dimanche 30 avril 2017

Nouscontacter


Les archives

Effectuer
unerecherche
surlesite :


Pourrecevoir
laLettre
desManantsduRoi,
j'inscrismon
adressecourriel :

 

 

De la « dictature des idolâtres »…

Au cœur de toutes les confusions. Défendre la vie. Pas de place pour l’homme si l’enfançon, qu’il soit paré du masque du fœtus ou de l’embryon, n’est pas reçu à la place qu’il lui revient ! Un combat à mener sans relâche ! Notre ami Dominique Daguet, avec tout son talent nous tire vers le haut !

 

Portemont, le 15 janvier 2010

L’avortement au cœur du désastre

Dans sa synthèse de presse bioéthique du lundi 22 juin 2009 l’association « Généthique » relève que : « Liberté Politique dénonce le statut qu'un prétendu droit à l'avortement entend s'attribuer au sein des droits fondamentaux et universels. Il s'est notamment inscrit au cœur du débat des élections européennes. Ainsi le mouvement Choisir, qui défend une « clause de l'Européenne la plus favorisée », place ce « droit » au premier plan des conditions permettant aux femmes de « demeurer des citoyennes à part entière » ».

Le confusionnisme règne ainsi que la médiocrité des concepts. Cette revendication des mouvements féministes soulève des questions philosophiques qu’apparemment nos responsables politiques – si pressés de recueillir les voix des femmes soumises à l’influence de cette mouvance – n’ont pas cherché à approfondir quelque peu. Les droits de la femme méritent meilleure défense et moins d’à-peu-près.

Le 8 mars dernier, la Journée des Femmes 2009 a célébré, ô merveille, la liberté d'avorter comme un « droit fondamental et emblématique », droit considéré comme la clef première de l’accomplissement de la femme, un accomplissement qui ne se comprendrait qu’en terme d’émancipation. Le Planning familial d'Île-de-France en a fait une condition majeure du libre choix, au même rang d'importance que la sexualité et la contraception : je relève que pour cette association, envers laquelle le pouvoir témoigne d’une fascination dévote et une générosité sans faiblesse – le Président Obama vient d’en donner un exemple éloquent –, le libre choix est quasi toujours celui du refus de l’enfant. L’embryon, le fœtus, quels mots commodes pour cacher l’enfançon !

« Liberté politique » insiste sur le fait que tout cela se fait au nom d'un humanisme qui entretient une « confusion expéditive entre le souhait d'écarter une grossesse et la réalisation mortifère de ce souhait », oubliant qu'un « sujet libre est un sujet en humanité, en charge de l'humanité de son semblable, non une machine à vouloir ». J’ajouterai, étant par nature adepte des mots qui font mal, aussi bien pour moi que pour tous, dans la mesure où ils sont susceptibles de réveiller la réflexion, des machines à envier.

L'article, souligne « Généthique », « met aussi en valeur l'émergence d'une conscience accrue des conséquences néfastes de l'avortement. Les récents développements de la psychiatrie fœtale montrent en effet que l'embryon possède déjà une individualité propre, et que cet être est déjà l'acteur de son développement psychique. Quant à l'existence d'un stress traumatique lié à l'avortement et de risques pour la santé mentale des femmes, il constitue un "sujet de moins en moins tabou". Les auteurs de conclure que "la civilisation reviendra du droit d'avorter comme elle est revenue du droit de réduire autrui en esclavage" ».

L’expression « réduire autrui en esclavage » vient ici fort à propos : je m‘en saisi sans scrupule, car depuis longtemps je suis frappé par la façon extrême dont certaines entreprises associatives cherchent à imposer des façons de faire qui vont à l’opposé de ce qui forme le « corpus » positif et créateur de chaque être humain :  en cette période de réflexion généralisée sur ce que l’on nomme la bioéthique – tant le mot « morale » fait peur à tous ceux qui ont exclu le mot « absolu » de leur vocabulaire, puisque celle-là ne peut être fondée que sur celui-ci, tandis que la bioéthique ne relèverait, semble-t-il aux naïfs, que du relatif – il serait temps de diversifier les pôles de cette réflexion et d’examiner ce qui se passe non pas seulement en aval, par exemple les conséquences d’un avortement sur le corps et le psychisme de la femme, mais également en amont en abordant la question décisive de la « nature » de l’être humain.

Je conçois que ce que je viens d’écrire puisse rendre fous la plupart de nos idéologues à la mode pour lesquels cet « être » ne relève en rien d’une nature qui le différencierait du reste du monde animal : mais instinctivement chaque homme éprouve une sorte de répulsion – qu’aujourd’hui beaucoup refoulent sans se douter qu’ils amassent au plus intime de ce qu’ils sont comme une bombe à retardement – à admettre ce cousinage ultra réducteur. Il conviendrait donc de formuler comme une déclaration sur l’éminente dignité de cette nature, sans se référer à une quelconque religion, même si par exemple la foi chrétienne exprime à ce sujet ce qui s’est conçu de plus haut et de plus exaltant depuis que l’homme est homme, car il faudrait que cette déclaration puisse être reçu universellement comme base sérieuse et consensuelle à toute loi bioéthique. Vœu utopique, naturellement.

Pourtant, si l’on n’ose pas s’exprimer sur cette nature, si l’on continue sur le chemin de folie qui serait de croire que l’être humain ne relève pas d’une sorte de transcendance par rapport à tout ce qui vit sur cette terre tout en participant à cette vie, alors rien jamais ne pourra être décidé qui ne serait aussitôt contesté, renversé, pour toujours descendre plus bas dans cette revendication qui cherche à aligner l’être humain sur le singe ou sur l’amibe. Pourquoi pas sur les acides aminés ?

La désespérance que véhicule l’époque n’a pas d’autre fondement que ce refus qu’elle oppose à toute reconnaissance métaphysique de l’être. Il va de soi que dans ce refus la réclamation d’un droit à l’avortement est ridicule puisque le droit a besoin de reposer sur un socle intangible que ne saurait être la seule liberté, puisqu’elle aussi ne saurait exister sans cette reconnaissance. La liberté n’est pas un absolu, elle en est la conséquence.

Certes, je remue des impossibilités : car dans la cacophonie du temps présent il sera toujours impossible de s’accorder universellement sur l’essentiel en sa globalité. Le possible sera toujours le plus infime commun dénominateur : au moins faudrait-il l’exprimer, ce qui permettrait enfin de reconnaître à l’embryon son statut d’être humain. Il est infiniment choquant, pour ne pas dire infiniment douloureux de constater que l’on oppose à cette reconnaissance qui va infiniment de soi un droit sans fondement à le faire disparaître : façon raccourcie de dire que ce droit est un faux-semblant, qu’il n’existe que sous forme altérée d’une revendication à l’exercice sans garde-fou (quelle terrible expression !) d’une liberté comprise ou servie comme une idole. Et l’on sait depuis toujours que la liberté est niée par les idoles : l’on constate aujourd’hui que les femmes avortent pour la plupart comme poussées inexorablement par les prêtresses du planingue coïtal. (Ce qui ne signifie pas que l’on ne devrait plus s’occuper des femmes en difficulté, des femmes en réelle détresse, pour lesquelles mettre en place des mesures d’aide positives et efficaces. Ce qui ne signifie pas non plus qu’il faille repénaliser l’avortement, remettre en prison etc..)

J’aperçois une autre piste : car enfin si les femmes revendiquent ainsi le droit de n’être pas mères même quand elles le sont déjà, il y a des hommes qui sont privés du droit d’être pères même quand ils le sont déjà, soit par le désir soit par le fait… On le sait, la plupart d’entre eux sont lâches, veules, muets devant l’épreuve, prêts à toutes les compromissions afin d’avoir la paix : mais non tous et c’est ce qui compte. Depuis cinquante ans tout a été fait, notamment par des femmes, non toutes par bonheur, pour que le père disparaisse : on en voit les conséquences, non toutes encore, par malheur.

On ne cesse, dans les « gros médias » qui se prétendent grands – on ne dira jamais assez la part immense qu’ils ont prise dans le détricotage de la société contemporaine, dans son affaissement, dans sa lente coulée au fond des marécages d’une permissivité généralisée dont la première des victimes emblématiques est justement la liberté bien comprise – d’enfoncer à grands coups l’idéologie de l’individualisme, ce qui est tout le contraire du respect que l’on doit à chaque être, à chaque personne : nous arrivons aux dernières étapes de cette entreprise de déstructuration, de dépersonnalisation, de désocialisation à laquelle depuis deux cents ans s’est livré l’ « homo occidentalis ». Au terme de ce jeu de massacre, nous aurons le cataclysme final à partir duquel qui pourra encore se pencher sur ces innombrables écorchés de l’âme, du psychisme, de l’esprit que seront devenus les humains ?

Europe : 1,2 millions d´avortements en 2007

Le réchauffement climatique est la grande tarte à la crème des partis politiques – les Verts en tête : ils en font une idéologie nouvelle qui servira de massue pour mieux éviter d’élever le débat j’allais dire des racines de l’être jusqu’à ses frondaisons dans l’invisible. On peut lutter contre lui ou faire avec sans créer de nouvelles idoles et sans se détourner de l’homme.
Que sortira-t-il de cette grande – paraît-il – confrontation de tous les Français sur les thèmes de la bioéthique ? Si l’on en reste à la sauvegarde irraisonnée du droit à l’avortement comme à celui réclamé par certains biologistes et médecins, nous serons, non pas seulement ridicules, on n’en meurt plus depuis longtemps, mais pour longtemps réduits à la dictature des idolâtres.

Dominique Daguet

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir


 

 

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.