Mardi 21 Novembre 2017
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De « la déliquescence de l’esprit public »…

Le « mal » s’infiltre de tous côtés. Signer « une convention pour s’attaquer ensemble au racisme et à l’antisémitisme » n’est pas un acte gratuit. C’est chose faite entre le Ministère de l’Intérieur et la « « Ligue contre le racisme et l’antisémitisme ». Il est vrai que dans nos écoles les bonnes âmes entendaient faire voir le film « le baiser de la Lune » aux élèves de CM1 et CM2… et que Madame Pécresse demandait à l'association homosexuelle « GayLib » de lui soumettre un plan de lutte contre l'homophobie… Notre ami Karim Ouchikh est plongé dans un abîme de perplexité…

Nous pas…
Ainsi vont les « affaires » de la République qui est tout et son contraire. Mais ignore la « res publica », de « Loge en Loge » se lavant et s’essuyant les mains sur les tabliers des « Frères » dévoués…

Portemont, le 9 décembre 2010

La déliquescence de l’esprit public

La vitalité démocratique d’une nation ne se mesure-t-elle pas, en un sens, en la capacité salutaire de son peuple à s’indigner lorsque des évènements, d’apparence anodine, en viennent à heurter singulièrement l’esprit public ? La réponse ne va pas de soi, en vérité, si l’on en juge en effet par les suites navrantes qui ont été réservées, en ce tout début du mois de décembre 2010, à deux nouvelles proprement stupéfiantes qui, l’une comme l’autre, paraissent avoir laissé de marbre l’opinion publique française.

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Le Ministère de l’Intérieur et la « Ligue contre le racisme et l’antisémitisme » (Licra) viennent de signer une convention pour s’attaquer ensemble au racisme et à l’antisémitisme (Le Figaro, jeudi 2 décembre 2010).

En appoint à la « formation à l’antiracisme » qui sera prochainement dispensée « dans les écoles de police et de gendarmerie », cet accord devrait conduire à la mise en œuvre prochaine d’une coopération renforcée avec la Licra avec, en ligne de mire, trois objectifs principaux : la « veille sur Internet» pour davantage réprimer les « dérives » sur la Toile ; la « lutte contre le racisme dans les stades » ; les « échanges de statistiques ». En pratique, chaque commissariat sera doté, dans l’immédiat, d’une documentation spécifique conçue par cette association. Dans la foulée, Brice Hortefeux se propose de créer un Observatoire consacré au racisme, dont les leviers de commande seront confiés, cette fois-ci, au « Conseil représentatif des associations noires de France » (Cran) !

Nul ne s’émeut, nous semble-t-il, du choix discrétionnaire du Ministère de l’Intérieur de confier de la sorte à des associations soigneusement triées sur le volet le soin, qui n’a en soi rien d’illégitime, de lutter contre le racisme et l’antisémitisme, dans une perspective qui, en l’occurrence, conduirait toutefois à privatiser dans les faits une partie des attributions qui sont ordinairement confiées aux pouvoirs publics en matière de respect de l’ordre public. Quels sont les critères qui ont conduit à privilégier la Licra et le Cran dans le rôle de vigies officielles de la pensée, qui leur est ainsi solennellement conféré, plutôt que d’autres associations qui, du MRAP à SOS Racisme, se réclament pourtant des mêmes objectifs d’action ? Quel est le contenu de cette mystérieuse documentation qui sera demain élaborée par la Licra à destination des forces de l’ordre et quel en sera le degré d’autorité dans la répression des faits incriminés ? Quelles seront les attributions de ce futur et énième Observatoire consacré au racisme, dont on ignore parfaitement, pour l’heure, les modes de financement ? Comment seront élaborées ces statistiques communes et, dans leur traitement, quel est le sort qui en sera réservé ? Pourquoi ne pas avoir attendu de débattre devant le Parlement de tous ces sujets, essentiels au regard de la préservation de nos libertés publiques, à l’occasion du « plan national de lutte contre le racisme » qui sera arrêté à l’échéance du printemps prochain ?

Autant de questions préoccupantes qui interrogent, au fond, sur le devenir en France de la liberté d’expression dont l’usage effectif est sans cesse mis à l’épreuve avec l’émergence dans notre pays de restrictions à son libre exercice qui se multiplient abusivement depuis une quinzaine d’années, au point de faire peser désormais une menace réelle sur l’intégrité de cette liberté publique fondamentale.

*

Autre fait troublant. A plusieurs milliers de kilomètres de la Place Beauvau, Jean-François Copé vient de profiter d’un déplacement à Pékin pour relancer ces jours-ci les relations entre l’UMP et le Parti Communiste Chinois, deux mois après l’ahurissante signature par son prédécesseur, Xavier Bertrand, d’un mémorandum controversé entre le parti unique chinois et le parti présidentiel français (Le Figaro, jeudi 2 décembre 2010).

Au menu de ces discussions, préparatoires à la visite d’une délégation de l’UMP programmée en Chine à l’horizon 2011 : l’intensification entre les deux formations politiques sœurs de relations fécondes qui doivent permettre, selon le tout nouveau secrétaire général de l’UMP, de mieux appréhender « les différences d’approche sur des problèmes comme celui de l’intégration des minorités, des religions et des libertés » !

On croit rêver ! Que l’UMP poursuive et structure un dialogue politique continu avec l’un des derniers partis uniques actuellement au pouvoir dans le monde, sans être autrement troublé par un quelconque état d’âme, en dit long  sur l’état d’esprit actuel d’un parti présidentiel qui semble avoir passer par pertes et profits les atteintes innombrables aux libertés fondamentales dont, ces dernières années, la République Populaire de Chine s’est faîte ouvertement la championne toutes catégories.

Si le principe intangible de la souveraineté des Etats qui impose assurément de ne pas s’ingérer, jusqu’à un certain point, dans la conduite des affaires intérieures des Etats souverains, est une réalité diplomatique constante qu’il appartient à la France d’observer scrupuleusement, y compris à l’égard de la Chine, n’en va-t-il pas autrement quand le face-à face considéré met aux prises une formation politique, fut-il le parti présidentiel, qui œuvre dans un Etat démocratique, comme peut l’être la France, à un parti qui évolue, à l’instar de la Chine, dans un système qui demeure foncièrement totalitaire, en dépit des ouvertures économiques de façade de Pékin ? Doit-on, une fois de plus, donner des gages politiques à un Etat qui ne cesse de jouer de sa puissance économique et financière pour intimider inlassablement les nations occidentales et, au premier rang de celles-ci, la France qui, pour notre infortune, est perçue par l’empire du Milieu comme le véritable talon d’Achille de l’Europe ?

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En d’autres temps, de tels faits auraient offert matière, à coup sûr, à de mémorables polémiques, donnant lieu aussitôt à de saines et nobles querelles politiques. Aujourd’hui accueillis, dans l’agora politique, dans la plus parfaite indifférence, ces faits controversés révèlent indiscutablement dans notre pays, au mieux, l’attentisme d’une opinion publique française passablement anémiée, au pire, la déliquescence d’un esprit public aujourd’hui manifestement à la peine.

En considération du diagnostic qui doit être porté à chaque instant sur l’état de santé démocratique de la France, cette situation éminemment dommageable nous plonge, dans les deux cas, dans un abîme de perplexité.

 

Karim OUCHIKH
5 décembre 2010

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