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La nouvelle « donne » d'un « Grand Jeu »?

De la Chine et des Etats-Unis d'Amérique... Quand nôtre « Maître d'Ecole » porte son regard sur le monde, et nous enseigne les nouvelles règles du jeu... Le général Pierre Marie Gallois est « khrysostomos »... Bien plus qu'un « article », il nous offre un « guide » à lire et relire pour comprendre nos temps difficiles et ne pas nous laisser surprendre par les temps à venir...

Feuilletons avec lui l'agenda « imaginaire » de la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton...

Comment vous remercier mon Général ?

Portemont, le 29 mars 2009

CHINE, USA de la rivalité à la complémentarité

C’est en dépêchant sa Secrétaire d’Etat, Hillary Clinton, en Asie, plus spécifiquement à Pékin que le président Obama a inauguré sa politique extérieure.

Hillary Clinton à Pékin. « Je reviendrais?... »

Si la Chine y tient une aussi grande place c’est qu’elle est en passe de devenir, aussi, une superpuissance. Sa capacité de production rivalise avec celle des puissances « anciennement industrialisées » longtemps en mesure, à elles seules, de satisfaire la plupart des besoins mondiaux en biens d’équipement et de consommation.

En un peu plus d’un demi-siècle, la vie internationale, et ses rapports de force, ont été trois fois successivement bouleversés. Avant-hier, le nucléaire partagé stabilisait l’antagonisme entre les tenants de l’économie planifiée et ceux de l’économie de marché. A la fin des années 80, après le démantèlement de l’Union Soviétique, les Etats-Unis se sont adjugé le monopole de la puissance, politiquement, scientifiquement, industriellement et militairement, c’est-à-dire dans les principaux domaines de l’activité humaine. Mais pour une douzaine d’années seulement. Le XXIème siècle est celui où a pris fin cette domination sans partage. Il faut, maintenant, que les Etats-Unis s’accommodent du formidable potentiel de production de la Chine et des bas salaires qui y sont pratiqués.

La balance commerciale de la Chine en 2008 était excédentaire de 295 milliards de dollars américains.

En 2008, les USA étaient déficitaires de 266 332,7 millions de dollars lors du calcul de la balance commerciale avec la Chine.
Le déficit commercial avec le Canada, premier partenaire commercial, poursuit sa décrue: à 2,5 milliards de dollars, il n'avait pas été aussi faible depuis mai 1999. Celui avec la Chine, deuxième partenaire commercial, est en hausse, à 20,6 milliards en janvier 2009, même avec des importations de produits chinois qui reculent (-1,4% par rapport à décembre).

http://www.lesechos.fr

Les deux puissances ont des intérêts déterminants en commun : la Chine, en ce qui concerne son marché et ses exportations, celles-ci d’autant plus vitales que Pékin s’enrichit en limitant la consommation intérieure, les Etats-Unis, pour des importations de biens,  produits à bas prix qui ont l’avantage de limiter l’inflation outre-Atlantique tandis que les achats massifs de bons du trésor émis par Washington permettent de régler les intérêts d’une dette de plus de 1100 milliards de dollars.

Ainsi est entretenue une situation économique mondiale tout à fait exceptionnelle : deux grands pays bénéficient, en commun, d’un formidable déséquilibre socio-économique. D’un côté, un très haut niveau de vie
– maintenant menacé  – de l’autre, grâce au travail de ses masses, la mainmise sur une large fraction de l’économie des Etats-Unis, plus généralement des « anciennement industrialisés » et du tiers monde (lorsqu’il est riche en matières premières), tandis que Pékin restreint la consommation intérieure et n’a accepté d’altérer le cours de sa monnaie que de 2 % afin de valoriser son épargne sans augmenter ses prix à l’exportation.

C’est ainsi qu’entre 2004 et 2009, la Chine a consacré 15 % du revenu de sa production à l’achat de dettes d’Etat, essentiellement, celles de Washington.

Un journaliste d’outre-Atlantique faisait remarquer que la Chine détenait 1 dollar de chaque 10 dollars de la dette publique des Etats-Unis. En 2000, les réserves en dollars de la Chine étaient de l’ordre de 200 milliards de dollars. Elles sont, aujourd’hui, dix fois plus élevées.

Durant cette période, les Etats-Unis ont acheté, à bon compte, une très grande quantité de biens d’équipements et de consommation provenant de la Chine, mettant à mal leur propre appareil de production trop coûteux commercialement.

A tel point que deux parlementaires voulaient présenter au Congrès un projet de taxe de 27 % sur les produits chinois, soit une forme de protectionnisme plus efficace que les exigences des normes nationales de l’acquéreur. Mais le projet ne fut pas accepté, toute forme de protectionnisme étant exclue, et les Etats-unis pouvant mener grand train de vie grâce à l’investissement de l’étranger qu’il ne fallait donc pas décourager. Mais cet état de fait ne peut durer. Il est, on le verra, la triste contrepartie de la mondialisation des échanges. Bien évidemment, Washington souhaitait s’ouvrir le marché des milliards de futurs consommateurs de la zone Asie-Pacifique, particulièrement ceux de la Chine et de l’Inde, puissances émergentes. En échange, ces deux Etats se sont imposés par le prix de leurs produits sur les marchés occidentaux, entendez ici les Etats-Unis et certains pays occidentaux fortement exportateurs y stérilisant la production commercialement trop onéreuse et provoquant une gigantesque crise économique d’autant qu’avide de matières premières à transformer, la Chine en a augmenté les prix d’achat et de transport, bouleversant l’économie occidentale et, notamment, placé les Etats-Unis en grandes difficultés. Qu’on en juge par les chiffres suivants :

Les Etats-Unis ont perdu 4 millions d’emplois dont 1,5 million depuis l’élection de Barack Obama et les experts estiment qu’ils ne seront pas « récupérés » avant longtemps. Ainsi l’industrie automobile est sinistrée. Par  exemple, on sait que General Motors a perdu 31 milliards de dollars en 2008, les ventes ayant reculé de 50 % faute d’acheteurs.

A un premier prêt de 17,4 milliards de dollars, General Motors veut en ajouter un second de 16,6 milliards tout en licenciant des milliers de travailleurs et voulant se délester de Opel et de Saab lesquels, à leur tour, réclament une aide de leurs gouvernements respectifs.

Les trois grands constructeurs dans la tourmente...

General Motors (GM) a annoncé une chute de 52,9% de ses ventes aux Etats-Unis, à 127 296 unités contre 270 423 unités un an plus tôt. La direction de GM a souligné qu'il s'agissait du plus mauvais mois de février depuis 1962 et du plus mauvais rythme annuel de ventes depuis 1982.

Par catégorie, les berlines ont vu leurs ventes reculer de 50% et les véhicules lourds (4x4, pick-up...) de 55%. GM a préféré souligner une progression de ses ventes de détail entre janvier et février: +23% sur un mois pour les berlines et +6% pour les "crossover", modèles à la carrosserie de 4x4 mais à la motorisation de berline, plus économes en carburant.

Chute des ventes pour Ford et Chrysler

Ford, de son côté, a annoncé mardi un nouvel effondrement de ses ventes aux Etats-Unis en février, à 48,4% de baisse avec 99 400 unités vendues, contre 192 799 un an plus tôt. Les ventes de berlines de marque Ford, Lincoln et Mercury ont chuté de 40,8%, alors que celles de véhicules plus lourds (4x4 ...) ont chuté de 51,6%.

Ford a annoncé à cette occasion qu'il allait encore réduire sa production en Amérique du Nord de 38% à 425 000 unités au deuxième trimestre.

Enfin, Chrysler a vu ses ventes automobiles aux Etats-Unis chuter de 44% en février, a-t-il annoncé mardi, passant à 84 050 unités écoulées, contre 150 093 un an plus tôt. Par catégorie, Chrysler a vu ses ventes de berlines chuter de 64% à 18 786 unités et celles de véhicules lourds (4x4...) de 34% à 65 264 unités.

Déjà, outre-Atlantique, le taux de chômage dépasse les 8 %, les investissements ont chuté de 21 % depuis le début de l’année en cours,  16 banques ont fait faillite, et la consommation des ménages a baissé de 4,6 %.

Le nouveau projet de budget étudié par Obama tient compte d’un déficit de 1 750 milliards de dollars soit plus de 12 % du PIB étatsunien, déficit qu’il voudrait ramener à 533 milliards en 2013 bien que la crise lui impose une dépense « spéciale » de près de 760 milliards de dollars, que les crédits alloués au Département d’Etat (H. Clinton) passent de 36,7 milliards à 51,7 et que les guerres coûtent encore plus de 140 milliards, le sauvetage du système bancaire exigeant, en outre, 950 milliards de dollars. D’où augmentation des impôts pour les revenus supérieurs à 250.000 dollars l’an et, spéculation hasardeuse sur le retour à la croissance dès 2010.

L’étrange complémentarité entre les Etats-Unis, au niveau de vie encore élevé, fondé sur le crédit, et la Chine aux faibles salaires mais aux exportations rémunératrices permettant de financer le déficit américain, a fait fonctionner une économie mondiale nouvelle dont les Etats « anciennement industrialisés » paient le prix : anémie de la production, chômage et « décroissance » économique. La France admet 2,2 millions de sans emploi, l’Allemagne 3 millions, la Grande-Bretagne 2 millions, l’Espagne affichant un taux de chômage de 14 %, la plupart des pays de l’est européen annonçant un recul d’activité variant entre 3 et 5 %. Aussi la BERD est-elle sollicitée pour verser 7 milliards d’euros dont 3 afin de sauver le secteur bancaire en difficulté. Nous verrons, qu’ailleurs, dans le monde sévissent les mêmes maux. Seuls les potentats du tiers monde (Afrique, Asie, Amérique latine) tirent profit du renchérissement des matières premières qu’ils détiennent et que convoite la Chine pour alimenter son immense machine à produire.

C’est en pleine connaissance de cette situation que le nouveau président des Etats-Unis entre en fonction.
                                                                                             

Feuilletons ensemble l’agenda (imaginaire) de sa Secrétaire d’Etat en résumant, pêle-mêle, ce qu’auraient pu être ses principales démarches :
                           
En Chine, d’abord :

- Négocier le maintien du flux des investissements de la Chine aux Etats-Unis pour contribuer au soutien de l’économie d’emprunts de ce pays en soulignant l’inter dépendance des deux puissances, la Chine pâtissant de l’ébranlement de la production des Etats-Unis et bénéficiant de leur retour à la prospérité par l’intensification de ses exportations.

- Affaiblir le « groupe de Shanghaï » et inciter la Chine à en limiter les ambitions.

- Insister pour que la Chine se joigne à la lutte contre le terrorisme et le radicalisme islamique, notamment au Pakistan à la fois allié des Etats-Unis par son gouvernement, et de la Chine, mais à la population en cours de radicalisation islamique. Pékin n’a pas intérêt à s’y prêter ne serait-ce que parce que sa minorité musulmane, les Ouïgours, aurait tendance à se dégager de la tutelle chinoise. Ils forment la population majoritaire du Sin-kiang.

 

Déjà, Marco Polo avait remarqué divers signes de l’influence de l’Islam à la cour de Chine. C’est dire l’ancienneté de cette présence dans l’Empire du Milieu: venant par les fameuses routes de la soie à travers l’Asie centrale dès le Xème siècle, le message coranique a essaimé, faisant naître des communautés musulmanes un peu partout. On en trouve ainsi notamment dans le Ningxia, le Shensi, le Kansu et, plus au sud, dans le Yunnan. . Le peuple ouïgour, qui occupe un vaste territoire bordé du Kazakhstan, de la Kirghizie, du Tadjikistan, de l’Afghanistan et des Cachemires sous contrôles indien et pakistanais, ainsi que de la Mongolie. Ce pays, sur les cartes, est désigné sous le nom de Xinjiang, c’est à dire "nouvelle frontière"; mais ses habitants récusent cette appellation et lui préfèrent le nom de Turkestan oriental. Parlant une langue turcique, les autochtones ouïgours n’ont guère à voir avec les Han, ethnie dominante en Chine. Bien que cette région de Chine bénéficie d’un régime officiel d’autonomie ("région autonome ouïgoure du Xinjiang") censé protéger langue - en alphabet arabe - et coutumes, cette marche du géant asiatique connaît, comme le Tibet voisin, une entreprise systématique de sinisation. Jadis largement majoritaires dans leur pays, les Ouïgours tendent à devenir minoritaires, du fait de la colonisation de peuplement Han: ainsi se trouve légitimé l’emploi abusif du terme de "minorité ethnique"qui leur est appliqué et qui tend à en faire une des composantes parmi les autres musulmans sous l’autorité de Pékin.
Cette politique d’implantation ne pouvait que susciter une résistance; celle-ci, moins médiatisée que celle des Tibétains, a connu, dans les années 1990, un nouvel essor.
A la question identitaire s’ajoute le caractère géostratégique de la zone, qui en fait un enjeu de taille pour l’avenir de la Chine: commandant un accès au Toit du Monde, c’est-à-dire au château d’eau du XXIème siècle que forme la cordillère pamiro-himalayenne, c’est aussi un immense réservoir d’hydrocarbures dans le bassin du Tarim[1] et le passage obligé de futurs oléoducs. Enfin, c’est dans sa partie orientale que se situe le polygone nucléaire de Lop Nôr, où sont effectués les essais chinois.

- Manifester discrètement l’inquiétude de Washington devant le développement d’une marine chinoise de haute mer, menaçant la supériorité de la flotte américaine du Pacifique-nord. Peut-être, pour faire pièce à la Russie, proposer de mener ensemble des explorations spatiales et des travaux scientifiques.

Sous-marin chinois Classe « Song »


Un sous-marin chinois de classe Song, comme celui qui a fait surface près de l’USS Kitty Hawk

Les chefs militaires US sont restés sidérés quand un sous-marin chinois non détecté a surgi au cœur d’une manœuvre récente dans le Pacifique, à proximité de l’immense USS Kitty Hawk, un super porte-avions de 300 mètres de long avec 4.500 personnes à bord.
Au moment où il a fait surface le sous-marin d’attaque diesel-électrique de classe Song de 50 mètres de long était sous-entendu naviguer à portée de lancement des torpilles ou des missiles sur le porte-avions.
Selon les hauts fonctionnaires de l’OTAN l’incident a engendré la consternation dans l‘US Navy.
Les Étasuniens n’avaient aucune idée d’un un tel niveau de sophistication atteint par la croissance rapide de la flotte de sous-marins chinoise, ni qu’elle faisait peser une pareille menace.
Un personnage de l’OTAN a dit que l’effet avait été « un choc aussi grand que le lancement du Spoutnik russes, » une référence au premier satellite mis en orbite en 1957 par l’Union Soviétique, marquant le début de l’ère spatiale.
L’incident, qui a eu lieu dans le sud de l’océan entre le Japon et Taiwan, a grandement embarrassé le Pentagone.

Lire la suite:
http://eldib.wordpress.com/2007/11/12/un-sous-marin-chinois-surgi-au-milieu-des-manoeuvres-de-lus-navy/

- Participer à la campagne en faveur d’un certain désarmement nucléaire par la négociation des traités en fin de vie. Inviter la Chine à s’en tenir aux instruments atomiques d’un pouvoir d’intimidation minimum, l’importance de la population chinoise étant déjà un puissant facteur dissuasif. En revanche, presser la Corée du Nord de renoncer à l’atome militarisé, encourageant ainsi à la non prolifération.
En accord avec la Russie, faciliter aux Etats-Unis l’accès à l’Afghanistan par le nord et le nord-est à travers le Sin-kiang en spéculant sur les divergences confessionnelles des populations locales.

- Rassurer la Chine sur les livraisons d’armes à Taïwan destinées, selon Washington, à maintenir le statu quo (« un peuple, deux territoires »).

Pour la première fois en seize ans, un défilé militaire a eu lieu à Taiwan pour la fête nationale, une initiative de nature à susciter l'irritation de la Chine.

http://www.chine-informations.com/actualite/chine-taiwan-organise-son-premier-defile-militaire-en-seize-ans_7888.html

- Demander à Pékin de ne pas empiéter sur le domaine où devrait s’exercer, en Amérique latine, l’influence politique et commerciale de Washington la quête de matières premières amenant la Chine à « trop de présence » au nord de l’Amérique latine.

Hu Jintao a été accueilli par la communauté chinoise au Costa Rica, dès son arrivée à l'aéroport international Juan Santamaria d'Alajeula. Le président chinois a entamé dimanche une visite de deux jours devant aboutir à la signature de onze accords de partenariat économique avec le Costa Rica.

Hu Jintao a entamé dimanche soir au Costa Rica une tournée latino-américaine. Elle conduira aussi le président chinois à Cuba et au Pérou. De quoi confirmer l'intérêt de Pékin pour la région.

Après l'Afrique la Chine prospecte en Amérique latine. Le président chinois Hu Jintao est ainsi arrivé dimanche soir à San José, capitale du Costa Rica pour développer un partenariat économique avec Oscar Arias Sanchez, président du pays. Lundi après midi il s'est envolé pour La Havane où il est attendu dans la soirée. Cette visite dans ce "pays frère" précède à la participation d'Hu Jintao au Forum de coopération économique Asie-Pacifique au Pérou le 22 novembre.

La Chine a accru sa présence diplomatique et ses investissements ces dernières années en Amérique latine, dont elle ne dédaigne pas les ressources naturelles et ses marchés en développement, et qui elle-même espère un afflux de financements.

Les exportations chinoises vers l'Amérique latine ont progressé de 52% sur les 9 premiers mois de 2008, à 111,5 milliards de dollars, selon l'agence officielle Xinhua.

- Peut-être, enfin, réclamer à nouveau une réévaluation du yuan afin de contenir l’expansion de la production chinoise, pour préserver celle des Etats-Unis. Probablement retenue quant aux « droits de l’homme » et au Tibet. Au Congrès de sauver la face, l’opposition américaine ayant là une occasion de gêner le gouvernement Obama.

Au Japon
                  
La crise économique est aggravée par une crise politique. Le premier ministre Taro Aso serait loin de rallier tous les suffrages de l’électorat.

Mal apprécié chez lui, il recherche des compensations en politique extérieure (négociations à Moscou sur une éventuelle restitution des îles Kouriles occupées par les Russes depuis la défaite du Japon). Aussi, Mme H. Clinton est-elle la bienvenue.

Quant à l’économie, elle place l’archipel en difficulté : le PIB japonais a été réduit de près de 13 % au dernier trimestre de 2008 et les investissements ont reculé de 18 % en un an. Les Etats-Unis et l’Europe, eux-mêmes en crise, achètent moins et, par exemple, les ventes de produits électroniques, points forts de l’industrie japonaise, auraient baissé de plus de 60 % en un an.

Trente ans après Hiroshima, Etats-Unis et Japon formaient un couple économiquement puissant. Ils fournissaient au monde le tiers de ses biens d’équipements et des services et assuraient, à eux seuls, 20 % des échanges internationaux. Ainsi que le faisait remarquer un diplomate français la nature en avait fait deux entités totalement différentes : d’un côté des Etats-Unis, victorieux, au vaste territoire recelant bien des richesses naturelles, créant l’opulence, champions de la libre entreprise ;  de l’autre, le Japon, vaincu, au petit territoire ingrat, s’accommodant et même triomphant de la précarité en spéculant aussi sur l’homogénéité de son peuple, tandis que les Etats-Unis tiraient parti de la diversité du sien…

La crise des années de la fin de la décennie 90 et, surtout celle qui sévit depuis 2 ou 3 ans, a nivelé ces différences si bien que ces deux pays auraient intérêt à s’épauler l’un l’autre. Mais, dans les circonstances présentes le Japon a bien davantage besoin du marché que constituaient pour lui les Etats-Unis, que ceux-ci de marché japonais. L’archipel doit exporter pour consommer et payer les retraites d’une population vieillissante, si bien que Mme Hillary Clinton a dû se trouver à son avantage face à son homologue nippon.

Entre autres, les intérêts des Etats-Unis portent, sans doute, sur les points suivants :

- S’assurer de la continuité de l’aide militaire du Japon qui a déjà dépêché de modestes contingents armés en Irak et en Afghanistan.

Le  Japon va payer les salaires de 80.000 policiers afghans pendant six mois, dans le cadre du soutien financier de l'archipel à l'Afghanistan et à la "guerre contre le terrorisme", a annoncé mardi un responsable du ministère des Affaires étrangères à Tokyo.
"Le Japon va aussi apporter des fonds pour aider à construire des écoles et des hôpitaux, ainsi que pour former des enseignants", a ajouté ce responsable qui n'a pas souhaité être nommé.
Ces programmes entrent dans le cadre d'une aide globale de 2 milliards de dollars fournie par le Japon  pour reconstruire l'Afghanistan ravagé par trois décennies de guerres.
Outre cette aide financière, le Japon  entretient dans l'océan Indien une mission navale de soutien logistique aux troupes de la coalition internationale, sous égide américaine, engagée dans la "guerre contre le terrorisme" en Afghanistan.

- Washington doit faire un nouvel appel pour mener sa politique de « dialogue avec les Talibans modérés », ultime espoir de la Maison-Blanche.

« Recherche Talibans modérés... »
Lire: http://cozop.com

- Modérer, cependant, les ambitions militaires de Tokyo. Depuis les démarches de la Corée du Nord pour se doter d’un modeste armement nucléaire, une minorité de personnalités nippones a évoqué la mise au rancart du traité de paix et l’éventualité d’une nouvelle politique militaire incluant l’arme nucléaire. C’est qu’en Asie, Russie, Inde, Chine, Pakistan et Corée du Nord détiennent, sous des formes diverses, une panoplie atomique ou l’embryon de cette panoplie. Le Japon en est réduit à se contenter de la garantie des Etats-Unis, situation qui convient à Washington, mais qui est en contradiction avec l’objectif de remplir toutes les clauses du traité de non prolifération.

- En échange, proposer une coopération scientifique en matière spatiale, le Japon ayant lancé ses satellites et l’intérêt qu’il porte à l’espace est une diversion à encourager.

Un satellite japonais pour observer les gaz à effet de serre
Jeudi 22 janvier 2009

L'Agence d'exploration spatiale japonaise a lancé, vendredi, le premier satellite destiné à collecter des informations sur les émissions de gaz à effet de serre. "Ibuki" ("souffle" en japonais") évoluera en orbite à 660 km de la Terre.

http://www.france24.com/fr/20090122-satellite-japonais-gaz-effet-serre-etude-sciences-japon

- Traiter, avec Tokyo, de la non prolifération en visant la Corée du Nord, ses travaux sur l’atome et les « lanceurs » d’ogives nucléaires et de satellites.

- Inviter le Japon à poursuivre son soutien au projet de bouclier anti-missiles américain auquel, dès l’origine, ont été consacrés 10 % du budget de la Défense nippon.

- Souhaiter qu’il maintienne ou fasse revivre l’embargo sur l’exportation d’armements qu’il s’était, lui-même, imposé.

- Traiter des conditions du stationnement des troupes américaines à Okinawa et demander à Tokyo de négocier avec Pékin les viols par les sous-marins chinois des eaux japonaises au lieu d’en venir à l’antagonisme,  Washington, en l’occurrence jouant les « bons offices ».

- Washington ne peut qu’encourager Tokyo à organiser des manœuvres navales visant l’interception de bâtiment transportant des ingrédients
atomiques militaires (telle « Pacific Shield 07 »)  ou se livrant au terrorisme maritime et à la piraterie.

Tokyo en profite pour tenter de redevenir la capitale d’une puissance navale, ce qui dépasserait les vues de Washington. Mais la nouvelle Secrétaire d’Etat a sans doute pour mission de resserrer les liens entre les Etats-Unis et un Japon qui entend tourner la page de l’agression de Pearl Harbor et de la Constitution restrictive du général Mac Arthur pour devenir un « Etat normal », jouissant de tous ses droits. Même outre-Atlantique on se pose la question : qu’adviendrait-il en cas de tension sino-japonaise, compte tenu de l’imposante stature de la Chine et des intérêts communs sino-étatsuniens ?

Corée du Sud

Vieux dossier que celui-là. Importants sont les desseins du Département d’Etat en Corée.

- Maintenir la division politique de la péninsule coréenne. Et même un certain antagonisme entre le Nord et le Sud. Plus de 30 000 hommes des armées des Etats-Unis y stationnent, gardant le Sud d’éventuelles attaques du Nord, fortement armé.

- Faire accepter par la population du Sud cette occupation militaire permanente. Une partie de cette population avait fort mal accueilli
George W. Bush qui s’opposait à la politique de détente entre les 2 Corées menée par le président sud-coréen Kim Dae-jung.

- Inciter Séoul à militer contre l’activité nucléaire de PyongYang en invoquant les exigences de la non prolifération et qu’il demeure ferme sur les « Droits de l’homme », la Corée du Sud s’étant résolument rangée aux côtés des Etats-Unis, et de l’Occident en général.

Cliquer sur l'image pour agrandir
Lire:
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/panorama/2006/10/17/la-coree-du-nord-une-nouvelle-puissance-nucleaire_824665_3216_5112_5120.html

Enfin, approuver l’accord sino-coréen du Sud de mai 2008 améliorant les relations entre les deux pays bien que subsiste un différend territorial, la Chine réclamant l’île Ieodo Islet, à l’extrême sud de la Corée. (Le Japon, de son côté voudrait annexer les îles Dokdo, rappelant les conquêtes japonaises de 1910).

Russie - USA

A Genève, Mme Clinton a sans doute eu fort à faire tant est lourd le contentieux entre les deux puissances. Au cours d’un dîner de travail Hillary Clinton et Sergueï Lavrov ont dû préparer la rencontre Obama-Medvedev le
2 avril, lors de la réunion des membres du G 20. En réalité, les deux parties ne partagent pas les mêmes vues.

GENEVE - La secrétaire d'Etat américaine, Hillary Clinton, a entamé vendredi à Genève son premier entretien avec son homologue russe Sergueï Lavrov par une plaisanterie: elle lui a offert un "bouton de remise à zéro" en plastique, pour symboliser la relance des relations.
"Nous avons travaillé dur pour trouver le bon mot en russe. Est-ce qu'on a réussi ?", a demandé Mme Clinton.
M. Lavrov s'est alors mis à rire: "Vous vous êtes trompés". Mme Clinton a alors éclaté d'un rire sonore.
"Cela devrait être 'perezagrouzka'. Il y a écrit 'peregrouzka', ce qui veut dire 'en surcharge'", a expliqué M. Lavrov.

- Certes, ils peuvent s’entendre sur un certain désarmement nucléaire, leurs panoplies respectives étant, à tous les égards, excessives. Le traité sur la réduction des armes stratégiques expire à la fin de l’année. L’on peut aisément en augmenter les exigences sans pour autant freiner la prolifération qui est pourtant le prétexte officiel.

- Sur le fameux bouclier antimissile l’accord n’est pas en vue. Même si Washington aurait proposé un échange : Moscou presse Téhéran de renoncer à ses ambitions atomiques et les Etats-Unis ne déploient pas d’installations antimissile en Europe, proposition, d’ailleurs, démentie des deux côtés. D’ailleurs, des pays européens protestent : ils souhaitent ces déploiements afin que les troupes des Etats-Unis stationnent sur leurs territoires et, ainsi, assurent leur sécurité contre les empiètements de voisins trop puissants.

C’est par exemple, le cas de la Pologne, ce qui démontre le caractère illusoire d’un appareil défensif européen. Son matériel serait fourni par les Etats-Unis, la « construction européenne » ayant pratiquement détruit les industries d’armement des pays européens. De surcroît, la plupart d’entre eux comptent bien davantage sur les Etats-Unis et l’OTAN que sur eux-mêmes, tous rassemblés dans une soi-disant « Défense européenne ».

Cliquer sur l'image pour agrandir

- Désaccord également sur l’armement atomique de l’Iran, la Russie ayant, par ailleurs, achevé la centrale nucléaire de Bouchehr destinée à alimenter le réseau électrique iranien (qui a incité l’Iran à recourir au nucléaire sinon la France, sous Giscard d’Estaing, a invité Téhéran à s’associer au projet « Eurodif » destiné à produire du combustible pour les centrales atomiques ?).

Contrairement à ce qui est généralement affirmé, il n’est pas sûr que la Russie n’ait pas intérêt à avoir un autre voisin atomiquement doté. C’est un procédé pour limiter l’influence des Etats-Unis dans la région.

C’est un moyen, également de tenir l’Iran en dépendance scientifique, les capacités russes en la matière étant considérables.

- En revanche, Moscou pourrait coopérer avec Washington aux prises avec les Talibans, bien que la Russie comporte encore une forte minorité musulmane. En particulier, faciliter l’accès à l’Afghanistan du matériel de combat occidental, et remplacer ainsi les bases en terres musulmanes ex-soviétiques que les Etats-Unis ont dû quitter.

ASTANA, 25 février - RIA Novosti. Un convoi américain transportant des frets non militaires destiné au contingent de l'OTAN en Afghanistan a traversé le Kazakhstan, a confirmé mercredi un porte-parole du ministère kazakh des Situations d'urgence.

Les Etats-Unis, qui ont doublé leur contingent en Afghanistan, cherchent de nouveaux itinéraires pour ravitailler les troupes suite à la fermeture de la base aérienne de Manas décidée par le Kirghizstan. Il y a quelques jours, Washington a demandé l'autorisation de Moscou afin de faire transiter plusieurs containeurs non militaires via le territoire russe.

Le 9 février, le Kazakhstan a également donné son feu vert au transit du convoi militaire américain. En novembre 2008, le parlement kazakh a ratifié les mémorandums de compréhension signés entre les gouvernements kazakh et américain pour appuyer les efforts de l'opération antiterroriste Liberté immuable en Afghanistan.

"Le convoi a déjà traversé le Kazakhstan et se trouve actuellement en Ouzbékistan. Il n'y a pas eu de problèmes", a précisé l'interlocuteur de RIA Novosti.

http://fr.rian.ru/world/20090225/120292046.html

Un premier convoi de matériel américain pour les troupes de l'Otan en Afghanistan a traversé la Russie et se trouve à la frontière du Kazakhstan (Asie Centrale), c'est ce qu'a indiqué ce mardi l'agence russe Interfax-AVN citant des sources diplomatiques.

"Le transit de cargaisons américaines a été effectué dans le cadre d'un accord conclu l'année dernière entre la Russie et l'Otan", ont rappelé ces sources.
"Il s'agit d'un premier essai dans ce genre de coopération avec les Etats-Unis", ont-elles ajouté.

Cet envoi intervient peu après l'annonce fin février par le Kirghizstan de la fermeture sur son territoire d'une base américaine qui approvisionnait les troupes en Afghanistan.

Le radicalisme islamique est redouté par Moscou comme à Washington. Maintenant qu’après la crise de Gaza les Etats-unis penchent un peu plus vers les Palestiniens, Moscou et Washington pourraient s’accorder sur les affaires du Proche-Orient.

- Sur la Géorgie, la Caspienne, l’Europe de l’Est les oppositions semblent irréconciliables. Moscou a repris pied en Ossétie du sud et en Abkhazie. 

 

Le Caucase est précieux pour la Russie, alors que les Etats-Unis
veulent arracher la région à l’influence de Moscou, ce que le Kremlin ne peut admettre. Son « proche étranger » à l’est de l’Europe en relevait. Ayant perdu les pays baltes, la Russie Blanche, la Russie kievienne, l’Ukraine, Allemagne de l’Est, Bulgarie, Tchécoslovaquie, Hongrie, Roumanie et dû se soumettre à la dislocation de la Yougoslavie, la Russie demeure ferme sur les démarches des Etats-Unis. Elle se dit victime d’une politique d’encerclement qu’elle ne peut tolérer et reproche au Département de l’Est de ne pas avoir tenu ses engagements quant à l’extension de l’OTAN, à ce qu’elle considère comme le domaine de son influence politique, économique, culturelle, voire militaire. Face à Moscou et sur ce « proche étranger » il est probable que Barack Obama n’obtiendra pas ce que recherchait son prédécesseur.

- La veille des entretiens Clinton-Lavrov la Secrétaire d’Etat avait rencontré les ministres des pays européens membres de l’Alliance. Washington a préparé une « Déclaration sur la sécurité de l’Alliance destinée à être approuvée lors des sommets de Strasbourg et de Kehl, les 3 et 4 avril prochains. En somme, un blanc seing pour la Maison-Blanche et aussi un défi à la Russie visée indirectement : « L’OTAN demeure, en effet, ouverte à toutes les démocraties européennes désireuses et capables d’assumer les obligations du statut de membre ». Plus question de limitations géographiques pour agir, si besoin est, au dehors de la zone couverte par le traité.  Nouvelle alliance, nouvelle organisation armée. Concession aux « Européens » : « est reconnue l’importance d’une défense européenne plus forte en vue d’en arriver à un partenariat stratégique OTAN-UE ». Sans faire allusion, bien sûr, aux matériels de cette organisation qui ne peut être approvisionnée que par les Etats-Unis.

Question Israélo-Palestinienne

- Hillary Clinton était présente à la conférence de Charm el-Cheikh, un mois à peine après l’offensive contre le Hamas, à Gaza. Elle y a annoncé la contribution de son pays à la reconstruction de Gaza : 900 millions de dollars. Sinon, rien de bien nouveau. Washington veut un Etat palestinien, la reconnaissance de l’Etat d’Israël là où il est, place au dialogue et refus de la violence. Le Département d’Etat se rapprocherait de la Syrie mais, contradiction, réaffirme la force des relations américano-israéliennes. La Secrétaire d’Etat feint de ne pas savoir que le monde arabe ne veut pas d’Israël là où il est, tandis que l’Etat d’Israël demeure opposé fermement à l’instauration d’un Etat palestinien, il a assez à faire avec ses Etats arabes voisins – hostiles à l’Etat hébreu – sans en ajouter un autre.

Le président israélien Shimon Peres embrasse la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton à Jérusalem le 3 mars 2009 / TDR

Si bien que,  H. Clinton n’a pu que constater un total antagonisme et le maintien des positions des deux parties en présence, encore raffermies, par les tristes événements de Gaza.

« Washington recherchera énergiquement une solution à deux Etats pour le conflit israélo-palestinien » Hillary Clinton à Charm el-Cheikh

Turquie

Le 7 mars H. Clinton se rendit à Ankara.

Elle y apportait la bonne nouvelle. La Turquie serait le premier pays musulman visité par le président Obama. C’est que sa « grande politique extérieure » vise aussi à effacer les dommages créés par son prédécesseur par son comportement vis-à-vis du monde musulman, surtout depuis 2001. Certes, la Turquie est une vieille alliée, engagée sans réserve dans l’OTAN. Par son attachement à l’Occident et son désir d’adhérer à l’Union européenne, elle occupe une place particulière dans les pays de l’Islam. Aussi, la Secrétaire d’Etat estime avoir beaucoup à demander à son homologue turc moyennant quelques concessions relativement mineures.

- D’abord, intervenir en Iran, obsession israélo-américaine afin de mettre un terme à ses ambitions nucléaires militaires et ainsi tenter de dissiper les inquiétudes de nombre d’Etats à large majorité sunnite. Bien que pareille démarche turque ait peu de chances d’aboutir, « pour la galerie » elle sera sans doute entreprise.

- Ensuite, demander aux Turcs de jouer les médiateurs entre Israël et Palestiniens. Là encore, bien faible sont les espoirs de succès.

- Plus efficacement, s’assurer la pleine coopération de la Turquie à la manœuvre de repli des forces des Etats-Unis d’Irak. Celles-ci ont besoin de bases navales et aériennes proches de l’Irak, et celles de la Turquie pourraient faire partie du dispositif général du mouvement des unités américaines (dont l’aérodrome d’Incirkik et le port d’Iskenderun).

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- Poursuivre, discrètement, le soutien fourni à l’Etat d’Israël, à cours d’espace, pour l’entraînement de ses forces armées.

- Peut-être parler à la Syrie afin qu’elle comprenne qu’elle aurait intérêt à renouer avec les Etats-Unis qui lui accordent un rôle « moteur » en terre islamique.

- En échange, accentuer la pression de Washington sur l’Union européenne afin qu’elle accueille au plus vite la Turquie.

- Aussi, Ankara a maîtrisé sa forte minorité kurde dans ses manifestations d’indépendance.

- Il ne serait plus, à nouveau, fait allusion au génocide arménien, Ankara ne faisant pas acte de repentir.

La grande politique de réconciliation qu’annonce le président Obama s’est déjà manifestée, que ce soit à Djakarta où Mme Clinton a joué les séductrices, à Ankara, à Damas, au Caire, Washington acceptant de « tourner la page » afin de reléguer dans le passé les guerres d’Irak, Guantanamo, Bou Graib, les bombardements d’Afghanistan d’un côté, les attentats des années 93 à 2001 de l’autre. Avoir tenté d’exporter la démocratie n’est pas un crime, aider les populations musulmanes victimes d’un tsunami est louable, avoir fourni au moins 50 milliards de dollars à l’Egypte en moins de 30 ans est une preuve de l’intérêt que porte Washington aux pays arabes et, plus généralement, aux musulmans. Et que dire de la Turquie dont Washington défend depuis longtemps les intérêts (par exemple soutien aux bosniaques musulmans dans l’entreprise de désarticulation des Balkans, au détriment des Slaves ?).

S’il semble que Barack Obama ait adopté une politique intérieure très ferme, capable, peut-être, de réduire la durée de la crise, il serait aussi l’initiateur d’une politique étrangère autoritaire. Mais la question se pose. Le poids des affaires intérieures aux Etats-Unis ne va-t-il pas limiter l’action extérieure du nouveau président ?

 Pierre Marie Gallois

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