Jeudi 22 Juin 2017
Politique en France
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Nombreux sont ceux qui se posent la question…

De « quoi » sera faite la France de « demain » ?
Une France plus que jamais endettée ; une France qui ne connaît même plus son nom ; une France étrangère a toutes ses racines…
Avec notre ami Pierre Jeanthon : «  Une chance pour la France »…  Une France qui oublie que « Rome, enfermée dans une confortable paresse, utilisait des esclaves et des mercenaires...avant de disparaître »…

Portemont, le 14 juin 2011

Une chance pour la France

Avant propos -

En tant que royalistes contraints de subir le vacarme de la campagne électorale, notre souci n’est pas de supputer les chances des candidats en lice, mais plutôt d’imaginer comment devra s’y prendre le futur chef d’État pour éviter que le FMI (quelqu’en soit le directeur général) prenne le pouvoir dans une France surendettée. En tout cas, inutile de se berce d’illusions, il n’est pas possible d’effacer une dette nationale détenue à plus de 70% par des investisseurs étrangers en jouant au sale gosse « je ne rembourserai pas, na ! ».
Faute de munitions sonnantes et trébuchantes la « fraternité administrative » verticale, de l’État vers le citoyen, de Bercy vers les allocataires des minima sociaux devra céder la place à une « fraternité horizontale » entre Français. Comment ? Telle est la question sur laquelle on pouvait espérer un débat ; eh bien non, ils parlent d’identité nationale, de laïcité pour savoir comment et combien la République devra intégrer de travailleurs étrangers extra européens dans les années à venir.
Nous disons zéro, désolés pour L. Fabius qui début avril expliquait sur Radio Classique que « le monde moderne est un monde de brassage ».

"Le monde moderne est un monde de brassage et dire qu'il faut réduire, et pourquoi pas supprimer, toute immigration légale, c'est évidemment flatter le côté le plus médiocre… […]C'est un contre sens économique, c'est une attaque contre les valeurs humanistes et c'est une espèce de dérivatif […]alors que « la situation de la France n'a jamais été aussi désastreuse ».

Ouvrir le parapluie…

Zéro afin d’utiliser les quelques sous encore en caisse pour le bien des Français et des immigrés déjà en place.
 Zéro parce que nous n’avons pas accès aux données qui permettraient de se forger une opinion ; dans le doute on s’abstient...d’accueillir encore plus. Tout comme la nuit, au volant d’une voiture, en cas de panne de phare on s’arrête.
Le but des lignes qui suivent est de montrer qu’en matière d’immigration « on n’y voit pas clair ».

L’Europe des septuagénaires -

Les bonnes performances de l’Angleterre, de la France et de l’Irlande font que le taux de fécondité est remonté de 1,47 enfant par femme en 2003 à 1,60 en 2008, mais reste encore inférieur à 2,1, valeur minimum pour assurer le renouvellement des générations.
Conséquence de l’allongement de l’espérance de vie (aujourd’hui 76,4 ans pour les hommes, 82,4 pour les femmes) le nombre de sexagénaires européens augmente de 2 millions par an et à se rythme, l’âge moyen de la population de l’Union atteindra 47,9 ans en 2060 contre 40,6 ans en 2010.
Afin de pallier les effets du vieillissement sur l’économie, les autorités européennes (pour une fois en phase !) préconisent :

  1. d’allonger la durée de vie active
  2. de puiser dans la population féminine, ce qui serait sans influence sur la natalité car, selon une étude savante, plus les femmes travaillent plus elles sont fécondes
  3. de recourir à l’immigration.

Selon Eurostat, Office européen des statistiques, début avril l’Europe recensait 32,4 millions d’immigrés dont 12,3 millions d’européens et 20,1 millions d’origine extra européenne principalement répartis selon le tableau ci-dessous.

 

Allemagne

Espagne

Angleterre

Italie

France

Grèce

Nbre d’immigrés (1)

7,1

5,7

4,4

4,2

3,8

1

Proportion (2)

8,7

12,3

7

7

5,8

8,4

Tableau 1 -   (1) en million
                   (2) % de la population totale

En conclusion, la bonne marche économique de l’Union nécessite d’aller au-delà des 1 à 2 millions d’immigrés annuellement accueillis par les Vingt-Sept. Il est à noter qu’à la même date Eurostat communiquait le taux de chômage européen, à savoir 9,9% soit un peu plus de 21 millions de personnes...

La situation en France –

Egalement début avril, C. Guéant confiait au Figaro Magazine son souhait de réduire l’immigration légale, autrement dit le nombre de permis de séjour délivrés aux ressortissants non européens pour l’un des motifs suivants : poursuite des études, professionnel, regroupement familial (réservé au conjoint – au singulier merci ! – et aux enfants).
Le tableau ci-après, établi par le ministère de l’Intérieur, montre l’évolution du nombre de permis de séjour accordés sur les années 2007 à 2010.

 

Regroupement familial

Etude

Travail

Total

2007

86

46,7

11,8

144,5

2008

81,6

52,2

21,4

155,2

2009

82,8

58,3

20,0

161,1

2010

84,1

65,8

31,5

181,4

Tableau 2 - Nombre de permis de séjour (en millier)

Concrètement C. Guéant envisage de limiter l’immigration professionnelle, et par voie de conséquence le regroupement familial, ce qui implique  soit :

  1. d’établir une liste plus restrictive des 30 métiers actuellement ouverts aux ressortissants non européens
  2. de renégocier les accords de gestion des flux migratoires avec les  États d’origine (quota d’accueil de travailleurs immigrés contre réadmission des clandestins dans leurs pays).

Politiquement le problème est ardu, car outre le tollé des bien-pensants toujours prompts à favoriser l’accueil des étrangers en priorité chez leurs voisins, beaucoup sont farouchement hostiles à l’idée du ministre de l’Intérieur, de sorte que tous dénoncent « l’erreur populiste » selon laquelle les immigrés diminuent le nombre d’emplois disponibles. Ainsi, en accord avec F. Copé, C. Lagarde soutient que « penser améliorer l’emploi en France en réduisant le flux migratoire est une vue à court terme », pendant que L. Parisot, présidente du Medef, s’affirme favorable à «  une immigration raisonnable ».
Dans la foulée l’Office français de l’immigration et de l’intégration argumentait en faveur de la solution « raisonnable » :

  • en 2009, malgré l’accueil de 20 000 travailleurs immigrés, 500 000 offres d’emplois sont restées vacantes faute de candidats
  • compte tenu d’une fécondité légèrement trop faible, de la réticence des seniors à travailler plus longtemps, du départ en retraite de la génération du « baby boom » d’après la guerre, des nouveaux besoins générés par le vieillissement de la population (problème de la dépendance), le seul moyen de conserver un nombre d’actifs suffisant est de favoriser l’immigration professionnelle.

Ceci admis l’Office dresse une liste de recommandations pour mettre ce programme en œuvre :

  • alléger les taxes versées par les entreprises pour les CDD inférieurs à 1 an
  • élargir la liste des métiers ouverts aux immigrés parce que certains ne seront jamais acceptés par les Français
  • simplifier les procédures d’accueil
  • faciliter l’accès de leurs enfants au marché du travail
  • réformer la politique de la ville pour éviter que la population étrangère se concentre dans certains quartiers où les Français osent se plaindre de ne plus être chez eux.

Un tel programme ne paraît pas tenir compte des remarques ci-dessous :
- Les métiers qui peinent à recruter sont, dans l’ordre d’importance décroissante :

  • tourisme et service : aides à domicile, employés de maison, animateurs sportifs, serveurs de cafés et restaurants
  • social et médico-social : infirmiers, puéricultrices, aides-soignantes
  • cadres : ingénieurs recherche et développement, informaticiens.

Le secteur bâtiment – travaux publics, réputé pour sa pénibilité, arrive en queue de classement, ce qui va à l’encontre de ceux qui affirment « qu’il est illusoire de mettre face à face le nombre d’immigrés et le nombre de chômeurs en imaginant qu’ils sont substituables ».
On peut passer sur le côté immigration de confort des métiers de la première catégorie et regretter que le « trou de la Sécu » ne permette pas de mieux valoriser les seconds : en revanche on doit s’insurger sur la pénurie de ceux de la troisième, que fait l’Éducation Nationale ?

- Le tableau 2 montre que, sur les quatre dernières années, la France accueillait annuellement environ 160 000 immigrés extra européens : malgré l’absence de statistiques ethniques, il est communément admis qu’il s’agit très majoritairement de ressortissants d’Afrique du Nord et d’Afrique Subsaharienne ; selon le premier tableau ils représentent 5,8% de la population vivant en France, alors que leur poids sur les comptes sociaux sont (Insee, 2008) :

  • retraite    : 6,2% (ce qui est normal pour une population en majorité jeune)
  • maladie  : 7,5%
  • allocations chômage : 12,6% (20% des immigrés issus des zones géographiques précitées sont chômeurs).

A cela il convient d’ajouter les dépenses spécifiques dues à un état de fait courageusement dénoncé par E. Zemmour.

- La concentration des populations immigrées, phénomène naturel auquel il est difficile de s’opposer, conduit à la colonisation progressive d’un quartier déserté par les « indigènes du cru ».
- La population active.
Il s’agit de la population disponible pour contribuer à la production ; au sens du Bureau International du travail elle regroupe les actifs occupés (ayant travaillé ne serait-ce qu’une heure sur la semaine) et les personnes en chômage total sur la même semaine, en recherche d’emploi et immédiatement disponible.
Dans sa publication n° 1345 d’avril 2011, l’Insee montre que l’accroissement de la population active constaté entre 1995 et 2010 devrait se poursuivre au moins jusqu’en 2060.

 

1995

2055

2010

2015

2020

2030

2040

2060

Population active

25,392

27,381

28,364

28,940

29,568

30,143

30,427

31,238

15-54 ans

23,437

24,561

24,875

24,773

24,601

24,536

25,041

25,646

55 ans et plus

1,955

2,820

3,489

4,167

4,967

5,607

5,386

5,592

Tableau 3 – Population active et répartition par tranches d’âge (valeur moyenne en million)

Pour la période 2010-2060, l’Insee retient pour hypothèses :

  • fécondité constante de 1,98 enfant par femme
  • allongement de la durée de vie active suite aux réformes des retraites
  • solde migratoire net annuel de 100 000 personnes (nombre d’étrangers non communautaires entrés diminué du nombre de Français expatriés et d’immigrés retournés dans leur pays d’origine).

Ce tableau montre que la population active augmente fortement (plus de 100 000 personnes par an) de 2010 à 2025, se stabilise sur la décennie suivante et repart plus faiblement à la hausse (environ 45 000 personnes par an) jusqu’en 2060.
Après plusieurs simulations destinées à mesurer l’influence du flux migratoire, l’Insee arrive à la conclusion qu’un écart annuel constant de plus ou moins 50 000 personnes conduit à une variation symétrique de la population active de plus ou moins 1,7 million d’individus entre 2010 et 2060, soit 34 000 par an.
Il serait présomptueux de mettre en doute l’étude très approfondie de notre statisticien national ; néanmoins on souhaiterait, de la part de ceux qui en tirent la conclusion que l’immigration est une chance pour la France, une réponse claire à l’interrogation suscitée par le fait que 50 000 immigrés légaux fassent varier la population active de 34 000 personnes.
En effet, selon le second tableau, les permis de séjour délivrés sur 2007-2010 se répartissent, en valeur moyenne, pour 86,8% sur le regroupement familial et les études et 13,2% sur le travail ; pour valider l’étude de l’Insee, ces pourcentages devraient s’établir respectivement à 32 et 68 (34 000/50 000).
Ce qui implique une profonde remise en cause du regroupement familial, principale source de l’immigration légale.
En fait nous estimons que la notion de population active telle que définie précédemment prête à confusion. Ainsi, en mars 2011, sur une population active de 28,48 millions d’individus, 2,68 millions étaient sans emploi, chiffre porté à 4,04 millions en incluant les personnes travaillant à temps partiel. (Pôle Emploi, chiffres du 27.04.11).

Autrement dit 25,80 millions (28,48-2,68) de personnes exerçaient réellement une activité, dont 24,44 millions à temps plein et 1,36 millions à temps partiel (choisi ou subi). Donc, même en admettant exacte la théorie du plein emploi (taux de chômage incompressible en deçà de 5%) la main d’œuvre actuellement potentiellement disponible à temps plein est au minimum de 1,28 million de personnes auxquelles il convient d’ajouter celles subissant le temps partiel.
L’étude de l’Insee (tableau 3) met en évidence que, sans recourir à l’immigration de travail, la France a la chance de disposer d’une vingtaine d’années avant que sa population active diminue et plus encore en considérant la population réellement en activité. A elle de mettre en œuvre une politique appropriée et d’en assurer la continuité...au moins sur quatre quinquennats !
Il s’agit d’abord de modifier les mentalités envers une protection sociale qui ne peut plus continuer de se financer par l’endettement qui hypothèque l’avenir des générations futures ; et surtout de reconsidérer un système éducatif qui, de l’aveu même de L. Chatel (12.05.11) laisse tous les ans 180 000 jeunes aborder la vie active sans formation professionnelle.
Au terme d’un texte sans doute trop long et sûrement incomplet, il serait profitable de se souvenir qu’au début de notre ère, Rome, enfermée dans une confortable paresse, utilisait des esclaves et des mercenaires...avant de disparaître.
Aujourd’hui le mondialisme dépénalise ce vice au nom du brassage ethnique cher aux amis de Monsieur Fabius en présentant l’immigration comme une chance pour la France.
Eh bien Messieurs, la vocation de la Fille aînée de l’Église n’est pas la paresse !

Pierre Jeanthon

 

 

 

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