû renoncer tactiquement à son exigence initiale, pourtant réclamée à l’unisson par Jean-claude Trichet, président de la BCE, et par les milieux d’affaires allemands, d’imposer automatiquement ces sanctions aux Etats coupables de ne pas s’attaquer pareillement à leurs déficits excessifs ou à leurs niveaux de dette trop élevés.

Pour autant, le constat accablant doit être aussitôt dressé : à l’égard des Etats présumés fautifs, Bruxelles disposera de la faculté de leur enjoindre, à la majorité du Conseil de ministres de Finances, l’obligation punitive de procéder à des dépôts bancaires qui auront tôt fait, le moment venu, de se transformer en amendes si les Etats intéressés ne corrigent pas leurs copies dans un délai de six mois !

Dans l’implacable rapport de forces qui, ces dernières années, se joue à Bruxelles à l’avantage manifeste d’une Allemagne puissante et décomplexée, Berlin parie lucidement, en s’appuyant déjà en vérité sur les soutiens traditionnels des Pays-Bas, du Luxembourg et des pays scandinaves, sur son incontestable capacité à dégager demain des majorités propres à imposer l’orthodoxie financière de sa politique, à l’égard de partenaires européens qu’elle se propose plus que jamais de placer sous sa dépendance économique autant que sous sa tutelle politique.

Si ce nouveau tour de vis devait être confirmé par le Conseil européen, lors du sommet de Bruxelles des 28 et 29 octobre 2010, il impliquerait toutefois la modification du traité de Lisbonne qui interdit aujourd’hui le renflouement financier d’un Etat, à quoi s’oppose précisément l’accord de Deauville qui prévoit sur ce point un dispositif permanent de résolution des crises de la zone euro.

La révision du traité de Lisbonne envisagée par la France et l’Allemagne pourrait ainsi intervenir par voie d’amendements, lesquels seraient ratifiés par les Vingt-sept dès 2011, simultanément à l’adoption du traité d’adhésion de la Croatie à l’Union européenne.

Si le Royaume-Uni, soucieux de préserver la stabilité financière de la zone euro, en écho aux préoccupations depuis toujours entretenues sur cette question par la City de Londres, n’exclut pas de prêter main-forte à l’Allemagne et à la France, dès lors qu’il échapperait aux sanctions et au mécanisme de sauvetage de la zone euro, les Pays-Bas et l’Irlande manifestent en revanche leurs semblables hésitations à mener, de leurs côtés, une réforme partielle du Traité de Lisbonne qui impliquerait une ratification référendaire dont l’issue serait, précédents à l’appui, des plus incertaines.

Nul ne doute, en France, que Nicolas Sarkozy évitera de s’en remettre au jugement salutaire de nos compatriotes et qu’il adoptera une fois de plus, pour esquiver prudemment le sort des urnes, la voie de la ratification parlementaire.

Sa partition convenue, qui sera alors savamment orchestrée sur le thème soporifique de la « réforme simplifiée », ne surprendra à ce moment personne : la modification du Traité de Lisbonne sera à ce point cosmétique, nous dira-t-on, qu’il ne serait pas raisonnable dès lors de déranger les Français pour ratifier des amendements d’aussi faible portée pour la vie quotidienne de chacun….

Gageons ainsi que tout sera fait pour passer demain sous silence les enjeux d’un débat dont chacun mesure dès maintenant la gravité des conséquences pour l’avenir de la France.

En somme, avec la révision du pacte de stabilité abordée sous l’angle d’un sévère durcissement de la discipline budgétaire qui sera bientôt imposée aux Etats de l’Union européenne, nos compatriotes ne doivent être dépossédés en rien d’une réforme qui est appelée sous peu à être gravée dans le marbre du Traité de Lisbonne.

Au lendemain de l’adoption à Bruxelles, dans la plus grande opacité, d’un mécanisme de contrôle préalable des budgets nationaux par une Commission inflexible qui, de surcroît, s’applique sans faillir à doter l’Union européenne d’une rigoureuse autonomie financière, par l’institution inédite d’un prochain impôt européen, les Français doivent disposer en définitive du droit d’exprimer leur profonde hostilité au renforcement méthodique, mais nullement irrésistible, du gouvernement économique de Bruxelles qui, pour l’heure, s’organise jour après jour sous nos yeux, en dehors de toute légitimité démocratique.

Une mobilisation de nos compatriotes doit naître et s’intensifier ces tous prochains mois pour exiger du chef de l’Etat l’organisation pressante sur cette question d’un référendum. Dans le sillage des luttes menées hier pour faire échec à la ratification du funeste Traité de Lisbonne, un nouveau combat s’annonce de la sorte, qui sera non moins décisif pour l’indépendance et la souveraineté de notre pays.

Cette fois-ci, les Français ne doivent pas manquer leur cible.

Karim Ouchikh
Vice-président du R.I.F
24 octobre 2010

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