Jeudi 14 Décembre 2017
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La « Bienpensance » ne manque pas de contradictions et d’incohérence…

Notre frère d’arme Bernard Lhôte n’a pas son pareil pour les débusquer. L’écologie érigée en statue du Commandeur devrait prendre garde… L’arroseur arrosé est un grand classique !
Les appelés « Au banc des accusés » ne sont pas ceux qu’on croit…Et une belle occasion pour marteler tous les maux qui nous proviennent des Lumières. Mais ne croyez pas l’ami Bernard impitoyable. Il déborde de bons sens. C’est sa nature ; « Royale nature » s’entend !

Royale nature…

Portemont, le 1er décembre 2010

Au banc des accusés

Les coups portés à l'écosystème sont des crimes contre-nature, doublement, car contre la nature et contre le genre humain, puisqu'ils attentent aux conditions de son bien-être et de sa survie.
Albert Jacquard, généticien et philosophe, conclu ainsi sans détour un article du 14 Septembre dans Libération: « Sauver la planète est un mot d'ordre qui se trompe de cible...Il nous faut dans l'immédiat sauver l'Humanité! »

Or, si l'Humanité est à sauver, c'est qu'elle est menacée de mort. Une telle menace n'est ni plus ni moins qu'un crime contre l'Humanité.
Qui dit crime, dit criminel, au singulier ou au pluriel. Quel est-il? Ou, quels sont-ils?
Le judéo-christianisme pardi !

Ce galeux d'où viennent, dirait-on, tous les maux! Tel est le chef d'accusation énoncé par nombre d'écologistes.
Cette parole de la Bible (Genèse l, 28): « Emplissez la terre et soumettez-la, dominez sur les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et tous les animaux ».Pour être raide, certes, cette injonction divine l'est, raide!
De la à entendre: allez-y gaiement, soumettez, matez, tuez, il n'y aurait qu'un pas, si on ne lit pas la suite du grand récit: « Dieu prit l'homme et l'établit dans le jardin d'Eden pour le cultiver et le garder (Gen.2, 15)

Pieter Brueghel Le Jeune (1564-1636) - Le Paradis Terrestre (Musée des Beaux-Arts de Besançon).

Le garder et le cultiver pas n'importe comment, pas exploiter tous les arbres, pas piller le jardin, le ravager, le désertifier. Sinon, plus d'Eden. Quel qu'en soit l'origine, d'une sublime inspiration de toutes façons, 1a Bible n'accorde pas l'autorisation de faire n'importe quoi de la nature. Elle pose des limites. D'ailleurs ne fallut-il pas plusieurs millénaires pour que se déclarât la guerre totale à la biosphère? Incriminer le très Ancien Testament à propos de méfaits historiquement récents est irrecevable. Ce d'autant plus que la chrétienté ne manque pas -Dieu sait!- de longueur de pensée et de profondeur d'enracinement. Par exemple, exemplaire, ses légions de moines n'ont jamais, au grand jamais dévasté les terres qu'elles travaillaient. Défricher, essarter, drainer, labourer,
Oui ! Transformer les éléments environnementaux, oui ! mais en tenant savamment, sagement, compte de la nature des choses.
A la suite de la Bible, la chrétienté établit une distinction radicale entre notre espèce et les autres: toutefois un pieux respect envers le Créateur s'étendait à son œuvre et freinait la tentation de la bouleverser au seul gré de l'homme.
En outre et mieux encore, s'il est un message qui ne puisse être accusé d'inciter au productivisme et à la surconsommation, c'est bien le message évangélique! Qualifier le christ « d'écolo », comme un temps il fut dit « socialo », serait déplacé. Par contre il suffit de le citer pour réduire à néant les accusations « cathophobiques »: « Vous ne pouvez servir Dieu et l'argent. Aussi je vous le dis, soyez sans inquiétude sur la nourriture, pour votre vie, et sur le vêtement pour votre corps...Regardez les oiseaux du ciel, ils ne sèment pas, ils ne moissonnent pas, ils n'amassent pas dans des greniers, et votre Père céleste les nourrit...Quant, au vêtement, pourquoi vous en inquiéter? Considérez les lys des champs, voyez comme ils croissent sans travailler ni filer. Je vous le dis pourtant, Salomon dans toute sa gloire n'a pas été vêtu comme l'un d'entre eux ». (Mathieu 6,1-18)

Il est contradictoire de reprocher, d'une part, à la culture catholique sa méfiance envers l'argent et, d'autre part, d'être cause de la transformation de tout en valeurs financières. Il est contradictoire, pour ne pas dire  intellectuellement malhonnête, de reprocher à l'Église romaine d'être incurablement hostile au Progrès et d'être responsable, et coupable des aberrations criminelles commises par les fanatiques du dit Progrès.
Le procès instruit à l'encontre du « judéo-christianisme » (entendre le catholicisme essentiellement) par des écologistes, souvent ardents militants de 1a laïcité (pourtant, longtemps scientiste) tient davantage de 1a polémique que de 1a connaissance et de la raison. Un non-lieu s'impose.

Sur le même banc des accusés pour crime d'anti-écologie, donc crime contre l'Humanité, oh ! surprise, spectacle paradoxal, « les Lumières » côtoient son ennemi juré, l'obscurantiste Religion…

Désormais, prenons-en acte, les contempteurs des « Lumières » ne sont plus seulement quelques vils suppôts de la réaction qui leur en veulent d'avoir abattu le trône et ébranlé l'autel, mais aussi des écologistes d'obédiences diverses.
Quelles sont les accusations?
D'avoir rompu les liens entre l'homme et 1a nature, de l'avoir désacralisée, réduite à l'état de choses à exploiter sans merci, d'avoir fait du monde une machine et une marchandise. Les Lumières seraient coupables de matérialisme, d'anthropocentrisme, de scientisme, de productivisme (communiste et capitaliste), de « technofrénésie », de consumérisme.
Descartes, éclaireur à l'avant-garde des encyclopédistes, est clair et net:il convient d'instaurer « au lieu d'une philosophie spéculative enseignée dans les écoles, une philosophie pratique par laquelle connaissant la force et les actions du feu, de l'eau, de l'air, des astres et de tous les autres corps qui nous environnent...nous les pourrions employer à tous les usages auxquels i1s'ont propres, ainsi nous rendre comme maîtres et possesseurs de la nature ».
Se voulant encore chrétien Descartes se contentait de reléguer Dieu à 1'origine de la « machine-monde », en attendant que ses héritiers pensent à s'en passer. Dieu est escamoté, la nature chosifiée, restait l'Humanité, espèce suprême, promis au plus fabuleux destin, à l’image et à la ressemblance de ses inventeurs, les hommes des  « Lumières ». Fichtre! Rien que ça!
Faut oser s'autoproclamer tel! Appellation symptomatique d'une image de soi des plus avantageuses. Aussi l'anthropocentrisme de leur humanisme n'étonne pas.
L'anthropocentrisme est à l'espèce humaine ce que 1'égocentrisme est à l’individu. L'égocentrique ramène tout à lui. Centre du monde, comme le petit enfant, tout lui est dû. Il prend toute la place partout,  «  pousse-toi-de-là-que-je-m'y-mette ». Ce qui est à toi est à moi. Tout  est à moi.
J'entasse donc je suis. Je casse, donc je suis, le plus fort. Le mec plus ultra!
L'Humanité atteinte d'anthropocentrisme pense et réagit de même, infantilement comme on le voit. Infantiles les immenses barrages précaires, infantile le culte de la vitesse, infantile, régression au stade oral, la compulsion d'achat, encore plus infantile régression au stade anal, la gigantesque mondiale production de déchets.

Infantile ou sénile grabataire une société qui chie dans son lit! Car c'est chier dans son lit que de polluer ainsi son lieu de vie, la Terre.
A la rupture avec l'espace naturel, s'ajoute une rupture avec l'espace temporel. L'homme des Lumières méprise le passé, à l'exception d'une antiquité gréco-latine exaltée en proportion d'une vision simpliste et caricaturale des siècles médiévaux. Le rejet méprisant de la tradition va de pair avec le culte béat du Progrès. Incontestablement des Lumières proviennent la divinisation de la Modernité, Vache sacrée qui allaite de tabous et de transes postmodernes ses fidèles, pourtant athées, laïques, obligatoirement libérés. L'homme issu des Lumières se veut adulte et libre.
Comment se fait-il qu'il n'y ait jamais eu autant de réglementations?

Incontestablement, matérialisme, scientisme, progressisme niais, et autres facteurs anti-écologiques, procèdent des Lumières, avec leurs méfaits, leurs dégâts, mais aussi...des progrès. Qui voudrait se faire arracher une dent gâtée en public, sur le Pont-neuf, à la tenaille?

Aussi faut-il, afin de ne pas s'égarer, bien distinguer l'apport intellectuel des Lumières et les opinions, les idéologies de ceux et celles qui s'en réclamaient et s'en réclament
L'apport intellectuel, c'est d'abord la méthode scientifique. Ne rien admettre sans vérification par l'observation des faits, émettre des hypothèses, les soumettre à l'expérimentation, déduire avec rigueur, raisonner avec objectivité. Excellente discipline à appliquer, enfin, réellement, complètement. Ce n'est pas le cas.

L'indépendance de la pensée, mâtinée d'insolence, la culture « encyclopédique », le brio, l'élégance de l'esprit et du style des auteurs du XVIIIe siècle constituent également des trésors.

En revanche les opinions, fussent-ils d'esprits géniaux, de Diderot, de Voltaire, de Condorcet, ne sont pas indiscutables, ne serait-ce qu'au nom du sens critique qui leur était cher, mais qu'il ne pratiquaient guère à leur propre égard. Implacables envers le passé, les « éclairés » perdent leur lucidité envers l'avenir qu'ils magnifient à la mesure de leur autosatisfaction.

La lecture des philosophes

Ne se veulent-ils pas les démiurges de l'Homme tout beau tout nouveau d'une Ere toute nouvelle toute belle?! L'aveugle confiance en la Science et en le Progrès, le scientisme, le progressisme béat, ils en sont en partie responsables donc en partie responsables des menaces actuelles.

Cependant, des Lumières gardons l'éclairage. Au fond, ce n'est pas d'un excès de Science dont pâtissent les conditions de notre survie, mais d'une carence. Science et précipitation sont incompatibles. La « Môôôôdernité », cette agitée, commet d'incessants péchés contre 1'esprit scientifique.

Si cette folle le respectait, il n'y aurait pas de danger. Un exemp1e récent: ce n'est pas scientifique de forer un puits de pétrole dans les profondeurs océaniques sans maîtrise à 100% des opérations.
L'écologie, qui est d'abord une science, et aussi une sagesse,  pourra-t-elle rappeler à la rigueur scientifique et à la raison une Humanité qu'enivrent ses propres inventions?

Bernard Lhôte

 

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La Terre Bleue
de Klein

Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie chez les Manants du Roi ? Parce que le développement durable est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance à l'origine du pouvoir.

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