jeudi 21 septembre 2017

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

« Il n’est aucun peuple sur terre dont on ait plus à attendre que les Allemands » (Henrich von Kleist - 1801)

Rien n’est pire que la politique de l’Autruche. Notre « Maître d’Ecole », le général  Pierre Marie Gallois, poursuit son enseignement. De l’Allemagne… En bonne place dans la suite des articles dont il nous honore : « Les Revanches »

Portemont, le 15 janvier 2009

Après « La Chine » et  « L’ Obamérique »…

De Bismarck à Merkel

Par sa puissance économique, l’Allemagne domine l’Europe, au centre comme à l’ouest, au nord comme au sud. Par les guerres, elle a échoué pour réussir par la puissance industrielle et commerciale. Celle-ci lui donne bonne conscience si bien qu’elle parle haut alors qu’en raison de ses tragiques méfaits elle devrait se taire.

    Léopold de Hohenzollern
  1. Les méfaits

Bismarck voulait que la couronne d’Espagne – Isabelle II ayant été renversée par l’insurrection – soit donnée au prince Léopold de Hohenzollern.

Napoléon III s’y opposant le roi de Prusse invita Léopold à retirer sa candidature, ce qu’il fit. Paris exigea l’engagement d’un retrait définitif. Bismarck saisit l’occasion pour communiquer à la presse une réponse prussienne raccourcie et brutale.

 

François Achille Bazaine

 

 

Sa dépêche d’Ems, humiliante pour la France obtint le résultat recherché : la guerre. La désastreuse politique étrangère de Napoléon III (guerre de Crimée, guerres d’Italie, du Mexique) aboutit au désastre de Sedan, l’empereur y capitulant avec 80.000 hommes et Bazaine allait aussi se rendre aux Prussiens avec 150.000 hommes.

 



Sedan…

Le 4 septembre 1870, Gambetta proclama la République et le 18 janvier 1871, à Versailles un empereur d’Allemagne était couronné, empire supprimé par Napoléon 1er.

Proclamation de Guillaume Ier "empereur allemand"
dans la galerie des Glaces au château de Versailles le 18 janvier 1871.
Anton von Werner, La Proclamation de l'Empire allemand, 1885. Bismarck-Museum, Friedrichsruh

Ce fut le début de la grande vengeance. Bismarck humilia et piétina la France : occupation du territoire jusqu’au paiement de quelque 6 milliards, 1,5 million de Français passaient sous la coupe de l’Allemagne, 300.000 d’entre eux fuyant leur terre, l’Alsace annexée, ainsi qu’une partie de la Lorraine.

L'Allemagne en 1870
L'Alsace-Lorraine apparaît en bleu. A droite, les armoiries officielles de ce territoire d'empire.
Source : Deutsches Historisches Museum Berlin

a) Les origines des méfaits

En Allemagne, dès le XIVème siècle le régime féodal s’est installé alors que la France et l’Angleterre évoluaient vers le centralisme monarchique. Pas de sentiment national outre-Rhin tandis qu’il naissait de l’autre côté du fleuve et outre-Manche. Principautés, marquisats, duchés, évêchés, villes libres, formaient une terre « parcellisée » avec quelque 300 petits souverains dépouillant le roi – l’empereur – de son pouvoir.

Vidrecome à l’aigle à deux têtes et aux armes des principautés allemandes.

Les traités de Westphalie, en 1648, confirmèrent cet émiettement de l’autorité en Allemagne si bien que ce peuple, privé de pouvoirs politiques diplomatiques militaires, chercha à s’exprimer par l’écrit, la parole, l’exaltation de sa langue et une sorte d’auto adulation. En voici quelques exemples :

« En ce qui concerne l’esprit scientifique et le sens artistique, les Allemands sont le premier peuple du monde » (Friedrich von Schlegel (1797).

« En ce qui a trait à l’universalisme aucune nation ne peut rivaliser avec nous » a écrit Novalis. Pour Henrich von Kleist, « il n’est aucun peuple sur terre dont on ait plus à attendre que les Allemands » (1801) et aussi, en 1819 : « dans le sein de la nation allemande les Dieux avaient conservé le modèle de l’humanité plus pur qu’en aucun autre ». Fichte a su exploiter le seul trait commun aux Allemands de l’époque : la langue. « La plume à la main, a-t-il écrit, nous ne sommes inférieurs à aucune nation » et il poursuivait ainsi : … « seul l’Allemand peut être patriote, lui seul est capable, dans les objectifs proposés à la nation, de faire tenir l’humanité entière ». Quant à Hegel, il tenait la Prusse pour une « manifestation organisée de l’esprit germanique ».

Hegel apporta comme suit sa contribution à l’exaltation du peuple allemand : « ce sont seulement les nations germaniques qui, dans le christianisme, se sont élevées les premières à la conscience de cette vérité que l’homme en tant qu’homme est libre et que la liberté de l’esprit constitue sa nature propre ». Ratzel avait avancé sa thèse relative à la vie biologique des Etats, France et Angleterre « sont de vieilles structures étatiques alors que l’Allemagne, jeune nation, a droit à l’espace nourricier qui lui fait défaut ». Fritz Bley, publiciste allemand : … « Nous sommes sans conteste le peuple des meilleurs guerriers du monde…. en sept batailles nous avons sauvé la civilisation de l’Europe ». Au début du XXème siècle Moeller van den Bruck décréta encore que l’Allemagne était « la mère des nations européennes, mais non leur tributaire ». A la même époque, les ligues pangermanistes réclamaient une Confédération des Etats du centre de l’Europe relevant de l’Allemagne, Berlin étendant aussi sa tutelle sur la Belgique, la Hollande, la Suisse, la Franche-Comté, la Savoie et, à l’est, la Pologne (Thèse de Reimer).

La France, en décadence, devrait, en outre, céder à l’Allemagne toutes ses possessions coloniales et, en cas de guerre, payer une indemnité de 100 milliards de francs.

C’est dans l’atmosphère ainsi créée par le verbe qu’Hitler commença son combat, avec d’ailleurs, le soutien enthousiaste de la quasi-totalité du peuple allemand, mis en condition par un siècle de vociférations nationalistes.

Ayant évoqué, sommairement, les origines, passons aux méfaits.

b) Les méfaits au XXème siècle

Les pangermanistes ont rallié aisément l’ensemble du peuple à leur cause y compris le recours à la guerre, condition du développement national. L’alliance franco-russe, suivie de la Triple entente (France, Angleterre, Russie) même face à la Triple Alliance  - Triplice-(Allemagne, Autriche-Hongrie, Italie) déclencha de violentes réactions à Berlin qui cria à l’encerclement.

Affiche russe de 1914 symbolisant la Triple-Entente avec Marianne, la Mère Russie et Britannia.


L'Europe en 1914

Werner Sombart

Et, déjà, envisageant une guerre contre la France qui serait suivie d’hostilités envers la Russie. L’économiste Sombart de l’Université de Berlin, allait justifier le recours à la guerre, unique moyen de surmonter la crise économique allemande (charges financières de l’armement, manque de capitaux). « Allemands de notre temps, nous irons à travers le monde, avec orgueil et avec la profonde conviction d’être le peuple de Dieu. De même que l’aigle, l’oiseau allemand, se meut bien au-dessus de tous les autres animaux, de même l’Allemand doit être convaincu de sa supériorité sur tous les autres peuples dont il est entouré et qu’il considère sous lui, à une insondable profondeur ».

Assurée de l’appui de l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie s’en prit à la Serbie au lendemain de l’assassinat de l’archiduc François Ferdinand, le 28 juin 1914.

Londres proposa une conférence à Quatre pour régler le différend Autriche-Serbie. L’Allemagne refusa et annonça qu’elle ne tolérerait pas les mesures militaires prises par les Russes. Elle lança un ultimatum à Saint-Pétersbourg et exigea que la France demeure neutre et, en garantie, elle devait céder aux Allemands Toul et Verdun. Le 2 août les troupes allemandes envahissaient le Luxembourg. La veille, la France avait mobilisé et, sagement, ne déployait ses forces qu’à 10 km de l’ouest de la frontière.

Le 3 août, Berlin déclarait la guerre à la France. L’Allemagne avait déclenché la première guerre mondiale et amorcé le grand carnage de 14-18 avant celui de 39-45, à porter également à son triste passif.

Contrairement à ceux qui écrivent sur l’Histoire sans la connaître, l’Allemagne tira profit de sa défaite aidée, il est vrai, par Keynes qui s’opposa aux « Réparations » dans la mesure où elles « formaient un obstacle à la vie économique mondiale ».

Le plan Dawes prévoyait que l’Allemagne paierait 17 milliards de marks-or tandis que 30 milliards de marks-or, en capitaux fournis par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne allaient lui être versés, si bien que Berlin encaissa 13 milliards de marks-or de plus qu’elle n’en paya. Manne financière qui allait lui permettre de mettre sur pied une puissante armée et de déclencher une seconde guerre mondiale.

La France, au nord-est industriel ravagé, n’incitait pas à l’investissement tandis que l’Allemagne, au territoire épargné par les hostilités, promettait aux industriels d’outre-Manche et d’outre-Atlantique, de vastes profits. D’où, aux dépens de la France, une rapide réhabilitation de l’Allemagne. Ainsi, la triple combinaison du pacifisme français, des intérêts économiques anglo-américains, de plus d’un siècle d’endoctrinement pangermaniste incitera le peuple allemand, et Hitler, à la guerre. Répandre la souffrance et la mort, quel meilleur moyen de prouver la supériorité allemande ?

D’ailleurs, consulté le 12 novembre 1933 sur la politique de Hitler, le peuple allemand, à 93,4 %, l’approuva.

L'affiche dit :
Pas à pas, Hitler déchire le diktat de Versailles !
1933 : L'Allemagne quitte la SDN
1934 : le réarmement commence
1935 : récupération de la Sarre ! et de la souveraineté militaire
1936 : libération totale de la Rhénanie !
1937 : le mensonge de la dette solennellement effacé !
1938 : l'Autriche germanophone annexée au Reich ! La Grande allemagne se concrétise !

C'est pourquoi, le 10 avril, toute l'Allemagne soutient son libérateur Adolf Hitler.
Tous disent : OUI !

L’Allemagne s’était dotée d’un parti unique et Hitler, Goering, Goebbels gouvernèrent.

Adolf Hitler, Wilhelm Frick, et Hermann Goering font signe lors d'un défilé aux flambeaux en l’honneur de la nomination d’Hitler au poste de chancelier. Rudolf Hess se tient derrière Goering. Berlin, Allemagne, 30 janvier 1933.


Goebbels
Visiter: http://www.calvin.edu/academic/cas/gpa/ib27.htm

Premier objectif : une armée puissante. Au cours de ce même mois de novembre, trois divisions blindées furent mises sur pied dans le même temps qu’était arrêtée une doctrine d’emploi fondée sur le tandem chars d’assaut et avions d’attaque au sol menant une guerre-éclair.

A la mort de Hindenburg (août 1934), Hitler réunit en une seule les fonctions de président du Reich et de chancelier. Près de 90 % de la population allemande approuva encore. Elle y était préparée par des siècles d’anti- individualisme et d’autoritarisme. Vermeil parle d’un grand courant nationaliste qui, dit-il, entraîna l’Allemagne vers le national-socialisme, et cela depuis Luther en passant par Fichte, Hegel, Nietzsche, Spengler, Rathenau, Thomas Mann. Bien entendu, ces grands noms de la pensée internationale, à leur corps défendant, ont peu à peu fait du peuple allemand un peuple de criminels car le nazisme n’a pas été seulement la doctrine d’un parti, mais celle, adoptée avec enthousiasme, par la quasi-totalité de la population allemande.

Guillaume II avait réuni les conditions d’une 1ère Guerre mondiale qui fit près de 20 millions de morts, dont la moitié furent des civils, des non-combattants. Hitler fera beaucoup « mieux », décuplant le nombre de victimes de sa guerre et multipliant par trois le nombre des morts…

Il faut être allemand pour avoir méthodiquement préparé l’occupation brutale des territoires conquis, le pillage de leurs ressources, le servage des populations, l’extermination des Juifs, des Tsiganes et plus généralement des opposants au national-socialisme ou à l’envahisseur et à ses abominables desseins.

Dès mars 1933, le camp de concentration de Dachau avait été ouvert, suivi par une quinzaine d’autres installations semblables, de six camps d’extermination et de cinq centres d’euthanasie afin de faire de la torture et de la mort une industrie nationale. Les lois sociales, toujours avec l’assentiment de la population d’outre-Rhin remontent au début de 1935. Il s’agit de planifier le génocide et d’en mettre sur pied les « usines ».

Lors de la conférence de Wannsee, le 20 janvier 1942 les modalités d’exécution de la « solution finale » furent arrêtées. Il y fut décidé, en première analyse, qu’en Europe il convenait d’exterminer 11 millions de personnes, d’une manière ou d’une autre. C’est ainsi, obsession d’Adolf Hitler, que près de 6 millions de Juifs, dont 1.250.000 enfants furent assassinés par les Allemands, Wehrmacht et SS confondus.

 Ils tuèrent également 3.5 millions de prisonniers de guerre russes, 240.000 tsiganes.

Il faut être allemand pour avoir entrepris de mettre fin à l’existence de 70.000 malades mentaux en invoquant les nécessités de sauver la race des êtres supérieurs. Ajoutons aussi la mise à mort de plus de 1 million de déportés, jugés « bouches inutiles » à la grandeur de IIIème Reich.

Il fallait également être allemand pour élaborer un « Plan de l’est » dont l’objectif officiel était de tuer 30 millions de Russes et d’en déporter 30 millions d’autres pour faire place aux travailleurs de race nordique en donnant ainsi à l’Allemagne l’ « espace vital » pour son développement.

La méthode n’est pas seulement nationale-socialiste. Déjà, en 1904 Guillaume II régnant à Berlin, les troupes allemandes avaient massacré des dizaines de milliers d’indigènes namibiens, les Herero, afin d’exploiter plus rationnellement leurs terres.

Occupant l’Ukraine, la Wehrmacht, c’est-à-dire le peuple allemand, y fit 8 millions de morts, soit 20 % de la population. C’est là,  que près d’une centaine d’enfants de moins de 5 ans furent « éliminés ». A Auschwitz, un certain docteur Heissmeyer avait reçu de Himmler l’autorisation de mener des « expériences » sur adultes et enfants (1) Une fois l’effet cobaye obtenu, une vingtaine d’enfants juifs de 5 à 12 ans étaient pendus par le soldat Frahm. De même, toujours à Auschwitz une firme chimique allemande avait « passé commande » de 150 femmes vivantes moyennant 170 marks l’une, payés au commandement du camp. On sait que ce camp, comme une douzaine d’autres, étaient organisés pour infliger la mort en grande série : les chambres à gaz avaient été conçues pour gazer de 1 400 à 1500 personnes à la fois (émission de gaz Zyklon B), la crémation des corps suivant le gazage. Un prisonnier a raconté que, quotidiennement, à lui seul il « enfournait » 500 à 600 cadavres dans les fours crématoires tout en sachant que son tour viendrait. La libération du camp le sauva de justesse.

Ces horreurs étaient perpétrées avec l’assentiment général des allemands. Dès la fin de 1941 le massacre des Juifs leur était connu. Des lettres attestent la connaissance de la « solution finale » et des gazages pratiqués au camp d’extermination de Chelmno.

Train pour Chelmno


Eglise de Chelmno où étaient déposées chaussures et vêtements des « victimes »

Au total, les 6 camps détruisirent près de 4 millions de vies humaines.

Cliquez sur l'image pour agrandir

Le pillage des pays envahis par la Werhmacht, l’élimination d’une large fraction de leurs habitants, avaient les faveurs du peuple allemand qui héritait d’une part du butin. Les ignominies hitlériennes répondaient aux attentes de la population allemande. Elles satisfaisaient ses sentiments de supériorité raciale, son sadisme destructeur et meurtrier.

Vaincue en moins de six semaines, la France a été saignée à blanc. Les massacres d’Ouradour sur Glane (642 tués) et de Maillé (124 civils méthodiquement assassinés) sont deux exemples tragiquement spectaculaires d’un travail de sape de l’économie et de la production françaises, celle-ci étant contrainte de servir l’effort de guerre allemand dans le même temps que les forces d’occupation pratiquaient leurs pillages habituels.

La défaite, l’invasion de l’Allemagne par les Alliés après que leurs campagnes de bombardements aériennes eurent détruit l’habitat et l’appareil de production allemande, amenèrent Berlin à spéculer sur l’opposition entre les pays relevant de l’économie de marché et ceux pratiquant l’économie planifiée. Il y avait là le moyen de rentrer en grâce.

Après la Première Guerre mondiale l’économie allemande étalait ses appâts tandis qu’après la Seconde Guerre mondiale ce fut l’appoint allemand aux Alliés de l’ouest qui permit une rapide réhabilitation. Il fallait aussi solliciter la France pour qu’elle oublie les forfaits allemands dont elle avait été une des victimes. Adenauer s’y emploiera avec succès. De surcroît, l’ « idée européenne » avancée par Jean Monnet venait à point. Elle impliquait la « réconciliation ». Avec ardeur le général De Gaulle commença par y souscrire, voyant enfin l’occasion de mettre un terme à l’animosité entre « Gaulois et Germains ».

    Le chancelier Adenauer et le général De Gaulle

Au cours de sa conférence de presse du 14 janvier 1963, le général « passait l’éponge » :

« Déjà, quand, dans notre capitale, le président Luebke, puis officiellement à Paris et en province, le chancelier Adenauer sont venus visiter la France, il se leva de nos populations un ensemble d’hommages et de témoignages qui ne pouvaient laisser aucun doute sur le cours complètement nouveau – c’est le moins que l’on puisse dire – qui avaient pris chez nous, ces sentiments… quand je fus reçu à Bonn, à Cologne, à Düsseldorf, à Duisbourg, à Hambourg, à Munich, à Stuttgart… tous ceux qui pouvaient voir et entendre ont été bouleversés par le déferlement élémentaire extraordinaire d’enthousiasme qui s’est produit à cette occasion en faveur de l’amitié de l’Allemagne et de la France, de l’Union de l’Europe telle qu’elle la veulent toutes les deux ».

Bref, selon le général, les Allemands d’après la défaite aiment tellement la France qu’ils l’étreignent… pour mieux l’étouffer ce que le général de Gaulle n’avait pas prévu.

Le 22 janvier 1963 ce fut la signature à l’Elysée du traité de coopération entre la France et l’Allemagne. Occasion de nouvelles embrassades « hommage que l’on doit rendre à ce grand homme d’Etat (qui) n’a jamais cessé de penser et de proclamer que la coopération de la France et de l’Allemagne était une nécessité absolue de la vie », déclarait encore le général.

Mais quatre mois plus tard, le Parlement allemand ajoutait un Préambule à ce fameux traité, préambule qui le vidait de l’essentiel de son contenu.

Le général, furieux s’écriera : « Les Allemands ? Les Allemands, il faut les envoyer promener…. » Pourtant, parfait connaisseur de notre histoire, le général s’était, comme ses prédécesseurs et ainsi qu’il en sera de ses successeurs, nourri d’illusions. Il n’avait pas tenu compte de Bismarck se jouant à deux reprises de Napoléon III. Ni de Stresemann exploitant, par ses « finasseries » la crédulité et le pacifisme bêlant d’Aristide Briand, encore moins de Hitler déclarant qu’il n’avait plus d’ambitions territoriales avant d’envahir la Pologne, ni encore de Daladier croyant ramener la paix de l’entrevue de Munich. D’ailleurs, Giscard d’Estaing sera tancé par Helmut Schmidt lui reprochant de ne pas assez financer les forces classiques françaises, aux dépens, bien sûr, du nucléaire. Ce qui arrangeait Berlin interdit d’atome.

M. Giscard-D’Estaing et « l’ami Helmut »…

Et Mitterrand, capable seulement d’une politique étrangère désastreuse, suivit Kohl dans son entreprise de dislocation de la Yougoslavie et de la Tchécoslovaquie afin d’effacer toute trace politique des défaites militaires de l’Allemagne et de punir la Serbie qui avait lutté contre la Wehrmacht.

MM. Mitterrand et Khol

La France, obéissante, se rangeait aux côtés de l’Allemagne à son profit et à celui des Croates et des Bosniaques qui avaient combattu les alliés et, par conséquent, la France.

Hitler et le Croate Ante Pavelic


Waffen SS musulmans – Bosniaques – à la prière…


Drapeau de la Division « Hanzar »

Depuis, plus subtilement, l’Allemagne poursuit le même dessein :

- Elle utilise Bruxelles pour encourager le régionalisme et affaiblir ainsi les Etats.

- Elle a mis la main sur l’Airbus et détruit notre industrie aéronautique militaire.

- Elle contrôle quatre des cinq divisions d’EADS, l’Aérospatiale française étant devenue une société de droit hollandais que contrôle l’Allemagne.

EADS en Allemagne

L’atome français leur inspire toujours un certain respect et c’est pourquoi elle le contourne par la finance et l’économie.

En 1948, Robert de Saint Jean écrivait : « il n’y a pas de danger allemand mais, avant tout, une impuissance française ». Il se trompait, l’impuissance française accroît seulement le danger allemand, les deux co-existent.

Voici qu’après avoir agencé deux guerres mondiales, ravagé l’Europe, martyrisé et assassiné des millions d’êtres humains, voici que l’Allemagne à nouveau, entend présider les destinées de cette Europe. Et, paradoxalement, avec le consentement de ses victimes. Démonstration de l’impuissance française.

Un récent secrétaire d’Etat y concourt. Croyant bien faire il a prononcé en allemand un de ses premiers discours. Loin de s’attirer la considération de ses futurs interlocuteurs d’outre-Rhin, il a fait une démonstration d’allégeance et de faiblesse.

Bruno Le Maire - Secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, pour « réchauffer » les relations franco-allemandes…
« Je voudrais adresser quelques paroles à mes amis allemands. Vous connaissez mon grand intérêt pour la langue allemande, les penseurs, les poètes et la culture germaniques…  (a déclaré en allemand, Bruno Le Maire)… Jamais dans leur histoire nos deux pays ne sont allés aussi loin ensemble. Nous avons jeté les bases de l'Europe. C'est pourquoi quelques petites crises ne doivent pas nous décourager. Nos deux pays ont toujours été des précurseurs, et nous allons le rester»

Les Allemands entendent dominer les peuples faibles, nourris d’illusions, comme la France, s’ils acceptent la domination des peuples forts, par exemple, les Etats-Unis en s’efforçant d’être associés à leur manifestation de force. Si bien qu’aussi longtemps qu’ils seront ce qu’ils ont toujours été, là où ils sont – ce qui va durer bien longtemps-, il n’y a pas de « construction européenne » acceptable rationnellement qui soit possible.

Général Pierre Marie Gallois

(1) Le docteur Mengele « travaillait » lui, sur 1500 jumeaux cobayes dont 180 survécurent à leur martyr.

Les forfaits de l’Allemagne suscitent, aujourd’hui, des études et des films qui rappellent ses tristes exploits.

Il faut lire et voir entre autres :
- Götz Aly : « l’Etat du peuple hitlérien »
- Primo Levy : « Si c’est un homme »
- Jonathan Little : « Les Bienveillantes »
- Claude Lanzmann : Shoah,  et  film : « Nuit et brouillard (Alain Resnais)
- Saul Friedländer : « Les années d’extermination »
- Michel Meyer : « Le démon est-il allemand ? »
- Yvonne Bollmann :  « Ce que veut l’Allemagne »
- Même auteur : « La Tentation allemande » (1998) et «  « La Bataille des langues en Europe » (2001).
- Pierre Hillard : « Minorités et régionalismes dans l'Europe Fédérale des Régions. Enquête sur le plan Allemand qui va bouleverser l'Europe »

Lire :
« Le partenariat transatlantique germano-américain : une nouvelle naissance »
Pierre Hillard

http://www.diploweb.com/forum/hillard3.htm

Relire :

L’Allemagne d’Angela Merkel résiste.

Le 16 décembre 2008

Elle n’entend pas perdre au nom de la crise et d’une fuite en avant dont les effets sont des plus hypothétiques… les  bénéfices accumulés. 
Pour comprendre la position de l’Allemagne d’Angela Merkel, le regard de notre « Maître d’Ecole », le général Pierre Marie Gallois, est encore une fois essentiel.

Lire la suite...


La conférence de Wannsee

Le procès-verbal de la réunion par Adolf Eichmann répertorie le nombre de Juifs à déporter, pays par pays (aussi bien les 200 Juifs d'Albanie que les 5 millions de Juifs d'URSS !), arrivant à un total de 11 millions.
Il évoque par ailleurs, et c'est le plus grave, le traitement promis à ces communautés, en détaillant les modalités logistiques mais en se gardant toutefois de parler de la mort, selon la traduction qu'en donne l'historien Édouard Husson.
Ainsi peut-on lire : «Au cours de la solution finale, les Juifs de l'Est devront être mobilisés pour le travail avec l'encadrement voulu. En grandes colonnes de travailleurs, séparés par sexe, les Juifs aptes au travail seront amenés à construire des routes dans ces territoires, ce qui sans doute permettra une diminution naturelle substantielle de leur nombre.
Pour finir, il faudra appliquer un traitement approprié à la totalité de ceux qui resteront, car il s'agira évidemment des éléments les plus résistants, puisque issus d'une sélection naturelle, et qui seraient susceptibles d'être le germe d'une nouvelle souche juive, pour peu qu'on les laisse en liberté (voir l'expérience de l'histoire).
(...) Les Juifs évacués passeront d'abord, convoi par convoi, par des ghettos de transit, et de là seront transportés plus loin à l'Est...» (*).

 

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

 

 
© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.