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Etre Français…

De notre « patrimoine riche et substantiel »… Mesurons-nous, pesons-nous, ressentons-nous, à quel point nous sommes les héritiers d’un héritage que bien des peuples nous envient ? Du « savoir-être » français… De notre langue française – si riche de nos vieux « parlés » - comme dénominateur commun… Hugues Kéraly, de « Sed Contra » - le quotidien des chercheurs de sens – apporte sa pierre au « débat »…

Portemont, le 23 novembre 2009

La quête du dénominateur commun

Bien entendu : dans une nation forte, fière de ses valeurs spécifiques et de son passé, la langue ne constitue pas le seul déterminant de “l’identité nationale”. L’héritage historique et culturel au sens large, incluant les racines religieuses d’un pays, fait partie du consensus qui soude une nation.
Etre Français, c’est hériter d’un patrimoine riche et substantiel, qui ne se limite pas aux frontières géographiques d’un territoire ni aux marqueurs administratifs des papiers d’identité : hériter d’une histoire forgée sur plus de quinze siècles, longtemps mariée à celle de la construction et du rayonnement de l’Europe chrétienne ; hériter d’une culture admirée dans le monde entier, qui façonne nos façons de penser, de travailler, d’aimer, de vivre ensemble ; hériter d’une langue où les valeurs de cette histoire commune et les spécificités de cette culture comprise comme “savoir-être” se reflètent admirablement.

Baptême de Clovis

On aura bien du mal cependant à mettre les Français d’accord sur la richesse de leur patrimoine historique : trop d’entre eux – incluant la majorité des enseignants – sont victimes d’une vision qui fait table rase de toutes les valeurs cultivées avant la Révolution de 1789, du baptême de Clovis au testament de Louis XVI, quand ils ne sont pas victimes des assauts de la “repentance” contre les meilleures racines et les plus beaux exploits scolaires et civilisateurs des idéaux républicains…

« Je recommande à mon fils, s'il avait le malheur de devenir Roi, de songer qu'il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu'il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommément tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j'éprouve. Qu'il ne peut faire le bonheur des Peuples qu'en régnant suivant les Lois, mais en même temps qu'un Roi ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu'autant qu'il a l'autorité nécessaire, et qu'autrement, étant lié dans ses opérations et n'inspirant point de respect, il est plus nuisible qu'utile. »

http://fr.wikisource.org/wiki/Testament_de_Louis_XVI

 

On aura bien du mal aussi à les mettre d’accord sur les vertus de leur patrimoine culturel, parce que la montée en force de l’analphabétisme, de l’égocentrisme et du relativisme universel (“tout se vaut”) coupe le plus grand nombre de l’accès aux véritables sources : la lecture, les arts plastiques, l’éducation au sens critique, la conviction du sens et l’inquiétude du beau…
Nous pourrions en dire autant de la langue française, naufragée depuis plusieurs décennies par l’auto-démolition programmée de l’Education Nationale et le triomphe généralisé des outils de régression linguistique (sms, courriels, blogs, forums…) Mais voici que les Français eux-mêmes viennent de donner un signal fort de consensus national en rattachant leur sentiment patriotique à ce dénominateur commun : dans un sondage réalisé par l’Ifop pour Le Parisien, 80% des personnes interrogées placent la langue en tête des éléments constitutifs de l’identité nationale, avant même la République (64%), le drapeau tricolore (63%) ou la laïcité (61%).
La langue française en effet – par sa richesse, sa rigueur, sa courtoisie – reste bien un signe de reconnaissance nationale et un dénominateur commun non polémique qu’il convient de sauvegarder (ou plutôt de restaurer) à tout prix.
Pour vivre ensemble, la courtoisie est essentielle. Pour travailler ensemble, il faut parler le même langage. Pour progresser ensemble dans le débat des idées, y compris celui de l’identité nationale, c’est encore plus évident. Qu’on soit de gauche ou de droite, anarchiste ou libéral, chrétien ou agnostique, il me semble qu’on devrait pouvoir mettre tout le monde d’accord là-dessus.

©Hugues Kéraly / Sedcontra.fr

http://www.sedcontra.fr/


Les Serments de Strasbourg

Vieux Français
'Pro Deo amur et pro christian pablo et nostro commun salvament, d'ist di in avant, in quant Deus savir et podir me dunat, si salvarai eo cist meon fradre Karlo et in ajudha et in cadhuna cosa, si cum om per dreit son fradra salvar dift, in o quid il mi altresi fazet, et ab Ludher nul plaid nunqua prindrai, qui meon vol cist meon fradre Karle in damno sit.'

Français Moderne
'Pour l'amour de Dieu et pour le salut du peuple chrétien et notre salut commun, de ce jour en avant, autant que Dieu me donne le savoir et le pouvoir, je défenderai mon frère, Charles, et en aide de tout, comme il faut par droit naturelle défendre son frère, pourvu qu'il me fasse la même, et avec Lothaire je ne prendrai aucune accorde au préjudice de mon frère Charles.

http://www.historique.net/philologie/serments/


La Cantilène de Sainte Eulalie (IXe siècle)

Version originale
 l’un des plus anciens documents en langue d’oïl. Il date du IXe siècle (l’époque de Charlemagne) mais porte déjà la marque de notre langue actuelle…

Buona pulcella fut Eulalia
Bel avret corps, bellezour anima.
Voldrent la veintre li Deo inimis,
Voldrent la faire diavle servir.
Il non eskoltet les mal conseillers,
In figure de colomb volat a ciel.
Tuit oram que por nos degnet preier
Qued avrisset de nos Christus mercit,
Post la mort, et a lui nos laist venir.
Par souve clementia.


En août 1539, François Ier y signe "l'Ordonnance dite de Villers-Cotterêts". C'est l'acte fondateur de la primauté et de l'exclusivité du français, langue usitée à la Cour mais pas dans la totalité de la France, comme langue administrative dans la rédaction des jugements et des actes notariés en lieu et place du latin et des autres langues du pays. Le même édit obligeait également les curés de chaque paroisse à tenir un registre des naissances : ce fut pour beaucoup l'acte fondateur de l'état civil. En plus, I'ordonnance, dite "Ordonnance générale sur le fait de la justice, police et finances", oeuvre du Chancelier Guillaume Poyet, comprend 192 articles qui portent réforme de la juridiction ecclésiastique, réduisant aussi certaines prérogatives des villes.
Plusieurs ordonnances royales l'avaient précédée pour imposer le français dans l'administration :

    • Ordonnance de Montils-lès-Tours, promulguée en 1454 par Charles VII, obligeant de rédiger les coutumes orales, qui tenaient lieu de droit, et ceci en langues vulgaires, que ce soient langues d'oïl au Nord ou d'oc au Sud.
    • Ordonnance de Moulins, par Charles VIII en 1490, précisant que les langues vulgaires et maternelles, et non le latin, soient utilisées au cours des interrogatoires et dans les procès verbaux.
    • Ordonnance de 1510 par Louis XII imposant que la langue juridique pour tous les actes de justice soit celle du peuple, et non le latin, il en découle que le droit était dit en toutes les langues présentes en France à cette époque.
    • Ordonnance d'Is-sur-Tille par François Ier en 1531 : l'ordonnance de Louis XII s'applique au Languedoc.

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