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Ne pas céder au goût de l'abaissement de la France !

Un goût prononcé, cuisine électorale oblige... Notre ami Dominique Daguet en dénoue les cordes mortifères. Nos temps sont difficiles. Mais ne jamais désespérer de la France! Entre un débat pipé et un président en correctionnelle...

Dix personnes, personnalités, ont été renvoyées en correctionnelle le 30 octobre dernier pour « 21 supposés emplois fictifs ». De Jacques Chirac à Alain Juppé...

Le ton de l'ambiance est donné : Le ministre chargé du plan de relance Patrick Devedjian a déclaré dimanche qu'il n'était "pas sûr" que le renvoi de Jacques Chirac en correctionnelle dans l'affaire des chargés de mission de la Ville de Paris soit "une si bonne chose que ça"... Remontée d'air comme il en est des égouts de la Défense et de Neuilly?

C'est de la France qu'il s'agit... Les affres d'un régime...

Portemont, le 8 novembre 2009

Chirac et l’identité nationale

31 octobre – Les journaux d’hier et d’aujourd’hui, qu’ils soient oraux ou imprimés, bruissent de la rumeur suscitée par l’annonce de l’inculpation du Président Chirac en correctionnelle et du grand débat national sur notre identité nationale, à propos de laquelle nombre d’intellos et romanciers s’interrogent avec l’air dégoûté de ceux qui chineraient les sacs poubelles de l’ancienne (déjà ?) jungle de Calais…

Ces « grands » sujets me laissent perplexe tellement il me semble que nous nageons en pleine approximation : nous voici jetés au cœur de la Mer des Bonnes Intentions, aussi bien du côté de la Justice que de celui du Gouvernement : ce dernier cependant prête à suspicion, paraissant vouloir récupérer des voix peut-être envolées, car le débat ne doit pas outrepasser le butoir des élections régionales… Quelle hypocrisie chez les accusateurs, qui auraient pourtant rêvé d’en faire autant.
La Justice, par exemple, insoupçonnée, sait fort bien qu’il va y avoir dans peu de temps des élections : ne pouvait-elle attendre plutôt que de jeter Chirac (1) dans ce chaudron, évènement qui pourrait avoir une influence non négligeable sur les intentions des électeurs ? Pour le coup, Madame le Juge devient moins innocente que le laisserait croire l’expression candide de son visage…
Monsieur Chirac – pour lequel, un temps, j’ai nourri une confiance qui eut peu à peu à s’éclairer de lumières troubles, ne favorisant pas toujours la pure adhésion – se voit traîné en correctionnelle pour des actes qu’alors dans tout le pays l’ensemble des élus, de la gauche à la droite (2), commettait plus ou moins adroitement : il se trouve accompagné d’une douzaine, peut-être davantage, de personnalités qu’il faut dire complices ! Mais quel trompe l’œil ! Ce sont des milliers de personnes qu’il faudrait incriminer et requérir d’accompagner notre ancien Président… Cela me met mal à l’aise et j’aime assez mon pays – on verra plus loin que ce n’est pas sans me poser des questions, mais au plus profond de l’être cet amour est sans discussion quoique des plus souffrant – pour trouver dans cette inculpation des relents de parti pris et de revanche : et c’est peut-être ces relents qui font qu’avec un ensemble surprenant tout le monde s’écrit : « Voyez que nous ne sommes pas une république bannière »… J’ai toujours eu horreur de l’unanimité : qui cache toujours un malaise, un désaccord qu’il vaut mieux garder tel pour n’être pas suspecté de n’appartenir point au clan de la bonne pensée… du moment : et aujourd’hui la bonne pensée porte haut « l’idéal » et les « bons sentiments » revus et corrigés par « Marie-Claire » et « Elle », « l’Express » et « le Point », le « Nouvel Obs » et « Libération », « France II » et « France Inter », entre autres médias. Elle se nourrit volontiers de Robespierre et de Saint-Just, hors guillotine naturellement : la correctionnelle suffit à jouer le rôle. Voyez le bonhomme Hollande, roublard jusqu’au sourire apitoyé !
Mais… ce mais se prononce toutefois plus fort : des lois sont venues, après crime, corriger les causes de ces vilaines pratiques que l’on condamne depuis trois ou quatre lustres, à raison, mais qui étaient coutumières jusqu’aux années 90 et dont la loi n’a pu effacer les habitudes que lentement. En somme, en Chirac on veut faire le procès de décennies de mauvaises gouvernances politiques ou politiciennes et juger/condamner en ce bouc émissaire tous ceux que l’on ne peut plus atteindre du fait de leur nombre ! Je crois qu’en justice exacte cela ne peut se faire, même si ce que je dis n’est pas inscrit dans le Code.
Tant qu’à être « juste », soyons-le tout à fait : ou tout le monde, avec Chirac, ou personne. Le bon apôtre qui siège à la Mairie de Paris et qui pourrait « en toute justice » être inculpé pour persécutions inlassables à l’encontre des automobilistes de Paris, l’ineffable Monsieur Delanoë, peut bien se frotter les mains à l’idée de récupérer quelques millions d’euros à jeter dans les publications de luxe à sa gloire envoyées régulièrement à des électeurs, qui ne sont pas toujours les siens, mais à leurs frais (3) – cela vaut pas mal d’emplois fictifs – le jeu est ici pipé et soudain je me prends à regretter n’être pas vraiment dans une république bannière : au moins, on ne s’y drape pas dans les turbans de la vertu.

- Il est possible que je sois si contaminé par les mœurs régnant « en haut » que je me laisse aller à voir des intentions cachées même dans les décisions les plus évidemment détachées des réalités d’en bas…

- Les communistes par exemple ont beaucoup pratiqué ce genre de sport…

- Il faut tout de même dire que le budget de la communication de la Ville de Paris a explosé après l’arrivée du fringant socialiste à sa tête… Mais, pourra-t-on m’expliquer, c’est excellent pour les imprimeurs et les fabricants de papier. Il est vrai…

Grand dieu, faut-il cacher ces emplois qui ne sont que fictifs et dont il semble bien qu’ils n’aient point été aussi mal employés qu’il est dit ?… Une bonne expertise (4) serait la bienvenue pour dire le bien et le mal qu’il en est résulté…
Je veux bien avoir tort mais pour l’instant c’est ainsi que je ressens cette affaire dont nous entendrons parler longtemps encore…

Avant de faire asseoir l’ancien Président – beaucoup disent « l’ex-président », mais l’expression est déplaisante – sur le banc (5) des accusés il eut été bon, en outre, ou convenable ou nécessaire, que Madame le Juge d’Instruction, en train de vivre là son heure de gloire par laquelle sont passés déjà nombre de ses collègues, ait pris le temps de réfléchir aux conséquences sur le renom de notre pays hors de nos frontières – un président suspect jette la suspicion sur tous les autres responsables politiques… - et nous donne ses réponses en même temps que sa conclusion, cette mise en accusation. Cela aurait éclairé nos lanternes plus sûrement que le fait brut : si brutal que chacun, après avoir exprimé sa satisfaction que l’on ne soit pas en république bannière, se pose des questions, se disant que peut-être etc. etc..

La politique à ce niveau peut-elle se passer d’obéir à la morale ? Question que je n’aurais pas dû poser puisque chez nos intellectuels d’académies comme de salons, innombrables, il est interdit de parler de morale : si vous le faites, c’est que vous êtes partisans de l’ordre moral… Non, mais il se trouve je déteste l’ordre immoral dans lequel on nous fait vivre, sans pour autant crier haro sur le pécheur.

Quel lien entre l’affaire Chirac et la décision d’Éric Besson de lancer sur la France entière une réflexion à propos de notre identité ? Aucun, sinon celui de l’actualité présente : et peut-être les implications électoralistes cachées dans l’affaire, d’un côté, et la réflexion identitaire de l’autre.

J’en entends qui disent que désormais notre identité n’est plus qu’européenne : c’est se méprendre et surtout négliger le nombre de ceux qui pensent différemment sans pour autant n’être pas français. Il existait bien il y a longtemps, une « identité européenne » : elle était chrétienne.

Eglise romane de Saint-Martin

Cela ne date pas d’aujourd’hui, mais la culture post-révolution française a fini par l’étouffer au point que la France officielle éructa quand il s’est agi d’avouer les « origines chrétiennes de l’Europe et que le Parlement de Strasbourg rejeta un parlementaire qui briguait un poste important alors qu’il était de confession chrétienne.

À la suite de cette proclamation d’Éric Besson qu'il était légitime de se déclarer fier d'être français, je me suis posé la question : « suis-je vraiment fier de l'être aujourd'hui ? » Ai-je de bonnes raisons d'être, en ce jour que je vis, fier de ma nation ? Et la première réponse qui me soit venue est une autre question : « Est-ce que j'appartiens à une nation souveraine ? » Car d’emblée je crois qu’il est impossible d’être fier de son pays s’il est humilié. C’est que j’ai constaté, notamment depuis que la Tchéquie a rabattu son pavillon, il y a trois-quatre jours, et ainsi perdu l'occasion de s'inscrire à jamais dans l'histoire de ce temps, que cette souveraineté, dont autrefois nous étions si « fiers », était passée en une sorte de vaste ventre mou qui a nom Europe, cette Vache sacrée que l'Oncle Sam compte bien dévorer, aussi grasse qu’elle soit et peu musclée : l'ensemble des Vingt Sept fait ce qu'il faut pour que cette perspective se concrétise en une vassalité non plus informelle mais précise.

Une autre question est venue relever la première : « Est-ce par la langue que je puis dire être français et de ce fait manifester ma fierté ? » Certes, je me dis souvent, (quand donc mon pays prend des directions qui me paraisse contraire à son intérêt pratique ou politique ou culturel ou spirituel...), que ma langue est ma patrie, ce qui est vrai, mais cette langue est aussi la patrie des Québécois, des Suisses de l'Ouest, des Belges Wallons, des Gabonais comme de très nombreux autres habitants de la planète terre qui l'ont élue langue de leur cœur comme de leur esprit...

Peut-on « habiter » ce parler et n'appartenir point à la nation française ? À moins de considérer, vu la tournure de l'évolution politique européenne, qu'il n'y a plus qu'une nation française, celle justement qui se revendique de cette langue, quel que soit le lieu du monde où l'on se situe... Irréaliste. Mais gardons ce fait que la langue nous forme, elle qui est porteuse d’une vision du monde différente de celle que nous communiquerait la langue anglaise si nous la parlions, ou la langue allemande… Pratiquer cette langue nous conforme à ce qu’elle est, à ce qu’elle exige quand on la possède à peu près convenablement : il y a naturellement un amour qui naît de cette pratique, une admiration, quoique je ne sente guère ni cet amour ni cette admiration chez le grand nombre de mes concitoyens… Peut-être les exprimeraient-ils si notre langue en venait à être menacée dramatiquement et non en douceur comme cela se fait aujourd’hui…

Troisième question qui sourd de ma soudaine inquiétude : cette terre dite hexagonale et où depuis 71 ans passés je vis, travaille, réfléchis, aime, comment dois-je désormais la nommer puisqu'elle est devenue serve d'un empire que personnellement je ne reconnais pas, que je refuse ? Une nation réduite à la servilité, peut-on en être fier ? D’autant que je ne puis pas être fier de l’Europe, qui vampirise mon pays tout en affirmant sa dévotion pour l’empire états-unien… En somme, au fur et à mesure que nombre des blocs constitutifs de sa « subsidiarité » se sont détachés de la France ou sont en passe de le faire, c'est-à-dire au fur et à mesure qu'elle perd de sa capacité à s'assumer elle-même au profit d'une entité qui ne fut jamais ma patrie mais qui dévore peu à peu chacune de ces nations autrefois capables de décider par elle-même, puis-je me reconnaître en ce que devient cette patrie ?

On m'oblige, sans même avoir respecté le non que nous avions en majorité prononcé, à me dire « européen » mais dans un sens qui ne correspond pas à ce que je pense et qui va plutôt vers l’Europe de l’esprit ! Le mot Europe, que je vénère d’une certaine façon, étant donné le nombre d’artistes, de musiciens et d’écrivains que je partage avec l’ensemble des « européens », je le hais aussi, puisqu’il veut supplanter le nom de mon pays de naissance et de vie. Ce mot, en mon cœur comme en ma tête n'a qu'une signification, très abstraite en même temps que purement formelle : il n’est pas enraciné dans ma chair comme le mot France. L’histoire de l’Europe, que je connais peu il est vrai, parce que regroupant les histoires de toutes les nations qui la forment, ne m’est pas consubstantielle comme l’est celle de la France, qu’il s’agisse de fait que j’abhorre ou de faits que j’admire, peu importe, c’est mon histoire en même temps qu’elle est l’histoire de tous les citoyens français.

Autre question : n'est-il pas trop tard ?  N'aurait-il pas mieux valu s'interroger ainsi alors que nous étions encore indépendants ? Maîtres chez nous, fut-ce pour y commettre des erreurs, des sottises ou des folies ? Aujourd'hui, l'exercice ne tournera-t-il pas en séquences d'auto-flagellation ? En ruminations de regrets, de remords, sauf dans les rangs de ceux qui ont depuis longtemps jeté la France au ruisseau pour mieux se précipiter dans les marécages de l'Europe, nouveaux « collaborateurs » de la trahison !

Hier, j'ai vu les mines réjouies des Vingt Sept réunis en photo de famille : ils pouvaient enfin se congratuler, après avoir foulé au pied la liberté des peuples : mauvais départ, ignominie politique où les ambitions de ces coquins s’affichent sans vergogne. Ils ont concocté cette première étape vers le gouvernement mondial, tellement désiré par les sous-marins du Grand Orient, sans aucunement rechercher l'avis, l’opinion, le désir des premiers concernés : ceux-là même sans lesquels leur pouvoir ne serait que paille et poussière. Ils nous ont roulés dans leur farine supranationale et maintenant ils viennent nous demander si nous sommes fiers d'appartenir à une nation démantelée !

Je proteste, parce que désireux d’une France décidée, jalouse de rester ce qu’elle fut, lovée autour de cette histoire blanche de ses rois, bleue de ses républicains qui commencèrent par être des assassins, rouge de ses révolutionnaires qu’il aurait fallu, tous, déporter en Guyane, qui serait aujourd’hui un immense pays parlant français… Ma France, aujourd’hui pillée, découpée, abandonnée… et qui demain parlera l’idiome de ses conquérants, ce parler radicalement opposé à sa langue et qui se veut le maître de l’empire mondial. J’en veux à nos gouvernants d’avoir renié la vocation de toujours de ce pays, s’opposer à la massification de l’univers et à sa domination par une langue qui vise d’abord et avant tout la possession du fric.

Non, je ne puis pas être fier d’avoir été embarqué, tel un esclave des nouveaux temps, dans une aventure mégalomane, dite européenne ! Je ne puis pas être fier de mon pays puisqu'il a été trahi et qu'il ne s'en rend pas compte.

Dominique Daguet

(1) - Il est possible que je sois si contaminé par les mœurs régnant « en haut » que je me laisse aller à voir des intentions cachées même dans les décisions les plus évidemment détachées des réalités d’en bas…

(2) - Les communistes par exemple ont beaucoup pratiqué ce genre de sport…

(3) - Il faut tout de même dire que le budget de la communication de la Ville de Paris a explosé après l’arrivée du fringant socialiste à sa tête… Mais, pourra-t-on m’expliquer, c’est excellent pour les imprimeurs et les fabricants de papier. Il est vrai…

(4) Avez-vous remarqué, lecteur, que notre bonne « expertise » a dû céder devant l’intrus venu d’au-delà l’océan, l’« audit », qui recouvre aussi bien l’analyse demandée que l’homme qui la réalise ? De même, et en ce sens, ont été remisés de ce fait l’analyse et l’analyste. En somme, « audit » en dit trop et il vaut mieux garder les mots différenciés que fournit le glossaire françois.

(5) Mon lecteur comprendra ici que je n’aime pas dire « le box » des accusés… Pour les chevaux et les vaches je préfère « stalle » ; quant aux voitures je les vois plutôt occuper leur « emplacement ».

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