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Toujours des longueurs d'avance...

En février 2006, notre « Maître d'Ecole », le général Pierre Marie Gallois posait une question: Des banlieues parisiennes au Jihad islamique: « Frustration et convoitises islamiques? »...
Avant que de se lancer dans son long discours du Caire, le président Barack Hussein Obama aurait été bien inspiré de lire les réflexions du général Gallois... Sauf à trouver quelques intérêts de les ignorer...

Portemont, le 13 juin 2009

Des banlieues parisiennes au Jihad islamique : « Frustration et convoitises islamiques? »

Essayer de comprendre n’est ni justifier, ni disculper, encore moins excuser les violences exercées par les extrémistes de l’Islam, de la destruction des biens d’équipements aux attentats terroristes à la bombe. Mais c’est, afin de s’en défendre chercher à définir jusqu’aux origines de cet antagonisme radical dont sont victimes les non musulmans.
En dépit des dénégations officielles, des liens unissent les émeutes dont les banlieues parisiennes ont été les théâtres aux manifestations de colère populaire déclenchées par la publication [1] des caricatures du Prophète.

Ces événements, ceux de novembre dernier comme ceux du mois de février suivant, participent de l’affrontement de deux conceptions de la communauté humaine.
D’un côté, la société dite occidentale telle que les deux derniers siècles l’ont façonnée, de l’autre, les pays musulmans dont, pour ce qui nous intéresse ici, la mutation contemporaine est d’ordre politique, économique et social, mutation qu’ils doivent, en grande partie à la décolonisation et à l’avènement de « l’âge du pétrole », phénomènes à peu près concomitants.
S’il s’agit ainsi que le suggèrent les événements, des prolégomènes d’une troisième expansion de l’Islam (après celles du VIIIème et XVIIème siècles) il importe de réfléchir aux conceptions que les intelligentsias musulmanes peuvent avoir, à la fois de l’état du monde musulman et des caractéristiques de l’Occident, plus particulièrement du continent européen, principale destination du peuplement envisagé. Ce n’est naturellement que sous la forme d’hypothèses que ces considérations sont, ici, évoquées.

  1. 1° Hypothèses sur l’état du monde islamique :

Il compte, actuellement, plus de 1,3 milliard de fidèles. Son dynamisme démographique lui assure non seulement le maintien d’une aussi nombreuse population, mais son accroissement (l’indice de fécondité varie de 7,5 : Yémen à 2,5 : Turquie). Dans l’Ancien monde, c’est-à-dire la masse Euro-Africano-Asiatique, l’Islam s’étend du 10ème au 70ème parallèle de latitude nord, de la Guinée à la Mongolie et à l’Indonésie. Ses rivages sont baignés par les eaux de l’Atlantique, de la Méditerranée, de le mer Noire, de la Caspienne, des Océans Indien et Pacifique. Mais, surtout, les plus importantes réserves de pétrole (70 % du total) et de gaz naturel se trouvent en terres d’Islam, dont en Arabie Saoudite (pétrole) et en Iran (gaz naturel). [·2]

« Un monde (de 1300 millions d’hommes) qui possède d’énormes ressources naturelles qui occupe une toute première place géographiquement qui est, de surcroît, l’héritier d’une colossale tradition culturelle et politique et qui est le porteur de la pensée vivante islamique, ne peut rester longtemps dans une position de mercenaire », écrivait en 1970 Alija Izetbegovic. Or, poursuivait-il « nous sommes asservis, à un moment, en 1919 il n’existait aucun pays musulman indépendant … le monde musulman se trouve en état d’ébullition et de changement… l’époque de la passivité et de la paix est révolue à jamais » [3]

Le dirigeant bosniaque incitait à la révolte un peuple frustré.
Mais, tout autant que les pays occidentaux ceux de l’Islam sont divisés. Leurs gouvernements,
comme à l’Ouest, défendent âprement leurs intérêts respectifs même si pour les populations la confession crée un lien (qui n’existe plus en Occident) tandis que les inégalités sociales et économiques y sont plus accusées encore. « Les richesses (biens) ne restent pas dans le cercle des riches parmi vous, corrigeait le Coran, alors qu’en réalité elles ont été progressivement accumulées entre les mains d’un nombre restreint », constatait tristement Izetbegovic.
Grâce à ces richesses, les pays musulmans pétroliers et gaziers tiennent en dépendance les Occidentaux industrialisés dont le développement, la prospérité dépendent des ressources énergétiques enfouies dans le sous-sol musulman.

Non seulement les gouvernements des pays producteurs n’ont pas réussi à tirer parti, politiquement, de cet avantage, mais leurs richesses suscitent des convoitises et des interventions étrangères qui sont autant d’atteintes à leur souveraineté, voire qui se révèlent désastreuses pour leurs populations (Iran, Irak). D’où un regain de frustration et le sentiment d’être dévalorisés, de ne pas tenir sur la scène internationale le rôle majeur que légitimerait la possession de ressources aussi vitales pour l’humanité, et plus particulièrement, pour l’Occident industrialisé.

A cet état de dépendance dans lequel se trouvent les « Industrialisés » (qui passent aussi aux yeux des musulmans pour être des prédateurs) correspond un autre état de dépendance, mais, cette fois, en l’occurrence, ce sont les pays de l’Islam qui en sont les victimes.

En effet, si prestigieuse que soit leur Histoire – selon le président A. Izetbegovic – ils sont passés à côté de la révolution industrielle, laquelle à partir, surtout du XIXème siècle, a porté l’Euro-Amérique au pinacle.

Les gouvernements des pays musulmans sont bien forcés de constater aujourd’hui que leurs pays respectifs sont totalement tributaires, pour leurs indispensables biens d’équipement, de l’innovation et de la production du monde occidental industrialisé. Ils ne maîtrisent aucune industrie de production de biens d’équipement, mais seulement un modeste artisanat. Ils doivent importer matériels électriques et électroniques, machines-outils, matériels ferroviaire et maritime, matériels roulant, ingrédients nécessaires aux travaux publics et bien sûr aéronautique, espace nucléaire etc… (à l’exception du Pakistan nucléaire et de l’Iran qui entend s’en rendre maître). Il ne reste à ces peuples qu’une industrie pétrolière et gazière dont les techniques leur sont également étrangères. Source d’humiliation.

Et alors que la mondialisation et l’interconnexion des échanges pouvaient favoriser les pays musulmans en permettant d’utiliser leurs ressources à l’industrialisation, les voici qui découvrent que la « place est prise » par l’Asie (Chine et Inde) et qu’ils ne pourront plus s’émanciper de la tutelle étrangère pour tout matériel de haute technicité. Un bien amer constat, lui aussi mobilisateur.

Le président chinois Hu Jintao et le roi d'Arabie saoudite Abdullah bin Abdul-Aziz

Il leur reste les énergies fossiles, jusqu’à maintenant si rémunératrices, au moins financièrement. Mais autre déplaisant constat : leur âge, celui de leur prédominance touche à sa fin, puisqu’il se compte, désormais, en décennies. Il est du devoir des gouvernements intéressés de rechercher, dès maintenant, des activités de substitution. Mais lesquelles ? Comment faire vivre dans des conditions de relative aisance, fournies par la rente pétrolière, des populations de plus en plus nombreuses, et non préparées à l’épreuve d’une telle adaptation ? Cela sur un territoire aride en surface et désormais pauvre en sous-sol ? Certains gouvernements, courageusement s’y préparent en ayant recours à la finance (la vente du pétrole a permis la création de fonds d’investissement qui se chiffrent en centaines de milliards de dollars), au tourisme, à la mise en œuvre des techniques de communication, aux déplacements aériens et maritimes. (Pays Bas et Portugal sont des précédents historiques, avec leurs aventures maritimes).

Mais, pour l’ensemble du monde musulman ce serait demeurer dans le même état de dépendance faute de disposer de moyens de production, de matières premières et d’être à même de rivaliser en capacité d’innovation scientifique et technique avec la créativité asiatique. Situation angoissante et sans doute tenue pour telle par quelques politiques ou analystes musulmans.

2. Hypothèses sur l’Occident industrialisé vu par les doctrinaires islamiques.

La pétro-politique pratiquée par Washington, surtout à partir du début des années 90, a, peu à peu, transformé l’image des Etats-Unis, superpuissance, défenseurs des droits de l’homme, champions de l’économie libérale, assistant des peuples en difficulté en un Etat plaçant ses intérêts au-dessus des principes moraux qu’il prétend défendre. Lors de la première guerre du Golfe, le déplacement, en Arabie Séoudite, d’un corps expéditionnaire majoritairement non islamique a provoqué un choc « civilisationnel » dont Oussama Ben Laden tirera parti.

Les bombardements de l’Irak, la seconde guerre du Golfe, l’intervention armée en Afghanistan, la violence pratiquée par les armées américaines après les attentats du 11 septembre 2001, ont dressé une large fraction des pays musulmans contre la superpuissance.

Plus récemment, les événements politiques survenus en Amérique latine ou (Washington perd pied), l’émergence de la Chine, candidate à la superpuissance, ont encore entamé le crédit dont bénéficiaient les Etats-Unis. Leurs alliés traditionnels, en Europe plus particulièrement, en pâtissent. En quête de matières premières et militairement sur la réserve, la Chine et l’Inde offrent de fructueuses transactions commerciales sans que l’ombre de la force soit redoutée. L’Occident dans son ensemble, n’est plus le seul fournisseur des techniques dont sont dépourvus les pays musulmans, l’Asie s’y substitue.

En revanche, la faiblesse politique de l’Europe est pour les populations de l’Islam, pleine d’attraits :
Son dépeuplement crée un vide particulièrement attirant. Encore suréquipée par un passé industriel riche en multiples activités, l’Europe accueille la main-d’œuvre étrangère afin que celle-ci remplace la défaillance numérique des autochtones vieillissants.

L’affaiblissement des souverainetés nationales est l’objectif de la « construction européenne » si bien que les Etats européens historiques n’ont plus les moyens politiques et matériels qui leur permettraient de sauvegarder leurs identités nationales et de redresser les taux de natalité par une généreuse politique familiale.

L’Europe est devenue un continent ouvert, à la population déclinante, aux frontières effacées et aux pouvoirs affaiblis, mais au territoire fertile et solidement équipé par des siècles d’efforts. Donc une proie tentante et facile, de surcroît à proximité de la zone musulmane en surpeuplement et menacée chez elle de précarité.

Déjà, la population musulmane a pratiqué, en Europe, la politique du « pied dans l’entrebâillement de la porte ». En France, particulièrement, où elle compterait près de 10 millions de personnes ou encore un pourcentage voisin de 15 %. Par le droit du sol, le droit de vote à 18 ans, le regroupement familial, la régularisation des clandestins et les naturalisations, un électorat nouveau est constitué avec lequel le pouvoir doit compter et qu’à cette fin il courtise spécialement en tolérant ses excès, ce qui l’encourage à en commettre d’autres.

Le marché du Halal connaît une croissance de 15% par an grâce à une offre qui se modernise :
- 6 millions de musulmans en France, soit prés de 10% de la population française.
- 3 milliards d’euros, estimation du marché halal en France.
- 15% croissance annuelle pour le marché halal depuis 1998.
Source ethicfoodshow.com

 

Au-dessus d’un certain pourcentage d’allogènes, ceux-ci ont intérêt à manifester leur puissance – y compris leur pouvoir de nuisance – afin de placer l’autorité en contradiction avec les principes auxquels elle se réfère. Si le gouvernement du pays d’accueil sanctionne ces « dérapages », s’il en vient à adopter des dispositions policières spéciales, il restreint, pour tous, les libertés dont il entend être le garant. Aussi, afin d’éviter de tomber dans ce piège, l’apaisement est préféré ainsi que l’octroi de toutes sortes d’avantages, ce qui ne manque pas de grossir les rangs des migrants.

3. La question qui se pose est de savoir si leur présence en nombre grandissant est un important appoint démographique ou s’il recèle une future menace.

L’histoire contemporaine enseigne qu’avant l’affaiblissement significatif des souverainetés nationales en Europe, mesurés étaient les mouvements migratoires y aboutissant. Les pays musulmans semblaient plus préoccupés à vider leurs querelles qu’à se répandre sur des terres étrangères. Bien connus sont les différends qui opposèrent les deux rivaux en baasisme, la Syrie et l’Iran, les foucades libyennes, les guerres du Yémen, le grave conflit entre l’Irak et l’Iran, la guérilla kurde en Turquie, l’antagonisme Ethiopie-Erythrée etc…
Les nombreuses variantes de la théologie islamique ont ajouté des sujets de discorde confessionnelle aux intérêts politiques spécifiques des gouvernements musulmans. Sunnites majoritaires et chiites minoritaires diffèrent quant à l’interprétation des principes de l’Islam et en ce qui concerne la politique intérieure et extérieure des Etats où ils coexistent. D’ailleurs, dans chaque camp nombreuses sont les subdivisions créées par des « sensibilités » religieuses différentes.
Durant les premiers mois de l’année en cours, de l’Espagne au Pakistan, en passant par l’Afrique du Nord, l’Egypte, la Syrie, le Liban, l’Arabie Séoudite, l’Iran et l’Afghanistan, l’Ancien monde a été secoué par la population musulmane manifestant violemment sa colère à la suite de la publication des caricatures du Prophète. Les protestataires s’en sont pris aux représentations diplomatiques danoise, norvégienne, britannique, française… et plus généralement aux Occidentaux, associés dans le cadre de l’OTAN, aux Etats-Unis devenus, à nouveau, le grand Satan. Soucieux de s’en tenir aux conventions qu’impose l’ordre international, les gouvernements des pays en révolte ont sanctionné, plus ou moins vigoureusement, leurs émeutiers respectifs et il y eut des dizaines de morts et des centaines de blessés. Au Pakistan, à la mi-février, le régime du général Musharraf fut violemment attaqué, l’opposition ayant la faveur des foules dans sa condamnation de la politique pro-américaine, voire pro-occidentale du pouvoir.
Surprenant est le calendrier de ces événements. Il explique et il suggère bien des hypothèses.
C’est, en effet, à la fin du mois de septembre 2005 que parurent à Copenhague les caricatures incriminées. Et c’est seulement quatre mois plus tard que la population musulmane a commencé à manifester sa fureur – quasi mondialement – la représentation caricaturale du Prophète leur étant une inadmissible provocation. Durant ces quatre mois que s’était-il passé ?

L’on a appris que le gouvernement danois aurait affiché certaines réserves relativement à l’immigration musulmane. Pour le Danemark elle serait bien plus la source de soucis que d’avantages sociaux. La colonie musulmane s’en serait inquiétée et quelques « fidèles » de l’Islam, actifs militants ont alors formé une modeste organisation, ambitieusement intitulée Comite européen honorant le Prophète [4]. Il s’agissait de mobiliser la communauté musulmane locale afin d’infléchir la position du gouvernement danois. Celui-ci n’aurait pas pris l’affaire au sérieux. La démarche fut portée à la connaissance du Caire, l’un des militants s’y rendit pour rencontrer le grand mufti et les autorités religieuses et politiques égyptiennes.
A leur tour, celles-ci communiquèrent le dossier danois aux membres de l’Organisation de la Conférence islamique lors de la rencontre d’une soixantaine de représentants de nations musulmanes réunis à La Mecque, en décembre dernier, pour discuter de l’extrémisme religieux, sujet vite délaissé au profit du dossier danois, texte prioritaire pour la Ligue arabe. Et ainsi, de bouche à oreille en utilisant intensivement Internet et les prêches des imans aidant, la population musulmane fut incitée à manifester sa réprobation. Une autre organisation, celle de l’Education, de la Science et de la Culture réclama, sur son site, le boycott des produits danois et exigea que le gouvernement de Copenhague présente ses excuses à la communauté musulmane. Ainsi « chauffée » la population ignorant toute mesure, s’attaqua avec violence à l’Occident blasphémateur.
Pour les uns, l’Iran et la Syrie, actuellement aux prises avec les Etats-Unis et l’Union européenne, auraient cherché à accentuer encore l’exaspération des « fidèles ». Plus grande serait la tension, plus vite les Occidentaux comprendraient qu’il leur faut négocier sur un pied d’égalité avec les puissances de l’Islam, en l’occurrence Damas et Téhéran.
Pour d’autres, la victoire électorale du Hamas a donné un nouvel élan à la cause palestinienne. La politique américaine et européenne de soutien au Fatah est un échec et en dépit des extrémistes d’Al Qaeda le moment est venu, pour les musulmans, de faire état de leur puissance. L’affaire des caricatures leur donne l’occasion sinon d’ébranler l’Occident, du moins d’imposer qu’on le respecte parce qu’il peut être redoutable.
D’autres encore, estiment que c’est là une crise douloureuse, due à une maladroite provocation danoise et qui présente le danger d’identifier l’Islam à l’intolérance, à la violence, contempteur de la liberté d’expression. Ainsi, sont compromis les efforts des « modérés » cherchant au bénéfice de l’Islam, à le rapprocher de l’Occident. Lors de la réunion à La Mecque, les orateurs avaient exprimé « l’inquiétude que leur inspirait l’islamophobie générale, les musulmans étant victimes du racisme et de la discrimination ». C’est que même à Bruxelles, on ose déclarer que l’Occident ne peut admettre les professions de foi islamiques en matière de politique car la séparation de la religion et de la politique, la liberté d’expression, l’égalité des sexes, ne sont pas négociables.
En somme, ce serait à l’Islam de mettre un terme au terrorisme, ses populations se désolidarisant de ses extrémistes. A quoi, ceux-ci peuvent répondre : certes, parce que nous avons manqué le passage par la révolution industrielle, il ne nous reste que cette arme. L’Occident est puissamment armé et il se sert de cette forme de puissance. Il est mal placé pour nous reprocher la nôtre. Inutile échange d’argument. C’est bien l’opposition d’un mode de vie millénaire à un autre mode de vie tout aussi millénaire. Il faudra des siècles pour qu’ils se fondent en un seul.

Pierre Marie Gallois.
Février 2006

[1] Journal danois. Jyllands-Posten

[2] La Russie dispose, elle aussi d’une cinquantaine de milliards de mètres cubes de gaz naturel aux conditions d’exploitation plus sévères.

[3] Déclaration islamique publiée en 1970 à Sarajevo.

Extraits de la déclaration islamique d'Alija Izetbegovic
«Un programme d’islamisation des Musulmans et des peuples musulmans.
Notre but : l’islamisation des Musulmans.
Notre devise : croire et se battre.
Le monde musulman se trouve dans un état d’ébullition et de changements. (...) L’époque de la passivité et de la paix est révolue à jamais. (...) Nous annonçons à nos amis et à nos ennemis que les Musulmans ont décidé de prendre en mains et de réaliser selon leur conception le destin du monde islamique.
En réalité, tout ce qui dans l’histoire des peuples musulmans constitue un souvenir de grandeur et de valeur a été créé sous l' égide de l' Islam. (...) La Turquie, en tant que pays islamique, a régné sur le monde. La Turquie, en tant que copie européenne, représente un pays de troisième ordre comme il y en a une centaine de par le monde.
Montrons le chemin qui mène à ce but : la réalisation de l' Islam dans tous les domaines de la vie privée des particuliers, dans la famille et dans la société, par la renaissance de la pensée religieuse islamique et la création d'une communauté islamique unique, du Maroc à l' Indonésie.
Un peuple, comme un individu, qui a accepté l’Islam, est incapable de vivre et de mourir pour n' importe quel autre idéal. (...) Le Musulman ne peut que mourir au nom d' Allah et pour la gloire de l’Islam, ou bien déserter le champ de bataille.
Quant aux soi - disant progressistes occidentaux, ils représentent partout dans le monde islamique un véritable malheur parce qu’ils sont nombreux et influents, particulièrement au sein des gouvernements, dans l’éducation et dans la vie publique en général.
La société islamique est une communauté organisée de croyants. En dehors d’elle, il n' y a aucune solution, scientifique, révolutionnaire ou socialiste.
La situation de la femme dans le monde musulman doit changer partout en accord avec son devoir de mère et d’éducatrice de sa progéniture. La foi étant le fondement de la société islamique, l’éducation n’est pas seulement une de ses fonctions, mais sa composante essentielle. C’est tout d' abord l’éducation religieuse et morale dans la famille, puis à l’école. (...)
L’éducation du peuple et surtout les médias, journaux, radio, télévision, cinéma, doivent être aux mains d’hommes qui ont une autorité islamique. On ne peut permettre, et c’est presque partout la règle, que les médias soient aux mains d’hommes pervers et dégénérés...
A la question "qu’est - ce que la société musulmane ?" nous répondons : c’est la communauté composée des musulmans et nous considérons qu’avec cela tout est dit ou presque tout. La première et la plus importante de telles conclusions est sans doute celle sur l’impossibilité du lien entre l’Islam et d’autres systèmes non islamiques. Il n' y a pas de paix ni de coexistence entre la religion islamique et les institutions sociales et politiques non islamiques.
Ayant le droit de gouverner lui - même son monde, l’Islam exclut clairement le droit et la possibilité de la mise en œuvre d’une idéologie étrangère sur son territoire. Il n' y a donc pas de principe de gouvernement laïc et l 'Etat doit être l’expression et le soutien de concepts moraux de la religion.»

Sarajevo, 1970

[4] How rage built: The cartoon trait to Mecca. Hassan M. Fattah. Herald Tribune. 10 février 2006. p. 4



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