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Du gaz a tous les étages !

Ce progrès était fièrement annoncé par de nombreuses plaques apposées à l’entrée des immeubles… C’était le bon temps… où « les robinets et les compteurs au moins marchaient de concert ». Michel de Poncins se fait quelque peu « plombier » et nous livre son diagnostic sur les nouvelles et futures usines à gaz. Elections obligent…

Administrer, réglementer, pondre en caquetant « Tout va bien ! » des tonnes et des kilomètres de textes, ce n’est pas gouverner…

Portemont, le 17 janvier 2007

IMPOT SUR SOCIETES : MAUVAISE IDEE.

La campagne électorale se déroule d'une façon fort peu respectueuse de la population à laquelle les politiques n’offrent pas un spectacle très reluisant. Il s'ajoute le désir  du Président et du Premier ministre qui affirment vouloir « gouverner » jusqu'au dernier moment. Gouverner, c'est, pour eux, légiférer et réglementer, seule activité qu’ils connaissent. C'est pour cela que, depuis peu et probablement jusqu'à la fin, nous allons être soumis à une accélération de la tornade des lois accentuant l’effet de ruine habituel.

Ils vont, en particulier, se livrer à ce que j'appelle : « la manipulation des compteurs ».   Les anciennes usines à gaz étaient fort compliquées avec une foule de mannettes, de compteurs, de tuyauteries et les usines à gaz d’aujourd’hui ne doivent guère être plus simples. L’effet de ruine, conséquence inévitable du dirigisme,   vient, entre autres causes, de la création, la multiplication et l’enchevêtrement d’innombrables « usines à gaz » administratives formant des galaxies et des galaxies de galaxies.

Cette horreur n’est pas un hasard mais une nécessité dès lors que le pouvoir ne veut pas détruire le socialisme mais simplement le gérer, courant sans cesse après les calamités qu’il organise ou tolère lui-même et prétendant les corriger à chaque fois en mettant une nouvelle couche de réglementations, elles-mêmes nageant dans la brume d’incertitudes juridiques multiples. La nouvelle couche se résume souvent à jouer des manettes, comme si un changement de tuyauterie ou de compteurs pouvait produire du gaz là où il n’y en a pas. Dans les vieilles usines à gaz, les robinets et les compteurs au moins marchaient de concert. Dans les usines à gaz administratives, on ne sait jamais si un robinet marche car il faut attendre non seulement des kilos de textes mais aussi  des jurisprudences incertaines. C'est à cette manipulation des compteurs que peut se  raccrocher la proposition de diminuer l'impôt sur les bénéfices des sociétés. Ce dernier serait ramené de 33 à 20 % en quelques années. La mesure présentée à la hâte comme géniale serait financée grâce à une accentuation de la participation des salariés aux bénéfices, une nouvelle couche de lois étant ajoutée aux dispositifs nombreux et complexes existant déjà  ;  ces salariés étant censés consommer davantage, le sacro-saint P.I.B. augmenterait et les impôts en conséquence.  Voici tous les inextricables problèmes résolus ! Ces éminents personnages que la presse britannique juge usés jusqu’à la corde sont  ignorants des entreprises et du fonctionnement intime de l'économie. Cet impôt  rapporte 40 milliards d’euros par an et c’est la troisième ressource fiscale de l’Etat. Il est évident que le calcul d’équilibre ci-dessus est fantaisiste ; pour combler la baisse de l’impôt dans une situation  budgétaire à la limite du supportable, il faudra pomper ailleurs et, notamment, chez les clients des entreprises. Sans le savoir, ces entreprises paieront quelque part le prétendu « cadeau ». La surprise est de voir le Medef accepter de pareils calculs par la voix de certains de ses représentants qui les approuvent officiellement. Sans doute ignore-t-il ou ne veut-il pas savoir que la manipulation des compteurs ne sert à rien. La seule mesure véritable qui améliorerait l'économie c'est la suppression immédiate, totale et sans recours d'un grand nombre de dépenses étatiques. Après remboursement de tranches d’emprunt, elle permettrait de « détruire » carrément certains impôts et peu importe lesquels, tous les impôts étant meurtriers pour l’économie d’une façon ou de l’autre. Faut-il être surpris de cette solidarité du Medef avec le pouvoir  ? Certes non, cette solidarité est une donnée fondamentale et lourde de la politique française.

Michel de Poncins
micheldeponcins@easyconnect.fr

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