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Dans sa quatrième année !

La Soupe du Roi ne fut pas une toquade de quelques semaines, encore moins un feu de paille.

La Soupe du Roi fut, et est une volonté « farouche » de témoigner de la Charité. Par de là nos horizons divers, nos sensibilités propres et nos engagements politiques, nous sommes tous unis dans une volonté commune tournée vers le Roi du Ciel…

C’est une petite « cité » qui se reconstitue tous les quinze jours sur le parvis de la gare Montparnasse.

Avec ses joies, ses peines, ses rites, ses signes de reconnaissance et toujours un petit pincement au cœur…

Et toujours cette volonté de veiller à ce que « Nos Seigneurs les Pauvres » soient les premiers servis ! Qu’il pleuve ou qu’il vente…

Mais laissons la parole à Anne Lys et à Paul.

Chers amis,
Beaucoup d'entre vous connaissent la « soupe du roi » qui nous permet de distribuer une fois tous les quinze jours, un mercredi (prochainement un mardi) sur deux, un repas familial, préparé « comme à la maison « (pas question de « tambouille ») aux sans-abri et autres déshérités qui vivent ou plutôt survivent aux alentours de la gare Montparnasse.
Un certain nombre d’entre vous contribuent donc, en consacrant leur temps, leur peine et/ou leur argent. Je ne peux moins faire pour les remercier que leur envoyer, par la voie de nos forums, le dernier compte-rendu de la « soupe » d'hier, décrite par la plume un brin humoristique de Paul Turbier (sans lequel la machine ne pourrait tourner)

A.L

 

De la Soupe du mercredi 8 novembre 2006

« Lors de la première soupe du Roi, voici déjà quatre ans (comme le temps passe) l'ensemble du matériel que je transportais se composait d'un autocuiseur (merci Anne) de quelques récipients en plastique et d'un paquet d'assiettes en carton. De leur côté, les étudiants royalistes du Centre Royaliste d’Action Française et les Manants du Roi apportaient du pain, des oranges, une table et un réchaud de camping, le tout à bout de bras, dans le métro. Un an plus tard le coffre de ma voiture était archi-bondé et Olivier transportait le matériel de son équipe dans sa « Mégane » . Il a donc fallu s'équiper et nous avons maintenant une remorque. Eh bien c'est de nouveau très juste. Hier soir, cette remorque était chargée comme un galion de la reine Isabelle, le coffre de mon auto était bourré comme la valise de mon épouse une veille de vacances, le siège AR s'était transformé en annexe de boulangerie et les bouteilles d'eau me tenaient compagnie à la place du mort. L'hypothèse n'est pas à rejeter. Messieurs les auto-stoppeurs, désolé, c'est complet. Devrons-nous bientôt loucher vers un semi-remorque 38 tonnes ?
C'est qu'hier soir sur les coups de 21 heures, les munitions étant quasi épuisées, nous avions entamé la levée du camp lorsqu'un puis deux puis cinq retardataires et encore d'autres sont arrivés et il a fallu chauffer des lentilles pour rallonger les petits pois et puiser dans les ultimes ressources de rôti de porc. Plus de pain, les enfants ! Misère, qu'allons-nous devenir ! Philippe, dernier arrivant a dû savourer son rôti de porc sans pain, sans salade, sans pomme, sans fromage et sans gâteau. Le pôvre ! Il était ravi.
Le froid qui montre son aiguillon fait apparaître une demande de vêtements en tout genre et Marie-Laure, émule de St Martin, n'a eu aucun mal a vider ses sacs et ses valises. Il va nous falloir ravitailler pour la fois prochaine car il y a une demande de vestes d'hivers, parkas et autres manteaux. Si quelques-uns d'entre vous aperçoivent des « non-portés » dans leur garde robe, qu'ils le fassent savoir, car nous connaissons des épaules qui sont prêtes pour recevoir des manteaux .On commence à parler du problème. Quel problème ??? LE problème, celui du sommeil. Il y a beaucoup de pudeur dans les réponses car peu se résignent à parler du carton-abri ou de la porte cochère asile. A entendre les uns et les autres, ça va, mais pour tout le monde, un seul constat « c'est dur ». Un jeune, nouveau venu, se renseigne auprès de nous pour savoir où dormir ce soir. Il est vingt-deux heures et il va devoir partir dans le froid de la nuit sans que nous ayons pu l'aider. C'est dur pour lui, c'est dur pour nous aussi. Au moment de serrer les dernières mains, Frédéric trouve une chaussure, laissée là par on ne sait qui. Pas une paire, une ! Avions-nous ce soir une unijambiste parmi nos convives ? »

Ceux qui voudraient contribuer à cette distribution de repas chauds, préparés à la maison et « comme à la maison » (pas question de « tambouille ») à l'intention des sans-abri qui vivent autour de la gare Montparnasse et qui est faite un mercredi (prochainement un mardi) sur deux, sauf cette année, en juillet-août, peuvent envoyer un chèque à :

Association « Nos Seigneurs les pauvres et les malades » 15 avenue de la gare 78690 LES ESSARTS LE ROI
ou faire un virement au compte ouvert au nom de l'Association au Crédit Agricole des Essarts-le-Roi, 7 rue du 11 novembre 78690 LES ESSARTS LE ROI, compte n° 509 445 54 001, IBAN FR76 1620 6000 8950 4445 5400 182.

« Nos Seigneurs les Pauvres » en seront fort reconnaissants.
Les vêtements et autres dons en nature peuvent être adressés à Paul Turbier (demander son adresse par courriel privé).

 

De la Soupe du mois d’octobre 2006

« Les choses commencent à être sérieuses car la nouvelle s'est maintenant propagée et tout le monde sait dans le quartier Montparnasse que la Soupe du Roi est repartie. Le noyau dur est là, Pascal est toujours le premier arrivé, accompagné hier d'une fameuse grippe, Marie-Louise toujours la dernière quand les marmites sont vides…

Les météores, ceux que nous ne verront qu'une fois, dont nous ne sauront jamais rien sauf qu'ils ont faim, très faim, arrivent en silence, sortis d'on ne sait où.

Ils commencent à passer au large et regardent sans en croire leurs yeux, écoutent sans en croire leurs oreilles. On les devine à leurs yeux brillants, enfoncés au tréfonds des orbites sous des sourcils broussailleux, comme celui avec qui j'ai tenté en vain un contact.

Les seuls mots que j'ai entendus de lui, murmurés plus que prononcés, ne m'étaient pas adressés mais bien à lui-même, : « de la viande ! il y a bien deux mois que je n'en ai pas mangé ». Allons! double ration, ne lésinons pas. Demain il sera loin, nous ne seront plus là et dans quinze jour, il aura disparu aussi silencieusement qu'il était arrivé.

Thibault est le spécialiste des conversations de haute tenue politique que pourtant il ne provoque pas. Il les attire seulement. Sa haute taille et son allure de gars sérieux doivent agir comme des attracteurs; allez savoir. Libéraux qui nous soutiennent, oyez; oyez !

L'interlocuteur du jour pour Thibault était courtier indépendant en bourse. C'était avant !. Pourquoi ne l'est-il plus ? Mystère ! Mais il
st toujours au courant, et il a son opinion sur le feuilleton GDF-Suez. Il faut privatiser GDF explique-t-il, car il sera impossible à GDF de nettoyer ses écuries d'Augias tant que l'état en aura le contrôle. C'est comme Mittal-Arcelor ! C'est-y pas beau dans la bouche d'un gars qui vit sur le pavé avec le RMI ? Vous en voyez souvent dans vos congrès libéraux des types comme ça avec un pardessus gris élimé et de fines lunettes d'intellectuel qui compte en milliards d'Euros, et disserte sur l'envolée du CAC 40. Dites ça doit être rare !. Et bien, sur la soupe du Roi nous en avons un !

D'une façon très majoritaire et comme je l'ai quelquefois signalé, nos amis n'ont pas le coeur à gauche, loin de là. Notre réputation royaliste, gentiment établie a-t-elle, malgré nous, fait une sélection qui éloignerait certains autres, différents? Je ne le pense pas car ventre affamé n'a pas d'oreilles c'est bien connu, et l'odeur du fricot doit bien faire oublier la couleur du bulletin de vote. Toujours est-il qu'un grand gaillard m'entreprend avec un question qui semble un peu lui tarauder les méninges. « Paul », me dit-il « pourquoi êtes-vous royaliste ». Bonne question encore que la réponse, timbale en plastique en main, pleine d'un café qui vous brûle les doigts, ne soit pas des plus faciles. Je tente une explication structurée : « Parce que... et puis que ... et encore que.. malgré que .. . « . Il hoche la tête et je ne saurais jamais s'il part en se disant que l'idée n'est pas trop mauvaise ou que les royalistes sont bien gentils mais à côté de leurs charentaises…

Déjà vingt heures et on entend le bruit de raclements de fond de gamelles.

C'est l'heure des retardataires et du re-chargement de la remorque qui nous sert de roulante. Bizarrement, alors qu'à l'aller, tout le fourniment remplissait exactement ladite remorque, au retour ça déborde. Heureusement que Frédéric case deux tables et un réchaud dans son coffre car celui de ma voiture est déjà plein. Y a d'là dilatation à pression constante la-dessous, ça doit être la température qui agit…

Au fait, merci à Frédéric, Nicole, Marie-Laure, Carole, Isabelle et
Thibault, bâtisseurs de bonheur en première ligne.

A se revoir ! Dans deux semaines. »

Paul

18 Octobre 2006

« Il y a au moins deux points commun entre La Soupe du Roi et un célèbre restaurant lyonnais : le cuisinier s'appelle Paul et l’on ne sait pas combien on aura de convives dans deux semaines.

Paul T.

L'un des deux Paul s'inquiète de savoir si on aura assez de caviar et ce sont les pommes de terre qui font souci à l'autre, nettement moins, moins célèbre. La gestion des approvisionnements ne s'en trouve pas facilitée. Hier soir, à Montparnasse, il y avait du monde, avec des têtes nouvelles. L'habitué polonais avait amené trois de ses copains et je m'attendais à les voir sortir un jeu de cartes de la poche pour entamer une partie incompréhensible, tant pour la règle du jeu que pour la langue des jurons. Au début, panique! Seul et pas une main secourable pour mettre le pied dans les plats et la tête dans le guidon. Et ces effluves de chocolat merci Correns, pâtissière en chef) qui montaient du coffre ouvert de la voiture et qui aiguisaient (en était-il besoin ?) l'appétit d'invités que je devinais impatients . Arrive Marie-Laure, ouf! Mais pas de Nicole et ses hors d'oeuvre. Une voiture se gare tout à côté, C'est Nicole et son chauffeur. Non, ce n'est pas Nicole, serait-ce Blücher et sommes-nous guettés par un Waterloo culinaire et parnassien. Non car tout s'arrange avec un recrutement local improvisé et l'arrivée des hors-d'oeuvre.

Au menu, potée campagnarde prévue copieuse mais dont nos affamés viendront vite à bout et les fonds de casseroles seront aperçus avant 21 heures. Distribution générale de barquettes de paté de foie (*) pour le lendemain, idem pour les pommes, fromage sans pain ( plus de pain! déjà! mince alors !); les barquettes de compote de pommes et l’on attaque les gâteaux au chocolat (merci Correns). C'est au milieu du couronnement de ces agapes que nous voyons arriver la petite famille des rues avec le landeau, le petit qui dort et la gamine qui cramponne la main du papa (avec le recul, je m'aperçois que la maman est absente ainsi que le troisième enfant. Mystère.) Je me précipite pour trouver, pendant qu'il en reste, une part de gâteau pour la donner à la petite et je vois qu'un gourmand a réussi à en capturer deux pour lui seul. C'est la révolte, il va m'entendre, celui-là, je vais lui causer à deux doigts des moustaches! Mais, fusion immédiate, car les deux parts de gâteaux n'étaient pas pour lui et je le vois les offrir aux enfants. C'est ça, la Soupe du Roi, une « déclancheuse » d'amitié et de générosité. »

A bientôt.

Paul


(*) que madame l'adjoint au maire de la ville se rassure , nous avons aussi dans nos réserves, du pâté de poulet garanti sans porc. Il ne nous manque seulement que de véritables amateurs.

 

Et il faudrait bien trop de pages pour tout transmettre de la Soupe du Roi. Ses daubes et son bœuf mironton à provoquer des révolutions ( des vraies !). Ses poulets en sauce à damner toute une batterie…

Ses plateaux de fromage : « Vous n’aimez pas le Coulommiers » ? « Vous préfèreriez du Cantal ? » « Va pour le Cantal ! » « Qui a demandé du Gruyère ? »

 

Et le premier qui dit « Fromage ou dessert » est fusillé du regard !

Portemont, Olivier et Paul

C’est tout cela la Soupe du Roi, avec ses coups de gueules, ses pudeurs, ses silences lourds de peines cachées et ses éclats de rire…

Et ses beaux clins d’œil de la Providence, comme un jour cette de patrouille de jeunes militaires en fin de mission de je ne sais quelle opération « Vigie-Pirate »… se délestant de leurs rations pour « Nos Seigneurs les Pauvres »…

Portemont, le 18 novembre 2006

La prochaine Soupe du Roi ? Mardi 21 novembre 2006, à partir de 18 h 30/ 19 h 00. Parvis de la gare Montparnasse, face à la porte Océane.

Et très prochainement des nouvelles de la Soupe du Roi de nos amis Nantais !

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