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C’était le mercredi 18 avril 2007, en soirée…

En ce jour de la Saint Parfait, Paul-Marie Coûteaux recevait le général Pierre Marie Gallois sur les « ondes » de Radio Courtoisie.
Un entretien, avant le deuxième tour…
L’air vicié de la « campagne », l’immensité de la tâche… L’Afrique sinistré… La plus grande fracture sociale… Rien n’échappait au général Gallois et rien ne lui échappe...

Sous le nom de « Mordicus », qui résonne comme une enclume sur laquelle se forgerait une plume d’airain, le général Gallois nous honore en nous confiant ses notes préparatoires à cet entretien. Il allait de soi que nous avions mission de les diffuser. Nous sommes heureux de pouvoir dire, ce soir, « Mission accomplie mon général ! »

Et merci de votre confiance.

Portemont, le 27 mai 2007

Textes préparatoires à l'entretien sur Radio Courtoisie du 18/04/07
avec Paul-Marie Coûteaux avant le 2ème tour

A - Campagne électorale

Si cette campagne électorale est consternante c'est du moins pour les 4 raisons suivantes :

  • Plus de la moitié du corps électoral souscrit – plus ou moins vaguement – à la « construction européenne », c'est-à-dire à la disparition des nations. Or, c'est du soi-disant chef de l'Etat-nation qu'il s'agit. Il y a là une contradiction.
  • En France, le mode de scrutin (majoritaire uninominal de circonscription) élimine d'emblée une large fraction de la population de sa représentation parlementaire. D'où une fausse démocratie et un parlement illégitime. D'où une autre contradiction entre ce qui est et ce que l'on croit : être une démocratie exemplaire.

  • Les Institutions de la Vème République, celles de 1958 modifiées en 1962 par l'élection du Président au suffrage universel exigent des candidats, comme de l'élu, la pratique d'une démagogie permanente. Et comme il s'agit de racoler les voix de dizaines de millions d'électeurs le niveau de cette démagogie doit être très bas.
  • Cette campagne s'étend largement dans le temps et coûte fort cher à la nation en dépenses stériles bien qu'elle n'aboutisse qu'à désigner un « président », ou une « présidente », de convenance, de tradition plus qu'un « chef d'Etat », puisque celui-ci n'aura que les apparences de la souveraineté. La campagne est donc devenue une sorte d'épreuve sportive qui amuse l'électeur plus qu'elle ne l'intéresse.  (En revanche, la campagne a été l'occasion d'un renouveau de l'idée de nation. Ceux-là même qui la condamnaient ont brandi le drapeau et chanté l'hymne nationalien l'occurrence un reniement racoleur).

 (**Voir l’article de Christian Canivez. La Voix du Nord. )


« La Nation, elle tient debout  parce que les solidarités sont là, parce que la lutte contre les injustices est là, et parce que nous  saurons, au cours de cette campagne, nouer avec les Français le pacte social qui nous fera  tenir debout ensemble, avec nos différences, avec nos talents mais aussi avec notre volonté  collective d’aller de l’avant dans une Nation rassemblée et fière d’elle-même. » In Discours d’investiture de Ségolène Royal. 26 novembre 2006.

Le mode d'élection présidentielle est si pernicieux qu'il encourage les Français au « nombrilisme », le monde extérieur leur étant aussi indifférent que la collectivité nationale qui n'a plus guère de sens à leurs yeux que lors des manifestations sportives.

L'enseignement, l'information-désinformation tels que pratiqués par le pouvoir ont renforcé à ce point l'individualisme et ses petites satisfactions quotidiennes que les évènements du monde extérieur, les spéculations et les politiques qu'ils imposent ont été pratiquement escamotés. Après une longue mise en condition de l'électorat, il eut été vain de situer la France de demain dans le monde et d'élever ainsi le débat. C'eût été risquer de perdre des voix. Telle est l'une des désastreuses conséquences de l'élection présidentielle au suffrage universel.

Si la campagne pour le premier tour a été consternante par la médiocrité des échanges, l'avalanche des promesses, la permanente démagogie du propos et aussi la naïve ferveur d'une fraction de l'électoral heureuse d'être ainsi courtisée, le second tour démontrera qu'en général, les Français n'ont rien compris aux causes de leur déclin collectif En plébiscitant le système les Français l'ont sacralisé si bien qu'il ne faut plus espérer qu'ils en viennent, un jour, à son rejet. A leur satisfaction générale, il les conduira à l'abîme.

Désormais, politiquement parlant, la France ne sera que celle du « Tour de France », de Roland Garros, des coupes de football et de la « course à la Présidence », le marathon présidentiel présentant l'avantage de se courir sur cinq ans. En somme un spectacle sportif permanent.

Une autre conséquence encore est d'opposer une « Demi-France » à l' autre « Demi-France ». Le général De Gaulle voulait rassembler les Français, les Institutions qu'il a laissées au pays le divisent durablement, deux démagogies concurrentes s'y affrontant non seulement en période électorale mais en permanence afin de l'emporter dans la prochaine compétition, l'élection provoquant émeutes, incendies de voitures et pillages, caractéristiques des moeurs politiques en Vème République.

B - L'Immensité de la tâche gouvernementale

A l'aube de la Vème République, en dépit des apparences, la mission du nouveau gouvernement de la France était à la fois évidente et aussi la France était bénéficiaire des réalisations de la IVe République. Celle-ci avait reconstruit le pays libéré, assaini son économie, démarré de grands travaux et réuni les conditions des « Vingt glorieuses » (1955-1975). Elle dominait sur le continent l'Allemagne expiant encore son lourd passé. Enfin, la rivalité entre économie planifiée et économie de marché imposait aux deux systèmes une certaine retenue afin que le faux-pas de l'un ne vienne pas favoriser l'autre.

De nos jours, au début du XXIe siècle à la fois la situation de la France et celle du monde sont tout autres :

  • Les 30 dernières années de la Vème République ont décidé de la dégringolade, dans tous les domaines, de la France.
  • Elle est lourdement endettée, désindustrialisée, parcellisée par la décentralisation, sur-administrée, submergée par les mouvements migratoires, son économie menacée par la « globalisation » des échanges, partagée entre l'idée de nation et l'idée européenne, dépassée par l'Allemagne et son influence mondiale est considérablement diminuée.

La dette publique a été multipliée par 11 entre 1980 et 2003.

- La part de l’Etat dans le total de la dette publique est passée de 60 % en 1980 à 80,5 % en 2003.

- La dette publique rapportée au PIB est passée d’environ 20 % en 1980 à plus de 60 % en 2003

  • Si la France de la Vème République n'a plus d'ennemis désignés extérieurs (Vietminh, FLN), en revanche nombreux et complexes sont les évènements nationaux, internationaux et planétaires avec lesquels elle a à compter :

1° Globalisation des échanges, transformation du monde en un vaste marché créant de vastes potentiels de production à bon compte avec lesquels elle ne peut rivaliser et ayant la zone Asie-Pacifique pour origine.

2° Modifications du climat, augmentation de la température moyenne, atteinte à la vie humaine et animale, invasions maritimes par l'élévation du niveau des mers.
3° Epuisement des ressources terrestres et maritimes, l'accroissement de la population exigeant un surcroît de consommation avec les rivalités, les querelles, les conflits qui peuvent résulter de ces pénuries.

4° Tarissement des gisements d'énergie fossile (pétrole et gaz naturel) et quête de nouvelles sources d'énergie compatibles avec l'environnement atmosphérique.
5° Extension du terrorisme, terrorisme d'Etat et terrorisme de groupe, seul moyen de coercition face aux armes dont disposent les Etats industrialisés (classiques et nucléaires) pour les non-industrialisés. La quête d'énergie fossile par les Etats-Unis — et les guerres provoquées par cette politique — ont rangé contre eux une large fraction de population mondiale. Et leurs alliés en pâtissent, dont éventuellement la France.

6° Prolifération nucléaire « horizontale ». Le comportement récent des Etats-Unis a incité nombre d'Etats à rechercher à la fois l'impunité et l'indépendance par la détention d'armes d'intimidation. Ce fut le cas du Pakistan, de l'Inde, de la Corée du Nord, de l'Iran. En outre, la raréfaction du pétrole et du gaz, l'exécution des clauses de l'accord de Kyoto, incitent au recours à la désintégration de la matière, or l'opinion publique française n'y est pas disposée et c'est là un difficile problème à résoudre.

7° Immigration. La IVe République n'a pas eu à connaître les conséquences des importantes migrations qui, depuis une trentaine d'années transforment les identités nationales en Europe. Celle-ci dans les 2 ou 3 prochaines générations en bénéficiera peut-être mais en peu de temps, l'afflux est tel qu'il exige un fort surcroît de logements, de moyens d'enseignement, de police, de justice auquel la Vème République ne s'est pas préparée.

8° La « construction européenne » il y a un demi-siècle visait surtout le marché, mais non la disparition des Etats devenus de simples divisions administratives d'un mythique super Etat. Aujourd'hui l'impasse est évidente. Ou bien l'idée « piétine.. » et meurt, ou bien une Europe fédérale est mise sur pied. Beaucoup le souhaitent, mais bien peu sont prêts à voir leur pays transformé en Ontario, Ohio ou Nebraska... Aussi les populations européennes sont elles partagées, en désarroi, en quête d'un Etat, le leur étant amoindri sans que celui du supranational ait quelque consistance.

A court et moyen terme, le mal est fait, irréversible. Il faudra du temps pour guérir du virus Jean Monnet, s'il ne se révèle pas mortel à la fois pour les nations et la pratique de la démocratie.

« Le virus »

Il faudrait de singulières compétences, de l'autorité sans partage, de l'abnégation même, et beaucoup de temps, pour gouverner la France après l'avoir ramassée là où les Institutions l'ont fait tomber.
Et être l'apôtre du retour à l'indépendance nationale sans laquelle la souveraineté du peuple ne peut s'exercer. C'est dire que l'irréversible a été accompli et que la France – puissance est entrée dans l'histoire mais sortie de l'avenir.

C - En perspective une plus gigantesque fracture sociale mondiale

Si le nombre des milliardaires, en dollars, se compte désormais en millions, la moitié de la population mondiale doit se contenter de l'équivalent de 2 dollars/jours, si bien que, selon la FAO, près d'un milliard souffre de la faim.

La liberté des échanges, la mondialisation auraient fait les affaires d'une forte minorité, mais n'ont guère amélioré le sort de la majorité.

C'est ainsi que le revenu moyen des nantis serait près de 80 fois plus élevé que le revenu moyen des laissés pour compte ; et cette différence a été multipliée par deux au cours des vingt dernières années.

Cet écart va encore grandir sous l'effet convergeant des deux phénomènes socio-économiques énumérés ci-après :

  • D'une part, la rente pétrolière et gazière considérablement accrue par la raréfaction programmée du pétrole et du gaz naturel, rente dont bénéficient les pays producteurs, essentiellement ceux du Moyen-Orient et la Russie. Dans le même temps, cette même quête de pétrole et de gaz naturel a conduit les Etats-Unis à un échec plus retentissant que celui enregistré au Vietnam et aussi dressé une large fraction de la population mondiale contre eux.
  • D'autre part, le gigantesque potentiel de production de la main-d’oeuvre chinoise et indienne capable, à bon compte, de satisfaire presque à elle seule, les besoins en biens d'équipement de la planète. Et de transformer la quasi-totalité des matières premières disponibles en produits de consommation.

1° Voyons d'abord les conséquences – à moyen terme – d'une rente pétrolière de plus en plus substantielle.
Au cours des trois dernières années le revenu pétrolier a été multiplié par deux, voire par près de trois (Aux Emirats Arabes Unis, au Koweït, en Algérie). En 2005, le prix du baril atteignant 70 dollars les producteurs ont encaissé près de 700 milliards de dollars.

Ce pactole a permis aux bénéficiaires de préparer leur avenir, celui sans pétrole puis, ultérieurement, sans gaz naturel. Voici comment :
- Remboursement de la dette.
- Achats de bons du Trésor américains.
- Participations financières aux activités bancaires, industrielles, commerciales étrangères afin que le travail et ces entreprises rapportent des dividendes et remplacent peu à peu la rente pétrolière alimentée, hier, par les consommateurs de ces pays étrangers.

C'est ainsi que les pétrodollars permettent des participations au capital ou à la gestion de milliers d'entreprises des pays industrialisés, telles Daimler, Ferrari, Hewlet-Packard, EADS, les sociétés de navigation maritime, les compagnies d'aviation (entretien et exploitation). C'est également le contrôle des chaînes de grands hôtels, l'achat d'immeubles de prestige à New York, Londres, Paris, Genève... Et, plus spectaculairement encore, Dubaï investissant 11 milliards de dollars en Inde pour y construire deux villes afin de répondre aux besoins de l'urbanisation rapide de cette très grande puissance.

Enfin, les pays producteurs du Moyen-Orient investissent chez eux afin d'y développer des activités de remplacement de l'exploitation du sous-sol : Banques, aviation commerciale, tourisme futur des milliardaires chinois, indiens, russes.
En 1975, l'Organisation des pays pétroliers exportateurs (OPEC) a créé un fonds destiné à assister le développement des peuples musulmans moins favorisés par la nature. A la fin de 2006 plus de 5 milliards de dollars avaient été versés aux gouvernements respectifs du Bangladesh, de la Bosnie, de l'Azerbaïdjan, du Tadjikistan etc...

La propagation de la foi n'est pas, non plus délaissée, avec la construction de lieux de culte et le soutien d'associations confessionnelles.

Au sommet de Bali, en mai 2006, réunissant les chefs des huit pays musulmans les plus peuplés (Bangladesh, Egypte, Indonésie, Iran, Malaisie, Nigeria, Pakistan, et Turquie) il a été étudié la création d'une nouvelle organisation financière et économique avec une banque islamique afin de financer les activités de remplacement des ressources en voie de tarissement. (Porter les investissements islamiques de 11 % des investissements mondiaux à 20 %). En dix ans les actifs islamiques ont été multipliés par 4 atteignant 500 millions de dollars que gère un appareil financier adapté au Coran.

De son côté, la Russie tire habilement part de ses richesses minérales, gaz et pétrole en particulier. En 1998 elle produisait 6 millions de barils de pétrole par jour. Six ans plus tard sa production atteignait les 10 millions de barils/jour.

L'ensemble de l'économie en a largement bénéficié, effaçant rapidement les années sombres du gouvernement Eltsine. Moscou est revenu au premier plan sur la scène internationale. Les richesses minérales de ce pays le placent en position d'arbitre dans la rivalité Atlantique-Asie-Pacifique. Sa haute technicité est appréciée, notamment en matière spatiale, nucléaire, aéronautique. C'est ainsi que Boeing s'est engagé à acquérir, en 30 ans, pour 18 milliards de dollars de pièces en titane usinées en Oural,. Et que la compagnie aérienne Aeroflot achète Alitalia en difficulté financière, que face à l'Union européenne, la Russie refuse de ratifier la charte de l'énergie et qu'elle sanctionne la Géorgie et entend mener la vie dure aux pays de son « proche-étranger », récemment encore membres de l'ex-Union Soviétique. Et aussi que grâce à son système spatial Glonass, elle rivalise avec le GPS américain et qu'elle conclut de rémunérateurs contrats d'armement avec la Chine et avec l'Inde. Gazprom, distributeur d'énergie fossile, est en passe d'être la plus puissante entreprise du monde.

Siège de Gazprom à Moscou

2° Conséquences de la capacité de production combinée  Chine-Inde

A satiété ont été vulgarisés les chiffres qui caractérisent la puissance présente et future de la Chine. Plus d'un demi milliard de travailleurs, une croissance moyenne de 10 % par an, voire 12 %, une production industrielle qui augmente de 15 à 20 %, des excédents commerciaux annuels qui frôlent les 200 milliards de dollars, quelque 1000 milliards de dollars de réserve de change, bientôt détentrice du plus grand fonds d'investissements du monde, doté de 250 à 300 milliards de dollars.

La Chine est aussi la première puissance agricole mondiale, à la production encore insuffisante pour alimenter ses 1.300 millions d'habitants. Scientifiquement et industriellement, elle a rattrapé les pays européens et l'emportera rapidement sur les Etats-Unis, ses connaissances scientifiques et techniques étant multipliées par la masse. Elle est devenue l'usine principale du monde dont elle transforme en biens d'équipements les matières premières des pays en voie de développement. Dans tous les domaines c'est le pays des grands chiffres, par exemple :
La construction de 30 centrales nucléaires, de 85 sous-marins, la mise en œuvre d'un porte-avion de plus de 90.000 tonnes, la fabrication déjà de 5 millions de véhicules. (Le monde en utilise 800 millions soit moins que le futur parc automobile chinois de près de 1 milliard de véhicules. En 2005 création de 15 millions d'emplois). En quête d'énergie, elle procède à de grands travaux sur son territoire et investit largement pour équiper les pays fournisseurs de matières premières qu'elle rend dépendant de sa capacité de transformation.

La Chine a largement devancé l'Europe en matière spatiale avec ses satellites et son système de localisation BEIDOU analogue au GPS américain. L'Inde rivalise avec la Chine.

« Beidou »

Si, en 2050 la puissance économique de la Chine sera plus grande que celle des Etats-Unis, il en ira de même pour l'Inde, à l'époque, vraisemblablement le pays le plus peuplé de la planète, avec quelque 1.500 millions d'habitants.
Aujourd'hui, le PIB de l'Inde est très inférieur à celui de la Chine et sa croissance annuelle serait de l'ordre de 6 % au lieu du double pour la Chine. Mais cette croissance a déjà augmenté de 25 % en 3 ans. Le PIB indien par habitant devrait être multiplié par 4 à l'issue des 15 prochaines années. L'Inde est le siège d'une rapide urbanisation si bien qu'au milieu du siècle 700 millions des siens vivront en ville.

L'Inde à l'avenir prometteur est maintenant courtisée par les Etats-Unis, la Russie, la Chine en dépit de contentieux frontaliers (La Nouvelle Delhi a reconnu la souveraineté de Pékin sur le Tibet).

Faisant peu de cas de sa politique de non-prolifération nucléaire, Washington a reconnu officiellement la nucléarisation civile et militaire de l'Inde bien que celle-ci n'ait pas signé le TNP et refusé tout contrôle de ses activités atomiques. Le président Bush lui aussi a reconnu le droit d'importer les matériaux nucléaires nécessaires à la poursuite de ses programmes énergétiques et stratégiques.
Avec la Russie, l'Inde a conclu de nombreux accords de coopération : prospection commune de gisements de pétrole en Sibérie, fournitures de plusieurs réacteurs nucléaires, d'armements aériens et maritimes, fabrication d'un missile à courte portée, le Brahmos, coopération spatiale, multiplication des échanges commerciaux.

Non seulement les investissements étrangers affluent, incités par le vaste marché indien mais le capital indien rayonne sur le monde industrialisé par ses prises de participation ou ses achats d'entreprises qu'il contrôle totalement.

Le retour, en force, sur la scène internationale de la Chine et de l'Inde déplace de la zone Euro-Atlantique à la zone Asie-Pacifique le centre de gravité du monde, économiquement, industriellement, demain aussi, scientifiquement et politiquement.
Déjà, moins de vingt ans après le début du grand démarrage de ces deux peuples longtemps marginalisés on peut dresser le constat suivant :

1° Combinées, leurs forces de travail, à bas salaire pour une longue période, sont de l'ordre de 1,5 milliard de producteurs. De quoi se substituer à la production des industrialisés d'hier, à la main-d’oeuvre plus coûteuse et plus exigeante.

2° Ce gigantesque pouvoir transformateur de matières premières en biens d'équipement conduit les deux superpuissances de demain à drainer les ressources des pays en voie de développement (PVD), en Afrique, Amérique latine, Asie du Sud-Est, Sibérie, augmentant les coûts, mais aussi aidant les économies de ces PVD et celles de zones peu exploitées.

3° Dans un premier temps, attirés par le vaste marché que peuvent représenter les 3 milliards de Chinois et d'Indiens, les anciens industrialisés y investissent, y délocalisent, précipitant l'hégémonie de la zone Asie-Pacifique, par leurs crédits et par l'exportation de leur savoir-faire. C'est contribuer, dans un second temps, à leur propre appauvrissement et à leur transformation de producteurs en consommateurs aux ressources d'ailleurs de plus en plus limitées. Hier, colonisateurs les « Occidentaux » se découvriront colonisés.

4° Conséquence inattendue, la production de ce milliard de travailleurs peu rémunérés va accroître encore l'écart entre la grande majorité de la population et une forte minorité, numériquement croissante de milliardaires en dollars.
S'ajoutent maintenant, et vont dépasser les grandes fortunes américaines, celles du Moyen-Orient et de Russie, grâce au pétrole, celles de l'Inde et de la Chine fruit du travail des populations.

Les industries du luxe vont en bénéficier. Des Etats pétroliers tels les Emirats Arabe Unis, le Qatar, Dubaï.... se préparent à remplacer les richesses d'un sous-sol en voie d'assèchement par les plus somptueux des équipements de surface afin de traiter princièrement la cohorte des « super et hyper nantis » venus de Chine, d'Inde, de Russie...

Dans ces palaces de rêve, une nuit leur coûtera autant que gagne, en deux ans l'obscur salarié, minuscule artisan de leur immense fortune.

Palace… à Abu Dhabi

Il en a fallu bien moins pour que en France, le peuple assiège la Bastille.

D - L'Afrique Continent sinistré

En 2005 l'Afrique comptait près de 700 millions d'habitants, soit deux fois plus qu'en 1975. D'après les démographes, sa population devrait atteindre 1,8 milliard en 2050, après être passée à 1,350 milliards en 2030.
Or, le nombre d'Africains obligés de vivre avec l'équivalent de 1 dollar par jour a encore augmenté en dépit des richesses du sous-sol africain, notamment de l'exploitation, relativement récente, de ses réserves pétrolières (Nigeria, Angola, Congo, Soudan, Tchad...).

Bien qu'en 2005 la population de l'Afrique ait été de l'ordre de 11 % de la population mondiale, le PIB africain n'était que de 1 % du PIB mondial. Ses exploitations évaluées à 90 milliards de dollars étaient à peine à 0,70 % du commerce mondial, décroissant régulièrement depuis 1960.

Selon la FAO, 27 pays africains nécessitent d'urgence une aide alimentaire. Il est vrai que la Nature n'a pas favorisé ce continent : 70 % de ses terres cultivables et 33 % de ses prairies sont « dégradées » et il faudrait atteindre 2130 pour diviser par deux l'extrême pauvreté africaine.
L'Afrique est, de tous les continents celui qui est le moins irrigué, celui qui a le moins bénéficié de l'influence civilisatrice de l'eau, cause naturelle de son retard.

La Corne de l’Afrique

Une Commission de l'Union africaine a recensé les responsabilités de sa population : au cours du dernier demi-siècle l'Afrique a été le théâtre de 186 coups d'Etat et de 26 guerres. Ses victimes se comptent par dizaines de millions (tués et déplacés). S'y ajoutent la sécheresse, le Sida* (plus de 5 millions de malades en Afrique subsaharienne) les famines (33 millions d'enfants subsahariens souffrent de malnutrition), la médiocrité des dirigeants, la corruption, quasi généralisée, la faiblesse de la production et des investissements, enfin la dette augmentée par le sous-développement croissant.

Le G8 a bien annulé la dette des 14 pays les plus pauvres mais l'aide publique au développement fourni par la Communauté internationale est loin d'être à la mesure des besoins.

On imagine difficilement le poids, pour l'humanité future tout entière, du gigantesque écart prévu entre les ressources réelles du continent noir et les exigences d'une population approchant les 2 milliards au milieu du siècle, c'est-à-dire « après-demain ».

La population d'Afrique subsaharienne et australe pourrait n'avoir d'autre issue que de se déverser sur des sols plus fertiles et, surtout, équipés par des siècles d'efforts, et sur le continent européen, plus particulièrement, par centaines de millions.

Mais qui se soucie, en Europe de ses lendemains, sinon pour en abolir les frontières ?

*Le prix du traitement à vie a été évalué à 145000 € (Etude australienne)

 

La Voix du Nord : La présidentielle coûte de plus en plus d’argent à l’Etat. Sans doute le prix à payer pour demeurer en démocratie ! (1)

Un total de 133 millions d’euros en 1995, 200 en 2002… et 300 en 2007 ? Les campagnes présidentielles coûtent en France de plus en plus cher aux candidats… et par voie de conséquence à l’État. Ce dernier prend en charge en effet l’essentiel des dépenses électorales (bulletins, professions de foi, matériel, etc.) et rembourse jusqu’à 50 % des frais de campagne des candidats.

Mais entre 50 % des sommes dépensées par les candidats arrivés au second tour et le remboursement forfaitaire de ceux qui n’ont pas atteint 5 % des suffrages, il y a plus qu’un pas. Entre petites formations et grands partis, on ne mène pas le même train de campagne. Le remboursement du candidat qui n’atteint pas les 5 % au premier tour est de 808.000 euros. Quand on sait que la location d’une grande salle parisienne, type Zénith, peut coûter plusieurs centaines de milliers d’euros la soirée, on comprend de suite que certains – les petits, type Bové, Nihous, Besancenot, Schivardi… – ont dû y aller à l’économie.
Train en seconde classe, salaires des équipes au plus juste, chambres d’hôtel de catégorie intermédiaire, certains ont eu beau serrer les vis sur tous les postes de dépenses, leur parti devra encore mettre la main à la poche : la fourchette va de 300 000 euros encore dûs par Gérard Schivardi aux plus de 4 millions d’euros de Marie-George Buffet. Si aucun candidat ne semble en situation de faillite, certaines dépenses engendrées font grincer des dents : la campagne d’affichage 4x3 d’Arlette Laguiller, à 1 million d’euros ou les grandes salles louées par le PC. Seuls Frédéric Nihous et Olivier Besancenot ont réussi à se contenter des 808 000 euros. Leur recette : pas de meetings dans des grandes salles (une tradition coûteuse chez les communistes), et surtout une utilisation maximale des médias – télé, Internet, journaux, radios pour communiquer gratuitement.

Les riches et les pauvres…

A côté de ces candidats « pauvres », lesquels ont lancé des souscriptions et des appels aux dons,il y a les riches. Eux aussi en appellent à la générosité des militants. Pour autant, leur problème fut surtout de ne pas dépasser le plafond de dépenses autorisé (16 millions au premier tour, 21 millions d’euros au second). Des sommes à comparer aux 400 millions d’euros environ dépensés par un candidat à la présidentielle aux États-Unis.

Iconographies et encart (1), insérés par Les Manants du Roi.

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