dimanche 28 mai 2017

Nous contacter


Effectuer
une recherche
sur le site :


Pour recevoir
la Lettre
des Manants du Roi, j'inscris mon
adresse courriel :

 

Ah! Notre chère "Mare Nostrum"…

Certains la contemplent avec gourmandise, en terme de Marché… D'autres, fin connaisseurs de son histoire et portant leur regard "outre", voient bien plus loin et nous éclairent…
Notre "Maître d'Ecole" est de ceux-là. Le général Pierre-Marie Gallois: "La Méditerranée et l'atome"…

Le général Pierre Marie Gallois. La Mare Nostrum, vue du détroit de Gibraltar.

La Méditerranée et l’atome

Le président de la République a proposé de transformer le partenariat esquissé à Barcelone (en 1995) des pays méditerranéens en une union comparable à celle qui existe entre les Etats européens membres de l’Union. Participeraient à cette nouvelle union, sur la rive septentrionale : l’Espagne, la France, la Grèce, l’Italie, Malte et le Portugal. Et sur la rive méridionale : l’Algérie, l’Egypte, la Libye, le Maroc, la Tunisie et la Turquie, celle-ci sans doute à la place de la Mauritanie qui n’est pas méditerranéenne.

La France serait renforcée par l’apport des pays du littoral méridional de la Méditerranée en majorité francophones. Présente à la fois dans l’Union européenne et dans l’Union méditerranéenne elle étendrait son influence et verrait s’élargir ses marchés. Plus forte au nord de l’Europe elle le deviendrait aussi au sud.

Ces privilèges n’ont pas échappé à ses voisins si bien que la proposition a été diversement accueillie. Y seraient favorables – sous réserve d’éclaircissement sur le projet – les pays du Maghreb et l’Egypte, en Afrique, les nordiques Suède, Pays-Bas, en Europe.

En revanche, l’Italie et l’Espagne s’inquiètent de la place que prendrait la France dans un domaine qui est aussi pour beaucoup le leur, tandis que l’Allemagne est nettement opposée à la suggestion française.

On comprend les réticences de Berlin, l’Allemagne tenant à dominer l’Union européenne par sa puissance économique et aussi la position stratégique qu’elle occupe en Europe.

Or, la France, sinon menant le jeu méditerranéen, du moins y participant avec des atouts considérables, élargirait son influence dans la gestion des affaires de l’Union si elle intervenait aussi dans celles du monde méditerranéen.

- La mer Méditerranée conduit aux sources d’hydrocarbures. Algérie et Libye sont producteurs et à l’est aboutissent les conduits des richesses énergétiques d’Irak et de la Caspienne.


Elle est, au sud du continent, le pendant de la mer du Nord dont les gisements servent plus particulièrement les intérêts de la Grande-Bretagne et de la Norvège.

Carte d'exploration et de production en mer du Nord

Le projet français pourrait rivaliser –au moins partiellement – avec le ravitaillement de l’ouest européen par les oléoducs et gazoducs russes et équilibrer ainsi les accords russo-germaniques récents.

- Le projet français spécule aussi sur le souci légitime des pays du pourtour sud de la méditerranée de se préparer à la raréfaction, puis à l’épuisement des énergies fossiles en ayant recours à la désintégration de la matière. Et, à la différence de l’Allemagne qui a renoncé, la France est en mesure de satisfaire les besoins énergétiques d’origine nucléaire de l’ensemble méditerranéen.    

- En 2030 les peuples de la rive méridionale de la méditerranée compteront probablement près de 450 millions d’habitants (alors que ceux du septentrion n’en rassembleront que la moitié). Mais, ces derniers, par leurs capacités scientifiques et techniques peuvent contribuer efficacement au développement de la rive sud, aux populations en quête du « mieux vivre » des sociétés plus avancées.

La France est l’une de ces nations d’autant qu’une large fraction du pourtour méridional de la Méditerranée est francophone et que la France est aussi l’aboutissement de bien des flux migratoires émanant du sud. Il y a là un vaste potentiel d’échanges, le nord équipant les riverains du sud avides, à leur tour, d’industrialisation à l’ « occidentale ». Démarche temporairement rémunératrice pour le nord et, à long terme, pour le sud, celui-ci un jour, satisfaisant lui-même ses besoins. La Grande-Bretagne, les Etats-Unis, la Russie, la Chine, les pétroliers du Proche-Orient ont déjà exploité ce potentiel en ce qui concerne les hydrocarbures, les travaux publics, l’équipement touristique. Accusant un important déficit de sa balance commerciale (près de 45 milliards de dollars), il est temps que la France s’ouvre vers le bassin méditerranéen d’autant qu’elle détient des capacités complémentaires des besoins de ces pays.

Variation de la balance commerciale française (Echange FAB-FAB, y compris matériel militaire). Source : Douanes françaises
Avec 29,211 milliards d'euros en 2006, le déficit du commerce extérieur de la France, annoncé par les Douanes, a atteint un nouveau record. Si le niveau des exportations a augmenté de 8,6 % sur l'année, celui des importations l'a devancé avec une progression de 9,8 %. Le poste produit énergétique est notamment déficitaire de presque 50 milliards.

A la différence des entreprises qui l’ont devancée, la France cherche à institutionnaliser sa démarche en lui donnant un cadre politique.

Comme toute politique, celle-ci suscite des oppositions. Celle de l’Allemagne, évoquée précédemment. Berlin craignant de perdre la prédominance en Europe, la France augmentant son influence. Celle de la Turquie, forte puissance méditerranéenne désireuse de devenir membre à part entière de l’Union européenne et redoutant d’être « seulement » reléguée dans une future union méditerranéenne, à la structure encore mal définie. Ankara se tourne davantage vers le nord-ouest du continent européen que vers les rivages du nord de l’Afrique.

Autre obstacle, les hostilités israélo-palestiniennes.

Mur israélien…

Comment concilier, dans une vaste entreprise politico-commerciale, la majorité musulmane avec la minorité juive ? Toutes les tentatives ont échoué et réussir une certaine union méditerranéenne exigerait d’ignorer l’Etat d’Israël et la Palestine, ce qui ne laisserait pas de peser sur cette union, même si elle était plus commerciale que politique. Les interventions iraniennes au Liban, les visées de la Syrie sur Beyrouth compliquent encore la situation sur cette portion de rivage méditerranéen.

Cependant, les atouts que possède la France incitent à rechercher des compromis.

L’atout maître de la France réside dans ses capacités scientifiques et techniques nucléaires. Et à la fois en ce qui concerne la recherche et l’industrialisation correspondante. La préparation de l’avenir est maintenant dominée par les exigences – élémentaires – de l’environnement d’une part, et de la disponibilité d’une énergie de substitution compte tenu de l’épuisement des ressources en hydrocarbures, d’autre part. Dans une certaine mesure la désintégration de la matière satisfait, simultanément, ces deux conditions. Aussi est-il évident que les pays pétroliers envisageant l’épuisement de leur pactole, comme les consommateurs, aspirent à disposer de l’énergie nécessaire au développement économique et que la filière atomique leur est indispensable.

Aussi la France reprend-t-elle à son compte le programme « Atom for peace », lancé par le président Eisenhower au cours des années 50 dont un  article du traité de non prolifération précise que « les applications pacifiques de la technique nucléaire doivent être accessibles à tous les signataires du traité ».

Lien vers le Eisenhower Institute: http://www.eisenhowerinstitute.org/themes/international/safeguarding/

Transposant ce texte visant l’universel au cas particulier de la Méditerranée, le président français justifiait la démarche lors d’un déplacement en Libye au cours de l’été dernier : « Si on ne donne pas l’énergie du futur aux pays au sud de la méditerranée comment vont-ils se développer » ?  Et en décembre, parlant à Constantine, M. Sarkozy déclarait : « Le partage du nucléaire civil sera l’un des fondements du pacte de confiance que l’Occident doit passer avec le monde musulman »… pacte de confiance déjà conclu entre Paris et Alger et concernant l’accès de l’Algérie au processus nucléaire civil.

Bien qu’il réponde à l’attente des Etats méditerranéens qui en bénéficieraient – et qu’il les crédite d’une totale bonne foi quant à l’application du TNP, le projet français associe, bien audacieusement, le nucléaire civil à l’entreprise générale de coopération économique, sociale, culturelle, objectifs officiels.
                                                                                                             
Audacieusement car les démarches analogues précédentes n’ont pas été heureuses :

Le Shah d'Iran et le président Giscard d’Estaing. Centre nucléaire de Marcoule (Gard) le 28 juin 1974. Un accord sera conclu pour financer la construction d'Eurodif, usine d'enrichissement d'uranium, absolument indispensable pour alimenter les 58 réacteurs nucléaires que la France va construire. L'Iran prendra 10% des parts de l'usine et prête un milliard de dollars au Commissariat à l'énergie atomique. En échange, la France s'engage à fournir à l'Iran 10% de la production d'uranium enrichi.

- C’est ainsi que l’équipe gouvernementale Giscard d’Estaing-Chirac ayant invité l’Iran à participer au financement d’Eurodif,  société produisant le combustible nucléaire nécessaire au fonctionnement de centrales atomiques génératrices d’énergie, la France se vit réclamer le remboursement d’un milliard de dollars, lorsque en 1979 Khomeiny prit le pouvoir à Téhéran. Refusant d’abord de s’incliner devant cette rupture unilatérale du contrat, Paris remboursa en paiements échelonnés. Mais non sans que Téhéran ait manifesté son impatience (par des prises d’otages au Liban et des attentats sur le sol français). Amère expérience qui causa bien des souffrances…

- C’est ensuite, en 1975, la même équipe initiant Saddam Hussein au nucléaire. Sortant de l’Elysée, le président irakien confia à la presse sa satisfaction. En substance : « grâce à ces entretiens, l’Irak serait le premier pays musulman à posséder l’arme atomique ». Et un accord fut signé visant la fourniture de centrales atomiques et la formation de scientifiques irakiens.

Le 9 Septembre 1975, Jacques Chirac, alors Premier Ministre, fait visiter Cadarache à Sadam Hussein (Vice-Président Irakien). Au cours de cette visite, le vice-président irakien Saddam Hussein signe un accord de coopération nucléaire avec la France.

On connaît la suite avec les désastreuses guerres d’Irak, la politique française ayant fourni au président américain le prétexte à l’invasion de ce malheureux pays.

La désintégration de la matière, en dépit des services qu’elle rend, n’a pas bonne presse. Militairement utilisée, au choc et à la chaleur de l’explosif chimique, elle ajoute la radioactivité aux effets nocifs tenus pour permanents compte tenu de la durée de la vie humaine. Industriellement, elle laisse des déchets difficiles et coûteux à neutraliser. Aussi l’opinion publique, en général, souhaite qu’on en limite l’extension et que l’article VI du TNP soit appliqué qui vise le désarmement général… nucléaire en tête… D’où la manifestation d’une facile hostilité à l’égard du projet français d’union dans la mesure où il impliquerait l’extension du domaine nucléaire, éventuellement militaire, à des Etats scientifiquement peu préparés et parfois politiquement instables.

La filière atomique est bivalente puisqu’elle peut satisfaire des besoins industriels ou militaires. Il en est d’ailleurs ainsi de bien d’autres disciplines. Un brillant ingénieur sortant d’une grande école scientifique peut aussi bien gérer une entreprise financière ou commerciale que s’orienter vers l’étude et la réalisation d’armes de destruction massive. En ce qui concerne la science de l’atome, il existe des moyens d’en limiter les applications à des activités pacifiques. Par exemple, obtenir que le combustible usagé soit contrôlé par l’Agence Internationale de l’Energie Atomique. Ou bien qu’il soit traité sur place, sous le contrôle de cette agence pour le rendre impropre à des usages militaires.

- D’ailleurs, contrairement à un sentiment largement répandu le bilan du nucléaire « militarisé » est loin d’être négatif. Il a mis un terme aux conflits d’extermination comme ceux qui, au XXème siècle firent tant de victimes. L’arme atomique fait redouter des dommages excédants, par leur ampleur, tout enjeu politique. Entre Etats nucléairement nantis, même inégalement, démesuré est le risque de recourir à l’épreuve de force. Et Hiroshima a révélé au monde cette démesure.

Le bombardement d’Hiroshima et celui de Nagasaki ont été qualifiés de « crimes contre l’humanité ».

"Hiroshima"

C’est oublier qu’ils ont stoppé net une guerre d’usure particulièrement meurtrière alors que ni l’attaque de Dresde (13 février 1945 et ses 40.000 victimes) ni le bombardement de Tokyo (9 mars 1945 et quelque 100.000 morts) n’avaient imposé l’arrêt des hostilités, Hiroshima sauvant des centaines de milliers de vies humaines, prix de la poursuite des hostilités.

"Dresde"

Et il a suffit d’un avion d’une, voire de 2 bombes, pour qu’un équipage de 12 hommes mette quasi instantanément un terme à une guerre
qui avait duré six ans, opposant les combattants par dizaines de millions, leurs canons et chars d’assaut par centaines de milliers, leurs avions par dizaines de milliers, leurs navires de guerre par milliers et mobilisant, de part et d’autre, de gigantesques industries d’armement.

Le "B29" "Enola Gay" qui largué la bombe… sur Hiroshima.

- Entre l’Inde et le Pakistan, toutes deux puissances atomiques militaires, il n’est plus question d’en découdre les armes à la main comme ce fut le cas en 1949 et en 1965. Le Cachemire est toujours la pomme de discorde mais la négociation s’impose et le recours à la guerre exclu.

Le président Pervez Musharraf et le premier ministre indien Manmohan Singh

- En 1962, la Chine et l’Inde s’affrontaient militairement sur les hauteurs de l’Himalaya. Mais en 1964,  la Chine est devenue une puissance nucléaire et l’Inde en 1974. Depuis, l’on discute et négocie, l’atome, partagé, interdisant la guerre.

- En 1959 tournent à l’aigre les relations entre Moscou et Pékin. Mais, en 1964, la Chine ayant procédé à ses premiers essais, M. Brejnev entame le processus de « réconciliation ». Depuis, les deux puissances s’entendent,  bien que leurs intérêts soient parfois divergents (en Sibérie existent les ressources indispensables au développement de la Chine). Et Moscou ne craint pas d’armer Pékin, le nucléaire partagé ayant un pouvoir d’intimidation mutuel.

- La guerre froide entre l’Ouest et l’Est a été gelée par l’atome militarisé dont le partage a interdit la montée aux extrêmes. Pas de 3ème guerre mondiale entre les tenants de l’économie planifiée et ceux de l’économie de marché mais des hostilités limitées à la manœuvre diplomatique ou politique contenues afin d’écarter l’irrémédiable.

- Et chacun sait que si l’Irak avait réellement détenu des armes de destruction massive, à commencer par des engins atomiques, les
Etats-Unis n’auraient pas réuni les conditions des deux guerres du Golfe et l’Irak n’aurait pas été dévasté. De même, si en 1999, la Serbie avait été au moins une petite puissance atomique, elle eût été respectée et non bombardée arbitrairement par l’OTAN.
Si l’opinion publique n’en a pas conscience, en revanche, les gouvernements n’ignorent plus les avantages économiques, scientifiques, techniques d’une part, militaires et géopolitiques d’autre part que confère la maîtrise de la filière atomique complète. On conçoit que nombre d’entre eux soient tentés de s’attribuer de tels privilèges. Etre pourvu d’une source d’énergie fiable et, dans le même temps jouir, dans l’indépendance, de la sécurité et aussi du prestige attaché à la science de l’atome, voilà qui est bien tentant. Surtout pour les Etats qui ne disposent ni d’intimidantes masses humaines ni de l’industrie lourde nécessaire à leur armement, si celui-ci est traditionnel. C’est là une situation dont la France est bien placée pour en tirer parti. Avantage qui déplait à ses partenaires en Europe. Aussi les objections sont-elles nombreuses :

- Le projet français est ambigu, disent les uns. On ne sait trop à quoi il peut conduire.

- Il télescope l’accord de Barcelone (1995) déjà peu concluant et il risque de consacrer  le fiasco de tout nouveau projet visant à gérer politiquement un ensemble aussi vaste et divers que le méditerranéen, affirment les autres.

Euromed : Accord à Barcelone sur un "code de conduite" antiterroriste. 11-2005. Le Président du Parlement européen, Josep BORRELL
Voir note annexe.

- Bruxelles revendique la mission d’associer l’Union européenne au développement de la rive sud de la méditerranée. On y estime qu’il ne s’agit pas là d’une initiative seulement nationale mais bien d’une responsabilité de l’Union.
Toutefois, ignorant ces réserves, voire cette opposition, Paris persiste et a même réussi à recueillir une certaine adhésion à son projet, celle de l’Espagne et de l’Italie. D’où l’Appel de Rome lancé par les Trois, le 20 décembre dernier. (qui reporte à la mi 2008 l’organisation d’une rencontre des dirigeants de l’Union avec ceux du sud méditerranéen).

Pour le président de la République, en ce qui concerne l’Union méditerranéenne… « 2008 devra…. être l’occasion d’avancer de manière décisive sur ce projet qui est l’une des priorités de ma politique étrangère. L’objectif est de faire de la Méditerranée un espace de solidarité et de coopération dont les piliers seraient l’environnement, le dialogue des cultures, la croissance économique et la sécurité ».

En avant-première et sans attendre le résultat des « travaux préparatoires identifiant les domaines de coopération prioritaires », la France a négocié avec le Maroc, l’Algérie, la Libye et l’Egypte la cession de centrales nucléaires officiellement destinées à produire de l’énergie à des fins économiques (en somme dans le cadre, maintenant lointain du projet « Atom for peace » du président Eisenhower).

Au cours du siècle passé trois révolutions dont deux d’ordre scientifique et technique et une relevant de l’humain et du confessionnel ont bouleversé les conditions de la coercition par la force. Les peuples du sud méditerranéen ont été étrangers, sinon aux manifestations, du moins aux origines des deux premières si, en revanche, ils ont fourni leur apport à la troisième. Il s’agit chronologiquement :
- de la conquête de l’air, domaine d’abord utilisé militairement puis, à la fois, à des fins militaires et commerciales,

Bombardier B29

- de la désintégration de la matière, également d’applications durables, politico-militaires d’une part, et économiques d’autre part,

Nucléaire civil: Centrale EDF

- du terrorisme de groupe*, ultime recours contre le « blocage » nucléaire qu’il contourne puisqu’il est à la fois partout et nulle part et que, par conséquent, il n’offre pas d’objectifs aux représailles si bien qu’il peut s’en prendre aux puissances nucléaires dont la sécurité est ainsi ébranlée et le pouvoir d’intimidation amenuisé.

Sans être l’antidote absolu du nucléaire militarisé, le terrorisme de groupe lui met, maintenant, en évidence des limites inattendues. Les événements du 11 septembre 2001, et bien d’autres, sinon de la même ampleur, au moins de la même nature, ont indifféremment frappé des puissances nucléaires (Etats-Unis, Grande-Bretagne, Pakistan) et des Etats dépourvus de cet armement.

Le 11 septembre 2001.

Pour des raisons à la fois politiques et économiques, assorti de la possession de centrales nucléaires, le projet d’union du sud pourrait transformer en « sanctuaires » des pays ayant fourni leur contingent au terrorisme de groupe. Celui-ci serait alors géographiquement localisé mais il bénéficierait de l’invulnérabilité que confère l’atome formant ainsi de dangereuses entités politiques. En effet, elles seraient invulnérables tout en possédant un terrible pouvoir de nuisance sans que celui-ci puisse être sanctionné.

Nous voici devant un dilemme. Il ne sera pas possible, indéfiniment, d’interdire aux peuples du pourtour sud de la méditerranée d’exploiter, à leur tour, les capacités énergétiques de la désintégration de la matière… Si bien que sera multiplié le nombre des Etats qui, à l’instar de l’Iran aujourd’hui, de la Corée du Nord hier, ont spéculé sur les deux utilisations possibles de la filière nucléaire. Car on imagine mal une population de plus de 400 millions retardée dans son développement par une telle contrainte.  Dans un premier temps les exigences énergétiques la feront voler en éclat et il se peut que le projet français, tel qu’il a été présenté, rapproche cette échéance.

Le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali et le Président Sarkozy

Pierre M. Gallois, décembre 2007

* par opposition au terrorisme d’Etat.

 

Vu de Bruxelles…
Note annexe

« Les deux rives de la Méditerranée restent celles où les inégalités sont les plus criantes au monde » - tel est le constat du Président du Parlement européen, Josep BORRELL, qui n'a pas caché sa déception en dressant un bilan critique de dix années du processus de Barcelone. Les conclusions mitigées du sommet euro méditerranéen, ce lundi, dans la capitale catalane, permettent de garder un espoir tempéré de combler le fossé économique et social qui divise ces deux parties du monde.

Lancée il y a 10 dix ans, sous le nom de processus de Barcelone, la coopération entre l'UE et ses partenaires méditerranéens avait besoin d'un nouveau souffle. Une série des conférences de l'Euromed entre le 24 et le 28 novembre devait permettre de relancer ce partenariat qui réunit les membres de l'UE et dix pays de l'autre rive de la Méditerranée (Algérie, Autorité palestinienne, Egypte, Israël, Jordanie, Liban, Maroc, Syrie, Tunisie et Turquie). Josep Borrell qui, en sa double qualité de Président du Parlement Européen et Président de l'Assemblée Parlementaire Euro Méditerranéenne (APEM), a participé au Sommet des Chefs d'Etat et de Gouvernement, a reconnu le manque « d’avancée significative sur la voie d’un espace de paix et de prospérité commun ». Renforcer les relations commerciales et niveler progressivement les inégalités sociales entre les partenaires restent la priorité de la coopération. Mais, pour y arriver, il faut un engagement réel de deux parties. Les conditions politiques, la stabilité et la démocratie, doivent aussi être au rendez-vous pour que la coopération économique porte ses fruits. « Les objectifs économiques et politiques sont indivisibles  » - a souligné le Président du Parlement.
Pour certains pays du Moyen Orient qui participent à la coopération euro méditerranéenne, Euromed est un des rares forums de rencontres possibles. Au sommet de Barcelone, plusieurs pays de la Méditerranée n'ont toutefois pas été représentés au plus haut niveau, celui des chefs d'Etat ou de gouvernement. Néanmoins, les deux rendez-vous du partenariat
euro méditerranéen de Rabat et de Barcelone ont permis une série d'entretiens bilatéraux et des échanges de vues sur les relations entre les partenaires. La question de l'immigration a également occupé une partie importante des débats. Mais c'est l'action concertée contre le terrorisme qui a retenu l'attention des participants, dimanche  et lundi. L'accord sur un "code de conduite" antiterroriste, pièce majeure de l'accord final, a été particulièrement difficile à atteindre. Finalement, une solution acceptable pour toutes les parties a pu être trouvée.  Il faut croire que cette conclusion du sommet est de bon augure pour la poursuite de la coopération.

vfgv.

Le 14 janvier 2008

Transmettre à un ami
Imprimer
Réagir

© lesmanantsduroi - Tous droits réservés.