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Trois défis à relever...

La visite récente de Monsieur Recep Tayyip Erdogan et  ses déclarations au Zénith ne sont-elles pas l'illustration des défis que nous devons relever ? Sans langue de bois, notre ami Karim Ouchikh nous y invite sans omettre les conséquences de nos abandons... Des défis à relever d'urgence!

Allégorie de la France sous la figure de Minerve (la Sagesse) qui foule aux pieds l'Ignorance et couronne la Vertu guerrière par Sebastiano Ricci, 1718.

Portemont, le 22 avril 2010

La guerre des drapeaux
La France à l’épreuve du communautarisme ethnique

Les déclarations stupéfiantes du Premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, en visite officielle à Paris, les 6 et 7 avril dernier, sont passées presque inaperçues dans l’opinion publique française.

Venu pour clôturer la Saison de la Turquie en France, le chef du gouvernement turc en a profité pour se livrer, en marge des cérémonies officielles, à une opération de séduction auprès de l’imposante communauté turque de France.

L’offensive  verbale

Devant 6.000 de ses partisans venus l’acclamer au Zénith au deuxième jour de sa visite, Recep Tayyip Erdogan est venu dire aux Turcs de France qu’il leur fallait "s'intégrer".

S’intégrer certes, mais jusqu’à un certain point….

"Pour l'intégration, il n'y a pas de problème, mais je suis contre l'assimilation", a-t-il martelé devant un auditoire noyé parmi les milliers de drapeaux rouge frappés du croissant étoilé.
 
Le premier ministre turc s’est fait plus explicite : "Personne ne peut vous demander d'être assimilés. Pour moi, le fait de demander l'assimilation est un crime contre l'humanité, personne ne peut vous dire : renonce à tes valeurs" !

Et d’ajouter à l'adresse des nombreuses familles présentes dans la salle de concert : "Chacun d'entre vous êtes les diplomates de la Turquie, chacun, s'il vous plaît, apprenez la langue du pays dans lequel vous vivez, soyez actifs dans la vie culturelle, sociale du pays où vous vivez" et agissez en sorte d’accroître "en Europe les prénoms turcs".

"La France vous a donné le droit à la double nationalité: pourquoi vous ne la demandez pas ? Ne soyez pas réticents, ne soyez pas timides, utilisez le droit que la France vous donne. Prendre un passeport français ne vous fait pas perdre votre identité turque", a-t-il poursuivi.

Prenant position au sujet du débat en France sur le port du voile islamique intégral, le chef du gouvernement turc a estimé enfin que "chacun doit pouvoir vivre ses propres croyances".

"La France est l'un des points d'ancrage les plus importants de la laïcité. Il y a six millions de musulmans en France. Chacun a ses propres croyances et s'habille à sa façon", a-t-il précisé, en ajoutant sur ce dernier point avoir "des difficultés à comprendre" le modèle français de la laïcité. 

L’intolérable ingérence

En exhortant ses compatriotes à agir partout en Europe en "diplomates" de la Turquie, l’homme fort du parti islamique AKP, actuellement au pouvoir à Ankara, a délivré ses consignes avec son franc-parler habituel .
Ne vous assimilez jamais à la France et contentez-vous en somme, en tirant bénéfice des avantages de la double nationalité, de vous y intégrer suffisamment pour peser toujours davantage auprès de son opinion publique, dans le sens des intérêts de la Turquie, mais sans jamais perdre de vue vos valeurs et traditions d’origines qui devront toujours coexister avec celles du pays d’accueil !

Manifestation en faveur du port du voile islamique dans les universités en Turquie, le 29 février 2008 à Istanbul

Des pouvoirs publics aux médias, pareillement silencieux sur cette affaire, nul ne s’est élevé pour condamner cette ingérence délibérée dans les affaires intérieures de la France.

Une provocation délibérée

Lâchés sous les ovations et les vivats, ces déclarations hallucinantes ne peuvent être mises sur le compte de l’emportement, ni sur celui de la maladresse verbale.

En réitérant en France, sans état d’âme, les propos qu’il avait pareillement tenus en Allemagne, le récidiviste Erdogan persiste et signe à coup sûr.

Voici deux ans, en février 2008, le Premier ministre Erdogan avait mis en garde l’importante communauté turque d’Allemagne contre les excès de l’inculturation à la société allemande.

Tout à son obsession de préserver l’identité turque en dehors des frontières de son pays, il avait déclaré à Cologne, devant un auditoire de près de 20.000 personnes : « l'assimilation est un crime contre l'humanité».

Comme toujours, le sens des mots est ici habilement détourné et mis au service d’une politique de communication manichéenne et agressive !

Plus récemment, le chef de gouvernement turc a relancé la polémique sur l'intégration outre-Rhin des immigrants turcs en proposant d'ouvrir des écoles de langue turque en Allemagne.

De l’art et la manière de réclamer à pas comptés l’octroi par les pays d’accueil  de privilèges dérogatoires du droit commun….
 
A l’occasion de sa visite d’Etat en Turquie, le 31 mars dernier, Mme Merkel lui a répondu en estimant possible l’ouverture en Allemagne d’établissements scolaires dispensant un enseignement en turc, pour autant que les immigrés turcs ne puissent en prendre « prétexte » pour refuser leur intégration à une Allemagne qui leur demande légitimement d’apprendre sa langue.

En Allemagne...

« Apprendre la langue de la société dans laquelle on vit est une condition de l’intégration, ce n’est pas de l’assimilation » a précisé la Chancelière allemande.

Un entrisme ostensible

En multipliant ouvertement les déclarations encourageant clairement le nationalisme turc dans les pays d’accueil de sa diaspora, au mépris de la souveraineté des Etats concernés, le premier ministre Erdogan ne tente même plus de dissimuler les ambitions expansionnistes de sa politique européenne.
Alors que la question des persécutions en Turquie des minorités religieuses, notamment chrétiennes, n’est toujours pas réglée, la diplomatie d’Ankara est enrôlée au service d’une stratégie visant à isoler culturellement les communautés turques installées en Europe, pour mieux les garder sous sa férule.

Cette posture politique est d’autant plus menaçante pour la sécurité intérieure des pays européens que le chef du gouvernement turc n’a jamais répudié sa terrible déclaration de 1997 appelant explicitement à une confrontation des civilisations : « les mosquées sont nos casernes, les coupoles nos casques, les minarets nos baïonnettes et les fidèles (musulmans) nos soldats » !

Le discours belliqueux du Premier ministre Erdogan, à l’égard duquel nul ne s’est apparemment démarqué au sein de la classe politique turque, doit être dénoncé et combattu tant sont réels les risques d’embrasements politiques et sociaux qu’il induit manifestement au sein des sociétés civiles composites d’Europe occidentale qui abritent, comme en France, d’importantes communautés turques.

Dans l’immédiat, ses déclarations ne font que renforcer la profonde hostilité des peuples européens à l'adhésion de la Turquie à l'Union européenne.

La multiplicité des allégeances

Agités naguère avec frénésie dans l’enceinte d’une salle de concert parisienne, les drapeaux turcs nous renvoient symboliquement au souvenir douloureux de récentes compétitions de football, en marge desquelles le drapeau tricolore fut ignoblement livré aux flammes par de jeunes excités brandissant rageusement les couleurs algériennes.

Ces comportements emblématiques, perpétuellement passés sous silence, expriment surtout l’apparition préoccupante sur le sol français d’une concurrence exacerbée de sentiments patriotiques, qui ne cesse de s’intensifier ces dernières années.

Le Capitole à Toulouse

Cet antagonisme est ici inédit et, à l’évidence, sa solution ne se résout en rien à l’avantage de la France.

La donne s’est à ce point modifiée que la France en vient du même coup à se ranger progressivement sur le modèle anglo-saxon du communautarisme institutionnalisé, dont nul n’ignore qu’il a pareillement failli dans l’intégration des populations étrangères, de la Grande Bretagne aux Etats-Unis.

Grande-Bretagne...

Que s’est-il produit, pour rendre compte de cette profonde mutation ?

Dans un passé pas si lointain, l’étranger accueilli en France aspirait sincèrement, pour lui même comme pour sa parenté, rien moins qu’à fondre pas à pas son identité d’origine au creuset de la nation française, sans même songer un seul instant, sinon discrètement et toujours en son for intérieur, à conserver durablement avec son pays de provenance une quelconque appartenance concurrente.

Nés en France de parents turcs, algériens ou issus d’autres communautés étrangères, nombre d’individus issus des populations immigrées entendent à présent ne se passionner que pour la cause de leurs pays d’origine, plutôt que d’épouser celle de leur pays d’accueil.

Zinédine Zidane reçu par le président algérien Abdelaziz Bouteflika le 03 mars 2010.

Se sentant décomplexés sur cette question par la complaisance d’un système politico-médiatique permissif, ils s’appliquent non plus seulement à importer et à conserver les traditions et pratiques culturelles des patries de leurs pères, mais aussi à les exalter partout sur notre territoire, au point de les faire passer désormais avant tout sentiment d’appartenance à la France.

Pour ceux des ressortissants français qui disposent de la double nationalité, la détention d’un passeport français exprime moins le désir ardent de participer à une communauté de destin, dans une fidélité exclusive à la France, qu’il ne révèle, pour beaucoup d’entre eux, le dessein à peine dissimulé de disposer d’un précieux sésame alimentaire ouvrant droit à de confortables avantages administratifs et sociaux.

A ce compte là, l’amour sincère de la France tout comme la volonté d’en défendre le rayonnement, partout et toujours, ne constituent plus dorénavant pour ces binationaux, le ressort exclusif justifiant de leur commune appartenance à notre pays.

La France balkanisée

Le refus manifeste d’une partie grandissante des populations étrangères établies sur notre territoire de renoncer à ses pratiques d’origines va donc de pair désormais avec sa volonté d’extérioriser, parfois outrageusement, les signes de ses appartenances identitaires, comme par défi.

Ces réflexes communautaristes se banalisent en France au point que s’y installe insensiblement une mosaïque de cultures qui sont, pour la plupart, radicalement étrangères à ses traditions séculaires.

Du coup, le morcellement partout visible d’une société française jusqu’à présent homogène, en fragilise inexorablement sa cohésion interne.

A l’évidence, ce phénomène anxiogène est appelé à s’accentuer à mesure que s’accroît numériquement la présence en France d’une population étrangère que les pouvoirs publics ne parviennent guère à maîtriser.

A cette incapacité de la France à réguler les flux migratoires qui agissent sur la densité et les traits de son peuplement, s’ajoute dans le même temps la faillite de son modèle d’assimilation, qui est devenu tout sauf exemplaire.

Partout vilipendée, autant au sujet de son histoire que ses élites ne veulent plus assumer qu’au regard de sa langue que ses oligarchies refusent de défendre, la France éprouve manifestement, ces dernières années, une perte d’estime de soi et un manque de confiance dans les ressources de son génie.

Comment les populations immigrées venues s’établir en France, pour des considérations essentiellement d’ordre matériel, pourraient-elles, dès lors consentir à dépasser leurs particularismes culturels au profit d’un projet collectif, désormais en panne, qui aurait vocation à les transcender ?

Affronter la menace

L’effondrement intérieur guette silencieusement la France.

Au train où vont les choses, notre pays ne pourra en conjurer le péril qu’au prix d’un sursaut qui requiert de son peuple qu’il affronte simultanément trois défis qui la menacent pareillement.

Le défi européen

La France a perdu toute capacité à maîtriser sur son territoire les flux migratoires par l’effet d’accords internationaux qui la dépossèdent des instruments de sa souveraineté, au profit singulièrement d’une administration bruxelloise envahissante.

En renonçant courageusement au mirage d’une Union européenne impuissante, qui prive en réalité notre pays de tous moyens d’action politique, la France rapatriera sa compétence régalienne en matière de contrôle de ses frontières, qu’elle saura pleinement garantir au moyen d’accords bilatéraux efficaces.

Le défi des appartenances multiples

La multiplication des allégeances multiples ne peut qu’attiser la concurrence malsaine des fidélités.

Ceux des français qui disposent de plusieurs nationalités doivent se voir reconnaître l’entière capacité juridique à conserver leur seule nationalité française, en demeurant libres pour cela de renoncer définitivement à leurs autres nationalités, que les hasards de leurs filiations autant que de leurs lieux de naissance respectifs ont pu leur conférer mécaniquement au gré de leurs histoires familiales respectives.

Tout en respectant la liberté de choix des individus, la France doit donc se décider à limiter les possibilités d’appartenance de nos compatriotes à des nationalités concurrentes à la sienne, en négociant avec les Etats étrangers concernés des accords internationaux systématiques qui prohiberaient le rattachement juridique automatique à plusieurs nationalités, en ouvrant au au profit de ses ressortissants, le droit d’opérer entre elles un arbitrage irrévocable.

Le défi de l’exemplarité 

A l’échelle de chaque individu, le verrou se situe autant dans les esprits que dans les cœurs.

Le privilège d’appartenir au noble peuple français doit inspirer à chaque français ou à celui qui aspire à le devenir, un sentiment de légitime fierté.

Aussi, la France doit être capable d’offrir une image désirable d’elle-même qui puisse encourager chaque individu à vouloir sincèrement s’y assimiler, sans autre allégeance que celle qui doit intimement relier chaque français à notre pays.

En cela, il lui appartient de se libérer avant tout des tutelles qui l’assujettissent, en se débarrassant pareillement des féodalités qui la minent, à l’intérieur comme à l’extérieur de ses frontières, ce qui autorisera demain notre pays à recouvrer partout le rayonnement dont il n’aurait jamais dû se déprendre.

De la même façon, la France doit rompre avec les sentiments de culpabilité et de mépris de sa personne qui l’assaillent en permanence, pour  mieux regagner l’estime de son peuple.

Pour y prétendre, il lui faudra en finir définitivement avec la frilosité que notre pays cultive depuis trop longtemps, autant à l’égard de son passé prestigieux que de sa brillante civilisation, en réhabilitant sans atermoiement une identité enfin perceptible, qui soit fidèle à ses racines authentiques et à sa vocation chrétienne.

Karim Ouchikh
14 avril 2010


Il y a peu...

Erdogan a déclaré au service en langue turque de la BBC "Ces gens-là se font du cinéma avec leurs résolutions et ils nuisent au peuple arménien également et tout ça mène à des impasses", a-t-il déclaré pendant une visite à Londres. "Il y a 170.000 Arméniens dans mon pays. Parmi ceux-là, 70.000 sont des nationaux, mais nous tolérons les 100.000 autres (...) Si cela était nécessaire, je pourrais être dans l’obligation de leur dire de retourner dans leur pays. Ce ne sont pas mes concitoyens (...) Je ne suis pas obligé de les garder ici",
 31 organisations turques non gouvernementales ont décrit les mots d’Erdogan comme une honte et ont critiqué le Premier ministre pour faire des ouvriers arméniens une cible, qui manque de n’importe quelle sorte de protection, de défense et de la Sécurité sociale. Les organisations ont rappelé à Erdogan les points suivants :

  • Personne n’abandonne le lieu où il / elle est né pour des raisons insignifiantes ; et personne ne reste dans un pays où il ne peut pas trouver du travail.
  • * La main-d’oeuvre immigré arménienne a le droit au traitement humain de même qu’une autre.

* Il est inacceptable de faire de milliers de gens sans défense une marchandise pour des négociations pour écarter les décisions qui pouvaient être prises par des Parlements de pays tiers.

  • Erdogan est le Premier ministre d’un pays qui affirme rassembler des civilisations, trier les querelles et normaliser ses relations avec l’Arménie qui est une demande internationale. En ces termes, la déclaration d’Erdogan a causé un contraste énorme.

Extraits de:

http://www.armenews.com/article.php3?id_article=59885

Relire et visionner...

La « Messe est dite »...

Le 9 avril 2010

Et n'est-ce pas une déclaration de guerre? Pour « qu'en Europe les prénoms turcs augmentent »... Le premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan à Paris...

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