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De la France et de son « identité »...
Du « tragique, au sens antique du terme, est de l’aveuglement criminel dont font preuve nos dirigeants... » Piqûre de rappel par Emile Beaufort...

Quand la fausse « laïcité à la française » conduit la France vers un destin douloureux...

Portemont, le 17 janvier 2010

Laïcité, identité de la France et Islam

Dans notre dernier article consacré à ce thème galvaudé et instrumentalisé de « l'identité nationale », nous mettions en évidence l'artificialité d'un débat servant de commode alibi pour chasser sur les terres du Front national et rappeler subliminalement, à la veille des élections régionales, les accents mussolino-sarkoziens de la campagne présidentielles de 2007.

Mais depuis lors, il y eut cette votation suisse sur l'interdiction de construire de nouveaux minarets au-dessus des mosquées qui, elles, pourront continuer de pousser comme des champignons sur le sol helvète. Et depuis lors, le Landerneau médiatique s'agite frénétiquement en claironnant, via un sondage commandé pour l'occasion, que 46% des Français seraient eux aussi contre les minarets, voire la construction de nouvelles mosquées (à 41%) (1). Autant dire, par un raccourci rapide dont nos élites politico-médiatiques ont le secret, que près de la moitié de la population française est composée d'infâmes racistes, islamophobes et tutti quanti...

C'est que la votation de nos amis suisses a révélé au grand jour ce que beaucoup d'européens ruminaient in petto, y compris, d'ailleurs, parmi les dirigeants politiques les plus lucides.

L'Europe serait-elle en train de perdre son âme, son « principe spirituel », disait Renan, c'est-à-dire, en fin de compte « le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l'héritage qu'on a reçu indivis (2)»? La conscience soudaine de l'irrémédiable suscite un sursaut salutaire des peuples européens. Las, quand on sait qu'en France, très probablement, à la fin de ce siècle, la population d'origine extra-européenne deviendra majoritaire dans une métropole qui devrait compter environ 78 millions d'habitants (3). Or, cette population allochtone est majoritairement de confession musulmane, ce, quelles que soient les obédiences considérées. Sa présence massive et croissante sur le sol de notre pays depuis plus de trente ans maintenant conduit à un développement de l'Islamisation du cadre de vie.

Naguère plus cantonnée à certains quartiers péri-urbains, cette Islamisation tend aujourd'hui à s’insinuer un peu partout, à se normaliser au sein de la société de consommation. 20% du marché de la viande halal (licite) est désormais couvert par la grande distribution, laquelle augmenterait volontiers en puissance si elle ne rencontrait pas quelques résistances d'irréductibles gaulois (4).

Il y a plus dans cette islamisation rampante, apparemment inoffensive parce qu'elle est lente mais déterminée : le refus plus ou moins explicite d’appliquer la loi. Alors que le débat sur la question de savoir s’il faut une loi pour interdire le port du niqab ou de la burka bat son plein, une jeune « française » d’origine marocaine a affirmé clairement qu’elle n’a aucune raison de se soumettre à une loi française quand celle de l’Ouma (communauté des croyants en Islam) lui apparaît incontestablement supérieure (5). Si le phénomène peut paraître marginal, voire isolé, il n’en est pas moins apparent et sa timide émergence aujourd’hui aurait été impensable il y a encore une vingtaine d’année.

Le débat entamé en son temps autour du voile aura très certainement désinhibé les mentalités, notamment islamiques, qui vivent sur notre sol (6).
Cette incroyable bravade est la preuve, nolens volens, de l’échec patent et consommé de la laïcité française. Vouloir réformer la loi du 9 décembre 1905 dont on dit qu’elle consacre le principe de laïcité, sans jamais en citer une seule fois le terme, est vain et inutile tant il est certain que c’est davantage le contexte que le texte de cette loi qui nous hante et nous habite. Or, ce contexte n’est guère celui d’aujourd’hui et, « dès lors, pourquoi considérer comme un absolu ce qui relève d’un contexte daté par définition ?  (7) ». A l’époque, les républicains de tous bords excellaient à bouffer du curé à toutes les sauces (8).

Quel saisissant contraste avec leurs héritiers devenus plus veules quelques cent après, bien incapables, désormais, de rendre la pareille. Qui, aujourd’hui, emboîterait le pas de Gambetta exhortant, le 4 mai 1877, à la face de Mac Mahon et de ses épigones représentant « l’Ordre moral », « le cléricalisme, voilà l’ennemi ! » ? Exit un improbable « l’Islam, voilà l’ennemi ! »

Il est bon de rappeler que la République, bien avant la loi de 1905, a toujours eu une attitude militante à l’égard des catholiques et de la religion de la « grande majorité des citoyens français », selon les termes du concordat de 1801 signé entre le Premier Consul Bonaparte et le pape Pie VII. La laïcisation de la société française avait pour objet d’éradiquer le catholicisme au nom d’un républicanisme intransigeant puisant ses sources dans la Révolution de 1789 et conduite par une gauche majoritairement composée de libres-penseurs et de francs-maçons.

Les dieux de la Raison, du Progrès, célébrés sur l’autel du scientisme le plus débridé, devaient, à terme, se substituer au Dieu judéo-chrétien. C’est dire que bien loin de prôner une stricte neutralité, voire l’indifférence aux cultes, le laïcisme radical de la IIIè République tendait à imposer le sien propre.

La difficulté majeure à laquelle la société française (et européenne) est affrontée aujourd’hui provient de l’inconsistance de cette nouvelle religion laïcarde qui certes a remporté la bataille contre la religion majoritaire de la « Fille aînée de l’Eglise », mais se trouve désarmée devant ce phénomène d’islamisation qui a commencé par l’inauguration de la Grande mosquée de Paris en 1926.

Pro memoria, on rappellera ces lignes prophétiques de Charles Maurras qui écrivait à la rubrique « La Politique » de l’Action française du 13 juillet 1926 :

(…)Nous sommes probablement en train de faire une grosse sottise. Cette mosquée en plein Paris ne me dit rien de bon. Il n'y a peut-être pas de réveil de l'Islam, auquel cas tout ce que je dis ne tient pas et tout ce que l'on fait se trouve aussi être la plus vaine des choses. Mais, s'il y a un réveil de l'Islam, et je ne crois pas que l'on en puisse douter, un trophée de cette foi coranique sur cette colline Sainte-Geneviève où enseignèrent tous les plus grands docteurs de la chrétienté anti-Islamique représente plus qu'une offense à notre passé : une menace pour notre avenir. On pouvait accorder à l'Islam, chez lui, toutes les garanties et tous les respects. Bonaparte pouvait se déchausser dans la mosquée, et le maréchal Lyautey user des plus éloquentes figures pour affirmer la fraternité de tous les croyants : c'étaient choses lointaines, affaires d'Afrique ou d'Asie. Mais en France, chez les Protecteurs et chez les Vainqueurs, du simple point de vue politique, la construction officielle de la mosquée et surtout son inauguration en grande pompe républicaine, exprime quelque chose qui ressemble à une pénétration de notre pays et à sa prise de possession par nos sujets ou nos protégés. Ceux-ci la tiendront immanquablement pour un obscur aveu de faiblesse. Quelqu'un me disait hier : — Qui colonise désormais ? Qui est colonisé ? Eux ou nous ? (…)
Nous venons de transgresser les justes bornes de la tolérance, du respect et de l'amitié. Nous venons de commettre le crime d'excès. Fasse le ciel que nous n'ayons pas à le payer avant peu et que les nobles races auxquelles nous avons dû un concours si précieux  ne soient jamais grisées par leur sentiment de notre faiblesse » (9) .

On ne saurait mieux dire et ce qui a été démontré sur la base d’une simple hypothèse donnée à l’époque du Martégal se révèle avec éclat par petites touches au quotidien, depuis que nos gouvernants, dans une grande bacchanale démagogique, par lâcheté, idéologie, stupidité ou tout à la fois, ont ouvert les vannes d’une immigration devenue synonyme d’invasion, car « si nous ne subissons pas d'invasion au sens militaire du terme, nous connaissons une immigration d'une importance jusque là inouïe : la proportion d'immigrants de la première, deuxième ou troisième génération vivant en Europe (et particulièrement en France) est considérablement plus importante que n'a jamais été la proportion d'envahisseurs établis sur leur territoire, même au temps des "grandes invasions" » (10) .

Entendons-nous bien. Il n’est pas question, ici, de crier haro ! sur le baudet. L’Islam et les musulmans sont légitimes à vivre leur croyance. Si nous établissons un lien entre Islam et immigration dans une discussion portant sur la laïcité, c’est parce que précisément il existe un hiatus sémantique entre les termes. Or, le problème, en effet, est le suivants : comment appréhender à partir d’un phénomène quasi-religieux (la laïcité intégriste issue de la « loi de Séparation » de 1905), un phénomène, certes religieux, mais éminemment politique voire métapolitique tel que l’Islam dont l’immigration conquérante constitue le principal vecteur ?

Il existe bien un dogme religieux de la laïcité en France et preuve en est donnée par l’incapacité de ses prêtres les plus acharnés à voir la dimension foncièrement politique de l’Islam.

Décembre 2005
Plus de 10000 personnes, dont 2000 Francs-maçons, ont défilé pour manifester leur attachement à la loi de 1905, à la laïcité et aux valeurs républicaines. La Grande maîtresse de la GLFF était en tête de cortège, avec les Grands maîtres des principales obédiences portant une banderole...

Ce faisant, une vraie guerre de religion est en train de s’ourdir dont l’avatar le plus connu (mais également le plus incompris) est le « choc des civilisations ». Demeurant dans une perspective similaire à celle qu’elle avait tracée à l’époque de la loi de « Séparation », la France républicaine s’obstine aveuglément à ruiner chaque fois plus les fondations chrétiennes (et donc fondamentalement culturelles) de la France en inoculant un Islam qu’elle croit digne de servir mieux ses intérêts « laïcitaires ». Dès lors, en fabriquant un pseudo-concordat par le biais du Conseil français du culte musulman (CFCM), la République croit naïvement qu’elle cantonnera l’Islam en le faisant « DE » France.

Monsieur Mohammed Moussaoui, président du Conseil français du culte musulman à l'Elysée...

Vidéo:
http://mosquee-salam-mulhouse.over-blog.com/article-le-cfcm-reitere-sa-demande-d-une-mission-d-information-sur-la-montee-des-actes-islamophobes--41732480.html

Une telle initiative serait louable si elle s’inscrivait dans une réelle approche politique de l’Islam. Nos rois, en inventant le « gallicanisme » se donnèrent franchement les moyens de distinguer ce qui relevait du spirituel pour mieux attraire le temporel dans leur champ de compétence et interdire à l’Eglise toute prétention en ce domaine sur le sol national. Là où la laïcité nie toute liberté autre que celle de l’Etat à imposer son propre dogme, le gallicanisme postule, quant à lui, la liberté et donc l’indépendance de l’Eglise à l’égard du pouvoir temporel… et du pouvoir pontifical romain. Partant, le gallicanisme a permit naturellement l’éclosion d’une Eglise DE France, non schismatique, à l’instar de sa collègue anglicane, mais réellement enracinée dans l’Histoire de France, ce, dans la mesure où la monarchie a été « le premier acteur de l’histoire sainte de la nation française ». Ce faisant, « le gallicanisme est une vision essentiellement religieuse de la nation française, dont l’excellence chrétienne justifie la prééminence politique (11)». Dit autrement, sécrétées par le génie propre de la France, les libertés de l’Eglise gallicane ont durablement façonné le visage autant que l’âme de la France. On mesure alors combien l’identité nationale aujourd’hui proclamée à grand cri par une République en perte de vitesse, est artificielle tant ce qu’il en reste, ne serait rien sans ce riche et complexe apport doctrinal et politique.

La laïcité héritée de 1905 est donc un prosélytisme religieux mais d’un type particulier. Sa religion est bâtie sur du vide. Les « valeurs » censées donner sa substance à la République et que leurs laudateurs proclament comme universelles (la dignité humaine, la justice, l’égalité…) émanent de l’Ecriture Sainte et non d’une improbable Révélation de l’Etre Suprême robespierriste surgit ex nihilo.

Et cette tradition chrétienne nourrie elle-même de judaïsme et de paganisme a pour elle plus de mille cinq cents ans d’Histoire, quand la nouvelle « laïcité religieuse » n’en a qu’une petite centaine.

En niant le fait religieux, en rejetant le sacré inhérent au Mystère de la foi chrétienne, pour lui substituer un ersatz profane dont le Livre est gravé dans la glaise des droits de l’homme, la République ne peut opposer à l’Islam qu’un néant.

La laïcité à la française rejette tout fait religieux concurrent, surtout lorsqu’il est chrétien et instrumentalise l’Islam « DE » France pour mieux satisfaire le credo mondialiste du métissage organisé (12) et de l’indifférencialisme ethnique. Les laïcards du XXIè siècle ont bien compris que dans un pays fortement déchristianisé comme la France, le seul rempart que puisse constituer le christianisme est non plus religieux, mais identitaire. Là encore, preuve nous en a été administrée par le refus fanatique (13) d’inscrire dans le préambule de la Constitution européenne, la référence aux racines chrétiennes de l’Europe.

Comme l’affirmait Chantal Delsol, seule une religion peut répondre à une autre religion. Si la laïcité à la française est une religion, comme nous l’avons dit, elle l’est exclusivement par le républicanisme dogmatique de ses imprécateurs, véhiculé jadis par les fameux hussards noirs de la République, relayé aujourd’hui par les médias ignares (et une classe politique du même tabac). Mais elle s’en éloigne pour virer au sectarisme le plus totalitaire en assénant son relativisme déraciné, en vertu duquel toutes les religions se valent. Le grand juriste qu’était Jean Rivero n’avertissait-il pas que « si la ‘‘vraie laïcité’’ devait s’entendre comme une doctrine adoptée et enseignée officiellement, l’Etat qui la consacrerait opterait ipso facto contre l’ordre libéral, pour l’ordre totalitaire (14) »? Un tel discours a pour effet d’ôter toute singularité à la religion du pays hôte qui se trouve ainsi ravalée au rang du bouddhisme ou de toute autre secte.

Le christianisme n’est pourtant guère réductible à l’Islam et soutenir cela revient à nier notre civilisation, à la manière d’un Chirac qui proclamait en 2003, que les racines de l’Europe étaient « autant musulmanes que chrétiennes » ou, plus récemment, à propos de l’identité française, d’un Eric Besson (ministre de l’identité nationale, faut-il se pincer pour le croire!) qui déclarait que « La France n’est ni un peuple, ni une langue, ni un territoire, ni une religion, c’est un conglomérat de peuples qui veulent vivre ensemble. Il n’y a pas de Français de souche, il n’y a qu’une France de métissage » (15) .

En outre, c’est méconnaître l’Islam.

Sans qu’il soit question, ici, de traiter de l’Islam dans la pluralité de ses écoles ou des ses courants, retenons quand même que l’objectif poursuivi pas ses adeptes est l’accomplissement de la volonté du Prophète Mahomet. Chez les musulmans, nul avenir, nul futur mais ipséité d’un passé toujours renouvelé, Allah, son Prophète et le Coran échappant au temps. En d’autres termes, il est illusoire d’attendre une transformation de l’Islam dans le sens d’une modération (ou d’une maturité), à l’instar de celle à laquelle serait prétendument parvenue le catholicisme. Dominique Urvoy, spécialiste reconnu de la pensée arabe considère que le Coran « verrouille la pensée » au point, précise-t-il, d’empêcher les lettrés musulmans de remettre en question ce qui leur est transmis, « le Coran l’emportant sur la recherche historique » (16) .

Cette cécité intellectuelle voire sectaire s’explique par la nature proprement normative de l’Islam. La loi islamique, qu’elle provienne des Hadith (paroles du Prophète) ou de la Charia a vocation à régir entièrement la vie et les comportements du croyant, au point que ce dernier éprouve d‘indicibles difficultés à s‘en extraire. Il existe même une indissociabilité entre le Coran et ce qu’on appellerait son exégétique, quel que soit le résultat de cette dernière. Ainsi, « la Sharî’a est la voie indiquée par Dieu pour le salut de ses créatures. Elle comprend, de ce fait, des commandements qui relèvent tout autant du culte, que de la morale et du droit. C’est un tout intelligible par sa fin. Le droit, dans cette perspective, n’est qu’un moment dont la fin immédiate - organiser les rapports sociaux - est au service d’une fin dernière, ultime: le Salut; La Sharî’a, ainsi délimitée, est consignée dans le Coran et les Traditions du Prophète (17) ». Il n’y a pas, en Islam, de séparation entre le religieux et le politique: « la collectivité islamique ne saurait être laïque, c’est-à-dire soumise à un régime de neutralité sur le plan religieux ; [et même, pourrait-on rajouter] la modération de certaines règles, des tolérances restreintes, ne constituent pas une renonciation à la Charia 18)  ». On en déduirait que l’Islam postule nécessairement un intégrisme dans la mesure où les croyants doivent « intégralement » adhérer et suivre à la lettre les préceptes coraniques. L’islamologue Anne-Marie Delcambre, dans un style plus direct, va jusqu’à écrire que « l’intégrisme n’est pas la maladie de l’Islam. Il en est une lecture littérale, globale et totale de ses textes fondateurs. L’Islam des intégristes, des islamistes, c’est tout simplement l’Islam juridique qui colle à la norme. Aussi, même si on arrive, ce qui est souhaitable, à juguler ce qu‘on appelle l‘intégrisme militant, à éviter les attentats, à mettre tous les islamistes sous les verrous, il restera toujours et partout cet intégrisme diffus dans la société musulmane qui n‘est en fait que le désir d‘application totale du Coran et de la sunna à la lettre.

Cet Islam intégriste inquiète les non-musulmans d‘autant plus qu‘ils le connaissent mal. Il est courant d‘entendre dire : ‘‘l‘Islam est une religion guerrière, L‘Islam impose le port du voile, les musulmans n‘aiment pas les chiens, l‘Islam est contre les images et les statues, l‘Islam est contre la modernité, l‘Islam déteste l‘Occident’’ . Ces idées reçues perdurent parce qu‘elles comportent malheureusement une grande part de vérité. Seulement on n‘ose pas l‘avouer, paralysé par la crainte d‘aller à contre-courant ou de passer pour raciste, voire adepte de théories politiques extrêmes [c‘est nous qui soulignons] (19)  ». On ne saurait mieux dire…

Pis, l’impossibilité de débattre librement de cette question sans risquer l’accusation paralysante et judiciairement coûteuse et infamante « d’islamophobie » s’apparente clairement à une dhimmitude institutionnalisée. Toute hardiesse d’expression en ce domaine se voit muselée par un silence forcé plaçant ainsi tout contradicteur en situation de soumission à ce qui demeure encore (et pour combien de temps?) la deuxième religion de France. Encore que l’on pourrait considérer que par l’effet (imposé par le Code pénal) de ce nouveau délit d’opinion, l’Islam en vient à se hisser sans peine au rang de première religion, toute velléité de résistance chrétienne étant par avance condamnée (notamment par la veulerie de la majorité de l’épiscopat français).

C’est dire, pour (provisoirement) terminer, que l’interrogation (légitime quand elle est sincère) sur l’identité nationale ne peut s’affranchir d’une interrogation sur/de l’Islam. A l’évidence, tous les repères jusqu’à présent structurants de la société française et européenne (culturels, politiques, historiques…) connaissent une transmutation sans précédent dont on aperçoit à peine les premiers prodromes. Ce qu’il y a de tragique, au sens antique du terme, est l’aveuglement criminel dont font preuve nos dirigeants qui nous préparent des lendemains violents, sans que l’on puisse échapper à ce destin douloureux.

Emile Beaufort


(1)  Le Figaro, 3 décembre 2009 (sondage réalisé par l'IFOP).

(2) Ernest Renan, Qu'est-ce qu'une nation?

(3) Estimation tirée de La France multiethnique de 2030: force ou faiblesse géopolitique?, Mémoire du commissaire principal de la marine Florian Chardès (sous la direction du prof. Christophe Réveillard), Collège Interarmées de Défense, Mai 2004.


(4) Xavier Eman, « Business ''Halal'': entre gros sous et hypocrisie », Le Choc du mois, juin 2009, p.37.

(5) http://www.dailymotion.com/video/xbija9_kenzah-drider-1ere-partie_news


(6) On renverra le lecteur à cette émission où le député Jean-François Copé a dû débattre en face d’une musulmane entièrement recouverte des pieds à la tête, ne laissant même pas entrevoir son visage: http://tv.lepost.fr/2010/01/10/1879511_debat-femme-en-burqa-et-cope-chez-ardisson-integrale.html

(7) Jean Sévilla, Quand les catholiques étaient hors-la-loi, Perrin, Paris, 2005, p.269.

(8)  Voir l’article de notre ami Karim Ouchikh sur ce site: http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article31445.php


(9) Texte disponible sur www.maurras.net.

(10) Anne Lys, in http://www.lesmanantsduroi.com/articles2/article71802.php

(11) Alain Tallon, « Qu’est-ce que le gallicanisme », disponible sur www.1905-2005.fr

(12) On ne peut qu’être frappé par cette emprise totalitaire de l’Etat et des institutions supra étatiques pour imposer collectivement des modes ou des comportements qui ressortissent de l’intime et de la conviction personnelle. Nous y reviendrons dans un autre article. En attendant, on renverra le lecteur à Pierre-André Taguieff qui a consacré quelques lignes percutantes et roboratives à ce qu‘il faut bien appeler l‘entrteprise d‘« orwellisation » du monde:www.communautarisme.net/Diversite-et-metissage-un-mariage-force_a1048html?preaction=nl&id=3908965&idnl=59318&

(13) Chirac et Jospin ayant poussé la cohabitation d’alors jusqu’à la plus parfaite connivence idéologique en prenant la tête de la croisade laïciste en Europe pour imposer ce négationnisme historique.


(14) Jean Rivero, « La notion juridique de laïcité », Dalloz, 1949, p.137.

(15) http://www.leparisien.fr/politique/identite-nationale-visite-surprise-de-besson-a-la-courneuve-05-01-2010-766358.php

(16) Dominique Urvoy, « Le Coran au crible de la critique », Nouvelle revue d’Histoire, janvier-février 2003, p.35.

(17) S. Laghmani, « Les écoles juridiques du sunnisme », Pouvoirs, n°104, 2003, p.23 (disponible sur www.revue-pouvoirs.fr).

(18) Frédéric-Jérôme Pansier et Karim Guellaty, Le Droit musulman, PUF, Paris, 2000.


(19) Anne-Marie Delcambre, L’Islam des interdits, Desclée de Brouwer, Paris, 2003.

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