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« Nostalgia! Nostalgia! Nostalgia! Con pesar... »

Les jeunes espagnols n'en peuvent mais... Confrontés à la crise l'Espagne ne dispose plus comme bien d'autres pays asservis par l' « euro », de l'outil, du levier, - certains disent de l'arme... - monétaire... La monnaie unique provoque bien des désastres... Et les jeunes espagnols de regretter leurs pesetas...

Les temps sont bien difficiles pour le royaume d'Espagne...

Portemont, le 4 mai 2009

« Avec la grave détérioration de la situation économique que connaît le pays, la peseta fait son retour en force en Espagne. Dans les esprits comme dans les portefeuilles. Les nostalgiques se souviennent qu'en 1993, lors de la dernière crise, il avait suffi au gouvernement de l'époque de dévaluer par trois fois la monnaie nationale pour retrouver une certaine compétitivité sur la scène internationale. Certes, la médecine avait été rude à avaler mais la guérison avait été rapide. Aujourd'hui, alors que l'arme de la dévaluation n'est plus disponible, adoption de l'euro oblige, la récession promet d'être longue et difficile. Le pays s'achemine, lentement mais sûrement, vers les 4 millions de demandeurs d'emploi avec déjà plus de 800.000 foyers dont tous les membres sont en quête de travail et 1 million de chômeurs ne touchant plus de prestations. Autant dire que les fins de mois sont difficiles pour beaucoup.

Aussi, sept ans après s'être convertis à la monnaie commune européenne, les Espagnols en sont réduits à fouiller leurs fonds de tiroirs pour récupérer les derniers billets et pièces de ce qui fut la devise nationale pendant plus d'un siècle pour les changer auprès de la Banque d'Espagne. Et la pêche est plutôt bonne. Sur le seul mois de décembre, 575 millions de pesetas sont ainsi réapparus pour se transformer en 3,46 millions d'euros. A fin 2008, il resterait encore 945 millions de pesetas dans les bas de laine. Pendant les fêtes, l'association des commerçants d'un quartier d'Almeria, en Andalousie, a rétabli avec succès l'usage de l'ancienne monnaie, recueillant près de 4 millions de pesetas, soit 241.000 euros. Les clients sont venus de tout le pays pour dépenser leurs pesetas dont certaines datant de la République et de l'époque de la guerre civile, obligeant la Banque d'Espagne à se pencher sur leur validité !

Paradoxalement, les jeunes sont ceux qui regrettent le plus la peseta. Selon une enquête réalisée récemment pour le journal « El Mundo », 35,5 % des 18-29 ans seraient favorables à son rétablissement, contre 26,6 % pour la moyenne nationale. Oubliant les effets positifs apportés par la monnaie commune, notamment sur le taux d'intérêt de leurs crédits, la quasi-totalité (96,7 %) des Espagnols, dont les deux tiers continuent de penser en pesetas, accusent, aujourd'hui, l'euro de tous les maux dont celui d'avoir été à l'origine de la flambée des prix ces dernières années.

GILLES SENGÈS (À MADRID), en date du 9 mars 2009 « Les Echos »

 

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