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L’avenir dure longtemps…

Mais nous devons répondre à quelques interrogations. Notre ami Pierre Jeanthon « pèse » les données du Monde…Nos temps sont difficiles. Quelles réponses pourrons-nous apporter ?

A quelles prochaines turbulences serons nous confrontés ?
Quelles « migrations » ?
Quelles énergies pour demain ?
Quelles répartitions des richesses ?
Quelles seront les « valeurs » des hommes de demain ?
Et la France ? Serons-nous des « acteurs » ou de simples fétus de paille ?…
Merci Pierre.

Portemont, le 10 mars 2008

 

Mondialisation, suite ou fin ?

Les usines délocalisées dans les pays pauvres créent des richesses matérielles non immédiatement accessibles aux populations locales ; inversement, grâce aux images diffusées par les médias, elles peuvent fantasmer instantanément sur l'opulence du choix proposé aux consommateurs des pays riches.

Et longue, très longue est la liste que nous pourrions faire défiler, incluant bien des produits de « consommation »…

Abondance n'est pas gratuité ; mais la magie de l'image s'oppose à la réalité du terrain pour engendrer d'abord un sentiment de frustration et ensuite le désir d'émigrer, au pays des Centres Leclerc.

Les mondialistes savent cela et l'utilisent dans leur acharnement à promouvoir des sociétés multiethniques.

Malgré la formidable progression de la fabrication des biens matériels, tous s'accordent à reconnaître l'accumulation des inégalités dans la répartition des richesses, tant dans les pays riches que pauvres. Pour ces derniers, peut-être que l'élévation du niveau de vie s'effectuera selon le processus qui s'est engagé dans les pays européens à partir du 19ème siècle. Il faudra du temps, pendant lequel richesse et pauvreté seront dans deux vases…communicants. Est-ce possible pour nos "vieilles" sociétés encore un peu riches mais moralement et socialement fragilisées ?

Mondialisation et religion.
Les deux tiers du siècle dernier ont été marqués par le recul des pratiques chrétiennes sous l'effet du modernisme, de l'individualisme, des excès de la consommation et du Concile.

Depuis quelques années, la planète est sous l'effet d'une espèce d'effervescence religieuse (New Age, groupes évangélistes…) qui conduit à des pratiques quelque peu sentimentales et naturelles.

On peut y déceler un effet de la mondialisation qui, par altération du tissu économico social et érosion des frontières, a déraciné les peuples désormais en quête d'une nouvelle sorte de fraternité universelle, simple, facilement accessible et conforme aux modes du monde. En quelque sorte le temps des copains.

Evolution de la mondialisation.
En regard de la montée d'un islam (1) radical, hostile à l'Occident et à la nécessaire prise en considération des trois milliards d'hommes qui peuplent les Pays en Voie de Développement (PVD) la mondialisation, présentée comme synonyme de prospérité et paix, apparaissait comme le principe structurant du système international.

On sait maintenant que les germes de conflits n'ont pas disparu ; ainsi les rivalités entre les pays consommateurs d'hydrocarbures pour sécuriser leurs approvisionnements (Inde, Chine, Etats-Unis, U.E) et pour les pays producteurs, la tentation de mettre l'arme énergétique en batterie.
Initialement, d'inspiration libérale, la mondialisation obéissait uniquement à la loi du marché. Aujourd'hui le retour de la géopolitique dans l'économie divise le monde en deux blocs :

  • L'Occident avec des Etats qui se désengagent du capital des entreprises.
  • Les PVD dont les Etats sont omniprésents, à peine cachés derrière les nouveaux capitalistes pour asseoir le pouvoir économique de la Nation. Cette tendance se prolonge par le système des fameux "fonds souverains" qui permettent aux PVD de s'inviter au capital des Sociétés occidentales.

En Europe, mondialisation et régionalisation.
D'un côté les populations de certains espaces à forte identité historique et géographique (Pays Basque, Catalogne, Ecosse…) aspirent à plus de responsabilité dans la gestion de leurs affaires.
De l'autre, par suite d'élargissements successifs, le joug administratif de Bruxelles monte en puissance pendant que celui des Nations régresse au point qu'il devient nécessaire de pallier l'affaiblissement du lien national par le renforcement des affinités régionales.
La procédure est partout identique : parce qu'il est impératif de protéger l'activité économique locale injustement agressée par une concurrence mondiale, la région doit conserver et gérer seule la totalité de son potentiel financier.
Exit la solidarité nationale, au grand bonheur des mondialistes et plus encore si la région en question est transfrontalière.

La réactivité, limite de l'entreprise mondialisée.
La concurrence toujours plus âpre exige que les informations soient transmises "en temps réel"(2) pour permettre une coordination efficace des forces vives de l'entreprise (ou du réseau d'entreprises) réparties sur les différents sites disséminés à travers la planète : on ne décidera pas demain, ni cet après-midi, mais tout de suite comme si tous les collaborateurs concernés étaient présents au même instant sur un même lieu.
En réalité l'information ne circule pas toujours à la vitesse de la lumière, souvent elle nécessite un traitement informatique avant d'être exploitable, il faut tenir compte du décalage horaire… En résumé l'entreprise qui essaime trop perd en réactivité.
A titre d'exemple, Boeing a organisé la fabrication du Dreamliner B787 en sous traitant à outrance selon une division du travail planétaire : environ 50 partenaires répartis en 135 sites sur 4 continents livrent leurs produits sur l'usine d'assemblage d'Everett.

Boeing Dreamliner 787

L'objectif est de répartir le risque de change sur plusieurs monnaies pour stabiliser le prix de revient et d'atteindre une production de croisière d'un appareil sur trois jours.
Par suite des aléas de coordination, le premier essai en vol du B787, initialement prévu en août de cette année est reporté à mars 2008.

La qualification du personnel, limite de la production mondiale.
Aujourd'hui la concurrence sur les produits se double d'une lutte acharnée pour attirer les compétences. Ce phénomène concerne aussi bien la Chine (depuis 1978 plus d'un million d'étudiants sont partis à l'étranger pour suivre des études scientifiques et seulement 275000 sont rentrés dans la mère patrie) que la Roumanie (au cours des dernières années plus de deux millions de travailleurs se sont expatriés d’où un déficit de main d'œuvre estimé à 500000 personnes à fin 2007).
Au niveau mondial la formation ne suit pas la gigantesque industrialisation de la planète… si 2 ans sont suffisants pour monter une usine, il en faut 20 pour que le nouveau-né devienne un technicien supérieur…quand nouveau-né il y a !

L'inégalité, limite au commerce mondialisé.
Depuis 2003 on relève que la croissance des PVD est plus de 3 fois supérieure à celle des 7 pays "dits" les plus industrialisés (G7), constat relativisé en terme d'élévation du niveau de vie puisque l'enrichissement des riches y est beaucoup plus rapide que celui des pauvres.

Exemple : La Chine


A l'inégalité entre citoyens d'un même Etat s'ajoute celle induite entre Etats par des conditions géographiques très différentes : ainsi bien des pays d'Asie Centrale ou d'Afrique sont enclavés, au point de restreindre leur possibilité de commercer en l'absence d'une couverture logistique mondiale de tous les modes de transport.
Entre production et distribution, le transport est un service dont le développement semble anarchique :

Les capacités de fret maritime sont très déficitaires pour le charbon, le minerai de fer et les céréales et très excédentaires pour les hydrocarbures (tarif 2007 en retrait de 48% comparé à 2006) et devrait l'être encore plus dans les mois à venir compte tenu des 720 Tankers mis en chantier sur 2006 (contre 250 en 2005).

Concernant l'aérien, quelle conclusion tirer de l'évolution des commandes enregistrées par le couple Airbus-Boeing, à savoir 533 appareils en 2003 et 2416 en 2007 (au 12.11.07)

Même question pour le fret routier multiplié par 7 en moins de 15 ans.

Finalement on fabrique de plus en plus d'engins transporteurs pour échanger de plus en plus de produits fabriqués partout sur la planète au nom de la libre concurrence, inclus ceux qui ne le sont plus sur leurs lieux de consommation, sans compter les pièces détachées utilisées pour l'assemblage des engins en question.

Le système s'auto alimente…voyage au bout de l'absurde!

Quelle réponse à la mondialisation qui ressemble à un TGV sans conducteur ?
L'eau, l'espace, les énergies, les ressources minérales et végétales, tout implique la gestion d'un monde désormais à éléments finis pour éviter que la consommation des uns engendre la privation chez les autres.

Pierre Jeanthon France Royaliste

(1) En connaissez-vous une autre forme ?

(2) Nous sommes preneurs de toute information relative à un autre aspect du temps.

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