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Vous avez dit Europe ?

Vous vous pâmez d’aise à l’évocation de l’axe Paris Berlin ? Vous vous endormez confiant dans l’idée que les piliers qui soutiennent cette Europe qui n’en finit pas de soupirer, sont à toute épreuve ? Lisez l’article de notre ami Pierre Hillard…

Un grand merci à Pierre Hillard qui nous autorise à diffuser l’article qu’il a remis au Cercle Jeune France.


La duplicité de la politique allemande dans la crise irakienne

Quand on étudie la politique étrangère allemande, peu importe le type de régime en place, on constate une habileté à pratiquer la duplicité.

Que cela soit Bismarck avec Napoléon III, le chancelier Gustav Stresemann du temps de la République de Weimar face au président du Conseil Aristide Briand, l’Allemagne hitlérienne jusqu’en 1939 ou encore la République fédérale de Konrad Adenauer ou de Willy Brandt, l’Allemagne a pratiqué une politique en sous-main très éloignée de celle affichée officiellement par ses gouvernements successifs. En politique, la connaissance de l’histoire d’un pays est indispensable.

Le chancellier Otto von Bismarck

Elle permet de relever des constantes qui conduisent le décideur à modeler son jugement face à un problème actuel en fonction des expériences du passé. L’empirisme dont le principe est de s’appuyer sur l’expérience sans souci des théories et des emballements émotionnels devrait être la marque de fabrique de tout responsable digne de ce nom. Malheureusement, cet approche est trop rare chez nos hommes politiques et « l’élite » intellectuelle et médiatique. Ainsi, dans l’affaire de la crise irakienne, suivie de l’intervention américaine en mars 2003, la duplicité allemande a été complète et la France politico-médiatique bernée.

Face aux préparatifs de guerre, le chancelier Schröder s’est élevé avec véhémence en condamnant la politique des Etats-Unis. Son rapprochement avec la France puis la Russie a pu faire croire à l’existence d’un axe « Paris – Berlin – Moscou » destinée à contrebalancer la politique débridée américaine. Beaucoup de représentants politiques transcendant les partis ainsi que des associations défendant officiellement la cause nationale ont fait bloc commun et se sont ralliés à l’idée de cet axe. Cependant, même ici, la politique obéit aux lois de la physique.

le chancelier Schröder

L’écrivain français Fontenelle rappelait au XVIIIè siècle : « Il est certain, et les peuples s’en convaincront de plus en plus, que le monde politique, aussi bien que le physique, se règle par nombre, poids et mesure ». Cette maxime est valable au XXIè siècle comme à toutes les autres époques. Aussi vrai qu’en mathématique, il faut deux points pour tracer une droite, un axe « Paris – Berlin – Moscou » se doit de reposer sur des piliers où l’intégrité territoriale des Etats est respectée. Or comment a-t-on pu accepter le soutien d’un pays dans la crise irakienne, en l’occurrence l’Allemagne, en sachant que parallèlement à cette politique, ce pays est à l’origine de l’élaboration des documents favorisant la régionalisation, l’émergence du phénomène identitaire et la disparition des frontières nationales dans le but ultime d’aboutir à une Europe de type fédéral. Depuis de nombreuses années, notre voisin d’outre-Rhin mène une politique favorisant la décomposition des nations européennes (éclatement de la Yougoslavie ou actuellement de l’Espagne et de la Belgique).

Pour constituer un axe politique, il faut d’abord et avant tout que l’autorité suprême du pays soit « Empereur en son royaume », c’est-à-dire indépendante de tout groupe de pression comme « la finance », « les entreprises transnationales » ou encore le pouvoir supranational bruxellois. La décrépitude de l’intelligence politique étant un fait majeur de notre époque, il ne faut pas s’étonner qu’une foule de personnes défendant apparemment les intérêts nationaux se soit ralliée à une construction de l’esprit complètement détachée du réel. Ce réel si méprisé par l’homme dit « moderne » n’a pas tardé à se manifester.

Deux ans après « l’Alliance germano-américaine pour le XXIè siècle », signée le 27 février 2004 à Washington entre le chancelier Schröder et le président George W. Bush définissant les objectifs communs de ces deux pays (unité politique de l’Europe, élargissement, ralliement des pays du Proche et Moyen-Orient au partenariat transatlantique, …), les révélations du New-York Times du 27 février 2006 ont fait l’effet d’une bombe.
le chancelier Schröder et G. Bush

En effet, ce journal américain a révélé que des agents du BND (Bundesnachrichtendienst, service de renseignement fédéral) avaient fourni aux Américains, début 2003, le plan de défense de Bagdad présenté à Saddam Hussein le 18 décembre 2002. Ce plan a été publié dans ce journal en bonne et due forme. En fait, l’action de ces agents allemands avait été révélée dès janvier 2006 par le quotidien Süddeutsche Zeitung et la chaîne de télévision ARD. Le gouvernement allemand s’est vu alors contraint de reconnaître, le 13 janvier 2006, la présence de ses agents à Bagdad mais en minimisant considérablement leur rôle. C’est ainsi que Thomas Steg, porte-parole adjoint du gouvernement a tenté de justifier la position allemande : « Sur la base de la situation particulière, [les collaborateurs du BND] ont livré leurs propres informations aux services compétents en Allemagne, pour permettre d’évaluer la situation (…). Dans ce contexte, sur la base de connaissances spécifiques sur place, ils ont transmis des informations afin que des institutions civiles comme des écoles, des jardins d’enfants, des hôpitaux, des ambassades, ne soient pas par erreur de manière non intentionnelle les cibles d’attaque (…). Ces informations ont été transmises pour aboutir à un résultat, à savoir que ces institutions ne soient pas attaquées ».

L’expert des services secrets allemands, Erich Schmidt-Eenboom, a fait une lecture expliquée plus réaliste de ces propos en rappelant avec raison que les agents du BND « ont certainement recueilli des informations sur les sites à ne pas bombarder, comme les écoles ou les ambassades, mais aussi sur ceux qui avaient un véritable intérêt militaire ».
Erich Schmidt-Eenboom

Le New York Times n’a pas hésité à revenir à la charge dans son édition du deux mars 2006. En effet, ce quotidien a révélé qu’un officier de liaison allemand secondait le chef des armées américaines s’apprêtant à envahir l’Irak, le général Tommy R. Frank. Selon ce journal, cet officier de liaison a rédigé 25 rapports et répondu à 18 requêtes sur 33 afin de satisfaire les demandes américaines. Ce travail était accompli avec l’aval de Berlin, c’est-à-dire avec le soutien du chancelier Schröder, de son ministre des Affaires étrangères Joschka Fischer et Frank-Walter Steinmeier, chef des services de la chancellerie fédérale. Ce dernier est devenu le ministre des Affaires étrangères du gouvernement d’Angela Merkel. Ces révélations ont provoqué une tempête politique en Allemagne. Comment ! Les dirigeants allemands auraient pratiqué un double langage. Afin de mettre toute la lumière dans cette affaire, une commission a été mise en place par le Bundestag afin de savoir qui a fait quoi. Connaîtra-t-on un jour le fond de l’histoire sachant que les commissions livrent rarement la vérité en raison des trop nombreux intérêts politiques et financiers au sommet des Etats ? En fait, l’Allemagne a joué un rôle déterminant en aidant grandement les Etats-Unis. Berlin s’est refusé à envoyer des troupes. Mais elle a fait mieux en fournissant les plans de défense de la capitale irakienne.

Elément révélateur de la reconnaissance des milieux mondialistes, après son départ de la chancellerie, Gerhard Schröder s’est vu offert toute une série d’avantages financiers. Ainsi, la banque Rothschild s’est adjugée ses services afin qu’il guide celle-ci dans des opérations tournées vers tout l’Est européen. Il est vrai aussi qu’en devenant président du conseil de la société North European Gas Pipeline Company (NEGP), filiale du groupe gazier russe Gazprom, chargé de construire un oléoduc reliant l’Allemagne et la Russie, Gerhard Schröder est l’interface idéale entre ces dirigeants apatrides de part et d’autre de l’Atlantique. Enfin, rappelons que « l’ami des patrons » fait partie intégrante de la prestigieuse agence américaine Harry Walker qui l’a engagé sous contrat. Celle-ci rémunère grassement ses adhérents comme Henry Kissinger, Bill Clinton, Jimmy Carter, Richard Perle, Zbigniew Brzezinski, Pat Cox (ancien président du Parlement européen) etc … afin que ceux-ci exposent leurs points de vue sur tel ou tel sujet traitant des grandes affaires de ce monde. On voit difficilement une telle agence embaucher l’ancien chancelier allemand si ce dernier avait vraiment compliqué les plans mondialistes concoctés à Washington, à Londres ou encore à Tel-Aviv. ?

Pierre Hillard, le 1er juin 2006

Pierre Hillard a publié en 2005 La décomposition des nations européennes aux éditions François-Xavier de Guibert.

Documents:
Carte publiée dans le New York Times
Carte publiée dans le Spiegel intitulée "Carte présumée de Saddam pour la défense de Bagdad"
1. Centre de Bagdad
2. Troupe spéciale
3. Feddayin de Saddam (membres des services secrets de la Garde républicaine)
4.Organisation du parti (troupes de combat du parti Baas)
5. Garde spéciale

Vous pouvez retrouver l’article avec les cartes sur :
http://www.jeune-france.org/Tribune%20europeenne/dupliciteall.htm

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