Vendredi 28 Avril 2017
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Une belle « disputatio » en perspective!

Convenons que le mot est vilain: écologie... bien pire encore « écologisme ». Comme bien des mots en « isme »... Ce qui fut de tout temps un rapport mesuré et sain de l'homme à la nature, tempéré autant que nécessaire par des autorités qui en d'autres temps étaient authentiquement « politique », a eu besoin d'être renommé... Et, exception française, chez nous tout doit devenir « parti ». Autrement dit, comme toujours, les bonnes intentions pavent l'autoroute qui nous conduit aux portes de l'Enfer... Mais que l'horizon soit sombre ou le ciel dégagé, notre frère d'armes Bernard Lhôte garde le cap. Il nous incite à éviter bien des pièges... « L'écologie au pilori »...

Portemont, le 23 novembre 2010

L'écologie au pilori

« Anti-progressisme », « archaïsme », « pétainisme », « anti-humanisme », « fondamentalisme », « naturalisme », « paganisme », « nazisme », « gauchisme », « romantisme », « anarchisme », « baba-coulisme », « catastrophisme »... les accusations pleuvent en rafales sur l'écologie et les écologistes.
Elle et ils dérangent. Elle surtout. Des écologistes, on s'en arrange...

Depuis le temps qu'ils s'agitent, ils font partie du paysage comme les grèves de la S.N.C.F.
Leurs cris d'alarme ne troubleraient plus la fête de l'Empire du Bien et ses banquets de la Grande Bouffe si des catastrophes n'y faisaient bruyamment écho, marées noires, boues rouges, vaches folles, fonte des glaciers, ouragans. . .
Comme il est impossible de nier ces faits - à l'exception du « Gros Niais »-  ceux que 1'écologie dérange s'en prennent à l'écologisme des écologistes.
Qu'est-ce que l' « écologisme »? Toutes les accusations susdites, des plus contradictoires... Lesquelles contradictions sont révélatrices de l'affolement devant des phénomènes dénonciateurs d'aberrations aussi évidentes qu'escamotées. Il était évident qu'à effectuer des forages à des profondeurs abyssales les risques de fuite seraient surmultipliés. Ce n'est qu'un exemple. Toutefois, dans l'Empire du Bien et de l'Hygiène -incurable, les marées noires font tache.
A forcer l'annonce des catastrophes, ne serait-ce pas les « zécolos » qui les déclenchent? Ne seraient-ils pas un peu « nazis » par hasard?
Bové en gardien de camp de la mort, Mamére gestapiste, Cochet waffen SS, après tout ce n'est pas plus difficile que de croire Luc Ferry philosophe.

Il serait le seul à concevoir une relation étroite entre nazisme et écologisme, il n'y aurait pas lieu de s'attarder; mais reprise par un esprit aussi sérieux que Gérard Leclerc, dans « Royaliste » (n° 604), elle mérite attention:  « Le national-socialisme a été à sa manière une sorte de religion de la  nature et l'on retrouve dans la plupart de ses thèmes idéologiques de troublantes ressemblances avec l'écologie profonde: panthéisme, confiances aveugles dans les lois de la nature, sacralisation de la vie, fascination pour 1'animalité ».
« A sa manière », oui, mais justement tout est dans la manière. A sa manière Victor Hugo fut panthéiste, comme beaucoup d'autres romantiques. A leurs manières maintes sociétés païennes le furent aussi. Pratiquer des cultes animistes, sacraliser la nature ne font ni des esquimaux, ni des papous, des nazis.
Non plus que « l'humanisme de l'occident » ne fait des occidentaux des anges.
Faut-il rappeler que le nazisme, né au sein de notre civilisation industrielle, urbaine, démocratique, et non au fin fond de la païenne nature amazonienne, est occidental?
Il se référait volontiers à la mythologie germanique très « schwarzwald- forces magiques », Nibelungen, Siegfried et compagnies.
Des rois de France se voulurent descendants de héros troyens. Les jeux « vidéo » sont dopés à coups de mythes archéo-cosmiques. Nazisme? Fascinés par 1'animalité, les nazis l'étaient encore davantage par les autoroutes dont ils furent (après Mussolini) 1es promoteurs. Méfions-nous des autoroutes! Il serait juste de reconnaître que les écologistes n'y sont pas favorables. Anti-nazisme?

Avec ce procédé de rapprochements forcés, on démontre qu'Hitler étant végétarien, les végétariens sont hitlériens.
Amalgame pour amalgame ce procès fait aux écologistes profonds ressemble, à sa manière, à la manière stalinienne des procès de Moscou. L'honnête homme qu'est Gérard Leclerc dût s'apercevoir qu'il poussait trop loin, hors-jeu, le bouchon: « Sans doute serait-il odieux d'assimiler les mouvements et les militants de la nature au nazisme et à ses monstruosités ».
Merci pour eux, pour moi, mais l'odieux message est passé et sa correction ne l'efface pas, au contraire (Le « sans doute », le conditionnel, serait-il laisse à penser… Mais sans doute serait-il odieux de prêter cette pensée à son auteur.

En l'occurrence, lorsqu'il s'agit de condamnation de ce type, un royaliste devrait se montrer prudent et avisé. Le royalisme n'a-t-il pas grièvement souffert d'être assimilé lui aussi au fascisme, ou nazisme?
L'accusation d'anti-humanisme, quoique moins odieuse, est de la même veine.
Il est exact que les écologistes profonds s'en prennent à l'anthropocentrisme, « d'où vient tout le mal», et que certains confondent anthropocentrisme et humanisme. Au moins ont-ils l'excuse que cette confusion soit également et souvent, commise par les « fondamentalistes humanistes ».

Pourtant ceux-ci devraient savoir que l'anthropocentrisme est à l'humanité ce que l'égocentrisme est à l'individu. L'égocentrique ramène tout à lui, s'accorde tous les droits, tous les biens, s'approprie sans limite ceux d'autrui, se prend pour le centre du monde; bien plus que cela, comme le petit enfant,il croit le monde qui l'entoure être créé pour lui seul , à son entière tyrannique disposition.
Idem l'anthropocentrisme! C'est cet infantilisme collectif qui insuffle à l'homme l' « hubris », la démesure, ce souci des Hellènes et de G. Leclerc (Royaliste n° 953). Entre ce numéro et le 604, sa pensée a évoluée. Témoin cette citation: « ... la démesure d'une science prométhéenne qui a voulu percer les secrets de l'univers, une technologie déchaînée qui a cherché à asservir 1a nature et une économie mondialisée, sous le double visage du capitalisme et du socialisme, dont les flux incessants d'échange ont privilégié le prix des choses au détriment de la dignité des hommes »
De qui ces dénonciations de l'asservissement de la nature, d'une science prométhéenne, d'une société livrée à un système économique anti-humaniste?
D'un écologiste fondamentaliste? De Jean-François Mattéi, approuvé par G. Leclerc.

Dans leur ensemble les écologistes ne disent pas autre chose.
« pétainisme », «gauchisme »? Ces stigmatisations ne manquent pas du sel de la contradiction. Tout de go, la première, le pétainisme est ridicule et ignarde. Ridicule à force d'être flanquée à tout ce qui déplait à la Bien-pensance. Ignarde parce que le rapport entre l'écologie et le « retour à la terre » recommandé par Pétain est fondé sur l'ignorance de plus en plus généralisée sur cette période. Le retour à la terre durant l'occupation correspondait à une nécessité vitale: nourrir les Français!

Ce dont les amnésiques partisans du Devoir de Mémoire se foutent comme de l'an 40. Le « retour à 1a campagne » d'écolos des années 70 correspondait à un rejet de la société de la Grande-Bouffe. Ça n'a donc rien à voir du tout.
Gauchisme? Par contre, il y a du vrai. Les partis écologistes en vue se réclament d’une gauche pure et dure. Amusante « galipette » de l'Histoire: longtemps la gauche pure et dure, laïque et obligatoire,fut le plus puissant vecteur du scientisme le plus impérieux au service d'une foi aveuglante en un Progrès matérialiste, rationaliste, « industrialiste » sans laquelle pas de salut. En somme tout ce que critiquent les écologistes.
Radeaux de sauvetage de rescapés, plus ou moins éclopés, des naufrages du communisme, du P.S.U, de la mouvance soixante-huitarde, les naufragés ont pris en main les gouvernails des Verts et « d'Euro-Ecologie ».

Anti-capitalistes, ils trouvent dans l'écologie un bon moyen de le combattre. Bon moyen en ceci que le capitalisme actuel- mué en « financiarisation » -, radical et total, est effectivement l'ennemi N°1 de la conservation optimale de notre habitation, la planète.
Les pressantes exigences écologiques pourront peut-être affaiblir, tailler des croupières, qui sait, abattre cet ennemi? Qui, ne l'oublions pas, nous est historiquement aussi un ennemi.
Mais la réputation de gauchisme nuit à l'image de l'écologie. Elle indispose, braque des gens contre celle-ci. Un peu comme l'extrême droite peut nuire à la Nation, le gauchisme nuit à l'écologie. Par conséquent il est important qu'elle soit défendue par d'autres, autrement, par des royalistes notamment.
L'accusation de catastrophisme est mineure. Elle se retire d'elle-même au fur et à mesure qu'adviennent les catastrophes annoncées.

En revanche l'européisme des partis verts devient de plus en plus aberrant au fur et à mesure que l'ultralibéralisme anti-écologique de l'U.E se manifeste sans vergogne. Croire que cet ultralibéralisme est circonstanciel est erroné. Il est fondateur et principal fédérateur.
Autres reproches aux verts, leur adhésion automatique à tous les gadgets de mœurs, pourtant en conformité avec la société de consommation.

Est regrettable aussi une certaine maladresse tactique. A supposer qu'ils aient raison d'être anti-chasseur et pro-loup (un sacré chasseur!), ils ont tort d'insister là-dessus. Se mettre à dos ces habitants de la nature, les bergers, se faire d'alliés naturels des adversaires, chapeau la perspicacité!

D'autres reproches? Ne serait-ce pas aussi à nous de nous en adresser?
Qu'on fait les royalistes pour attirer la sympathie d'écologistes? Avons-nous saisi l'intérêt de l'écologie pour l'humanité, en général et la royauté en particulier? Avons-nous compris qu'un régime « bio » rendrait au royalisme une verdeur dont il a besoin?
C'est tout à l'honneur de ce site de l'avoir compris, inspiré sans doute par les mânes de La Varende et de ses « manants ».

Bernard Lhôte

à suivre...

Les « extrêmes » ?

Sans rire…

DECLARATION DES DROITS DE LA TERRE ET DES ESPECES

http://terresacree.org/ecoguerr.htm

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La Terre Bleue
de Klein

Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie chez les Manants du Roi ? Parce que le développement durable est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance à l'origine du pouvoir.

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