jeudi 21 septembre 2017

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

« Mieux vaut tard que jamais... »

Ou, « il n'est jamais trop tard pour bien faire! »
Mercredi 1er juillet 2009, à l'Ecole Militaire, notre « Maître d'Ecole » recevait les « honneurs »... Reconnaissance d'une vie toute entière dévouée au service de la France!

Quel plus bel exemple pour les jeunes générations en nos temps si difficiles?

Servir la France, toujours veiller à sa grandeur, défendre son indépendance...

Portemont, le 7 septembre 2009

Mercredi 1er juillet 2009, le chef d'Etat-major de l'Armée de l'air, le général Abrial, recevait à l'Ecole Militaire le général Pierre Marie Gallois. « Baptême » de la « Salle Général Gallois »...

Né le 29 juin 1911 à Turin, Pierre Marie Gallois (PMG) contracte très tôt le virus de l'air. Il s'engage en 1936 en tant qu'officier de réserve en situation d'activité dans l'armée de l'air. Il s'oriente vers le bombardement.
En poste en Afrique du Nord pendant les amères années 1940-1942, il y manifeste des positions antiallemandes qui lui valent d'être mis au ban de l'armée de Vichy.

En juillet 1943, il rejoint les FAFL au sein d'une unité équipée de Halifax destinés au bombardement de nuit. Ses compétences en matière de bombardement, la technicité acquise au contact des Américains de l'Air Transport Command en 1943 puis des Britanniques qui l'ont formé en 1944 aux techniques modernes de l'époque vont relancer sa carrière. Il fait ses débuts d'écrivain militaire et assure la chronique stratégique de la revue  La France Libre, faisant la connaissance de Raymond Aron.

Après quelques mois au secrétariat général de l’Aviation civile et commerciale où on lui demande de faire profiter les pilotes français de son savoir, le capitaine Gallois rejoint le cabinet du chef d'Etat-major de l'armée de l'air. Chargé des questions de matériels, il se révèle un subordonné particulièrement loyal et actif. Pionnier de la stratégie des moyens, il se voit confier l'élaboration du plan quinquennal de 1950 qui va marquer la renaissance industrielle et technique de l'aéronautique militaire et civile française, la planification sur le réarmement aéronautique dans le cadre de l'OTAN, la mise sur pied  d'une intégration des productions aéronautiques européennes. Pierre  Gallois devient directeur de cabinet du chef d'Etat-major de l'armée de l'air en 1952.

En 1953-1954, le colonel Gallois rejoint le Supreme Headquarters Allied Powers in Europe (SHAPE). On l' y charge, avec trois colonels anglo-saxons («  the 4 hot colonels »), de repenser totalement la stratégie de défense atlantique en la basant sur l'usage tactique de l'arme atomique. Dans le même temps, il est chargé des affaires aéronautiques à l'état-major particulier du ministre de la Défense. Fin 1956, n'obtenant pas du nouveau chef d'Etat-major de l'armée de l'air le commandement demandé, il répond aux sollicitations de Marcel Dassault.
Sur la demande du général de Gaulle, il participe à la définition des caractéristiques opérationnelles du Mirage IV. Dans le même temps il anime la campagne de soutien à la politique gaulliste de dissuasion nucléaire nationale. Il s'oppose à ce titre à de nombreuses reprises à Raymond Aron.

En 1964, la force nucléaire stratégique devient une réalité opérationnelle par décret du général de Gaulle. Cette naissance clôt la participation directe et active de Pierre Gallois aux affaires militaires. Acteur engagé des sujets de défense, il continuera de participer aux débats en publiant d'innombrables articles et  ouvrages consacrés aux questions de géopolitique et de stratégies nucléaires.
Homme de conviction, de lettres et d'art, un verbe le caractérise: OSER

Et notre « Maître d'Ecole » de répondre...

Les cruelles exigences d’un très grand âge ont failli me priver du bonheur d’être à vos côtés et, surtout, de manquer l’honneur qui m’est fait en ajoutant mon nom à ceux de bien plus illustres prédécesseurs dans cette prestigieuse enceinte.

Ainsi est couronnée, de façon bien émouvante pour moi, une bien longue existence.

Au moins, cette longévité me permet-elle de témoigner en évoquant quelques grands hommes de l’Air que j’eus le privilège d’approcher, d’admirer, et même de révérer pour leur abnégation au service de la nation en illustrant la notion de patrie par leurs exploits aériens

Adolescent, j’eus la chance de vivre au sein d’une famille d’aviateurs, ceux de la Première guerre mondiale dont le courage et l’énergie permirent leur reconversion dans l’exploration des routes aériennes mondiales, portant nos cocardes de Saigon à Santiago du Chili.

Ludovic Arrachart battra lui-même ce record le 29 mars 1926 en franchissant en compagnie de son frère Paul, à bord d’un Potez 28 et en 26 h 25, les 4.305 kilomètres qui séparent Paris de Bassorah en Irak.

Fréquentaient la famille les frères Arrachart, Pelletier d’Oisy, Dagnaux, Rignot, plus tard, Codos, le capitaine Ménard, dirigeant la CIDNA, compagnie aérienne de transport, d’autres encore qui imprégnaient mon jeune esprit : le monde de l’air, celui de demain serait français.

Pelletier d'Oisy, à l'avant, et Besin, à bord du Breguet Paris-Tokyo.

La seconde guerre mondiale a enrichi mon panthéon de ces « surhommes » qui furent, à mes yeux, d’inaccessibles modèles, mais de puissants exemples.

Capitaine Jean Accart

L'as de l'aviation française le plus titré de la campagne de France avec seize victoires aériennes confirmées (et quatre autres probables) remportées entre janvier et juin 1940.

Et ce furent Jean Accart, Marin la Meslée, camarade de chambrée à Istres et à Avord, Guedge, le timide Guedge transformé en lion aux commandes de son « Beaufighter » pour attaquer les navires allemands sur les côtes de Norvège et en y laissant sa vie.

Max Guedge

Et aussi, Ezanno aux centaines d’attaques au sol, plus mortelles les unes que les autres. Comment ne pas célébrer le lieutenant Terrien, contrôlant son « Halifax » en flammes pour laisser aux six autres membres de l’équipage le temps d’évacuer et s’écrasant au sol, toujours à son poste ?

Le lieutenant Terrien

Et Bordas aux nombreuses victoires aériennes ? Et Clostermann aussi généreux qu' indomptable, à l’aise seulement en bravant la mort…

Pierre Clostermann

C’est à ces hommes, a bien d’autres encore, que je dois tout, à qui la France surtout doit tant. C’était hier, mais aujourd’hui, mon général, votre Armée de l’Air est à la mesure de ses aînés, prête aux mêmes sacrifices.

Aussi est-ce bien humblement que je vous remercie, mon général, de retenir un nom bien plus modeste après ceux que j’ai cités et de bien d’autres qui ont l’honneur, sous vos ordres, de servir la France.

Pierre M. Gallois - Ecole Militaire
Mercredi 1er juillet 2009


Hommages! Le général Abrial - René Bloch.


Le mercredi 1er juillet 2009...


Le général Gallois s'entretenant avec le général Desportes


Le général Gallois et Hervé Coutau-Bégarie, directeur de recherches en stratégie au Collège interarmées de défense (CID), président de la Commission française d'histoire militaire, professeur au Cours Supérieur d'Etat-major (CSEM), et directeur d'études à l'École pratique des hautes études.


Notre « Maître d'Ecole » et son fils Philippe Gallois


Levons nos verres!

Ecouter: Un grand entretien avec le général Gallois

http://www.canalacademie.com/Le-general-Gallois.html

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.