Mardi 19 Septembre 2017
Politique en France
|
Politique à l'Etranger | Moeurs Economiques | Nos Provinces | Quelle Société ! | Ecologie

 

Il y eut « La femme est l’avenir de l’homme »…

Et un gentil accompagnateur des goulags affirmait que le poète a toujours raison…
Pour sauver la croissance, Monsieur Borloo, poète à sa façon, en appelle à la croissance verte, avenir de notre économie
Pierre Jeanthon, sans dénigrer les réflexions du ministre, procède à quelques rappels salutaires…

http://cartoonfey.blogspot.com/2008/04/coup-de-pompe.html

La France a tenté à plusieurs reprises de voir la vie en « rose ». Nous vous épargnerons les bilans, attendu que les bilans de ses adversaires adeptes de la vie en « bleu » désespèrent tout autant la France.

Redonner des couleurs à la France ? Miser sur le « vert » !

Pierre Jeanthon remet les pendules à l’heure et nous retrace la brève histoire de l’Europe des biocarburants…Nous rappelle aussi la vérité de l’économie du temps long…

Portemont, le 10 décembre 2008

L'Europe des biocarburants

Avant propos
Mardi 24 janvier 2006 ; les ministres des Finances des Vingt Cinq se retrouvent à Bruxelles ; présent dans tous les esprits, le souvenir de la récente crise du gaz entre Kiev et Moscou conforte la proposition de T. Breton en faveur d'une "politique énergétique européenne commune".
Environ 80% de l'énergie consommés dans l'U.E proviennent de la combustion de matières fossiles (charbon, pétrole, gaz) d’où émissions de C02 (dont 20% sont imputables aux transports) et dépendance des importations d'hydrocarbures (actuellement de 50% mais prévues à 70% vers 2030 en raison de l'épuisement des réserves de la Mer du Nord).

A partir de ces chiffres M. Fischer Boel, ministre européenne de l'Agriculture, conclut à l'urgence d'une plus large utilisation des biocarburants : de 1,4% en 2005 à 2% au plus vite et 5,75% en 2010…les dés sont jetés.

Fischer Boel

Jeudi 22 mai 2008 ; quelques six semaines après le début de "la révolte du pain", la F.A.O intervient au siège de l'ONU en proposant le gel immédiat des investissements et subventions en matière de biocarburants…on reprend les dés ?
Par avance nous remercions nos amis de garder en mémoire que quelques jours après les premières émeutes de la faim, toutes les grandes organisations mondialistes (Banque Mondiale, FMI, ONU, G8…) se déclarent prises de court : "on ne pouvait pas prévoir…"A vous de juger.

Première partie– 2006, l'Union Européenne se met au vert

- Les biocarburants :
Dans le sud ouest de la France on presse déjà le tournesol et le colza pour obtenir une huile directement utilisable dans les tracteurs : 3 kg de tournesol donnent 2 kg de tourteau et 1 litre d'huile au prix de 0,45 à 0,50 € strictement réservé à la ferme.
Selon les types de motorisation les biocarburants se répartissent :
Moteur à essence : les dérivés d'alcool dont le bioéthanol obtenu par fermentation à partir de betterave, maïs, blé…

Moteur diesel : huiles estérifiées tirées du colza et du tournesol.

Carte de SAIPOL/ Diester Industrie

Dans tous les cas il s'agit de transformer du carbone en carburant ; alors que le taux de récupération des atomes de carbone atteint 80% pour le pétrole, il n'est que de 20% pour les produits agricoles utilisés dans l'élaboration des biocarburants.
Le carbone est présent dans les trois tissus de la plante :
- la cellulose (44%) dont la molécule de glucose se transforme aisément en éthanol par voie biologique (fermentation)
- l'hémicellulose (30%) dont il est difficile d'extraire le carbone
- la lignine (26%) uniquement dégradable par combustion ou selon des procédés physico-chimiques.
Afin d'améliorer le "rendement carbone" des biocarburants dits de première génération qui utilisent uniquement la cellulose des plantes vivrières, la recherche scientifique s'oriente vers ceux de seconde génération issus de la récupération du carbone des 3 tissus végétaux soit par un process physico biochimique soit par digestion à l'aide de micro-organismes (enzymes).
Les Etats-Unis explorent une troisième voie : grâce aux travaux sur les OGM, on sait créer des variétés plus riches en cellulose.
Le prix de revient des biocarburants de seconde génération étant 30 à 50% plus élevé que celui de l'éthanol produit par simple fermentation de solutions de glucose (betterave, canne à sucre, maïs) tous les industriels concernés planchent pour optimiser leurs process.

§Pour l'éthanol on s'oriente vers l'utilisation de bois tendres à croissance rapide ; une unité expérimentale installée en Suède produit 200 l d'éthanol à partir d'une tonne de bois sec broyé en farine.
Celle-ci subit une hydrolyse enzymatique qui transforme la cellulose en molécules de sucre avant fermentation classique ; dès que l'on aura trouvé les enzymes capables d'attaquer l'hémicellulose la production passera à 300 l d'éthanol par tonne de bois.
La lignine, toujours intouchable, est utilisée dans des cogénérateurs qui assurent l'autonomie énergétique de l'installation.

§Pour le biodiesel, en raison de la spécificité de son parc automobile, seule l'Europe développe une filière thermochimique dans une unité expérimentale allemande unique pour une production de 4 à 500 l/jour :

  1. Torréfaction des végétaux (agricoles ou résidus forestiers)
  2. Craquage par pyrolyse (800 à 1400°c à vitesse contrôlée
  3. Oxydation pour obtenir un gaz de synthèse (CO, H2) qui après passage sur un catalyseur se recompose en diesel.

Ce procédé permet une utilisation quasi-totale de la plante, mais étant très gourmand en énergie, il ne serait rentable que dans le cadre d'une très grosse installation (de la taille d'une raffinerie) pour un coût d'environ 1 milliard €.
Le grand défi des biocarburants de seconde génération sera de répondre à l'interrogation suivante : à partir des nouvelles plantes actuellement testées, quelle masse de matière sera t-il possible de récolter sans nuire à l'environnement par une utilisation intempestive d'engrais, de pesticides et d'eau.
Parmi ces nouvelles cultures, notons :

  • le miscanthus, canne exotique d'Asie, elle permet des rendements très élevés (15 à 20 tonnes/ha) et on lui connaît peu de ravageurs ; en revanche elle présente un risque de dissémination des rhizomes, d’où la nécessité de cultiver une variété OGM stérile

Miscanthus

  • le sorgho fourrager, graminée résistante à la sécheresse

Sorgho fourrager. feuillage très proche de celui du maïs

  • la triticale, hybride seigle-blé

Triticale

  • les arbres à bois tendre : le saule déjà expérimenté en Suède depuis une vingtaine d'années et le peuplier testé en France.

Peupleraie

Comme chacun sait, le progrès est source de bonheur et c'est avec une confiance béate que l'Agence Européenne pour l'Environnement estime qu'en 2030 l'UE produira, sans nuisance écologique, annuellement 300 millions de tonnes équivalent pétrole (M.tep) selon la répartition :

  1. agriculture classique                             100 M. tep
  2. résidus forestiers                                    22 M. tep
  3. déchets ménagers et industriels             100 M  tep
  4. nouvelles cultures agricoles                     78 M. tep

Et la planète en sera d'autant plus préservée que rouler aux biocarburants permettra, selon les chiffres de l'Agence Internationale de l'Energie, de réduire les émissions de CO2 dans les proportions suivantes :

  1. éthanol produit sur maïs  13%, sur canne à sucre 90%, sur betterave 50%
  2. biodiesel produit sur colza 50%

- Biocarburants et politique :
En février 2006, suite à l'intervention de Th. Breton et à la proposition de M. Fisher Boel, la Commission de Bruxelles décide la rédaction du "livre vert de l'énergie" dont le chapitre "biocarburant" devra :

  1. informer les agriculteurs et les forestiers
  2. lutter contre l'inertie des industriels (constructeurs auto et pétroliers) qui traînent les pieds.

Le chef-d'œuvre sort début mars et précise le programme de travail :

  1. Unité d'expression des diverses instances de l'Union qui devront parler "d'une seule voix, même avec la Russie" !
  2. Intégration : création d'un marché unique du gaz et de l'électricité
  3. Solidarité : repenser les stocks de sécurité pour les hydrocarbures
  4. Durabilité : assurer la transition vers une économie à faible émission de gaz à effet de serre par une utilisation accrue des énergies renouvelables (solaire, éoliennes, biocarburants…)
  5. Efficacité : améliorer le rendement de l'énergie consommée en édictant des normes  d'efficacité énergétique
  6. Innovation : créer un Institut Européen de Technologie chargé de la mise au point de procédés à faible émission de carbone.

Au printemps la France trace sa "feuille de route" nationale : les biocarburants couvriront 10% de la consommation des véhicules en 2015 (à l'époque Bruxelles demandait 8%).
La production de bioéthanol, 100 000 t en 2005, devra atteindre au plus vite à 900 000 t, ce qui justifie les investissements déjà engagés (1 milliard €).
Fin mai, Matignon donne le feu vert à l'E 85, mélange à 85% d'éthanol et 15% d'essence :

  1. le bioéthanol sera fabriqué et commercialisé par Ethanol Union, structure associant Cristal Union (dont nous traiterons ultérieurement) et d'autres coopératives plus modestes
  2. les pétroliers font de la résistance, de sorte que l'assemblage "éthanol-essence" est confié à Siplec; filiale du groupe Leclerc ravi de l'aubaine
  3. le mélange bénéficiera d'une TIPP allégée de 0,33 €/litre.

La fiscalité applicable aux biocarburants fera l'objet de nombreux débats en marge desquels nous avons retenu celui relatif aux chaudières à graines, elles-mêmes subventionnées :

  1. les carburants sont une recette fiscale pour l'Etat, les taxes représentent environ             80% du prix à la pompe
  2. la production céréalière est une dépense pour l'Etat par le jeu des subventions
  3. le pouvoir calorifique de 2,5 t de blé équivaut à celui de 1000 l de fuel
  4. en 2006, un céréalier dépensera 220 € pour 2,5 t de blé contre 500 € pour 1000 l de         fuel
  5. conclusion : vive le chauffage au blé ! 

Les agriculteurs qui, en raison des dispositions défendues par l'OMC, s'attendaient à une baisse de leurs revenus, accueillent favorablement le "livre vert" puisque l'augmentation des cultures industrielles compensera la réduction de celles destinées à l'alimentation

Pourtant, dès juin 2006…les premiers doutes :

  • quelle sera la pérennité des subventions fiscales (0,33 €/l pour l'E 85 et 0,25 €/l pour le biodiesel)
  • est-il possible que l'UE puisse combler son retard technologique sur le Brésil et les Etats-Unis afin d'éviter les importations de biocarburants ?

N. Jaquet, président de l'Organisation des producteurs de blé est encore plus incisif :

  1. comment doubler les surfaces de colza pour répondre à l'objectif européen de production de biodiesel, sachant que cette culture requiert un assolement triennal ?
  2. faudra t'il raser les forêts pour récupérer des terres agricoles déjà grignotées par l'urbanisation ? Si oui, quel bilan en terme d'émission de CO2 ?
  3. est-il normal d'imaginer de substituer des cultures alimentaires au profit de celles industrielles ?

Ces interrogations ne désarment pas Th. Breton qui, fin septembre, promet l'E 85 à 0,80 €/l (tarif adopté par l'Assemblée Nationale en séance du 20 octobre) et appelle tous les acteurs à la mobilisation : les constructeurs pour réduire le surcoût de l'adaptation des moteurs à ces nouveaux carburants, les agriculteurs pour penser la campagne 2006-2007 et les pétroliers pour assurer la distribution en investissant dans de nouvelles pompes.

Dans la foulée, D. de Villepin autorise la mise en chantier de 5 nouvelles unités de production qui bénéficieront d'une fiscalité réduite, les constructeurs assurent Th. Breton qui s'engagent à que d'ici 2009, au moins 50% des véhicules à essence mis sur le marché seront compatibles avec l'E 85 et J. Chirac déclare au 15ème Sommet de l'Elevage à Clermont Ferrand, que "l'agriculture est le secteur le mieux placé pour relever le défi de l'après pétrole ; son avenir est dans la chimie verte". Bref, ceux qui ne seront pas morts de faim pourront rouler !

Pendant ce temps, de l'autre côté de l'Atlantique on entend bien préserver ses positions…
Le Brésil, qui a réduit sa facture pétrolière de plus de 50 milliards $, pousse les feux et lance un programme de 15 milliards $ sur 6 ans pour ajouter 77 nouvelles distilleries aux 248 déjà en service.

Raffinerie de biocarburant au Brésil

Puisque la consommation mondiale de bioéthanol est passée de 33,7 milliards de litres (md l) en 2005 à 80 en 2006 l'objectif brésilien est le suivant :

  • aujourd'hui 48,3% des 425,6 millions de tonnes de canne à sucre annuellement   produites donnent 17,5 md l de bioéthanol
  • dans 6 ans 60% des 685 millions de tonnes de canne à sucre qui seront récoltées permettront de fabriquer 35,7 md l de bioéthanol dont la commercialisation se fera sans difficulté.

Les Etats-Unis misent également sur le pétrole vert issu du maïs, tant pour accroître leur indépendance énergétique que pour asseoir leur position dans les négociations sur le volet agricole au sein de l'OMC.
En 2000 la consommation locale annuelle était de 5,7 md l avant d'atteindre 15 md l en 2005 produits par 109 bio raffineries ; 56 unités supplémentaires sont en construction en vue d'une capacité totale de 36,7 md l.
En août 2005 le Congrès entérinait le "Energy Policy Act" qui stipule qu'une consommation de 28,4 md l en 2012 réduise la facture pétrolière de 64 milliards $, GM et Ford jouent le jeu et s'engagent à commercialiser 2 millions de voitures "flexfuel" par an dès 2010 ; de même pour les pétroliers qui, à l'instar de Chevron, financeront les pompes correspondantes.
En décembre 2006 certains expriment leurs doutes :

  1. qu'adviendra t'il de l'abattement fiscal (0,13 $/l) et de la taxe à l'importation sur l'éthanol brésilien (0,14 $/l) ? (Ndlr : dans quelle catégorie de produit l'OMC classe le biocarburant agricole ou industriel ?)
  2. au-delà d'une production annuelle estimée à 30 md l, le maïs disponible n'assure plus la consommation hommes-bétail
  3. le maïs est une culture trop gourmande en engrais, pesticides et eau…Monsanto travaille la question!
  4. Doutes ou pas, au lendemain de Noël, Bruxelles laisse filtrer l'objectif qui sera officiellement présenté en janvier prochain : en 2020, 10% de la consommation des véhicules seront couverts par les biocarburants.

Deuxième partie- 2007, doutes, cultures et lobbies

En ce début d'année, alors que les ministres de l'Energie des Vingt Sept mandatent la Commission de Bruxelles pour formuler la directive sur l'utilisation des biocarburants (en 2020 10% de la consommation des véhicules et émissions de CO2  réduites de 20%) l'Association "UFC que choisir ?" dénonce une "politique aveugle" à propos du bioéthanol :

  1. bilan écologique quasi nul
  2. rendement au kilomètre parcouru inférieur d'environ 30% à celui du "Sans plomb 95".

En fait le taux d'incorporation défini par Bruxelles s'entend non en volume mais en pourcentage de l'énergie fournie par litre de carburant ; à titre d'exemple, l'objectif français de 5,75% pour 2008 conduit à mélanger 0,075 volume d'éthanol (5,75% + 30%) avec 0,925 volume d'essence. Or, dans l'état actuel des techniques, les constructeurs ne garantissent pas leurs moteurs au-delà de 5% en volume.
Pour M.E. Leclerc, qui entend bien positionner son groupe sur le créneau de la distribution de biocarburants, il faut aller vite "le bioéthanol marchera si les automobilistes trouvent des pompes à leurs portes (ndlr : il oublie le massacre des stations services par ses collègues et lui-même !) les constructeurs n'investiront pas dans des moteurs, flex fuel et le projet sera mort né. Or, quelque soit les fluctuations temporaires du prix du baril: la tendance est durablement à la hausse. C'est donc maintenant qu'il faut préparer l'avenir".
En juin 2007 Bruxelles semble douter de l'avenir énergétique du maïs européen et estimant que nos surstocks passeront de 5,6 millions de tonnes fin 2006 à 13 m.t fin 2013, décide de décourager cette culture : les achats d'intervention, au cours de 101,31 €/tonne vont être progressivement réduits avant de disparaître totalement à partir de la campagne 2009-2010.
A l'automne, la Commission confirme sa "prudence"  en refusant de revaloriser le plafond (90 millions €) des aides accordées depuis 2003 aux agriculteurs ayant signé un contrat de transformation d'une partie de leur production en biocarburant.
D'un montant initial de 45 €/hectare correspondant à une superficie maxi de 2 millions d'ha cette prime sera réduite à 31,5 €/ha en raison des 2,85 millions ha affectés aux cultures énergétiques sur la campagne 2007-2008.
A constater l'évolution du cours de maïs, il y a motif à douter de la cohérence de la politique de Bruxelles qui se met au vert en 2006 et fait preuve de frilosité agricole en 2007.

Coté au Chicago Board of Trade en $ par boisseau (environ 27 kg) celui-ci était de 2,25 $/b début 2006, s'inscrivait à 4,50 $/b en février 2007, fléchissait à 3,65 $/b en avril et atteindra un sommet de 7,9 $/b en juin 2008 pour se stabiliser autour de 6 $/b en août en raison d'une production en hausse.

Cours du maïs en US$ le boisseau sur le Cbot

Selon les conjoncturistes, l'offre mondiale restant déficitaire d'environ 23 millions de tonnes pour une demande de 782 millions de tonnes, le cours devrait rester à un niveau élevé ; en tout cas bien supérieur à celui des achats d'intervention européen qui, traduit en $/b, avoisine les 3,83 $/b.
A elle seule cette remarque met en relief les dangers d'une mondialisation intempestive de l'agriculture qui, d'abord soumise aux aléas de la météo, supporte d'être partiellement détournée de sa vocation nourricière au profit d'une "chimie verte" soumise à des choix technologiques incertains.
La pratique de la monoculture du maïs pratiquée par les fermiers du Middle West américain semble se développer dans nos campagnes ; sachant que cette façon culturale accroît la vulnérabilité de la plante aux maladies, on pouvait imaginer l'inquiétude de nos céréaliers. Eh bien pas du tout !
Monsanto est là qui en août 2007 se frotte les mains au regard de sa cotation à Wall Street en hausse de 72% sur un an sous l'effet de la commercialisation de semences OGM ; certes plus onéreuses que les traditionnelles, elles ont le "mérite" d'être plus résistantes aux pesticides qui seront largement utilisés pour fiabiliser les rendements.

Troisième partie – 2008, les nouveaux choix

La grande remise en question –
Très vite, fin février S. Gabriel, ministre Allemand de l'Energie demande un délai supplémentaire pour vérifier la validité des critères écologiques des biocarburants en matière d'émission de CO2 et, en parallèle, commande une enquête sur la tolérance du parc automobile au bioéthanol. A considérer les 3 à 4 millions de véhicules ne supportant pas ce carburant, le vendredi 4 avril les autorités allemandes renoncent à développer plus avant la filière éthanol tout en maintenant l'objectif de Bruxelles grâce aux biocarburants de 2ème génération moins corrosifs pour les moteurs.
Une semaine plus tard, la F.A.O publie son réquisitoire contre l'éthanol :

  1. les investissements massifs dans les agro carburants réduisent les disponibilités alimentaires mondiales
  2. bien que l'évolution des techniques (nouvelles variétés OGM) devraient, à terme, adoucir les tensions sur les prix alimentaires, les besoins en terre et eau des cultures énergétiques ont des effets néfastes sur l'environnement
  3. il importe donc de s'orienter vers les biocarburants de 2ème génération qui permettent une utilisation plus complète des ressources en carbone d'une gamme de plantes élargie
  4. même dans ce cas, il importera de prendre en compte les conséquences environnementales de ces nouvelles technologies (dont le non enfouissement des résidus agricoles qui régénèrent l'humus).

Ce rapport percute les politiques engagées sur la décennie 2006-2015 :

  1. aux USA : doubler la production d'éthanol à partir de maïs
  2. au Brésil : les 21 milliards de litres d'éthanol aujourd'hui produit à partir de la canne à sucre seront portés à 44 milliards de litres en 2016
  3. en Chine   : objectif 3,8 milliards de litres en partant de quasiment rien en 2006
  4. en Europe : doubler le tonnage des oléagineux.

Fin juin, la FAO estime que, sur 2008, les importations alimentaires des pays non autosuffisants augmenteront de 40% à 169 milliards de $ et demande au Conseil des droits de l'homme à ONU le gel immédiat des subventions et des investissements sur toute la filière agro carburant.

De façon encore plus précise, les ministres du G8, réunis à Kobe (Japon) fin juin, relèvent que les cultures énergétiques spécifiques aux biocarburants de 2ème génération portent atteinte à la biodiversité, car elles sont classées parmi les plantes envahissantes au détriment de la flore locale (exemple la canne de Provence, herbe géante à croissance ultra rapide).

Canne de Provence / Arundo donax

Déjà en avril R. Zoellick, patron de la Banque Mondiale, s'interrogeait sur les causes de la hausse des prix des principales céréales (blé, riz, soja, maïs) et posait l'hypothèse de l'impact des biocarburants sur les prix alimentaires depuis 2002 jusqu'à février 2008. Dans sa conclusion rendue publique début juillet, l'hypothèse devient (pour lui) réalité "la contribution des hausses de prix de l'énergie et des engrais est de 15% alors que les biocarburants ont une incidence de 75%".
Ce texte contredit la thèse américaine selon laquelle la responsabilité des biocarburants n'excède pas 3%, le principal facteur d'inflation étant l'accroissement de la consommation en Chine et en Inde.
Pour la Banque Mondiale cet argument ne tient pas, car la Chine serait exportatrice nette de céréales alors que les cultures énergétiques américaines (maïs) et européennes (colza, tournesol) détournent une trop large partie des terres de leur vocation alimentaire ; contrairement au Brésil qui cultive la canne à sucre sur des sols impropres à toute autre plante !
Il est utile de se souvenir que la Banque Mondiale (juillet) intervient au moment précis où les négociations à l'OMC buttent sur le volet agricole.
Soucieuse de se rendre utile, l'OCDE se mêle au débat ; pour l'organisation il n'y a pas de miracle "réduire les émissions de gaz à effet de serre dans l'hémisphère Nord grâce aux biocarburants est inefficace" (quid de l'hémisphère Sud ?)
A ce jour, il paraît admis que les agro carburants réduisent les rejets de CO2 selon les valeurs moyennes suivantes :

  1. bioéthanol à partir de blé – 33%, de betterave sucrière – 35%, de maïs – 49%
  2. biodiesel issu de tournesol – 51%

Selon un calcul très savant, l'OCDE estime que, d'ici à 2015, les projets en cours réduiront la consommation des carburants fossiles de 0,4% pour l'essence et de 1,3% pour le diesel et donc les émissions de CO2 de 0,8% (ndlr. chiffre cohérent avec les moyennes précédemment citées).

Au passage nos experts soulignent l'excellente performance de l'éthanol brésilien issu de la canne à sucre puisqu'il permet de réduire de 74% les rejets de CO2.

En conclusion, pour l'OCDE "les critères de développement durable ne doivent pas être pensés à une échelle locale mais à une échelle globale… il faut d'abord promouvoir les économies d'énergie, 30 fois plus efficaces que les biocarburants… si besoin est d'y avoir recours, on supprimera les quotas d'importation sur l'éthanol produit dans les pays émergents et en développera les produits de seconde génération plus favorables à l'environnement".
Est-il besoin de mentionner que l'OCDE classe toujours le Brésil parmi les pays émergents !?
Quoiqu'il en soit au cœur de l'été dernier, la cause semble entendue : point de salut pour les biocarburants hormis pour ceux de 2ème génération ; telle était déjà la conclusion officielle allemande en avril et… sans doute officieuse encore bien avant puisque le jeudi 17 avril, A. Merkel inaugurait la première raffinerie au monde de biocarburant 2ème génération. Selon le process BTL (biomass to liquid) développé en partenariat avec Shell, Daimler et Volkswagen, la société allemande Choren se prépare à produire 18 millions de litres par an d'un biodiesel, issu de sous produits végétaux (bois, paille) directement utilisables sur les moteurs diesels actuels.
Déjà en mars 2007, le papetier suédois Stora Enso et le pétrolier finlandais Neste Oil investissaient conjointement dans une unité pilote utilisant les résidus forestiers non utilisés dans la fabrication de pâte à papier (feuilles, faîtages) pour produire du biodiesel pour gazeification-purification et liquéfaction
A la même époque, l'Autriche annonçait des résultats positifs obtenus par le fractionnement de l'herbe excédentaire des pâturages en jus duquel il est possible d'extraire des acides aminés et en un résidu solide composé de fibres capable de produire du biogaz par fermentation.

L'éthanol fait de la résistance :

  1. Mi-mars, Cristal Union défend les investissements considérables qui lui permettront d'accroître sa production de 1,6 millions d'hectolitres sur 2006-2007 à 9 millions sur 2008-2009 et assure que seulement 1 à 3% des terres agricoles sont suffisantes pour couvrir les besoins en éthanol.
  2. Fin mai, Abengoa Energy (groupe espagnol n°1 européen du bioéthanol) loue une pleine page dans plusieurs quotidiens sur laquelle, au-dessus de 6 épis de blé, on lisait :
  3. "l'information manipulée" : le bioéthanol est le principal responsable de la hausse des prix alimentaires.
  4. "La vérité" : les causes réelles sont une demande asiatique accrue et l'augmentation du prix du pétrole alors que "l'impact à long terme des biocarburants sur le prix des céréales ne dépassera pas 3 à 6% par rapport au prix de 2006".
  5. Début juin, le président L. da Silva se rend à l'ONU pour défendre sa production devant la FAO "notre bioéthanol n'est pas un bandit sur lequel certaines Etats appliqueraient des droits de douane qui n'existent pas sur le pétrole".

Teréos (ex Beghin-Say) déjà présent au Brésil prend la balle au bond en présentant les résultats du dernier bilan énergétique réalisé sur sa raffinerie d'Arcis sur Aube : du labour avant semis de betterave à la pompe, le bioéthanol permet une diminution des rejets de CO2 et de la consommation d'énergie fossile de 60% par rapport au parcours de l'essence depuis le derrick jusqu'à la même pompe.
Ces gains seront relevés en 2010 en raison de l'indépendance énergétique de la raffinerie assurée par l'utilisation du méthane résultant de la fermentation des résidus des presses à raisin champenois et des déchets des silos à blé (son…)
En conclusion "l'objectif de Bruxelles représente moins de 3% des surfaces betteravières et céréalières".
L'attaque étant la meilleure défense, le bioéthanol s'en prend au continent de la faim, l'Afrique.
Au Ghana, la Notherm Sugar Resources va planter 30 000 hectares de canne à sucre, le brésilien Constra construira la raffinerie et à partir de 2010, la Suède achètera la production d'éthanol. Le Nigeria suit le mouvement en remplaçant la canne par le sorgho.

La riposte des constructeurs automobiles :
En préambule, ils font valoir que depuis les années 1990, la consommation des moteurs à essence est déjà en recul de 20%. Selon leurs calculs, il est encore possible de gagner 40% par la mise en œuvre de techniques innovantes : coupure automatique du moteur si le véhicule est à l'arrêt, récupération et stockage de l'énergie de freinage, injection directe, gestion de l'ouverture des soupapes d'admission par ordinateur embarqué, études de moteurs suralimentés à 3 (Citroën) voir 2 cylindres (Fiat), diminution des pertes par frottement avec de nouveaux matériaux et traitements de surface, voitures à motorisation hybride…
En conclusion, sur une consommation d'essence très réduite, l'incidence de l'incorporation de bioéthanol sera négligeable. Inversement, les agro carburants de seconde génération (procédé BTL) utilisés dans les moteurs diesel, réduiraient de façon sensible la dépendance aux hydrocarbures et les émissions de CO2.

Pendant ce temps à Bruxelles :
Vous imaginez bien qu'il serait impensable que la Commission de Bruxelles s'émeuve de ces "doutes", chez ces gens-là on pense à tout…!
Ainsi à fin avril, les autorités entendent mettre les points sur les "i"  en préparant un cahier des charges environnemental et social à l'usage des producteurs de biocarburants :

  1. le seuil de réduction des rejets de CO2, initialement fixé à 35% est immédiatement relevé à 50% pour 2010 et à 60% pour 2015
  2. charte de garantie de la non pollution des sols et de l'eau
  3. respect de l'interdiction du non travail des enfants et de la liberté syndicale.

Après ce gage de civisme il faudra encore deux mois avant que les instances européennes comprennent ce dont il est question dans les "10% de biocarburant incorporés d'ici 2020".

La lumière est venue quelques semaines après la Pentecôte, précisément le samedi 5 juillet alors que les ministres de l'Energie des Vingt Sept se retrouvaient à St Cloud pour une repentance informelle : la directive de Bruxelles n'est pas de couvrir 10% des besoins énergétiques des véhicules exclusivement par incorporation de biocarburants mais par l'utilisation de toutes les formes d'énergies renouvelables, d’où le regain d'intérêt pour le moteur à hydrogène, pour la voiture électrique…
Cette "mise au point" intervenant 16 mois après le Conseil Européen on a le sentiment que l'Europe souffre aussi d'un déficit de vocabulaire.
Après quoi la Commission revoit sa copie et formule l'objectif 2020 comme suit :

  1. les énergies renouvelables représenteront 10% de la consommation des véhicules
  2. les émissions de CO2 seront réduites de 35% en 2010 et de 50% en 2017
  3. la mise en œuvre de ces nouvelles techniques respectera la biodiversité, évitera la déforestation et la dégradation des sols et ne fera pas appel au travail des enfants.

Le 10 septembre le Conseil Européen et le Parlement de Strasbourg avalisaient le texte de Bruxelles… pour vingt quatre heures car dès le lendemain le Parlement durcissait la norme relative au rejet de CO2 en demandant moins 45%en 2010 et moins 60 en 2017. Il est convenu de débattre sur ce point courant octobre.

Et en France ?
A Paris après un mois d'août aussi maussade que la conjoncture internationale, Bercy médite sur de nouvelles recettes fiscales susceptibles de donner une note de gaîté au projet de loi des finances 2009 et tout naturellement il est envisagé de corriger à la baisse les avantages accordés deux ans plus tôt au bioéthanol d'ou augmentation de la TIPP, suppression de l'exonération de la Taxe Générale sur les Activités Polluantes (TGAP). Au reste les investissements étant lancés, les producteurs n'auront "qu'à s'adapter".

Fin d'été dans les Provinces :
Il y a d'abord la synthèse commandée par l'Association des Régions de France auprès des Mines de Paris relative à l'analyse de 13 études indépendantes "si dans tous les cas le circuit de production des biocarburants doit être le plus court possible, le choix de telle ou telle filière est spécifique à chaque région… car on ne peut émettre aucune affirmation définitive en raison du grand nombre de paramètres à prendre en compte".
Cette remarque explique la querelle des chiffres entre les experts internationaux.

Dans les Landes :
A Lacq Abengoa investit 150 millions € (dont 6 subventionnés) pour produire 200 000 tonnes d'éthanol par an dont 40 000 à partir des déchets de vinification et le solde à partir de maïs.
Le pole de compétitivité Industries Pin Maritime du Futur (IPMF), travaille sur l'élaboration d'éthanol de 2ème génération issu des résidus forestiers.
Dans la Marne, aux portes de Reims, une trentaine de chercheurs planchent sur le projet "Futurol" dans le but de construire une raffinerie expérimentale capable de traiter des matières végétale différentes (paille, bois,…) pour produire de l'éthanol selon la voie biochimique. Doté de 74 millions, Futurol est en concurrence avec une recherche équivalente aux Etats-Unis financée à hauteur de 400 millions $.

Monté par trois consortiums et mobilisant quelque 80M€, le projet Futurol veut créer à Pomacle (Marne) un site pilote dédié aux agrocarburants de seconde génération par voie biologique.

Dans la Meuse, Areva et EdF, subventionnées par Bruxelles, fondent leurs travaux sur la voie thermochimique avec l'espoir d'améliorer le process utilisé par Choren.
En Picardie, le pole de compétitivité "Industrie et Agro-ressources" s'engage en partenariat avec l'Institut Français du pétrole et le Commissariat à l'Energie Atomique sur la voie "biomass to liquid" afin d'extraire la ligno-cellulose des déchets forestiers, agricoles et ménagers qui sera transformée en poudres puis en biocarburants.

Conclusion :

Deux ans après avoir porté aux nues les biocarburants de 1ère génération, les politiciens sont aujourd'hui contraints à d'autres choix.
D'une part ils n'avaient pas prévu les émeutes de la faim et d'autre part ils se sont pris à leur propre piège à savoir celui d'un réchauffement de la planète que leurs experts ont décrété réel et inéluctable sauf à repenser globalement le bilan énergétique de l'activité humaine.

Une émeute contre le prix des céréales le 7 avril 2008 en Egypte

Aucun peuple étant à l'abrides pires catastrophes voilà bien la grande cause capable de réaliser l'union sacrée de toute l'humanité.
Une fois le réchauffement accrédité il a été facile de mettre en avant le rôle prépondérant des gaz à effet de serre (GES) dont le CO2
Donc pour éviter le réchauffement on réduira les émissions de GES et parmi eux ceux produits par nos chers moteurs à combustion ; étant bien entendu qu'il serait hors de propos de restreindre l'usage de l'automobile et pas davantage de réduire la consommation européenne d'haricots verts du Sénégal ou des poulets brésiliens.
En conséquence les biocarburants sont incontournables puisqu'ils présentent un bilan carbone meilleur que celui des carburants fossiles.
Tout à la joie de cette découverte, dans leur précipitation à promouvoir la première génération certains ministres de l'Energie semblent avoir oublié que la différence de certains paramètres entre la 1ère et la 2ème génération plaiderait en faveur de cette dernière ; ainsi une moindre ponction sur les cultures vivrières et un meilleur bilan carbone.
Par référence aux carburants classiques, les rejets de CO2 sont réduits de :

  1. bioéthanol/essence : -30% par la 1ère génération et -70 à 90% (selon la matière première utilisée) pour la seconde
  2. biodiesel/gazole : -40% pour la 1ère génération et -90% pour la seconde.

Entre ceux qui "ne pouvaient pas prévoir" et ceux qui "oublient" il y a sans doute matière à quelque remaniement ministériel…
Tous ne sont pas frappés d'amnésie ; au cours de cet exposé nous avons vu qu'en Allemagne, A. Merkel inaugurait…, qu'en Suède on démarre la production de bioéthanol de 2ème génération, que l'Espagne sera bientôt prête sur le même créneau.
Pendant que la France s'active pour prendre en marche le train de la 2ème génération… qui n'est peut-être pas le dernier !
En ce temps du "Mondial de l'Automobile" puisqu'il est fortement question de voiture propre autrement nommée voiture électrique pourquoi ne pas incorporer 10% de bioélectricité lors de la recharge des accumulateurs de ce véhicule !
Dans la course à la valorisation énergétique de la biomasse ce "biocarburant" de 3ème génération est déjà l'objet de plusieurs projets concrets.

En Gironde Dalkia et "La Cellulose du Pin" ambitionnent de mettre en service courant 2010 une centrale thermique de 70 MW dont la vapeur sera produite par une chaudière consommant 500 000 tonnes de bois par an :

  1. 200 000 tonnes d'écorces de pin (non utilisée dans la fabrication de pâte à papier)
  2. 80 000 tonnes de déchets verts ménagers
  3. 220 000 tonnes de résidus forestiers, (branches et souches, dont la récupération et le conditionnement automatiques font l'objet d'une recherche confiée à l'IPMF (cf. chap. précédent).

Aux Etats-Unis notre champion nucléaire Areva vient de s'allier avec l'électricien local Duke Energy pour développer des centrales thermiques alimentées à partir des déchets de scierie. 1ère, 2ème ou 3ème génération…s'agit-il vraiment d'énergies renouvelables ?

Nous sommes encore nombreux à nous souvenir d'un instituteur en blouse grise qui en "leçon de chose" expliquait que les feuilles et les branches retournaient à la terre pour régénérer l'humus du sol sur lequel poussent les arbres qui renouvellent la forêt. A comparer cette sage et lente économie voulue par le Créateur avec l'utilisation intensive de la biomasse à des fins énergétiques ne sommes-nous pas en train de dilapider l'héritage ?

Pierre Jeanthon – France Royaliste


« La croissance verte sera au coeur du redémarrage de l'économie. Nous construisons un nouveau concept de « keynésianisme vert ». (…) Le programme de rénovation thermique des HLM va démarrer très rapidement grâce au prêt hyperbonifié de la Caisse des Dépôts, d'un montant de 12 000 euros par logement au taux de 1,9 %. Pour les années 2009-2010, nous envisageons une enveloppe d'au moins 1,2 milliard pour rénover 100 000 logements. (…) Pour les bâtiments de l'Etat, le pilotage sera assuré par France Domaine. Sans tarder, 50 millions d'euros sont prévus pour les audits énergétiques pour les deux ans qui viennent, et une partie des dépenses de loyers des ministères ont été réservées dès 2009 pour rénover leurs bâtiments, à hauteur de 77 millions euros » a déclaré ce matin Jean-Louis Borloo, le ministre de l’Ecologie, dans une interview accordée aux Echos.


15/02/07

L'Europe fixe 10% de biocarburants en 2020
europe_carte.jpgBruxelles hier, les 27 pays de l’Union européenne sont tombés d’accord sur les prémices d’une politique énergétique commune. Elle fixe un objectif d’utilisation des biocarburants pour les véhicules d’ici 2020.
Les ministres de l’Énergie ont pris hier la décision d’imposer que la part des biocarburants atteigne 10% des carburants consommés par les véhicules des Européens d’ici 2020, contre 2 % en 2005. Cet objectif plutôt contraignant est cependant conditionné à des améliorations techniques et commerciales des biocarburants.
Cette mesure en a surpris quelques uns « Il n’y a jamais eu de mesure aussi forte, c’est une véritable percée pour la protection climatique », a assuré le ministre allemand de l’Économie.
En revanche, concernant les énergies renouvelables, les 27 ministres se sont montrés plus frileux : elles devront représenter 20% de la consommation globale de l’UE en 2020, contre 7% actuellement. La Commission européenne souhaitait que cet objectif soit également contraignant, mais cette idée est pour l’instant écartée par les pays membres.
Enfin, les pays membres ont écarté hier une autre proposition controversée pour scinder le « patrimoine » des producteurs d’énergie et des gestionnaires des réseaux de transport d’énergie. Cette mesure aurait cotraint le français EDF ou l'Allemand Eon à céder le contrôle capitalistique qu'ils détiennent sur leurs réseaux de transport, et à ouvrir ces derniers à tous les vents de la concurrence. Les 27 avaient pourtant déjà accepter l’idée d’un « fonctionnement indépendant » de la production et du transport d’énergie, afin de favoriser les investissements et l’entrée de nouveaux acteurs sur chaque marché national.

Moteurs propres, essence verte ? L’Europe met la pédale douce sur ses ambitions par Marina Mielczarek ( Article publié le 18/04/2008) :

Extraits

L’agriculture européenne pourrait fournir jusqu’à 5,75% des biocarburants sans entamer son patrimoine alimentaire. Passé ce seuil, il faudrait envisager une importation d’éthanol brésilien, de biodiesel africain ou indonésien. C’est sur ce point précis que les divergences se font entendre chez les 27. Comment vérifier puisqu’il n’existe aujourd’hui aucun outil ni organisme capables de surveiller et de sanctionner ? Les produits importés proviendront-ils de forêts détruites, de paysages protégés ou de zones d’agricultures traditionnelles ?
Face à la problématique, l’Italie et la Grande-Bretagne demandent un réexamen approfondi de l’objectif 10% des carburants verts. Quant au premier de la classe en la matière, à savoir l’Allemagne, le pays vient d’annoncer qu’il renonçait au développement massif du secteur (un programme baptisé « E10 » en référence au plan éthanol 10% en 2009), et ce pourtant, après avoir tant investi et vanté sa place de meneuse sur le marché.
Loin d’être la marque d’une grande âme à l’écoute des populations sinistrées, Berlin parle en pragmatique et non en philanthrope éclairé. La raison de son abandon est avant tout et définitivement technique. Les allemands se sont aperçu que leur produit phare, un mélange d’essence classique et d’éthanol, abîmait les moteurs. 3,3 millions de véhicules seraient incapables de rouler avec ce nouveau carburant dans le réservoir.
« Il ne s’agit donc pas d’une mesure ayant trait à la politique de l’environnement, mais d’une mesure destinée à aider l’industrie automobile », a indiqué le ministre allemand de l’Environnement. Les spécialistes y voient un coup dur pour le gouvernement qui affichait son ambition d’aller plus loin encore que les objectifs européens.


Les biocarburants dans le monde :

Lire :

http://www.lesechos.fr/medias/2007/0131//300137587.pdf

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir


La Terre Bleue
de Klein

Pourquoi une rubrique consacrée à l'Ecologie chez les Manants du Roi ? Parce que le développement durable est dans la nature profonde de la royauté, et qu'il n'existe pas de régime plus naturel qu'elle lorsqu'elle place la naissance à l'origine du pouvoir.

Pour recevoir la Lettre
des Manants du Roi,
j'inscris mon adresse courriel :




Effectuer
une recherche
sur le site :














 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.