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Vite tourner la page...

Prendre de la hauteur afin de ne pas se faire mouiller les pieds par les torrents de larmes de Madonna. Lever un peu les yeux vers le ciel qui nous offre toujours un petit coin bleu... Et faire la nique à l' « ouragan » qui décoiffe Monsieur Frédéric Mitterrand...
Mais nous ne passons pas sous silence la très belle « mascarade des idoles » de notre ami Dominique Daguet!

Avec en introduction le petit mot de notre amie Anne-Lys...

« ….Michael Jackson savait monter et tenir un spectacle et attirer des foules de jeunes à la culture musicale embryonnaire, mais il n'a jamais composé ni même arrangé une mesure de musique, ce qui est peu pour quelqu'un dont on nous dit qu'il a révolutionné la musique.

Bref, pourquoi tout ce bruit excessif pour une personnalité très discutable par son infantilisme, son narcissisme et ses mœurs douteuses ? S'agit-il de pousser à la vente de ses disques pour aider ses héritiers à payer ses très lourdes dettes ?

Bref, ce « has been » méritait certes qu'on parlât de sa mort, et pour mon compte je lui souhaite que ses fautes lui soient pardonnées dans l'autre monde, mais je me refuse à en faire plus. »

Amitiés

 

Portemont, le 28 juin 2009

La mascarade des idoles

Stupéfaction ! J’entends d’innombrables déclarations secouer le monde des ondes, comme si un cataclysme planétaire venait de fracasser notre cosmos, de jeter les étoiles du ciel les unes contre les autres !

Je n’ai jamais sacrifié aux rites universels de la déesse des cultures car, par un bonheur inouï, la grâce me fut faite de ne pas abandonner le Crucifié, dont le signe orne avec une forte présence la poitrine de Johnny Halliday :

quoique je pense avoir contribué, selon des moyens modestes, à faire surgir comme à faire connaître quelques-uns des trésors dont notre temps peut à bon droit s’enorgueillir. Mais je n’ai bien heureusement jamais sombré dans l’extase clownesque qui fut celle de notre Ministre des Affaires étrangères au bas de la scène où se produisait notre roqueur national, pour le plus grand plaisir du photographe de Paris-Match. Jamais je n’aurais pu, fut-ce pour le peintre le plus éminent, qui n’était pas pour moi Pablo Picasso, pour le poète le plus inspiré, fut-il Rimbaud, le philosophe le plus profond, certainement pas Michel Onfray, me plonger dans une déréliction telle que celle qui fit déclarer à Madonna qu’elle ne pouvait plus s’arrêter de pleurer tandis qu’une autre des étoiles d’Holiwoocheouinguomme, Elizabeth Taylor, déclarait qu’elle ne savait plus comment elle pourrait sans lui continuer à vivre !

« ...trop dévastée... « My heart... my mind... are broken, »Taylor said. « I loved Michael with all my soul and I can't imagine life without him. We had so much in common and we had such loving fun together. ». Inutile de traduire...

Et chacun ou chacune de sortir l’album des photos souvenir où l’on peut le ou la voir en compagnie du petit dieu disparu.

Mais songez, lecteurs, aux dithyrambes qui saluent les exploits des archi millionnaires du fouteballe, les you-you festifs qui vrillent même la calotte céleste quand passe un de ces héros des écrans pris pour des héros de légende.

Qu’est-ce donc que la culture si on l’assimile à ces momeries insensées ? Je donne toutes les rockarderie, poparderie et autre technarderie pour un seul livre de Dostoïevski. Car au moins s’exprime là une conception du monde d’où je puis tirer des éléments utiles à l’accomplissement de mon être tandis qu’ici s’exprime le seul pauvre aveuglement qui marque l’humanité d’aujourd’hui comme d’une lèpre de l’esprit. L’art n’est pas étranger à cette recherche et si nous avons besoin d’un guide, ce sera plutôt Dante qui le sera et non ceux qui se perdent dans des océans d’illusions, parfois nées de l’alcool ou de l’opium.

Portrait de Dante

Une grande loufoquerie vient d’être jouée par nos divers ministres, accablés d’un malheur si grand que l’on pourrait penser qu’ils viennent de perdre en Michael Jackson davantage que toute la troupe de leurs amis les plus chers, que toute leur propre famille. Ils ont dressé un véritable arc de triomphe virtuel au pauvre pantin qui vient enfin de quitter ces rivages de souffrances dans lesquels il s’était égaré, ils l’ont élevé à la hauteur d’un mythe de culture en gestation, et ils ont même hissé ses chansons plus haut sans doute que les œuvres de Bach ou les flèches de Chartres. On peut allonger indéfiniment ce début de liste, qui indique à quel point ils ont perdu le sens de la mesure. Mais que vais-je leur faire un procès ? Est-ce cela que nous attendons d’eux, qu’ils nous indiquent le beau et le bon, le vrai et le faux, le désirable et le vomitif ? Qu’ils se contentent donc de gérer avec compétence leur portefeuille ministériel…

Inutile de les citer, dans trois semaines ils auront compris à quelle entreprise d’idolâtrie indigne ils se sont livrés, eux qui peut-être avaient déjà honte au moment où ils s’exprimaient, eux dont on ne sait même pas s’ils croient en l’absolu divin ou non. Quoique… je doive me repentir aussitôt de ce que je viens de dire, car enfin les paroles du tout neuf ministre de la culture sont à ce point excessives qu’elles rejoignent le sinistre trou noir de l’insignifiance. Ainsi va-t-il devoir remonter une rude pente pour se faire reconnaître quelques circonstances atténuantes.

Non, il n’y eut jamais en moi « un Michael Jackson » - même si je reconnais chez lui un talent qui dépasse celui de beaucoup –, il me suffisait d’être celui que je suis et de ne pas m’encombrer l’esprit avec ces turbulences hypnotiques devenues la drogue dure de tant de millions de nos frères humains, d’égarés par de faux amis, de faux prophètes, de faux conseillers. Se laisse séduire qui veut, certes, encore faudrait-il avoir été formé dans nos écoles à la réflexion personnelle, à l’art comme à la pratique du discernement ; incité à découvrir la vérité des choses comme des êtres, à connaître à la fois la grandeur de l’homme et sa misère. La règle étant ici d’abattre toutes les idoles qui se profilent à nos horizons.

Évidemment, j’oublie que la politique de notre temps consiste essentiellement à plaire et complaire, notamment à toute une jeunesse censée tout savoir, tout comprendre, tout juger. Aux adultes de se plier aux ordres de ces jeunes hurlant à l’unisson d’enceintes géantes d’où sortent de cataclysmiques décibels et infrasons : à ce qu’ils veulent, désirent, attendent des vieux, bourgeois de préférence puisque ce sont eux qui ont le fric. Nécessaire pour aller, dans des partouzes géantes protégées par l’État, se bourrer les narines ou l’estomac de ces drogues assassines qui rendent fous.

L’effrayant dans tout cela est de comprendre que le mot « idole », si complaisamment ressassé par tous les journalistes ondulant d’un micro à l’autre, si dangereusement usité depuis quelques décennies – je préférais de loin désigner les artistes en question comme des « vedettes » ou mêmes des « étoiles » –, semble bien être désormais pris au sens propre : oui, l’idolâtrie s’exerce sans vergogne devant comme autour de nous. Des critères de la divinité sont accordés à de pauvres êtres nourris aux médicaments – médicalmants, comme l’écrivait Christian Moncelet –, rendus ivres par les acclamations frénétiques de ceux qui ne savent plus rien de ce qu’est leur destin, leur vocation. Qui n’entendent qu’un mot vide de sens quand on leur parle de l’éminente dignité de leur être, transcendant à tout ce qui est sur terre, et que ne leur font évidemment pas ressentir ceux que je désignerais volontiers de « hurloglottes » de foire, ce que sont le plus souvent même les meilleurs d’entre eux.

Pitoyable autant que « pitroyable » si je puis oser ce mauvais mot. Personne, je n’ai entendu ni vu personne dire qu’il fallait prier pour la pauvre âme de Michael Jackson : qui pourtant en a besoin comme chacun des vivants d’aujourd’hui en aura besoin à l’heure de son départ. Quelqu’un me dit : « mais il était musulman ! ». Et alors ? Un musulman a tout autant besoin de prières que n’importe quel autre homme, peut-être plus encore, lui qui adhère à un système qui ne cesse de re-crucifier le Christ en niant qu’Il soit celui qu’Il dit être ; en niant qu’Il fasse ce qu’Il fait.

Quant à celui qui vient de franchir le « petit ruisseau », il fut à un haut degré représentatif de la misère de notre époque, représentation qu’il accomplit avec un talent certain. Mais je ne suis pas certain que ce soit vraiment ce talent qui a été réellement loué si hyperbolique ment. C’est cette image qu’il renvoyait à chacun de ses admirateurs, image du succès, de l’aisance, du vide aussi à quoi la plupart aspire comme un remède au vieux désir jamais assouvi d’être un dieu, quoique l’on en connaisse au plus profond de chaque cellule l’impossibilité. Un des « fans » ou fanatiques entendus disait avoir tout tenté pour « être Michael Jackson ». Existe-t-il pire misère intérieure ?

Sosies?... « Non-être »

Un grand travail attend l’époque : que soient évacués les miasmes de la grande apostasie commise au XXe siècle et que le XXIe amplifie d’une façon exponentielle. Si bien que l’on pourrait se dire avec quelque vraisemblance que nous approchons des temps apocalyptiques.

Dominique Daguet

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