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Quand il convient d’appeler « un chat un chat »…

L’oublierions-nous? Notre « Maître d’Ecole » sera toujours là pour nous le rappeler…
« De Jaurès à Mitterrand »: le général Pierre Marie Gallois passe en revue de bien sombres heures, de trop longues heures…
Encore merci mon général !

Une « revanche » portée par la démagogie « rémunératrice », toujours contre le « Bien » national…

Portemont, le 30 janvier 2009

LES REVANCHES

5. De Jaurès à Mitterrand

Une démocratie sans opposition n’est guère envisageable. Il est de l’intérêt général que le pouvoir agisse en harmonie avec le législatif, lequel veut être l’expression de la volonté de la majorité des citoyens. « Tout serait perdu si le même homme, ou le même corps des principaux, ou des nobles, ou du peuple exerçait ces trois pouvoirs : celui de faire des lois, celui d’exécuter les résolutions publiques et celui de juger des crimes ou les différends des particuliers » (Montesquieu. L’esprit des lois).

Mais encore faut-il que l’opposition, en quête de représentativité populaire, renonce à la démagogie rémunératrice en voix et serve l’intérêt national, à court, comme à long terme et non celui, forcément à très court terme, de ses militants.

Jean Jaurès

En France – qui, seule ici, nous importe – ce ne fut pas le cas. En IIIème République, qu’ils se disent de droite ou de gauche, les gouvernements qui se succédèrent au pouvoir essayèrent de gouverner un peuple que les massacres de la Première Guerre mondiale avaient épuisé et qui, fort logiquement, entendait qu’à tout prix, la paix fut maintenue.

Mémorial de Verdun

Bien qu’étaient nombreuses et spectaculaires les manifestations du bellicisme allemand, les Français, dans leur ensemble, préféraient les ignorer.

1931

Leurs dirigeants, soucieux de représenter le sentiment général, voire de le renforcer, s’en tenaient à l’illusion, assurés ainsi du soutien populaire. Et, en démocratie, ce soutien est le plus élémentaire des facteurs de la vie politique
nationale. Face à une montée de l’hitlérisme, la population française était de plus en plus portée au pacifisme, celui-ci ayant pour corollaire l’anti-militarisme. Ce dernier  s’imposait moins à droite qu’à gauche, socialistes et communistes y voyant un argument électoral très rémunérateur en voix.

A la veille de la Seconde Guerre mondiale c’était là, à gauche, une tradition aux origines séculaires. Les guerres de la Révolution, celles de l’Empire et surtout l’industrialisation du pays, le passage de l’activité individuelle au travail collectif, du champ à l’usine, de l’effort privé à la dictature du capital, ont réuni les conditions du malaise général des travailleurs. Nombreux furent, alors les mouvements socio-économiques cherchant une solution humaine aux exigences de l’industrialisation. Cependant, il s’agit d’une bien ancienne préoccupation de l’humanité. Du socialisme utopique (Platon, Campanella, Fourier, Proudhon) en passant par le socialisme chrétien (La Mennais) au socialisme parti de gouvernement,  long est le chemin et diverses les propositions. Mais certaines d’entre elles envisagent la disparition progressive des Etats, donc de leurs fonctions régaliennes, dont celle du recours à la force des armes. Définition relativement récente, de Bertrand Russel : « Le socialisme signifie la propriété permanente commune de la terre et du capital sous une forme démocratique de gouvernement. Il implique la production dirigée en vue de l’usage et non du profit, sinon également pour tous, du moins avec les seules inégalités justifiées par l’intérêt public ». Définition qui est loin de satisfaire les communistes, mais qui vise un Etat, avant tout, quasi uniquement social.

 

C’était bien le combat de Jaurès, député socialiste de Carmaux et fondateur en 1904, de l’ « Humanité ».

S’il a écrit « l’Armée nouvelle », la sécurité du pays étant assurée par de puissantes réserves en négligeant la technicité naissante d’un éventuel conflit avec une puissance aussi industrialisée que l’Allemagne, il s’opposa au service militaire à long terme que l’état-major jugeait nécessaire.

Quelques années plus tard l’Allemagne de Guillaume II allait exploiter notre faiblesse initiale, le manque d’artillerie lourde, en envahissant le nord-est de la France alors que son territoire sera totalement épargné.

Au début des années 30, en 1934, « Mein Kampf » a été traduit et publié par les « Nouvelles éditions latines »  … « Tout Français doit lire ce livre » écrira le maréchal Lyautey sur la première page de l’ouvrage. Il ne semble pas que la classe politique française ait suivi le conseil du maréchal.

Maréchal  Lyautey

Pourtant, les manifestations de masse allemandes, rapportées par la presse auraient dû donner l’alerte. En 1930, bien que 15 millions d’Allemands  plébiscitèrent Hitler il n’en fut rien. L’apaisement était recherché quel qu’en soit le prix.

Edouard Herriot

En 1932, Edouard Herriot étant Président du conseil et ministre des Affaires étrangères, la dette de l’Allemagne fut ramenée à 3 milliards de marks-or. Six mois plus tard, le 30 janvier 1933, Hitler était Chancelier. A la même époque, Léon Blum, rédacteur à l’ « Humanité » avait écrit : … « S’il s’agit de détruire l’armée, j’en suis ».

Léon Blum

En juin 1934 bien que l’Allemagne eut quitté la Conférence sur le désarmement (14 octobre 1933),  Maurice Thorez discourait ainsi à la Chambre des députés : « Nous ne voulons pas croire un seul instant à la défense nationale… les prolétaires n’ont pas de patrie ».

Maurice Thorez

Et tandis qu’Hitler obtenait des Alliés l’autorisation de construire une flotte de guerre dont le tonnage serait 35 % de celui de la flotte du « Commonwealth », Thorez invitait officiellement « nos adhérents à pénétrer dans l’armée afin d’y accomplir la besogne de la classe ouvrière qui est de désagréger cette armée ». Ce qui n’empêcha pas, socialistes et communistes, de s’entendre et le 1er décembre 1936 de publier un « Programme commun ».

Entre temps, le 7 mars 1936, exploitant le défaitisme officiel français, Hitler décida l’entrée de ses troupes en Rhénanie.

Que faire demanda le président du Conseil français, A. Sarraut au général Gamelin ? Rien, répondit en substance le général conscient du pacifisme général des Français entretenu et amplifié par les dirigeants socialistes et communistes. D’ailleurs, les élections d’avril 1936 lui donneront raison puisque le Front populaire l’emportera.

Bel encouragement pour Hitler qui associe l’Italie à ses entreprises et réclame la restitution des colonies allemandes d’Afrique.

Juin 1934. Venise

La victoire du Front populaire avait déclenché en France les grèves, l’occupation des usines, la paralysie des transports, une grave crise économique et la dévaluation du franc.

Chez « Olida » 1936


Chantier du Trocadéro. 1936

En juin 1936, Léon Blum devient président du Conseil. Toujours aussi aveugle, il célèbrera le 14 juillet 1936 avec Thorez et Daladier sous une banderole proclamant : « Pour le désarmement… vive Jaurès ». Cela plus de 3 mois après l’installation de Hitler à la tête du IIIème Reich. A la tribune de la Chambre des députés, il avait proféré les mêmes insanités que Thorez. Par exemple : « Contre ce danger – l’Allemagne hitlérienne – je défie quelqu’un d’entre vous de trouver d’autre parade sûre, d’autre moyen de garantie possible que le désarmement de l’Allemagne, accepté volontairement par elle, ou qui lui serait imposé par l’accord unanime de toutes les autres puissances ». Pareille sottise a dû faire rire à Berlin, y confirmant la piètre idée qu’on y avait des dirigeants politiques français. Pareille ignorance des desseins du Führer est consternante. D’autant qu’à l’intérieur, les ravages du Front populaire avaient placé la France en situation d’infériorité : le nombre des chômeurs passa de 400.000 à 850.000, la production industrielle baissa de 5 % alors que celle de l’Allemagne augmentait de 17 %, l’industrie d’armement sera nationalisée et désorganisée. La semaine
de 40 heures est tenue pour une victoire en France alors que celle de 60 fut appliquée dans l’enthousiasme en Allemagne.

Spéculant sur l’autorité morale de Léon Blum, le lieutenant-colonel De Gaulle chercha à lui démontrer l’intérêt, pour la France, de disposer d’un corps blindé (octobre 1936). Léon Blum renvoya le quémandeur à Daladier, ministre de la Défense en spécifiant que, de toute façon, il s’opposait à la mise sur pied de formations blindées, instruments, selon lui, de coups d’Etat militaires. On ne pouvait mieux servir les intérêts du  Führer qui en profitera pour annexer l’Autriche (mars 1938) puis la Tchécoslovaquie. Un mois avant cette dernière foucade de Hitler, Léon Blum s’était engagé à secourir ce pays en cas d’attaque allemande (15 mars 1938). Pour s’incliner ensuite devant le fait accompli en ignorant ses promesses… La même année, fin septembre, Daladier regagna Paris après la signature des accords de Munich « avec la conviction profonde que cet accord est indispensable à la paix en Europe » comme il le déclara aux applaudissements d’une population bernée par ses dirigeants politiques.

Edouard Daladier (1884-1970), ministre français de la Défense nationale à neuf reprises, de 1933 à 1940...

Face à l’Allemagne, alors qu’il eût fallu faire preuve de patriotisme, d’ardeur au travail et de résolution, les atermoiements des gouvernements successifs, leurs encouragements au pacifisme, à l’anti-militarisme et aux loisirs firent le jeu de Hitler. Ces dirigeants, bien involontairement, certes, ont été les alliés objectifs de l’hitlérisme, occasion que le Führer ne laissa pas passer.

1934. Nuremberg


1935. Nuremberg


1938. Nuremberg…

Le désastre est plus grand encore. Les carences de la politique française ont non seulement favorisé les desseins du IIIème Reich, elles ont été à l’origine d’une guerre devenue mondiale, aux centaines de millions de victimes. Si, en mars 1936, alors que quelques dizaines  de milliers de soldats allemands
s’installaient en Rhénanie, la France avait immédiatement réagi, le coup de force de Hitler eût échoué, bien compromise aurait été la carrière de l’abominable dictateur et pas de nouvelle guerre mondiale.

Et si Gamelin conseilla à Sarraut, président du Conseil, de « laisser faire », c’est que le général n’ignorait pas l’état du pays, uniquement préoccupé d’améliorer le sort quotidien de la population. Celle-ci « gagnait » les 40 heures hebdomadaires, les congés payés, mais l’humanité paiera le prix de ces « avancées » sociales françaises : cinq années de massacres. Poignant est le cas de Léon Blum. Cet homme éminent, sortant de Buchenwald, a pu constater le martyr de ses coreligionnaires dû, pour une large part, au défaitisme et au pacifisme qu’il avait lui-même prêchés et qui avaient désarmé la France.

La gauche de la gauche, en l’occurrence le parti communiste français allait faire « mieux » si l’on peut dire. Non seulement, on l’a vu, il avait milité pour le désarmement et invité ses militants à infiltrer l’armée pour la désagréger, mais le Pacte de non agression germano-soviétique du 23 août 1939 décida le ralliement du parti à la cause allemande, momentanément, aussi soviétique. C’est alors contre l’ « impérialisme britannique » que s’élèvera le PCF, Maurice Thorez », qui avait écrit « nous sommes résolus à accomplir la tâche anti-militariste. Nous sommes résolus à préparer les conditions des futures fraternisations », avait avancé une formule s’appliquant aux troupes d’occupation allemande. D’ailleurs le PCF avait demandé aux occupants l’autorisation de parution, implicitement en vue de servir leur propagande, bien que le 26 août 1939 Thorez eût déclaré … « si Hitler, malgré tout, déclenchait la guerre… il trouverait devant lui le peuple de France uni, les communistes au premier rang, pour défendre la sécurité du pays, la liberté et l’indépendance du peuple ». (cité par Patrick Fresnel, Ligue communiste révolutionnaire). Ce qui ne fut pas le cas, du moins jusqu’à ce que Hitler déclenche la guerre contre l’URSS en juin 1941, ainsi qu’on le verra par la suite, le PCF évoluant au gré des intérêts soviétiques…. et plongeant ses militants dans le désarroi. L’agression allemande décidera de la volte-face : les militants changèrent de cibles, l’ennemi n’était plus l’armée française mais l’armée allemande puisque celle-ci s’en prenait à l’URSS. Non seulement cessèrent les sabotages de l’appareil militaire français mais, avec un grand courage, les militants communistes s’en prirent à l’occupant auquel ils payèrent un lourd tribut. Les partis de gauche, à commencer par le parti communiste, en sont responsables, ils désarmèrent moralement et matériellement la France par une propagande et par la paralysie industrielle du pays qu’ils provoquèrent.

Sous-lieutenant Gallois en 1932...


Il faut avoir vécu ces années tragiques pour être en mesure de rendre compte des effets de la propagande officielle. C’est le cas du rédacteur de ces lignes. A l’époque, lieutenant de l’Armée de l’air, il s’entraînait au vol à Orly, qui était encore un terrain militaire. Passant dans les rues de la banlieue sud, au volant d’une petite Peugeot décapotable, il lui était arrivé, à plusieurs reprises, d’être injurié par des travailleurs procédant à un ravalement de façade : « gueule de vache… lui avait-on crié, on aura ta peau » en montrant le poing.

Ces malheureux n’imaginaient pas que ce sont les Allemands qui « auront leur peau ». En février 1940, deux mois avant la grande offensive allemande, les stagiaires au Centre de vol à haute altitude de Toulouse furent invités par le Commandant de ce Centre à monter la garde, la nuit,  près de nos avions car, disait-il, les sabotages sont redoutés. On savait ainsi qu’en usine, il avait été constaté que des « compagnons » introduisaient des tampons d’ouate dans les circuits d’huile des moteurs d’avion, entraînant la panne en vol…  

D’ailleurs, le désordre était si général que même le Service du matériel de l’Armée de l’air avait bien du mal à ravitailler les unités. Ayant déclaré la guerre à la France, le Duce envoya ses avions survoler Alger. L’escadrille de chasse d’Alger-Maison Blanche n’intervint pas. Enquête de commandement : « comment veux-tu que mes avions prennent l’air, me dit le capitaine commandant l’escadrille de Loire 46 censée défendre l’espace aérien algérien, l’état des pneus de mes appareils interdit leur utilisation et voici plus de six mois que j’en réclame le remplacement, en vain !

« Loire 46 »

Près d’un millier d’appareils, fuyant l’occupant cherchèrent refuge en Afrique du nord. Nous eûmes, le capitaine Crosnier, officier mécanicien et moi, la mission d’en faire l’inventaire détaillé. La moitié, au moins, n’était pas « bons de guerre », leur équipement et leur armement étant incomplets.

Face à une Allemagne séculairement belliciste, les Français s’étaient souciés, avant tout, de leur bien être. Souhaitant répondre à leur attente, les gouvernements successifs de la IIIème République finissante les ont encouragés dans cette voie conduisant la nation à la plus humiliante des défaites. Depuis, c’est le pardon, l’oubli et même la gratitude pour une doctrine politique séduisante bien qu’elle ait fait preuve de ses bien funestes carences et précipité le déclin du pays. Les hommes de gauche ne sont pas totalement responsables si la doctrine et la naïveté populaire le sont. Ayant servi dans plusieurs cabinets ministériels d’hommes dits de gauche, j’ai constaté la compétence, le dévouement à la chose publique et l’intégrité de ces ministres (c’était, en IVème République, avec Ramadier, Jules Moch, Guy Mollet, et en tête Jean-Pierre Chevènement).

Avec François Mitterrand, président de la République, la France va avoir à supporter à la fois une doctrine paradoxalement calamiteuse mais
nécessaire en tant que force d’opposition et les méfaits d’un personnage sulfureux. Par d’autres procédés que le pacifisme et l’antimilitarisme, qui n’ont plus la même signification à l’âge de l’atome, il reprendra à son compte l’entreprise de démolition de la nation entamée par ses prédécesseurs.

Maréchal Pétain et François Mitterrand

D’abord « maréchal nous voilà » quand l’Allemagne triomphait, porteur de la « francisque » il comprit avec l’entrée en guerre des Etats-Unis qu’il fallait « retourner sa veste ». Il devint résistant quand il convenait de l’être. Il ira même à Londres, solliciter le général De Gaulle.

Celui-ci, sachant qu’il avait à faire face à un arriviste lui conseilla de retourner en France où il s’efforça de faire oublier sa francisque.

Attribution : directement décernée par le Maréchal Philippe Pétain ou attribuée après étude du dossier par un conseil de 12 membres nommés par le Maréchal.
Président : Général Brécard, grand chancelier de la Légion d'honneur, nommé par décret du 01/08/1942.
Le candidat devait avoir deux parrains, «présenter des garanties morales incontestées et remplir deux des conditions ci-après :
- avant la guerre, avoir pratiqué une action politique nationale et sociale, et conforme aux principes de la Révolution nationale.
- manifester depuis la guerrre un attachement actif à l'oeuvre et à la personne du Maréchal.
- avoir de brillants états de services militaires ou civiques.»
Il devait prêter ce serment :
«Je fais don de ma personne au Maréchal Pétain comme il a fait don de la sienne à la France. Je m'engage à servir ses disciples et à rester fidèle à sa personne et à son œuvre.»
François Mitterrand: « Francique » n°2202.

Le général allait prendre la place qu’il convoitait et il ne lui restait d’autre recours que de verser dans une opposition virulente. En 1965, candidat des partis de gauche il perd l’élection présidentielle au 2ème tour.

En revanche, au Congrès d’Epinay, il est élu premier secrétaire du parti socialiste mais, en 1974, face à Giscard d’Estaing c’est encore la défaite. Et c’est en juin 1981 seulement qu’il accède enfin à l’Elysée. Ainsi, pendant 35 ans, alors qu’il est en pleine possession de tous ses moyens,  le peuple français le tiendra à l’écart du pouvoir. Cette longue « traversée du désert » a dû être fort pénible pour notre ambitieux impatient. Les Français en paieront le prix.

A l’Elysée de 1981 à 1995, durant deux septennats, F. Mitterrand a eu le temps, à son avantage personnel, de tirer parti d’une Constitution – par ailleurs désastreuse – et contre laquelle il s’était violemment élevé.

Edition originale 1964

Son comportement au sommet de l’Etat est connu et ses faits et gestes sont de notoriété publique. L’intérêt est dans leur juxtaposition.



- L’homme était un jouisseur. Il aimait les bonnes choses de la vie et nul ne peut lui en faire grief. Mais il avait d’autres caractéristiques plus discutables :

- Il était dissimulateur et menteur, son médecin, contraint de mentir sur son état de santé, peut en témoigner.

- Il était un voyeur, sinon par le regard du moins par l’oreille, prenant goût à des écoutes salaces. Pris de remords, un des gendarmes préposés à ce genre de service se serait suicidé.

Des  écoutes dites « administratives »… Une cellule

Cette cellule était en quelque sorte le bras armé du président. Christian Prouteau a d'ailleurs reconnu que François Mitterrand lui avait personnellement donné l'ordre d'écouter Edwy Plenel. Ensuite, il y a le fidèle Gilles Ménage, le directeur de cabinet chargé des questions de sécurité et de renseignements. Cet énarque a servi d'intermédiaire entre le président et la cellule.
Chez les politiques, il y a eu plusieurs attitudes. L'ancien Premier ministre Pierre Mauroy, par exemple, a dit qu'il ne «voulait pas s'occuper des écoutes, sources de dérapages», car cela aurait perturbé sa relation avec le président. Posture un peu similaire de Paul Quilès : l'ancien ministre de la Défense admet une «responsabilité technique», puisqu'il signait les demandes d'écoutes. Mais il ne s'y est jamais opposé, car il n'était pas au courant de ces écoutes. C'est en tout cas ce qu'il prétend. Enfin, l'ancien ministre de l'Intérieur, Pierre Joxe, semble avoir été plus direct. «Combien de fois j'ai dit au président qu'il ne fallait pas avoir un service de police parallèle, que ça n'attirait que des ennuis». Et Pierre Joxe de conclure: «Il ne m'écoutait pas».

- Il a pratiqué le népotisme, et sur une grande échelle, frère, fils et familiers occupant des fonctions bien rétribuées par l’Etat. De diverses manières, la « cour » en a aussi bénéficié.

Jean-Christophe Mitterrand « l’Africain » ou « Papa m’a dit »


Lomé 1990...


Au cours de dîners en ville, Patrice Pelat surprenait les participants racontant comment  « François » manifestait son amitié. « Je lui ai dit que ses lois sociales mettaient ma boîte en faillite et qu’il fallait la faire racheter un bon prix par une de ses sociétés nationales. Ce qu’il fit aussitôt… Au rédacteur de ces lignes l’ami Pelat tint le discours suivant. « Tu paies des impôts toi… moi, j’ai mon fric au Liechtenstein et si le fisc me cherche, je téléphone à François et on me fiche la paix. Tu penses bien qu’on n’est pas assez bête pour payer des impôts. Tu devrais te joindre à nous et tu en profiterais… »  ce que je m’empressais de ne pas faire.

Roger Patrice Pelat et François Mitterrand (Affaire Vibrachoc, Prêt Bérégovoy, Affaire CBC…)

- Peccadilles, fautes bénignes, au regard et de celles, fondamentales, dommageables pour la vie nationale et qui vont être citées ci-dessous.

- En 1965, dans un discours à Limoges, F. Mitterrand avait déclaré que « la suppression de la force de frappe était un engagement que nous tiendrons ». Une fois à l’Elysée, le voilà qui proclame « la dissuasion c’est moi ». Affirmation imbécile qui, justement, fragilise cette dissuasion en la faisant dépendre d’un homme et non d’une chaîne de commandements, comme aux Etats-Unis ou en URSS. Aucun des dirigeants de ces deux puissances n’avait ainsi neutralisé le potentiel d’intimidation de leur appareil nucléaire.

- Autre erreur. F. Mitterrand n’avait pas compris le rôle des armes nucléaires à courte portée qui était d’obliger le commandement soviétique à disperser ses puissantes formations terrestres afin qu’elles ne soient pas trop vulnérables à l’atome… Il en avait fait des armes de « premier avertissement ». Si un conflit, d’abord classique, débutait en Europe, la France disait-il, lancerait une ou deux armes atomiques tactiques pour que les Soviétiques – décidément idiots – comprennent que le différend était sérieux. Ce faisant, il n’avait pas songé qu’il déclencherait le recours aux armes nucléaires, l’adversaire n’hésitant pas à user des siennes, mais cette fois en masse, anéantissant la France, la rayant de la carte. Heureusement, la sagesse était à l’est où elle neutralisa la légèreté française.                                                                      

- Après avoir longtemps refusé de voter les crédits militaires, voici que notre président affiche un dangereux bellicisme. A ses ordres, les armées interviennent intensivement : en Centre Afrique, aux Comores, au Gabon, dans le Golfe persique, au Liban, au Tchad, au Togo, au Burundi, en Bosnie, au Rwanda. Incohérence.

- Incohérence encore lorsqu’en 1994, F. Mitterrand et A. Juppé sollicitent les Etats-Unis pour qu’ils interviennent en Yougoslavie. Et la France participera aux bombardements de la Serbie, son alliée des deux guerres, au  profit des Croates et des Bosniaques musulmans qui furent ses ennemis durant la Seconde Guerre mondiale.

Alija Izetbegovic, le premier président de la Bosnie-Herzégovine indépendante.
 et François Mitterrand

Mais il fallait, selon Mitterrand, faire le jeu de son ami et mentor Kohl, lequel visait la dislocation de la Yougoslavie, puis de la Tchécoslovaquie afin qu’il ne reste pas de construction politique due aux traités sanctionnant la défaite de l’Allemagne…. et la victoire de la France.

- Mais, pour la France, il y eut pire encore avec l’illusion européenne chère au parti socialiste :
Le 27 novembre 1991, F. Mitterrand envoya Roland Dumas, son ministre des Affaires étrangères prononcer les paroles suivantes devant les membres de l’Assemblée Nationale :

« La France est déterminée à jeter les bases d’une Union à vocation fédérale… nous (c’est-à-dire Mitterrand et lui) avons pris pour Maastricht le parti d’une mutation fondamentale vers une entité supranationale ».
Ainsi cette désastreuse Constitution permettait au Président de la violer alors qu’il était censé en être le gardien. Sans avoir consulté les Français, pas davantage les Assemblées parlementaires, il décidait, seul, de mettre fin à la souveraineté nationale, effaçant en quelques mots une histoire millénaire. C’était un acte de forfaiture, mais l’opinion, endoctrinée ne s’en rendit même pas compte.

 

C’était obéir aux injonctions répétées du chancelier Kohl, ardent champion de l’Europe fédérale des régions, les Etats, sauf l’Allemagne, n’étant plus que des divisions administratives, plus ou moins définies par leur parler, l’Allemagne demeurant compacte puisque se déclarant sans patois. Mais, à la grande satisfaction des Allemands, la France perdrait le Bretagne, l’Occitanie, la Savoie, le pays basque et l’Alsace-Lorraine…. Etait-ce l’objectif de François Mitterrand ? Peut-être sans s’en rendre compte l’atteignait-il par sa politique ?

En fait, il avait si peu de considération pour la France et pour son gouvernement qu’il nomma Premier ministre une de ses « petites amies ». Ni madame de Pompadour, ni madame du Barry, entre autres, n’avaient eu ce privilège. Elu au suffrage universel, bénéficiant de l’onction populaire, il afficha sa désinvolture. Austère, le général De Gaulle ne s’était permis aucune privauté. Dissolu, Mitterrand les pratiqua toutes, jusqu’à l’inconvenance et, on l’a vu, la forfaiture.

En dépit de ce lourd passé, le socialisme répond toujours à l’attente de la population. Le mot lui-même exerce un formidable attrait.

Il laisse entendre que c’est bien l’amélioration du sort de l’individu qu’il vise. En France, en dépit du passif évoqué précédemment, près de la moitié, parfois plus, du corps électoral vote socialiste.

L’électeur retient de la gauche socialiste l’amélioration des conditions de travail, la lutte contre les inégalités socio-économiques et, aussi… les congés payés et l’élargissement des loisirs. Electoralement la doctrine est rémunératrice car, telle qu’elle est appliquée, elle vise le quotidien, c’est-à-dire la préoccupation majeure de l’électeur. Fort légitimement, celui-ci se soucie d’abord de lui-même et des siens, et à court terme, la prospective n’étant pas son fait. Or, un pays ne se gouverne pas au jour le jour, mais aussi à moyen et à long terme.

Aussi la doctrine socialiste se dit elle celle d’un parti d’opposition et non d’un parti de gouvernement. Après avoir pratiqué une politique si dommageable pour la nation et favorisé un défaitisme dont l’Allemagne nazie a tiré profit, les socialistes n’en gèrent pas moins 20 régions, les deux tiers des départements et des villes de plus de 20.000 habitants.

2004: Elections régionales

Là est leur revanche. C’est dire la faculté d’oubli de l’électorat français. A moins que le bon sens populaire, dans le temps présent, ait destiné la province et les principales agglomérations françaises pour former la force d’opposition nécessaire au fonctionnement de la démocratie française. La dynamique nationale y perd, mais les Institutions y gagnent.

Général Pierre Marie Gallois

Relire :

Toujours « Eclairer le débat » !

Le 12 janvier 2008

Il n’est pas vain de revenir sur des temps de discorde afin de comprendre les causes de notre abaissement… Notre « Maître d’Ecole » poursuit sa réflexion « Au sujet de l’armistice de juin 40 ». Il est « Chez nous », « Chez lui », et c’est toujours pour nous un grand honneur d’ouvrir nos colonnes au général Pierre-Marie Gallois. Nous ne le remercierons jamais assez !

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