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Vous avez dit convergence ?

De la mise en place d’un nouvel Axe…Sonnant ? Trébuchant ? Grande quête pour accéder au Grand Marché « en un seul clic de souris »…Tenir les « Bourses »…
Petit voyage dans le monde de la « Techno-Phynance » en compagnie de Pierre Jeanthon.

Portemont, le 23 janvier 2008

New York aime Paris et Stockholm

Toutes les sociétés n'étant pas introduites sur toutes les places boursières, l'investisseur du village planétaire songe au système qui lui permettrait d'acheter et vendre des actions indifféremment cotées à Londres, Tokyo, Paris, New York en un seul clic de souris.
Au printemps 2006, deux poètes de la finance rêvaient au rapprochement "des vastes réservoirs de liquidités" situés de part et d'autre de l'Atlantique :

  • à Paris, J.F. Théodore, patron de la Bourse Euronext songeait à un mariage entre égaux ; en bon patriote européen il aurait pu courtiser Deutsche Börse mais l'appel du large l'emporta et il préféra Wall Street.

  • à New York, J. Thain, président de New York Stock Exchange, le Nyse, considérait les avantages offerts par la place de Paris :
    • le dynamisme du marché européen
    • la possibilité de démarcher les sociétés des pays émergents
    • l'opportunité de contrer son rival, le Nasdaq, qui lorgnait la Bourse de Londres.

Et c'est ainsi qu'en décembre 2006 les actionnaires de chacune des deux sociétés boursières acceptent le principe d'une OPE (opération publique d'échange) destinée à marier les deux places dont les transactions quotidiennes dépasseront 130 milliards $.
En réalité les futurs conjoints ne sont pas vraiment égaux ; si leurs capitalisations boursières sont sensiblement identiques à 11 milliards $, elles diffèrent dans leurs structures :

  • Nyse compte 2800 sociétés pour une capitalisation de 21000 milliards $
  • Euronext traite avec 1200 clients qui pèsent 3300 milliards $
  • la rentabilité d'Euronext est supérieure à celle du Nyse
  • l'outil informatique de Paris (transaction électronique) est plus performant que celui de New york.

Les autorités financières françaises donnent leur aval pour l'ouverture de l'OPE à la mi février 2007, au terme de laquelle Nyse et Euronext fusionnent…sous pavillon américain !
Coté pour la première fois le 4 avril 2007 à Paris et New York, le titre Nyse Euronext introduit à 75€ perd environ 1.75% sur les deux places.
Cette légère déconvenue n'altère en rien le bonheur de J.F. Théodore qui, dans la foulée offre à ses amis une pendulette spécialement conçue pour commémorer les épousailles : le cadran (sur lequel on lit "Nyse Euronext) s'oriente à l'intérieur d'un dodécagone dont chaque côté porte le nom de 2 villes décalées de 12 heures ; un système d'orientation astucieux permet de lire l'heure locale de 24 grandes métropoles…détail cruel : Paris ne figure pas !
Un trimestre plus tard, en clôture de la séance du 2 juillet, l'action Nyse Euronext termine à 54.25€, en recul de 25% sur sa valeur de lancement.
Quoiqu'il en soit la valeur du titre ne reflète pas le réel succès de la stratégie de par J. Thain car comparé à la même période 2006 le résultat opérationnel (en millions €) a augmenté comme suit :

  • Année 2006 (Nyse + Euronext)        = 101 aux USA et 124 en Europe
  • Année 2007 (Nyse Euronext)           = 111 aux USA et 172 en Europe

Il apparaît clairement que le résultat du groupe est tiré par l'Europe.
Cette tendance sera confirmée sur le trimestre suivant avec un résultat opérationnel d'environ 620 millions € (dont 397 sur le marché européen) en hausse de 48% par rapport à la même période 2004.
Malgré ces éléments positifs, le titre Nyse Euronext stagne toujours environ 15% sous sa valeur d'introduction d'autant que plusieurs causes alimentent la défiance des investisseurs.

En interne,

  • La main mise sur l'informatique.

La direction de ce service initialement partagée entre les deux rives de l'Atlantique est aujourd'hui exclusivement américaine.
Conformément aux accords entre New York et Paris, les travaux informatiques du groupe Nyse Euronext continueraient d'être sous traités chez Atos EMS, fournisseur d'Euronext.
Or, cette société d'origine européenne, à la pointe du développement de la transaction électronique destinée à remplacer la cotation à la criée, vient d'être rachetée à hauteur de 50% par Nyse Euronext.
Si l'on ajoute que cette dernière est de droit américain, on comprend que certains s'interrogent: il y a-t-il eu fusion ou acquisition d'Euronext par Nyse ?

  • La gouvernance du groupe est assurée par :
  • un Comité de Direction (7 américains, 7 européens) présidé par un américain secondé par un européen.
  • un Conseil de Surveillance (11 américains, 11 européens) présidé par un européen secondé par un américain.

Cette égalité évoque l'ancienne direction bicéphale franco-allemand en charge d'EADS avec toutefois une différence notable : les représentants américains issus d'une même Nation sont naturellement plus unis que les européens.
Suite au départ de J. Thain à l'automne dernier, et conformément aux statuts du groupe, la présidence est confiée à un autre américain. L'équipe européenne craint que la nomination d'un nouveau venu modifie la stratégie élaborée fin 2006 par J. Thain et J.F. Théodore.

En externe les utilisateurs de Nyse Euronext souhaitent être mieux associés aux changements d'organisation du marché et regrettent de ne pas bénéficier des économies d'échelle réalisées après la fusion des deux places.
Pour J.F.Théodore ces divers inconvénients disparaîtront au fur et à mesure de l'intégration entre les deux infrastructures financières ; l'essentiel est que ce nouveau "pont sur l'Atlantique" favorise la convergence entre les Etats-Unis et l'U.E…convergence ou acquisition de la seconde par les premiers?
Autre plateforme boursière sise à New York, le Nasdaq est également présent sur le marché européen par une participation de 30% au capital du London Stock Exchange (LSE).


En mai 2007 le Nasdaq se voyant distancé par Nyx Euronext lance une offre amicale sur OMX, opérateur suédois des Bourses scandinaves et baltes, dans le but de créer le 2ème groupe boursier mondial avec une clientèle dont la capitalisation est voisine de 5000 milliards$.

 

L'extérieur du "Stockholm Stock Exchange"

Le monde a évolué depuis 2006 (année des premiers pourparlers entre Nyse et Euronext), aujourd'hui les pays émergents veulent et peuvent jouer dans la cour des grands grâce à leurs "fonds souverains" alimentés par de confortables excédents commerciaux.

Une nouvelle silhouette se profile, le "Dubaï International Financial Exchange" détient déjà 4,9% d'OMX et se prépare à l'acquisition de 22,5% supplémentaires.

Contraints de s'entendre, les deux compères envisagent l'accord suivant :
Dubai cède ses actions OMX au Nasdaq, lequel lui offre 19,9% de son capital et une prime de 1,7 milliards $.

C'est l'instant choisi par le "Qatar Investment Authority" (Q.I.A) pour rentrer en scène : déjà détendeur de 20% du LES, il annonce l'achat de 9,98% des actions OMX et réussit aisément son emplette après avoir proposé un prix unitaire de 260 couronnes suédoises pour un cours officiel de 230.

Nasdaq s'assure du soutient de Dubaï en lui proposant la quasi-totalité de ses parts dans LES et porte à 1,9 milliards $ la soulte prévue dans l'accord initial.
A la suite de quoi nos deux larrons lancent une offre d'achat sur le titre OMX au prix unitaire de 265 couronnes. Suédoises et sécurisent 47,6% du capital.

Les Suédois se réjouissent que "Dubaï et Nasdaq aient compris la valeur de Stockholm en tant que place financière". Quelques porteurs d'OMX (pour 18,5% du capital) font savoir au Q.I.A qu'ils seraient très sensibles à une surenchère de sa part à 303 couronnes suédoises/action.

Tout début octobre, le vice premier ministre du Qatar adopte un ton très normand pour leur répondre "je ne peux dire oui ou non mais nous y pensons très sérieusement".

Il faudra attendre le 4 décembre pour que le Qatar se retire officiellement, ce qui permet aux vainqueurs de confirmer leur projet :

  • Bourse de Dubaï détiendra   :  20% du LES, 66,66% de DIFX , 19,99% de Nasdaq
  • Nasdaq  détiendra : jusqu'à 100% d'OMX (reste à récupérer les 9,98% de QIA), 33,33% de DIFX.


Quelques autorisations sont encore nécessaires pour valider l'opération, dont celle du "Commitee on Foreign Investment in United States" qui doit vérifier qu'elle ne porte pas atteinte à la sécurité nationale des Etats-Unis.
Confiants dans l'avenir, tant à New York qu'à Stockholm, tous se félicitent par avance de "l'installation d'un second pont sur l'Atlantique".

Avec une différence notable sur le premier : l'intégration d'un "Pays du Sud", aujourd'hui le Qatar, demain le Brésil ou Singapour…?

Chaque "intégration" est une victoire du mondialisme : plus nombreux seront les peuples à participer au grand jeu de l'économie globalisée, plus grande sera la richesse produite ; au demeurant la règle n'est pas de produire de l'indispensable, mais du commercialisable de façon à alimenter les colossaux courants monétaires dans lesquels, à l'instar du héron prédateur, les parasites de la techno finance puisent leur nourriture.

Pierre Jeanthon – France Royaliste

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