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Piqûre de rappel !

La crise ? Toujours nécessaire d'en rappeler une des origines... Et « notre Maître d'Ecole » ne manque jamais de nous éclairer. De l'influence des Etats-Unis sur les affaires de la planète, des nouveaux pôles de puissance...

A l'époque où le président Nixon mettait un terme à la convertibilité du dollar et lançait la « planche à billets » en fonction des besoins de la politique américaine, en 1971, la Chine, suivie de l’Inde, pays « milliardaires en vies humaines » n’étaient pas entrées en majesté dans l’équation économique mondiale... Les temps ont changés.

Le général Pierre Marie Gallois est toujours là pour nous le rappeler! Merci mon général!

Portemont, le 1er mars 2010

Sur le déclin des Etats-Unis ?

La crise économique mondiale a les Etats-Unis pour origine. Si la superpuissance en subit durement les effets, ceux-ci sont ressentis dans le monde entier. La puissance des Etats-Unis à la fois politique, financière, économique, miliaire, a exercé son influence sur les affaires de la planète, du moins depuis près d’un siècle. Aujourd’hui, elle s’amenuise, la multiplication des pôles de puissance effrite celle des Etats-Unis, demeurant encore un des « grands » mais n’étant plus l’unique très « grand ». Et ils en conviennent officiellement. Certes, ils ne sont pas les seuls responsables de leur déclin relatif et de la crise qui l’accompagne, mais ils en sont les principaux contributeurs.

Avant d’en passer aux reproches, il faut tenir compte de leurs interventions pour défendre leurs intérêts, mais aussi ceux des peuples voulant vivre en liberté ainsi qu’il en fut au cours des deux guerres mondiales, déclenchées par le bellicisme allemand et durant la guerre froide, face aux empiètements de l’URSS.

A l’heure du nouveau mandat présidentiel, lourd est le bilan des dix ou douze dernières années :
-Politiquement, la quête d’énergie fossile a conduit les Etats-Unis à user de la force pour assurer ses approvisionnements. Pour une large fraction de l’humanité, ils font figure de prédateurs, violant les lois internationales, bombardant les populations civiles, usant de procédés amoraux, tels les prisons de « Guantanamo » et de « ABu Ghraib ». Leur image en est ternie, et pour longtemps.

-Financièrement et économiquement les Etats-Unis ont détruit le système monétaire mis sur pied avant même la fin des hostilités de la Seconde Guerre mondiale, à Bretton Woods, et plusieurs fois « ajusté » par la suite, à leur instigation. Depuis, les Etats-Unis ont vécu sur la confiance qu’inspirait leur puissance industrielle et, partant financière, attirant l’investissement et conduisant à la constitution d’importantes réserves monétaires libellées en dollars.

Dans l’environnement international actuel ce comportement des Etats-Unis se révèle fort dommageable pour eux et pour les Etats avec lesquels ils ont des échanges.

Qu’on en juge :
-Un projet de budget fédéral en déficit de 1 200 milliards de dollars, soit 8,3 % du PIB.

-La perte de 2,8 millions d’emplois en 2008, le chômage devant atteindre 9 % de la population active fin 2009.

C'est un record. En mai 2008, le chômage aux Etats-Unis est passé de 5% en avril à 5,5%, soit la plus forte hausse depuis 22 ans. Avec 8,5 millions de chômeurs, les Etats-Unis atteignent un pic qu'ils n'avaient pas connu depuis quatre ans.

Septembre 2009: 9,8% (septembre 2007: 4,7%)

Pour apprécier la progression de septembre 2007 à septembre 2009 cliquez:

-La désindustrialisation du pays (-17 %) avec la production ralentie dans de nombreuses disciplines industrielles (automobiles, construction et travaux publics et même électronique et aéronautique) et financières (banques et services en général).

On sait qu'il y eu désindustrialisation des Etats-Unis, visible à la stagnation de la production industrielle (hors IT), au déficit commercial (depuis le milieu des années 1990), à la baisse du taux d'investissement de l'industrie et aux pertes d'emplois industriels (depuis le début des années 2000).
La désindustrialisation a comme conséquences :
• la faiblesse des salaires réels (depuis le milieu des années 1980), puisque les emplois détruits dans l'industrie américaine sont remplacés par des emplois de services peu qualifiés (surtout depuis 1992), à niveaux de salaires plus faibles ;
• la contribution négative du commerce extérieur à la croissance (de 1992 à 2006) avec l'aggravation du déficit extérieur.
L'accélération du crédit (au milieu des années 1980 puis à partir de 1994), la hausse du taux d'endettement du secteur privé, ont été utilisées pour compenser les effets négatifs des salaires réels faibles et de la contribution négative à la croissance du commerce extérieur.
Les Etats-Unis sont fortement handicapés par les taux d'endettement élevés :
• du secteur privé, d'où le recul présent de la demande intérieure ;
• du secteur public, d'où la limitation dans le futur des politiques budgétaires expansionnistes ;
• extérieurs, d'où le danger associé à terme aux politiques monétaires expansionnistes.
Nous attribuons ces taux d'endettement élevés :
• pour l'endettement public : aux taux d'intérêt réels élevés de la première moitié des années 1980 et aux dépenses militaires des périodes 1982-1992 et 2003-2008 ;
• pour l'endettement privé et extérieur : aux taux d'intérêt réels trop faibles, qui ont poussé à l'excès d'endettement, à partir de la moitié des années 1980 et surtout sur la période 2001-2007 ; à la compensation de la faiblesse des hausses des salaires réels à partir du milieu des années 1980 et encore plus de 1994 ; à la compensation de la contribution négative du commerce extérieur à la croissance de 1992 à 2006.

http://www.globalix.fr/content/endettement-aux-etats-unis-une-vision-de-long-terme

-Réduction de la croissance, ramenée à 2,2 % en 2009, et proche de zéro l’année prochaine.

On peut constater que les taux de croissance du PIB observés entre 2002 et 2006 ont grimpé rapidement entre 2002 et 2004 avant de diminuer progressivement entre 2004 et 2007. Depuis, c’est la chute de la croissance et du PIB lui-même. Nous reviendrons sur ce dernier point et ses conséquences à long terme, prochainement.

Pour sortir de la récession de 2000-2001, la FED ou banque centrale américaine a fortement et rapidement réduit les taux d’intérêt directeurs afin de stimuler la demande par le crédit. Avec succès!

C’est donc bien le crédit immobilier et le crédit à la consommation qui ont soutenu la croissance économique US dans une période ou les gains de productivité étaient de plus en plus faibles et les inégalités en hausse.

- Dettes des Etats-Unis : de l’ordre de + de 10.000 milliards de dollars.

Décembre 2009
Comme l'avait fait la Chambre des représentants, le Sénat a approuvé le relèvement du plafond, actuellement de 12.100 milliards de dollars, par 60 voix contre 39. Un seul républicain a voté oui et un seul démocrate non.

http://www.usinenouvelle.com/article/la-hausse-du-plafond-de-la-dette-americaine-definitivement-vote.N123606

Et ne pas oublier:
A son sommet, atteint au premier trimestre 2008, l’endettement total des ménages américains – comprenant hypothèques et crédits à la consommation – atteignait en moyenne 117 500 dollars par ménage, ou 129% de leur revenu disponible annuel moyen. En septembre 2009 (derniers chiffres disponibles), cette dette avait baissé à 113 000 dollars par ménage (121% du revenu disponible).
La dette des ménages américains passe de 46% du PIB en 1979 à 98% en 2007.

-Masse monétaire en dollars : 14 000 milliards de dollars, somme sans commune mesure avec les biens et services auxquels elle est censée correspondre.

-Accroissement du déficit commercial, les Etats-Unis ayant perdu des marchés à l’extérieur comme à l’intérieur.

Mais s'améliore mécaniquement sur l'année 2009, le ralentissement économique mondial faisant reculer exportations et importations.

Les importations de biens et de services ont reculé de 5,5% en décembre, après une chute de 11,9% en novembre. Celles de voitures et de pièces détachées automobiles sont tombées à leur plus bas niveau depuis mai 1999.
Les exportations, elles, ont chuté de près de 6%. Les ventes à l'étranger de produits manufacturés sont revenues au plus bas depuis octobre 2006, celles du secteur automobile tombant au plus bas depuis novembre 2004.
Sur l'ensemble de 2008, le déficit commercial des Etats-Unis a de nouveau diminué, à 677,1 milliards de dollars. Mais le déficit des seuls échanges avec la Chine a inscrit un nouveau record, à 266,3 milliards de dollars.
Par ailleurs, le déficit budgétaire des Etats-Unis s'est alourdi plus que prévu en janvier, quatrième mois de l'exercice budgétaire, à 83,8 milliards de dollars contre un excédent de 17,8 milliards un an plus tôt. Le déficit est supérieur aux attentes des analystes, qui attendaient un trou de 78,0 milliards
Comme les mois précédents, l'augmentation du déficit résulte d'une baisse des recettes fiscales liée au ralentissement économique associée à une hausse des dépenses que celui-ci entraîne.
En données cumulées sur les quatre premiers mois de l'exercice, le déficit atteint 569,0 milliards de dollars, soit plus de 25% de plus que le déficit record de 454,8 milliards atteint pour l'ensemble de l'année 2007-2008. Le déficit de l'Etat avait déjà légèrement dépassé ce seuil dès la fin du mois dernier.

-Taux directeurs de la Banque fédérale au plus bas (de 2,25 % à 0) avec ses conséquences sur l’investissement de l’étranger.
- Enfin, bien des marchés extérieurs étant conquis par les grands émergents et, aussi, le marché intérieur étant réduit par la production à bas prix de la zone Asie-Pacifique, c’est une production américaine potentielle d’une valeur de plus d’un milliard de dollars qui, annuellement, est perdue.

Les Etats-Unis ont contribué à leurs malheurs, et aux nôtres, ainsi que le montre spectaculairement  l’affaire Madoff dont les effets ne sont stoppés ni par les frontières ni par les distances.

Le Gold Exchange Standard a accompli cette immense révolution de livrer au pays pourvu d’une monnaie bénéficiant d’un prestige international, le merveilleux secret du déficit sans pleurs qui permet de donner sans prendre, de prêter sans emprunter et d’acquitter sans payer.

Jacques Rueff

D’abord, en 1922, à la Conférence de Gênes, les Etats-Unis ont décidé que seuls le dollar et la livre sterling seraient convertibles en or (Gold Exchange Standard), pour ne retenir, en 1932, que le dollar. Si les guerres victorieuses (contre l’Allemagne, contre le Japon) ont renforcé la position des Etats-Unis dans le monde et accentué leur industrialisation, en revanche, elles ont incité le président Nixon, en 1971, à supprimer le carcan de la convertibilité du dollar en or afin d’être en mesure de fabriquer de la monnaie sans se soucier de la valeur des biens et services qu’elle est censée représenter. D’où augmentation considérable de la masse monétaire, spéculations immobilières, endettement, l’Etat, suivi par les particuliers usant et abusant du crédit.

Telle serait la part des Etats-Unis dans le désordre économique mondial.

L’évolution de la situation internationale et l’entrée, en force dans le système des grands émergents, tels la Chine, suivie de l’Inde et, demain de l’ensemble des BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine), bouleverse les rapports de forces mondiaux.

Si les dépenses de la guerre du Vietnam (plus de 300 milliards de dollars) ont amené Nixon à mettre un terme à la convertibilité du dollar et à mettre en marche la « planche à billets » en fonction des besoins de la politique américaine, à l’époque, en 1971, la Chine, suivie de l’Inde, pays « milliardaires en vies humaines » n’étaient pas entrées en majesté dans l’équation économique mondiale. Elles comportent, aujourd’hui, un formidable potentiel de production qui, par ses bas coûts, de la main-d’œuvre tarit peu à peu la production des « Etats anciennement industrialisés » aux salaires élevés, donc non compétitifs.

Souhaitant conquérir une large part du marché chinois en biens d’équipement, les Etats-Unis ont poussé à la mondialisation des échanges. Ils n’avaient pas prévu que, pénétrant en Chine, ils incitaient celle-ci à pénétrer en Amérique et à y réduire l’emploi tant est attrayante leur production à bas prix.

La Chine, de son côté, a acheté en 2008 pour quelque 700 milliards de dollars en bons du Trésor américain, si bien que les deux économies sont, maintenant, interdépendantes avec, du côté chinois quelque 1 000 milliards de dollars de rachat de la dette des Etats-Unis.

En 2008, les échanges commerciaux ont porté sur 400 milliards de dollars, les Etats-Unis ayant investi dans plus de 50 000 entreprises chinoises si bien qu’est exclu un recours à un certain protectionnisme (par exemple une zone Euro-Atlantique face à une zone Asie-Pacifique, la rétribution du travail étant très différente en raison de l’état social de chacune de ces deux zones).

La crise actuelle résulterait d’une cascade d’événements impliquant, au premier chef,  les Etats-Unis, et dont suit l’énumération :

-Non convertibilité du dollar et liberté, pour les Etats-Unis, de fabriquer de la monnaie sans limite.
                                                                                                             

-La puissance économique des Etats-Unis attire les investisseurs étrangers qui, ainsi, compensent une partie du déficit fédéral.
-Le gigantesque potentiel de production des « milliardaires en vies humaines » tarit la production des « anciennement industrialisés », c’est-à-dire celle des « grands » de la zone Altantique-Europe, d’où atteinte à la confiance qu’ils inspiraient et réduction de l’investissement étranger.
Résultats :
-Pertes d’emplois, non paiement des intérêts de la dette par les particuliers, crise de l’immobilier et de diverses industries dont, de manière spectaculaire, celle de l’automobile.
                            
Ce serait donc la crise de confiance qui aurait déclenché le chaos actuel et non l’inverse.
Que peut faire Barak Obama ? 

Si, juste serait son diagnostic et s’il affiche une grande détermination, d’après ce qui précède il n’est pas maître de la situation. D’une part, l’injection d’argent public augmente encore une dette faramineuse et, d’autre part, il ne peut empêcher la zone Asie-Pacifique d’innover et de produire à bas prix les biens d’équipement dont le monde atlantique avait le monopole. Les exigences de la mondialisation des échanges ne le permettent plus. Et les Etats-Unis, fascinés par le marché de l’Extrême-Orient ont favorisé cette mondialisation.
Ils en paient le prix, l’Europe également.

Général Pierre Marie Gallois

Sur « Radio Courtoisie », le 13 janvier 2009...

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