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Pas d'accord sur le fond, ni sur la manière...

Sans prétrendre à l'infaillibilité, notre ami Dominique Daguet s'exprime sur les prochaines élections européennes. Reconquérir notre identité chaque un jour toujours plus confisquée...

De la confiance nécessaire... De la légitimité aussi...

Contre le monstre politique qui étend ses tentacules...

Pour une res publica authentique...

Merci Dominique Daguet!

Portemont, le 1er juin 2009

Elections européennes : pourquoi je voterai « incorrectement »
aux élections européennes

Pour voter en faveur d’une personne comme pour une institution ou une construction politique, il faut la présence d’un ingrédient très particulier : la confiance. Or cette confiance manque cruellement sur le plateau qui nous est présenté. Nous avons voté d’une façon qui a déplu en Haut-lieu, alors que le dit Haut-lieu se devait de n’avoir aucun état d’âme : un vote doit être respecté absolument, même s’il déplaît. Si l’on cherche, comme cela a été fait, à contourner le résultat, à faire comme si ce résultat n’avait pas été ce qu’il fut, on s’expose à ce qui advient aujourd’hui : l’abstention. Aucun électeur ne devrait supporter que l’on méprise son vote au point de n’en pas tenir compte.

Là-dessus survient l’événement irlandais : le peuple irlandais vote non, comme l’avait fait le peuple français. Le même mépris accueille ce résultat, au point que ledit peuple doit revoter avec menaces bien spécifiées si par hasard il osait contrarier une nouvelle fois les têtes pensantes de l’Européanisation de nos nations. Têtes qui toutes avancent le cou tordu vers les Etats-Unis.
Il faut convenir que de tels événements ne sont pas particulièrement porteurs de confiance : en tout cas la mienne s’est éclipsée discrètement et ne sera de retour que lorsque des preuves suffisantes auront été données du retour à un strict respect de la légalité républicaine.

Mais il y a d’autres raisons qui ne me feront pas accorder mon blanc-seing aux présentateurs de ce qu’il convient de nommer « Constitution de Lisbonne » et non « Traité simplifié ». Ce dernier mot d’ailleurs fait sourire sinistrement quand on a pris la peine de regarder ce que cache la complexité savante de cette prétendue simplicité.

La première de ces raisons est que n’est pas clairement expliqué ce qui a été concédé de la souveraineté nationale de la France aux Institutions européennes – j’entends expliquée sans chausse-trappes dialectiques dans le discours, sans reports de certains détails au milieu de paragraphes difficiles à découvrir, sans recourir à des formules alambiquées dont on ne saisit le sens qu’après avoir consulté tel ou dictionnaire rarement en possession du citoyen moyen…
La deuxième est que n’est pas clairement expliqué ce qui reste à concéder de cette même souveraineté : l’obscurité règne ici plus que la lumière…

La troisième est que n’est pas expliqué du tout ce que l’on entend par subsidiarité, c’est-à-dire ce qui restera d’autonomie à la France une fois que la construction européenne sera achevée. Coupé-je les cheveux en quatre sur la tête de messieurs les européistes qui nous concoctent ce passage d’un statut d’indépendance à un « statut de soumis » (ou de « dhimmi » peut-être ?) à leur religion centralisatrice, comme si les Jacobins n’avaient fait que de bonnes œuvres les dernières années du XVIIIe siècle… ?

Pour le lecteur, j’indique que la « dhimma » en pays musulman est un statut islamique dit de protection qui est accordé aux minorités chrétienne et juive : il leur vaut de n’être pas complètement réduits à la situation d’esclave. C’est ainsi que les chrétiens coptes en Egypte sont aujourd’hui obligés de supprimer leurs porcs – une des sources principales de survie pour nombre d’entre eux – à cause de la grippe A, abusivement déclarée porcine, alors qu’il n’y a pas eu un seul cas reconnu en Egypte… Le statut de dhimmi nous a été infligé par l’Union européenne qui a en somme déclaré notre vote nul et non avenu. A quand un second collège électoral pour ceux qui ne battront pas des mains à chaque décision des institutions européennes ?

Il y a une quatrième raison qui fait que je ne saute pas de joie en voyant ce que devient l’Europe. Nous en sommes à 500 millions d’habitants : je connais des européistes qui souhaitent très vivement, pour ne pas dire violemment, que l’on aille encore plus loin et que l’on en arrive le plus tôt possible à près de 700 millions. De tels monstres ne sont que des empires : ingouvernables démocratiquement (voyez la Chine), ce qui signifie qu’à terme l’Europe sera constamment contraintes – bien entendu avec des larmes dans la voix et des excuses tremblotantes – de recourir à des modes de fonctionnement présentant maints caractères de totalitarisme : je ne fais ici aucune prophétie, puisque c’est déjà bien souvent le cas.

Une cinquième raison qu’on trouvera toute naturelle sous ma plume : l’Europe est engagée dans une anglo-saxonnisation radicale de notre environnement culturel. Certes, nos industriels et nos gros commerçants, qui ont en général la vue courte, trouvent cela épatant : quand on voit la FNAC lancer un « marketplace » on se sent tellement mieux que si cela avait reçu une dénomination en français (il est vrai que les « Fnactieux » ne savent probablement pas que c’est possible) : mais je sais que la mort programmée de nos langues – hormis l’anglaise, « of course » – à échéance de quatre ou cinq décennies ne pourra être perçue que comme un cataclysme de civilisation dont nous ne sortirons que quelques siècles plus tard. L’exemple de la fin de l’empire romain devrait être médité par nos gouvernants.

Enfin une sixième raison – qui nécessite le recours à la prophétie – doit être présentée. Bien entendu les empires sont mortels plus encore que les nations : ces dernières tiennent sur des jambes relativement solides, c’est-à-dire justement une conscience existentielle. Un empire se constitue soit à partir d’ambitions qui ne sont pas partagées par tout le monde soit autour d’intérêts qui ne sont le fait que de quelques-uns : mais disposant tous de moyens qui ne sont pas ceux de tous… Ainsi, les haut-gradés de la finance comme ceux de l’occultisme associatif visent depuis longtemps l’instauration d’un gouvernement mondial : l’Europe qu’on nous fabrique n’en est que le marche-pied, ou l’avant-garde. C’est ce qu’on appelle vulgairement faire des enfants dans le dos des électeurs. Mais un gouvernement mondial sera fatalement – ce fatalement ne se discute que si l’on n’a pas réfléchi à ce que sera ce gouvernement vers lequel la planète des singes qui décident pour nous court à toutes jambes – sera donc fatalement totalitaire : sans doute avec une douceur d’autant plus hypocrite qu’elle sera, par nécessité pratique, très ferme.

D’où la prophétie : l’apparition, inévitable, de guerres que l’on dira alors civiles et qui n’auront d’autre but que la reconquête des identités confisquées.
Voilà pourquoi je ne veux pas aider en quoi que ce soit, et surtout pas par mon vote, à l’organisation de ce monstre politique. J’ai une autre conception de l’unité européenne qu’il nous faut : une Europe où la subsidiarité des nations serait définie clairement et ne ressemblerait pas à un ramasse-miettes.

Dominique Daguet

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