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Temps long, temps difficiles…

Quand tout peut être rappelé en quelques pages. C’est une fois encore l’exercice auquel se livre notre Maître d’Ecole, le général Pierre Marie Gallois: « De Saladin au Djihad »…
Poursuite de la série « Les Revanches »…
Une « Revanche » qui dresse un constat à méditer de toute urgence et que nous vous invitons à prendre en compte sans trop tarder…

De la faiblesse des armes des « infidèles » face à des hommes qui, eux, conservent un lien millénaire entre le temporel et le spirituel…

Merci mon général de nous le rappeler.

Portemont, le 25 janvier 2009

LES REVANCHES
4. DE SALADIN AU DJIHAD

« Nous sommes asservis : à un moment, en 1919, il n’existait aucun pays musulman indépendant, une situation sans exemple dans le passé et, d’ailleurs, dans l’avenir… »

Alija Izetbegovic

Nous sommes illettrés,  nous sommes pauvres… nous sommes une communauté divisée…. depuis des siècles nos peuples n’ont pas d’hommes instruits… » Cette déclaration est d’Alija Izetbegovic, elle fut rendue publique à Sarajevo en 1970. Elle a pour but « la réalisation de l’Islam dans tous les domaines de la vie privée, dans la famille et dans la société par la renaissance de la pensée religieuse islamique et la création d’une communauté islamique du Maroc à l’Indonésie ».

        

Avant la guerre du Kippour et la crise du pétrole de 1973, Izetbegovic avait sonné l’éveil du monde musulman… «  ce monde de 700 millions d’hommes qui possède d’énormes ressources, occupe une toute première place géographiquement, est, de surcroît l’héritier d’une colossale tradition culturelle et politique et qui est le porteur de la pensée vivante islamique, ne peut rester longtemps dans une position de mercenaire.

        

C’est à la veuve de ce même Alija Izetbegovic que Jacques Chirac adressé la lettre de condoléances qui suit…

LE PRESIDENT DE LA REPUBLIQUE
Paris, le 19 octobre 2003
Madame,
C'est avec une grande tristesse que je viens d'apprendre le décès de votre époux, Alija Izetbegovic, ancien Président de Bosnie-Herzégovine. Dans ces circonstances douloureuses, je tiens à vous adresser à titre personnel et au nom de la République Française nos condoléances très sincères. Je vous prie de les transmettre, avec l'expression de ma profonde sympathie, à vos enfants Sabina, Lejla et Bakir.
La France sait le courage exceptionnel dont a fait preuve Alija Izetbegovic dans les heures les plus sombres du siège de Sarajevo. Elle connaît aussi le rôle historique et le courage politique qui furent le sien pour contribuer à la réconciliation nationale avec la signature du Traité de Dayton-Paris.
Au moment où Alija Izetbegovic quitte la terre qu'il a tant aimée, la France forme le vœu que la Bosnie-Herzégovine sera fidèle à son héritage et continuera sur la voie qu'il a tracée.
Je vous prie d'agréer, Madame, l'expression de mes respectueux hommages. et de mon amitié dans l'épreuve.
Jacques CHIRAC
Madame Halida IZETBEGOVIC SARAJEVO
(Mention manuscrite) |

        

Quarante ans plus tard, force est de constater que, la rente pétrolière aidant, les premiers objectifs de la « Déclaration » ont été atteints. « L’époque de la passivité et de la paix est révolue à jamais », annonçait Izetbegovic.

        

En effet, la paix est révolue, le terrorisme d’Etat ou de groupe permet de contourner le nucléaire des puissances industrialisées. L’argent et les attentats sont les armes de la 3ème expansion des pays musulmans. Les deux premières furent conduites par la force des armes, la dernière, celle que nous vivons, est d’abord économico-confessionnelle, mais ponctuée d’attentats, histoire d’affermir l’antagonisme entre le monde musulman et les sociétés chrétiennes. Les deux premières expansions visaient l’appropriation de territoires et de leurs richesses, la troisième cherche à exploiter localement les ressources des pays industrialisés. Voici quelques douze siècles que les monothéistes s’affrontent en d’inégaux combats, les faibles subissant les sévices des plus forts.

        

Passons rapidement en revue les trois expansions à l’Islam, et les réactions qu’elles suscitèrent.

        

Première expansion

L’Empire arabo-musulman au VIIe siècle

Au 7ème siècle de notre ère, le califat de Damas (Omayyades) édifia un empire s’étendant de l’Atlantique au continent indien et englobant les peuples de la rive méridionale de la méditerranée. Les Arabes y gagnaient le contrôle des échanges entre les artisanats de l’ouest et ceux de l’orient, l’économie stimulant aussi les conquérants. Mais les vastes dimensions d’un tel empire décidèrent de sa dislocation. Si Byzance résista aux assauts arabes, en revanche en Gaule, les musulmans étaient arrêtés à Poitiers et à Autun.

Bataille de Poitiers, en octobre 732 de Charles de Steuben

Les Omayyades et Damas cédèrent la direction de cet empire aux Abassides, et Damas fut remplacée par Bagdad. Bien irriguée, la Mésopotamie fut le siège d’une civilisation musulmane agraire qui devint de moins en moins tolérante vis-à-vis des autres religions monothéistes. Ainsi, l’accès des chrétiens au Saint Sépulcre leur fut interdit ce qui mobilisa la chrétienté contre l’islam et décida d’abord de la première croisade. Jérusalem fut conquise par les « Francs » et crée localement un royaume latin provoquant la recrudescence des pèlerinages, musulmans et chrétiens se disputant Jérusalem et les Etats latins d’orient, les croisades, qu’elles soient menées par les souverains européens ou par des pèlerins armés, prolongèrent les antagonismes entre les tenants des deux confessions du XIème au XVème siècle, voire au siècle suivant avec la bataille de Lépante (1571), d’où une certaine continuité entre la 1ère et la 2ème expansion et les réactions qu’elles provoquèrent.

Lépante. 7 octobre 1571

Certes, les croisades créèrent des échanges nombreux entre Occidentaux et Moyen-Orient, les premiers s’enrichissant de l’art et de la culture arabes, les seconds bénéficiant de l’apport des chrétiens, les missionnaires accompagnant et prolongeant l’action des croisés.

Seconde expansion

Elle est le fait de la Turquie. Au XVIème siècle l’empire ottoman est une grande puissance méditerranéenne avec laquelle les Etats européens doivent compter. D’ailleurs, afin de battre en brèche les ambitions de Charles Quint, François 1er conduit une alliance avec la Turquie en dépit des oppositions confessionnelles.

A l’époque l’empire ottoman s’étendait de l’Algérie actuelle à la Caspienne et, du nord au sud, de la Hongrie à l’Egypte. Il englobait la méditerranée orientale, le mer Noire et la mer Rouge.

Dès le milieu du XVème siècle les Turcs s’étaient emparés de Constantinople devenue leur capitale et aussi d’une portion des Balkans s’appropriant les comptoirs vénitiens et imposant à Venise le paiement d’un tribut. Tandis qu’à l’est la Perse était attaquée – et Tabriz investie – l’Egypte, la
Syrie, le rivage occidental de l’Arabie, étaient devenus membres de l’empire ottoman.

Etendue de l'empire Ottoman en 1682

Au XVIIème siècle, sous l’impulsion du grand vizir Kupruli, la Porte décida de reprendre la guerre sainte et d’imposer aux peuples chrétiens les lois du Coran. Mais c’est son fils, son successeur, qui lança contre la Hongrie une armée de quelque 250.000 hommes. Ils ravagèrent le pays et en faisant captifs 80.000 chrétiens, le marché aux esclaves de Constantinople se révéla une opération rémunératrice financièrement, si bien qu’elle fut répétée en multipliant les razzias et les pillages sur le littoral septentrional de la Méditerranée et même, parfois, loin à l’intérieur des terres : Moscou, notamment, fut incendiée par les hordes ottomanes. Louis XIV, rompant l’alliance avec la Porte fit bombarder Alger par sa flotte (1662) et se rangea aux côtés de Léopold 1er. Celui-ci l’emporta sur l’armée ottomane à la bataille de Saint Gothard rejetant la Turquie hors d’Europe.

Bataille de Saint-Gothard. Le 1er août 1664

Mais pour une vingtaine d’années seulement car, tirant parti d’une révolte hongroise contre Léopold 1er, la Porte envahit à nouveau la Hongrie et assiégea Vienne. Ce sont les Polonais, Sobieski à leur tête, qui libéreront la capitale autrichienne (1683).

Bataille de Vienne. 12 septembre 1683

Contre les invasions musulmanes de l’Europe se forma une Saint Ligue (Autriche, Malte, Pologne, Russie, Venise). Les tentatives d’hégémonie ottomane prirent fin avec le XVIIème siècle. A nouveau vaincus par les forces des Impériaux, les turcs signèrent la paix de Karlowitz (1699) par laquelle ils perdaient la quasi-totalité de leurs conquêtes en Europe. C’était le « commencement de la fin » du grand empire ottoman. Celle-ci fut consommée à l’issue d’une nouvelle guerre avec l’Autriche, le prince Eugène l’emportant (Traité de Passarowitz 1718). Fin de la deuxième expansion musulmane en Europe, la Perse lui succédant mais en Asie.

Troisième expansion

Il n’est pas possible d’en faire l’historique puisqu’il s’agit d’événements contemporains, de surcroît, en constante évolution. Toutefois, ils semblent caractérisés par deux phénomènes, qui, selon leur importance relative, singularisent les sociétés humaines : l’argent, la foi.

Raffinerie…


Gaz naturel : usine de cogénération de Taweelah A1 (Émirats arabes unis)


La Mecque…

Des circonstances d’ordre matériel ont exacerbé ces deux phénomènes. Au XIXème siècle et au début du suivant les écrivains-voyageurs décrivaient un islam de paix et de sagesse par opposition aux rivalités politiques, économiques et militaires des « industrialisés ».

L’argent est essentiellement celui fourni par la rente pétrolière. Les puissances, hier, dominatrices parce que scientifiquement avancées et productrices de tous les biens d’équipement nécessaires au développement, du moins la plupart d’entre elles, ne détiennent pas, nationalement, les ressources énergétiques indispensables à leur industrialisation. Aussi, de dominatrices, elles sont devenues dépendantes dans le même temps qu’elles alimentaient le pactole pétrolier des pays producteurs, pays musulmans en majorité.

Que font-ils de cet argent ? Quatre démarches principales :
- Effacer les dettes, s’ils en ont.
- Développer chez eux des activités de substitution remplaçant peu à peu la rente pétrolière compte tenu de l’épuisement des ressources : industrialisation locale, interventions sur le marché mondial grâce au trafic maritime et aérien, aux équipement touristiques etc..


Dubaï. « Palm Island »


Dubaï...

- Créer des fonds dits souverains parce que non indispensables à la gestion économique de leur pays, donc disponibles pour des investissements rémunérateurs à l’extérieur. Par ce biais, ces pays entrent en force dans l’équation économique mondiale. Ils deviennent producteurs de biens
de consommation autres que le pétrole et le gaz naturel et entrent ainsi en compétition avec les « anciennement industrialisés ».

Carte montrant les principaux investissements de plus d’un milliard de dollars émanant du Moyen-Orient et effectués à l’extérieur de celui ci entre 2005 et 2007 (cliquer sur la carte pour agrandir)

- Enfin, ils accompagnent leur pénétration économique d’une expansion confessionnelle et financent, par exemple, la multiplication du nombre des lieux de culte.

Mosquée en construction. Dakar.


Paris: le chantier de la nouvelle mosquée Addawa' démarre


Lire: Observatoire de l’islamisation
http://www.islamisation.fr

Mosquées en projet:
http://www.islamisation.fr

L’Europe, en déclin démographique mais aux populations disposant encore d’une certaine aisance, aux emplois vacants, aux ressources technico-commerciales diminuées, mais encore exploitables, attire les populations musulmanes aux taux de natalité élevée, au sous-sol de moins en moins riche et au sol le plus souvent aride. Aussi, l’argent du pétrole réunit-il des conditions de vie favorable à l’installation d’une forte minorité musulmane. Ainsi, en France, les lieux de culte sont passés d’une dizaine, il y a 50 ans, à plus de 2000 aujourd’hui et, en quête des voix des nouveaux venus naturalisés, les municipalités s’empressent de financer de nouvelles mosquées. Par sa seule présence et en fonction du jeu démocratique cette forte minorité pèse sur la vie politique des pays d’accueil tout en exerçant une influence sur les conditions d’existence séculaires de leur population d’origine.

En ce qui concerne la foi, elle est devenue, en terre d’islam, le ressort d’un nouveau bellicisme. Soucieux d’assurer un ravitaillement suffisant en énergies fossiles, les Etats-Unis eurent recours aux armes et, par leur comportement en Irak, ils ont perdu une part de leur autorité morale, faisant figure de prédateurs, voulant s’approprier les ressources irakiennes. Face à une superpuissance militaire possédant toute la panoplie des armes les plus efficaces, le terrorisme était le seul moyen de mener le combat. Il suscita un regain de foi, les fondamentalistes ayant leurs martyrs dans presque toutes les variantes théologiques de l’islam, les auteurs des attentats, d’avance, sacrifiant leur vie.

Ainsi, l’islam possède maintenant à la fois le nombre, l’argent, la foi et les armes capables de contourner celles des « infidèles » si puissantes soient-elles.

A deux reprises, on l’a vu, leurs expansions ont échoué. Ils ont été chassés de l’Europe – de la péninsule ibérique (Grenade) en 1492 – et après le siège manqué de Vienne à la fin du XVIIème siècle. Ils y retournent maintenant, à la fois admis et redoutés mais capables de s’y imposer. Serait-ce la grande revanche ? D’autant qu’au cœur de nos sociétés ils conservent un lien millénaire entre le temporel et le spirituel.

Général Pierre Marie Gallois

Lire et comprendre les cartes…

Du VIIe au VIIIe siècle


Empire Byzantin et Empire Ottoman en 1355


Le monde islamique vers 1500


Le démembrement de l'Empire ottoman en 1920


La Turquie et le Traité de Sèvres (1920)


L'Islam en 2006


Des traités…

21 janvier 1699  Traité de Karlowitz
A Karlowitz, le sultan cède à l'archiduc la Hongrie et la Transylvanie, qu'il occupait depuis la bataille de Mohacs (1526). Il conserve le Banat de Temesvar. La République de Venise conserve  des places en  Dalmatie et en Bosnie, la Morée (Péloponnèse), Corinthe…
La Pologne récupère la Podolie.
Le sultan confirme liberté de culte à ses sujets catholiques et permet aux marchands autrichiens de commercer librement dans l'empire. Pour la première fois, le sultan s'intègre dans les règles de la diplomatie européenne…

15 juillet 1700. Traité de Constantinople
Signé avec la Russie. La Porte cède  Azov à la Russie et reconnaît la suzeraineté du Tsar sur les Cosaques Zaporogues.

21 juillet 1718. Traité de Passarowitz
Fin de la guerre entre l’empire Ottoman et la République de Venise et ses alliés…
Le traité est signé dans la ville serbe de Požarevac (connu alors sous son nom allemand de Passarowitz) par Ibrahim Aga et Mehmed Aga, représentants du sultan ottoman Ahmed III, du baron Damian Hugo von Virmont et du comte Talman, représentants de l'empereur Charles VI, Carlo Ruzzini pour Venise et le chevalier Robert Sutton et le comte de Collyer représentent la médiation de l'Angleterre et de la Hollande.

10 août 1920. Traité de Sèvres
Jamais ratifié par l’ensemble de ses signataires…
Le traité de Sèvres est conclu le 10 août 1920, peu après la Première Guerre mondiale. C'est un traité de paix entre les Alliés et l'Empire ottoman.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_S%C3%A8vres

24 juillet 1923.Traité de Lausanne
Dernier traité résultant de la Première Guerre mondiale.
Le traité reconnaît en premier lieu la légitimité du régime d'Atatürk installé à Ankara. Ensuite, les frontières de la Turquie moderne sont définies. La Turquie renonce à ses anciennes provinces arabes et reconnaît l'appropriation de Chypre par les Britanniques et du Dodécanèse par l'Italie. La Turquie moderne est donc limitée à l'Anatolie (occidentale et orientale) et la Thrace orientale. S'ensuivent des échanges de populations grecques et turques (1,6 millions de Grecs ottomans contre 385 000 musulmans de Grèce). Les Alliés ont obtenu d'importantes concessions de la partie turque pour les terres arabes et européennes de l'empire ottoman désormais défunt. Ils renoncent par contre à demander l'indépendance, voire même l'autonomie, du Kurdistan et de l'Arménie, pourtant prévues dans le traité de Sèvres. Parallèlement, le gouvernement turc signe avec l'URSS le traité de Kars, par lequel les Soviétiques rendent à la Turquie un territoire disputé (et attribué à la Russie par le traité de San Stefano en 1878), peuplé de Lazes, de Meskhètes et d'Arméniens qui avaient survécu au génocide ; ils sont expulsés et remplacés par des Turcs et des Kurdes.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Lausanne_(1923)

Le Traité:
L'Empire britannique, la France, l'Italie, le Japon, la Grèce, la Roumanie, l'État serbe-croate-slovène, d'une part, et la Turquie, d'autre part,

http://www.tlfq.ulaval.ca/axl/Asie/turtxlaus.htm

http://www.tetedeturc.com/home/spip.php?article48


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