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Ah ! Si tout était simple…

Mais ce n’est pas le cas… Regard sur le « cas » Michelin… Faire des bénéfices et fermer une usine…
A quand une grande politique nationale prenant à bras le corps, à bras le cœur, les véritables problèmes économiques sans tourner le dos à la réalité sociale de notre pays ? Michel de Poncins nous offre son regard aigu…

Portemont, le 3 mars 2008

LES PROFITS ET LES LICENCIEMENTS

Il est courant de voir la presse et les médias se plaindre de voir des firmes très bénéficiaires procéder à des licenciements et, même, fermer des usines, voire les délocaliser. Ces regrets montrent beaucoup d’ignorance.

Prenons l’exemple de Michelin.

La compagnie ferme l'usine de Toul,  venant anciennement de Kléber Colombes, alors que la société  fait de gros bénéfices. Or, c'est justement parce qu’elle fait de tels bénéfices qu'elle peut s'adapter en permanence au marché et fermer une usine devenue improductive, cette fermeture s'accompagnant de mesures d'accompagnement généreuses vis-à-vis des 826 salariés.

Voici les chiffres de Michelin qui est une des rares sociétés françaises devenues multinationales et, de surcroît par chance, une société familiale. Pour 17 milliards d'euros de chiffre d'affaires elle a réalisé, en 2007, un bénéfice net de 774 millions, soit 4,5 %. Elle compte 124 000 employés.

Les sociétés industrielles ou commerciales, pour faire des bénéfices réguliers et récurrents, doivent  sans cesse s’ajuster  à la situation du marché mondial. Pour la fermeture de Toul, la compagnie va dépenser  130 millions d'euros dans des aides multiples en faveur du personnel : reclassements, formations  et indemnités de départ.

Il est évident que si elle ne faisait pas de bénéfices elle ne pourrait pas offrir cet ensemble. Et de toute façon, dans cette hypothèse, ses innombrables employés dans le monde entier seraient conduits au chômage puisqu’elle serait nécessairement menée vers de grandes difficultés financières.

La société a l'intention d'investir dans les trois ans un milliard d'euros sur le sol français ce qui  permettra d'accroître la production de 7 % et de recruter environ 800 personnes par an. Tous ces efforts permettront de consolider l'emploi de ses  24000 salariés actuels sur le sol français.

Il faut noter, ce que la presse ne signale pas souvent, que ses profits viennent   pour l'essentiel de l'étranger, puisqu’en France la firme est obligée de supporter les folies des politiques qui surtaxent et réglementent à tout va,  empêchant en permanence les industriels de gérer librement. Pour achever la démonstration, nous pouvons calculer ce qui se passerait si Michelin faisait cadeau à ses  124000 employés dans le monde de ses 774 millions de bénéfices. Ils recevraient chacun 6 241 €  et, encore, il faudrait que la distribution soit strictement égalitaire alors que la normale voudrait qu'il y ait  un effet  hiérarchique.

Certes si la distribution était égalitaire, la somme de 6 241 € pour les salariés de base représenterait  une petite fortune, malgré l’effet fiscal. Mais, au bout du compte, il  n’y aurait bientôt plus d'entreprise Michelin, c'est-à-dire à plus ou moins long terme le chômage pour les 124 000 personnes ou, sinon, de très gros ennuis.

C'est la raison pour laquelle, malgré la propagande contraire, il est important que les sociétés gagnent de l'argent en vue de pouvoir évoluer en permanence pour le bénéfice de tous.

Michel de Poncins



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